NOTES

[1] Tome II, p. 157.

[2] Voyez la Notice de l'Illusion, tome II, p. 423 et 424.

[3] La jeunesse (littéralement les jeunesses, les actes de jeunesse) du Cid.

[4] Vie de M. Corneille. Œuvres de Fontenelle.... édition de 1742, tome III, p. 96.

[5] L'article de la Gazette littéraire est reproduit dans les Œuvres de Voltaire publiées par M. Beuchot, tome XLI, p. 490 et 491.

[6] Dans le volume intitulé Chefs-d'œuvre du théâtre espagnol. Paris, Ladvocat, p. 169 et 170.

[7] Histoire du Théâtre françois, tome VI, p. 92.

[8] Épître familière, p. 17 et 18.

[9] Vers 1 des variantes: voyez plus loin, p. [103].

[10] Mondory.

[11] La date de ces réflexions de Balzac ne permet pas de les appliquer au Cid: elles se trouvent dans une lettre à Boisrobert du 3 avril 1635 (livre VIII, lettre XLVI, tome I, p. 395 et 396 de l'édition in-folio de 1665). Du reste, elles ne peuvent pas davantage concerner quelque autre pièce de Corneille, car un passage qui précède immédiatement celui-ci, et que Mairet a pris soin de supprimer, met tout à fait notre poëte hors de cause, et lui est même très-favorable. Voyez la Notice sur Médée, tome II, p. 330 et 331.

[12] C'est-à-dire si le Cid n'eût pas été imprimé et exposé dans la Galerie du Palais, où se vendaient alors les livres nouveaux. Voyez la Notice sur la Galerie du Palais, tome II, p. 3-9.

[13] Réponse à l'Ami du Cid.... p. 41 et 42.

[14] Voyez Lettres de Balzac, tome I, p. 420, livre LX, lettre XXII, à M. de Moudory, 15 décembre 1636. Le passage suivant de cette lettre nous montre quelle haute opinion Balzac avait de Mondory: «J'ai plusieurs raisons de vous estimer, et pense le pouvoir faire du consentement de nos plus sévères écoles, puisqu'ayant nettoyé votre scène de toutes sortes d'ordures, vous pouvez vous glorifier d'avoir réconcilié la comédie avec les ***, et la volupté avec la vertu. Pour moi, qui ai besoin de plaisir, et n'en desire pas prendre néanmoins qui ne soit bien purifié et que l'honnêteté ne permette, je vous remercie avec le public du soin que vous avez de préparer de si agréables remèdes à la tristesse et aux autres fâcheuses passions.» Il est permis de penser que les trois étoiles qui se trouvent ici remplacent le mot ecclésiastiques ou le mot prédicateurs. En effet, Chapuzeau, moins réservé que Balzac, nous dit dans son Théâtre françois (p. 141): «Pourquoi me tairois-je de l'avantage que les orateurs sacrés tirent des comédiens, auprès de qui, et en public, et en particulier, ils se vont former à un beau ton de voix et à un beau geste, aides nécessaires au prédicateur pour toucher les cœurs?»

[15] Le Comédien Mondory, par Auguste Soulié. Revue de Paris, du 30 décembre 1838.

[16] On appelait Chambre dorée la grand'chambre du Parlement, à cause de son plafond doré.—Être assis sur les fleurs de lis se disait de ceux qui exerçaient quelque charge de judicature royale et surtout dans une cour supérieure, parce que leurs siéges étaient couverts de fleurs de lis.

[17] Les Sosies, comédie de Rotrou, représentée en 1636, un peu avant le Cid.

[18] Recueil autographe des Lettres de Chapelain, appartenant à M. Sainte-Beuve: lettre adressée à M. Belin, au Mans. Voyez Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, par M. J. Taschereau, 2e édition, p. 56.

[19] Le Jugement du Cid, p. 8.

[20] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, 1653, in-8o, p. 186 et 187.

[21] Le Virgile trauesty en vers burlesques de Monsieur Scarron.... A Paris, chez Guillaume de Luyne, 1653, in-4o, livre I, p. 11 et 12.

[22] Lettre.... à l'illustre Academie, p. 5. Mme de Sévigné a emprunté à Scudéry cet argument pour s'en servir contre Racine; elle dit presque dans les mêmes termes: «A propos de comédie, voilà Bajazet. Si je pouvois vous envoyer la Champmeslé, vous trouveriez cette comédie belle; mais sans elle, elle perd la moitié de ses attraits.» (9 mars 1672, tome II, p. 529.)—En 1682, c'était cette actrice qui jouait Chimène. Voyez la Notice de la Galerie du Palais, tome II, p. 9.

[23] Voici le passage textuel de la Galerie historique des acteurs du théâtre françois.... par P. D. Lemazurier.... 1810, tome I, p. 424 et 425. Le rôle rempli par Montfleury suivant l'auteur n'y est pas désigné, mais il est bien probable qu'il entend parler de celui de Rodrigue: «Il joua d'original dans le Cid et dans les Horaces; Chapuzeau, qui nous indique ces faits, le cite comme un comédien parfait dès ce temps-là. Voici ses propres termes, livre III de son Théâtre françois, p. 177 et 178.» Cet extrait que nous reproduisons en le prolongeant jusqu'à la p. 179, où il est encore question de Corneille, n'a nullement, comme on va le voir, le sens que lui donne Lemazurier. De plus, Chapuzeau lui-même se trompe lorsqu'il prétend que Corneille n'a pas donné ses premières pièces à Mondory. «Cet établissement des comédiens (à l'hôtel de Bourgogne) se fit il y a plus d'un siècle sur la fin du règne de François Ier, mais ils ne commencèrent à entrer en réputation que sous celui de Louis XIII, lorsque le grand cardinal de Richelieu, protecteur des Muses, témoigna qu'il aimoit la comédie, et qu'un Pierre Corneille mit ses vers pompeux et tendres dans la bouche d'un Montfleury et d'un Bellerose, qui étoient des comédiens achevés. Le Cid, dont le mérite s'attira de si nobles ennemis, et les Horaces, que le même Cid eut plus à craindre, parce que leur gloire alla plus loin que la sienne, furent les deux premiers ouvrages de ce grand homme qui firent grand bruit; et il a soutenu le théâtre jusques à cette heure de la même force. La troupe royale, prenant cœur aux grands applaudissements qui accompagnoient la représentation de ces admirables pièces, se fortifioit de jour en jour; d'autant plus qu'une autre troupe du Roi, qui résidoit au Marais, et où un Mondory, excellent comédien, attiroit le monde, faisoit tous ses efforts pour acquérir de la réputation, et il arriva que Corneille, quelque temps après, lui donna de ses ouvrages.»

[24] Voyez tome I, p. 49, note 300.

[25] Voyez la Muse historique de Loret du 9 octobre 1655.

[26] Historiettes, tome VII, p. 175.

[27] Lettre à Mylord*** sur Baron, p. 19.

[28] Vers 405 et 406.

[29] Voyez Lemazurier, tome I, p. 97 et 98.

[30] P. 19 de l'édition en 43 pages et p. 40 de l'édition en 96 pages.

[31] Dans leur Histoire du Théâtre françois (tome V, p. 24, et tome IX, p. 408), les frères Parfait ont conclu de certains passages de la Comédie des comédiens, tragi-comédie de Gougenot, représentée en 1633, qu'à partir de cette époque Beauchâteau et sa femme étaient entrés à l'hôtel de Bourgogne pour ne le plus quitter; mais le témoignage de Scudéry établit formellement qu'à la fin de 1636 une actrice du nom de Beauchâteau jouait au théâtre du Marais.

[32] Tome I, p. 48.

[33] Lettre apologétique. Voyez aux Œuvres diverses.

[34] Voyez notre Notice biographique sur Corneille.

[35] Le Souhait du Cid, p. 35.

[36] Épître familière du Sr Mairet, p. 18.

[37] Œuvres de Fontenelle, tome III, p. 100.

[38] Historiettes, tome II, p. 52.

[39] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 187.

[40] Tome II, p. 395. Ce sont ces belles scènes du Ier acte qui ont été le plus souvent parodiées. La plus connue et la moins mauvaise de ces plaisanteries est le Chapelain décoiffé, de Gilles Boileau ou de Furetière, qu'on trouve dans le Ménagiana, tome I, p. 145.

[41] Acte II, scène I. Il résulte de la Lettre à Mylord et de l'Avertissement de Jolly que c'était seulement par tradition qu'on avait conservé ces vers, et que l'on connaissait bien la scène à laquelle ils appartenaient, mais non l'endroit précis où ils se plaçaient.—Voltaire, dans son Théâtre de Corneille (1764, in-8o, tome I, p. 204), dit qu'ils venaient après le vers 368: «Pour le faire abolir, etc.,» et citant probablement de mémoire, il les donne avec quelques variantes: les pour ces, au premier vers; a tort pour n'a rien, au deuxième; déshonorer pour perdre d'honneur (voyez le vers 1466), au quatrième. Un argument décisif en faveur du texte de 1730 et 1738, tout au moins pour le second vers, c'est que n'a rien répond bien mieux au passage de Castro imité par Corneille: Y el otro ne cobra nada.

[42] Page 7.

[43] Voici la description bibliographique de la première édition: Le Cid, tragi-comedie. A Paris, chez Augustin Courbé.... M.DC.XXXVII. Auec priuilege du Roy. 4 feuillets non chiffrés et 128 pages in-4o. Le privilége porte: «Il est permis à Augustin Courbé, Marchand Libraire à Paris, d'imprimer ou faire imprimer, et exposer en vente, vn Liure intitulé, Le Cid. Tragi-Comedie, par Mr Corneille.... Et ledit Courbé a associé auec luy audit Priuilege François Targa.

[44] Lettres de Guy Patin, édition de M. Reveillé-Parise, tome I, p. 493 et 494, et Historiettes de Tallemant des Réaux, tome II, p. 163.

[45] On ne sait sous quelle forme cette pièce parut pour la première fois. Elle circula peut-être d'abord manuscrite. La seule édition que nous connaissions forme 4 pages in-8o, sans date, et l'épître y est suivie du Rondeau dont nous aurons à parler tout à l'heure. Pour le texte de l'Excuse, voyez dans la présente édition les Poésies diverses.

[46] L'Auteur du vrai Cid espagnol. Voyez p. [20].

[47] Les Observations sur le Cid. Voyez p. [23], note 59.

[48] Épître familière du Sr Mairet, p. 19 et 20.

[49] Réponse à l'Ami du Cid, p. 33.

[50] Voyez la Notice de la Suivante, tome II, p. 115.

[51] Nous connaissons de cette pièce deux éditions, toutes deux in-8o. L'une forme 2 feuillets non chiffrés, l'autre 3 pages.

[52] Avertissement au besançonnois Mairet. Voyez ci-après, p. [67].

[53] Lettre du Sr Claveret au Sr Corneille, p. 5.

[54] La première édition de ce rondeau est fort rare; elle forme 1 feuillet in-4o. Un recueil de la Bibliothèque de l'Arsenal, catalogué dans les Belles-Lettres sous le numéro 9809 et qui contient la plupart des libelles publiés à l'occasion du Cid, en renferme un exemplaire. Ce rondeau a été plus tard imprimé à la suite de l'Excuse à Ariste. Voyez ci-dessus, p. [19], note 44. Le texte se trouve dans notre édition parmi les Poésies diverses.

[55] Épître familière du Sr Mairet, p. 21 et 22.

[56] Avertissement au besançonnois Mairet. Voyez ci-après, p. [67].

[57] Lettre du Sr Claveret, p. 6.

[58] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 188.

[59] L'une a pour titre: Les Fautes remarquées en la Tragicomedie du Cid. A Paris. Aux despens de l'Autheur. M.DC.XXXVII. Le titre de départ porte: Obseruations sur le Cid. Le tout forme un petit volume in-8o, contenant 43 pages,—Une autre édition est intitulée: Obseruations sur le Cid. A Paris. Aux despens de l'Autheur. M.DC.XXXVII, in-8o. Elle se compose de 1 feuillet de titre et de 96 pages.—Enfin une troisième porte exactement le même titre que la précédente, avec cette addition: ensemble l'Excuse à Ariste et le Rondeau; cette dernière édition, également in-8o, se compose de 1 feuillet de titre, de 3 feuillets non chiffrés et de 96 pages. Dans sa Lettre à l'Academie, Scudéry parle de la quatrième comme devant être prochainement publiée, mais tout porte à croire qu'il n'a pas donné suite à ce dessein.

[60] Voyez l'Avertissement, tome I, p. XI, et les Poésies diverses.

[61] L'incognu et veritable amy de Messieurs Scudery et Corneille, p. 5 et 6.

[62] M.DC.XXXVII, in-8o, 8 pages. Une autre édition, de 14 pages et 1 feuillet, sur le titre de laquelle on lit: Lettre apologitique (sic).... est suivie du sixain imprimé plus loin, p. 58, après la Lettre pour M. de Corneille....

[63] Cet opuscule, de 32 p. in-4o, a pour adresse: A Paris, M.DC.XXXVII; le titre est orné d'un fleuron des impressions de Toussainct Quinet. En 1876, M. Émile Picot en a signalé un exemplaire, dans sa Bibliographie Cornélienne, et M. Lormier l'a réimprimé sous ce titre, pour la Société des bibliophiles normands: La défense du Cid reproduite d'après l'imprimé de 1637.... Rouen, imprimerie de Henry Boissel, M.DCCC.LXXIX, in-8o de 2 feuillets et 42 pages tiré à 100 exemplaires.—Nous avons cru devoir demander la réimpression de deux pages, afin de combler cette lacune importante dans notre description des pièces relatives à la querelle du Cid. Signalons encore La suitte du Cid en abrégé ou le triomphe de son Autheur en despit des envieux.—A Villers Cotrets, chez Martin Baston. A l'enseigne du Vert-Galand, vis à vis la rue des Mauvaises paroles, 8 pages in-8o, réimprimée par M. Henri Chardon dans sa Vie de Rotrou, 1884. (Ch. M.-L., 1885.)

[64] Cette façon de s'exprimer paraissait un peu servile à plusieurs contemporains. Tallemant des Réaux dit à ce sujet: «Charrost, en parlant du cardinal de Richelieu, l'appelle toujours mon maître; cela est bien valet.» (Historiettes, tome V, p. 39, note.) La même remarque est faite presque dans les mêmes termes dans le Ménagiana (tome IV, p. 114): «M. le comte de Charrost, qui devoit toute sa fortune au cardinal de Richelieu, en parlant de lui l'appelle toujours son maître. M. du Puy ne pouvoit souffrir cela. Il disoit qu'un bon François ne devoit point avoir d'autre maître que le Roi.» Il est vrai que Charrost était comte, et Corneille simple bourgeois de Rouen. Tallemant conteste même à Richelieu le titre qu'il recevait généralement: «Le Cardinal, dit-il, a affecté de se faire appeler Monseigneur.» (Historiettes, tome II, p. 21 note 2.) Du reste, quand il arrivait qu'on ne lui donnât point ce titre, cela choquait plus ses flatteurs que lui-même. Voyez Historiettes, tome II, p. 60.

[65] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 218.

[66] A Paris. M.DC.XXXVII, in-8o, 7 pages.

[67] M.DC.XXXVII, in-8o, 7 pages.

[68] Voyez ci-dessus, p. [23] et [24].

[69] Tome XX, p. 90.

[70] Article Rotrou.

[71] M.DC.XXXVII, in-8o, 36 pages.

[72] Voyez ci-dessus, p. [16].

[73] A Paris. M.DC.XXXVII, in-8o de 15 pages. Le titre de départ, p. 3, est ainsi conçu: Lettre contre une inuective du Sr Corneille, soy disant Autheur du Cid.

[74] Page 4.

[75] Page 13.

[76] Page 9.

[77] Examen de ce qui s'est fait pour et contre le Cid, p. 103.

[78] Voyez tome I, p. 130, et tome II, p. 218 et 219.

[79] In-8o de 13 pages, sans indication de lieu d'impression et sans date.

[80] Deuxième édition, p. 305, note 13.

[81] Voyez tome II, p. 442, note 1254.

[82] Paris, M.DC.XXXVII, in-8o, 8 pages.

[83] Paris, M.DC.XXXVII, in-8o, 7 pages.

[84] Voyez plus haut, p. [24], note 63.

[85] In-8o, 8 pages.

[86] Voyez ci-après, p. [39] et [40].

[87] Bibliothèque françoise, 2e édition, p. 130 et 131.

[88] Page 5.

[89] Sans lieu ni date. In-8o de 5 pages et 1 feuillet blanc.

[90] A Paris, M.DC.XXXVII, in-8o, 8 pages.

[91] A Paris, chez Anthoine de Sommaville, au Palais, à l'Escu de France. M.DC.XXXVII, in-8o de 11 pages.

[92] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, 1653, p. 189-191.

[93] Ce nom est imprimé ainsi dans le texte de Pellisson; toutefois, dans son Catalogue de Messieurs de l'Académie françoise, p. 523 de la Relation, il écrit l'abbé de Bourzeyz; Bourzeis est la forme adoptée le plus généralement.

[94] Registres du 30 juin 1637. (Note de Pellisson.)

[95] Ce manuscrit appartient depuis longtemps à la Bibliothèque impériale; il figure sous le no Y 5666, à la page 549 du tome I des Belles-Lettres du Catalogue des livres imprimez de la Bibliothèque du Roy, publié en 1750. L'année dernière (1861) il a passé du Département des imprimés au Département des manuscrits, où il porte actuellement le no 5541 du Supplément français. C'est un petit in-4o de 63 pages. Il était intitulé d'abord: Les Sentimens de l'Academie françoise touchant les observations faites sur la tragicomedie du Cid. Ce titre a été ainsi modifié: Les Sentimens de l'Academie françoise sur la question de la tragicomedie du Cid. On lit en tête du premier feuillet cette note de l'abbé Sallier, garde des manuscrits de la Bibliothèque du Roi: «De la main de Mr Chapelain, avec des apostilles de M. le cardinal de Richelieu. Témoignage de Mr l'abbé d'Olivet. 7bre 1737.» Dans le catalogue imprimé de 1750, cette note est reproduite; mais d'Olivet n'est pas nommé. Nous pensons, contrairement à l'opinion de Pellisson, que quatre des sept apostilles sont entièrement de la main du Cardinal; nous les passerons en revue une à une dans les notes suivantes.

[96] Cette apostille qui se trouve à la page 5 est d'une écriture menue, irrégulière, difficile à lire: c'est probablement celle de Citois. A la page 13, ces deux apostilles: «il faut un exemple», «il faut un tempérament», sont d'une grosse et belle écriture, qui présente avec celle des lettres autographes de Richelieu la conformité la plus frappante. A la page 29, à l'occasion du reproche fait à Rodrigue d'avoir formé le dessein de tuer le Comte, dont la mort n'était pas nécessaire pour sa satisfaction, on lit en marge cette note assez étrange, de l'écriture que nous attribuons à Citois: «Faut voir si la pièce le dit; car si cela n'est point on auroit tort de faire à croire à Rodrigue qu'il voulût tuer le Comte, puisqu'on fait souvent en telles occasions ce qu'on ne veut pas faire.»

[97] Note de l'écriture qui paraît être celle de Citois; le mot bon est tracé avec un peu plus de hardiesse que le reste; toutefois il est impossible d'affirmer qu'il soit d'une autre main. A la page 37, apostille de la grosse écriture que nous attribuons à Richelieu: «Il ne faut point dire cela si absolument.»

[98] Ici la transcription est inexacte. Il y a dans le manuscrit (p. 58): «Il faut adoucir cette expression.» Cette dernière apostille est, suivant nous, de la main de Richelieu.

[99] Registres, 17 juillet 1637. (Note de Pellisson.)

[100] Registres, dernier juillet 1637. (Note du même.)

[101] Registres, 23 novembre 1637. (Note de Pellisson.)

[102] A Paris, chez Jean Camusat, 1638, in-8o.

[103] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 193-204.

[104] A Paris, chez Antoine de Sommaville. Au Palais, à l'Escu de France. M.DC.XXXVII, in-8o de 14 pages et 1 feuillet blanc.

[105] A Paris, M.DC.XXXVII, in-8o de 14 pages.

[106] A Paris, M.DC.XXXVII, in-8o de 7 pages.

[107] A Paris, imprimé aux despens de l'Autheur, in-8o de 103 pages.

[108] «L'Hôpital des pauvres enfermés est un membre de l'Hôpital général, où on a mis plusieurs pauvres pour les empêcher d'être fainéants et vagabonds.» (Dictionnaire universel de Furetière.)

[109] In-8o de 16 pages, sans lieu ni date. Une autre édition en plus gros caractères et formant 24 pages se trouve mentionnée dans les notes recueillies par Van Praet (voyez ci-dessus, note 64 de la p. 25). Cette pièce a été réimprimée dans le Recueil de dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine.... publié par Granet en 1740, tome I, p. 99; et dans le Tableau historique.... de la poésie française.... au seizième siècle, par M. Sainte-Beuve, 1828, 2 vol. in-8o, tome I, p. 386.

[110] A Paris, chez Anthoine de Sommaville. Au Palais, dans la petite Sale, à l'Escu de France, M.DC.XXXVII, in-8o de 38 pages.

[111] Voyez ci-dessus, p. [25].

[112] In-8o de 7 pages.

[113] 1637, in-8o de 12 pages.

[114] 1637, in-4o de 32 pages. Nous n'avons pu voir cet ouvrage; la description que nous en donnons est tirée de l'Histoire du Théâtre françois des frères Parfait (tome V, p. 270). Les notes recueillies par Van Praet nous font seules connaître le nombre de pages de l'ouvrage. Ce sont aussi ces notes qui nous apprennent qu'on trouve, p. 11, une lettre de M. Mairet à M. Scudéry contenant sa généalogie, datée de Belin du 30 septembre 1637. M. Taschereau indique cette pièce comme étant du format in-8o et lui donne le titre suivant: Apologie pour Mairet contre les calomnies du Sr Corneille en réponse à la pièce intitulée: Advertissement au besançonnois Mairet, titre qu'il a pris sans doute sur une édition différente de celle dont nous venons de parler.

[115] Cette lettre a été imprimée pour la première fois par Granet, en 1740, dans son Recueil de dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine, tome I, p. 114.

[116] François de Faudoas, dit d'Averton, comte de Belin; il avait été gouverneur de Paris pendant la Ligue. Il fut assassiné par le marquis de Bonnivet le 7 décembre 1642. Dans l'Historiette de Mondory (tome VII, p. 172), Tallemant, parlant de la Lenoir, actrice du théâtre du Marais, termine ainsi: «Le comte de Belin, qui avoit Mairet à son commandement, faisoit faire des pièces à condition qu'elle eût le principal personnage; car il en étoit amoureux, et la troupe s'en trouvoit bien.»

[117] Il y a fait, et non faite, dans l'édition originale. Voyez des exemples analogues dans la prose de Malherbe, tome II de l'édition de M. Lalanne, p. 436, 442, 576, etc.

[118] A Paris, chez Anthoine de Sommaville. Au Palais, dans la petite Sale, à l'Escu de France. M.CD.XXXVIII (sic, 1638), in-8o de 34 pages. Ce recueil a paru dès le commencement de l'année ou même, malgré son millésime, à la fin de 1637. Chapelain écrit le 25 janvier 1638 à Balzac, en lui parlant de sa lettre sur le Cid: «On l'a imprimée en papier volant, avec la mauvaise réponse de.... (Scudéry) et le remercîment du même à l'Académie.» (Histoire de la vie et des ouvrages de Corneille, par M. J. Taschereau, 2e édition, p. 312.)

[119] Une édition, publiée à part, de la Lettre de Monsieur de Balzac à Monsieur de Scudery, touchant ses Obseruations sur le Cid (in-8o de 8 pages), offre ici une variante; on y lit: «des juges devant qui vous l'avez appelé.»—Au sujet du passage auquel s'applique cette variante, voyez plus loin, p. [47] et [48].

[120] Voyez tome I, p. 14, note 217.

[121] Les Harangues ou discours academiques de Jean-Baptiste Mangini. Paris, Augustin Courbé, 1642, in-8o.

[122] «C'est beaucoup de s'être emparé des yeux de prime abord, quoique ensuite un examen attentif trouve des critiques à faire. Si tu me demandes mon sentiment, l'homme qui enlève les suffrages est plus grand que celui qui les mérite.» (Épître c, § 3.)

[123] Cette lettre a été ainsi reproduite, d'après le recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve dans l'Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, par M. J. Taschereau, 2e édition (p. 308 et 309, note 17). Pellisson l'avait donnée, mais en abrégé et sous forme indirecte, dans sa Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 205 et 206.

[124] Satire IX, vers 231-234.

[125] Mots espagnols signifiant: «pour le bien de la paix.»

[126] Recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve, cité par M. Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, 2e édition, p. 104 et 105.

[127] Même recueil, cité par M. Taschereau, p. 105.

[128] Lettres choisies du sieur Balzac, Paris, 1647, in-8o, Ire partie, p. 398. Œuvres de Balzac, in-fol., tome I, p. 542.

[129] A Poitiers.

[130] Le Menteur, acte I, scène I. Variante des éditions de 1644-1656.

[131] Acte I, scène III, vers 151 et 152.

[132] Vers 1559 et suivants.

[133] Voyez plus loin, p. [98].

[134] Je dois une partie de ces renseignements, et beaucoup d'autres dont je compte faire usage dans les notices suivantes, aux obligeantes communications de M. Léon Guillard, bibliothécaire et archiviste de la Comédie-Française.

[135] «Corneille opposa à ces écrits une lettre qu'il intitula l'Ami du Cid à Claveret, in-8o, et dans laquelle il turlupina fort ce poëte.» (Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, Paris, 1727-1745; in-12 tome XX, p. 90.) Voyez la Notice, p. [29].

[136] Lettre apologétique.

[137] «Le lecteur, disent les frères Parfait, est bien le maître d'expliquer au propre ou au figuré le titre que l'on donne ici à Claveret de tireur de bottes, car pour nous ce sont lettres closes et impénétrables.» (Histoire du Théâtre françois, tome IV, p. 452, note a.) Nous ignorons également à quoi cette phrase fait allusion et quel était l'état du père de Jean Claveret. Nous savons que ce dernier, originaire d'Orléans, portait le titre d'avocat, ce qui n'empêche pas l'auteur de la Lettre pour M. de Corneille, que nous reproduisons ci-après, de dire (voyez p.[ 57]) que Claveret «dans ses plus grandes ambitions n'a jamais prétendu au delà de sommelier dans une médiocre maison.»

[138] Le Pèlerin amoureux est une comédie non imprimée que les frères Parfait placent la seconde parmi les pièces de Clavaret, mais dont ils ne donnent point l'analyse; il est donc impossible de savoir à quoi se rapportent les observations critiques que nous trouvons ici. En 1634, c'est-à-dire à peu près à l'époque où dut être jouée la pièce de Claveret, Rotrou a fait représenter la Pèlerine amoureuse, tragi-comédie.

[139] Voyez sur Geoffrin, dit Jodelet, la Notice du Menteur.

[140] Voyez la Notice de la Place Royale, tome II, p. 218, note 630.

[141] Excuse à Ariste, vers 50.

[142] Ceci est difficile à expliquer, car la Place Royale de Claveret a dû, comme celle de Corneille, être jouée en 1635.

[143] Mairet classe cette pièce avant la Reponse de *** (voyez ci-dessus, p. [40]). Nous avons dû nous en rapporter à ce témoignage contemporain plutôt qu'au sentiment de Niceron, qui, comme on va le voir, intervertit cet ordre: «Corneille.... continua ses turlupinades contre Claveret par une lettre qu'il intitula Reponse de *** à *** sous le nom d'Ariste, in-8o. Elle fut suivie d'une seconde qui parut sous ce titre: Lettre pour M. de Corneille contre ces mots de la lettre sous le nom d'Ariste....» (Niceron, Mémoires, tome XX, p. 91.)

[144] Allusion à ce passage de la Lettre à *** sous le nom d'Ariste (p. 4): «Encore qu'il (Scudéry) ait remarqué huit cents plaies sur ce beau corps, je trouve toutefois qu'il en a négligé pour le moins huit cents autres qui méritoient bien d'être sondées.»

[145] Cette épigramme et sa traduction, ainsi que la réponse qui vient après, ont été imprimées, dans l'édition originale, à la suite de la Lettre précédente.

[146] A la suite de la Lettre apologitique (voyez ci-dessus, p. [24], note 62, ce vers est un peu différent:

Et charmants à les voir, et charmants à les lire.

[147] Mairet a parlé fort modestement de ses premières pièces dans l'Épître qu'il a placée en tête des Galanteries du duc d'Ossonne: «Je composai, dit-il, ma Criséide à seize ans, au sortir de philosophie, et c'est de celle-là, et de Silvie qui la suivit un an après, que je dirois volontiers à tout le monde: Delicta juventutis meæ ne reminiscaris (Psaume XXIV, verset 7). Je fis la Silvanire à vingt et un, le Duc d'Ossonne à vingt-trois, Virginie à vingt-quatre, Sophonisbe à vingt-cinq.» Il cite immédiatement après Corneille avec éloge. Voyez tome I, p. 129.

[148] Pièce de Scudéry.

[149] Voyez tome II, p. 218.

[150] Sur la Sophonisbe de Mairet, voyez la Notice de la Sophonisbe de Corneille.

[151] Allusion à ce passage des Observations de Scudéry (édition en 96 pages, p. 52): «O jugement de l'auteur, à quoi songez-vous? O raison de l'auditeur, qu'êtes-vous devenue?»

[152] Voyez ci-dessus, p. [29]-[31].

[153] «Corneille, sans se nommer, fit tomber toutes ces critiques par une Lettre du désintéressé au sieur Mayret, in-8o.» (Niceron, Mémoires, tome XX, p. 92.)—Cet ouvrage est aussi mentionné comme étant de Corneille dans Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, 2e édition, Paris, 1823, tome II, p. 242, no 9617.

[154] Voyez tome II, p. 22, note 54.

[155] Le Prince déguisé, tragi-comédie de Scudéry, fut représenté en 1635 avec un grand succès. Le spectacle en était fort beau. (Histoire du Théâtre françois par les frères Parfait, tome V, p. 126 et suivantes.)

[156] «On dit figurément: donner l'estrapade à son esprit, quand on lui fait faire une violente application pour inventer quelque chose difficile à trouver.» (Dictionnaire universel de Furetière.)

[157] «Ceux de votre pays, pour être accoutumés à ne boire que du cidre, s'enivrent facilement lorsqu'ils boivent du vin.» (Lettre du sieur Claveret à M. de Corneille, p. 3.)

[158] Voyez ci-dessus, p. [54], note 137.

[159] «S'il est du Parnasse comme du paradis, où l'on ne peut espérer d'entrée avec des biens mal acquis, tombez d'accord avec moi que nous en sommes exclus, si nous ne restituons publiquement la réputation illégitime que ces deux pièces (la Silvie et le Cid) nous ont donnée.» (Épître familière du sieur Mairet, p. 12.)

[160] «J'essayerai néanmoins de lui justifier la Silvanire, le Duc d'Ossonne; la Virginie et la Sophonisbe, dans un ouvrage plus considérable que cestui-ci.» (Ibidem, p. 8.)

[161] Ce n'est assurément pas Corneille qui a écrit ou même inspiré ce passage, car il se défend avec énergie d'avoir accepté des juges. Voyez ci-dessus, p. [47] et [48], et ci-après, p. [83].

[162] Attribué à Corneille par les frères Parfait, qui considèrent à tort cet Avertissement comme une réponse à l'Apologie pour M. Mairet (Histoire du Théâtre françois, tome V, p. 270). Voyez ci-dessus, p. [41].

[163] «Personne ne cherche à tirer sa gloire de la critique d'autrui, si ce n'est celui qui désespère de sa gloire propre.»

[164] «J'ai commencé de si bonne heure à faire parler de moi, qu'à ma vingt-sixième année je me trouve aujourd'hui le plus ancien de tous nos poëtes dramatiques.» Voyez encore ci-dessus, p. [60], note 147.

[165] Voyez la Notice biographique, et ci-dessus, p. [10], note 16.

[166] La Silvanire est précédée d'une Preface en forme de discours poetique, à Monsieur le comte de Carmail.

[167] La première division de cette préface, intitulée: Du poete et de ses parties, commence ainsi: «Poëte proprement est celui-là qui doué d'une excellence d'esprit et poussé d'une fureur divine, explique en beaux vers des pensées qui semblent ne pouvoir pas être produites du seul esprit humain.»

[168] «Disons donc que les anciens nous ont laissé des poëmes beaucoup moins remplis à la vérité que ne sont les nôtres, tant pour la raison que je viens d'apporter, que pour quelque autre à nous inconnue, et qu'on n'infère pas de là que la rigueur de notre règle en ait été la principale cause, comme veulent quelques-uns de ces Messieurs, qui n'ont point envie de la recevoir. D'autant que nous ne pouvons croire cela sans faire tort à ces grands esprits de l'antiquité, qui sembleroient avoir eu moins d'invention en la composition de leurs sujets, que nos modernes dramatiques, qui, nonobstant la difficulté de cette loi, n'ont pas laissé d'en imaginer de parfaitement beaux et parfaitement agréables, tels que sont par exemple le Pastor fido, la Filis de Scire et, sans aller plus loin, la Silvanire ou la Morte vive

[169] «Pour son étendue, il est vrai qu'elle passe un peu au delà de l'ordinaire, et que l'ayant plutôt faite pour l'hôtel de Montmorency que pour l'hôtel de Bourgogne, je ne me suis pas beaucoup soucié de la longueur, qui paroît principalement au dernier acte, à cause de la foule des effets qu'il y faut nécessairement démêler: si c'est un défaut, c'est pour les impatients et non pour les habiles.» La Silvanire est dédiée à Madame la duchesse de Montmorency.

[170] Voyez p. [76], note 183.

[171] «Pour la Chriséide, il me suffira de lui dire qu'elle n'a jamais vu le jour de mon consentement; qu'étant pleine des propres fautes de mon enfance et de celles que le peu de soin de l'imprimeur y laissa glisser, je fis ce que je pus pour en empêcher la distribution, jusque-là même qu'un de vos compatriots, nommé Jacques Besongne, qui l'avoit mise sous la presse, fut obligé par les poursuites de François Targa, votre libraire, à qui j'en avois laissé procuration, de faire un voyage en cette ville, où le pauvre homme mourut subitement, à mon très-grand regret; ce sont des circonstances assez remarquables pour vérifier ce que je dis.» (Épître familière du Sr Mairet, p. 9.)

[172] La Silvanire est ornée d'un frontispice gravé, avec portrait de J. Mairet de Besançon, et de cinq planches de Michel Lasne.

[173] Excuse à Ariste, vers 39 et 40. Le texte exact est:

Et mon ambition, pour faire plus de bruit,
Ne les va point quêter (les voix) de réduit en réduit.

[174] En 1639 a paru: Le grand et dernier Solyman ou la Mort de Mustapha, tragédie par M. Mairet. Représenté par la troupe Royalle, Paris, A. Courbé, in-4o. On lit dans l'Avertissement au lecteur: «Je t'avertis que le Solyman qu'on mit en lumière il y a deux ans n'est pas de moi.» En effet, le Soliman publié en 1637 est de d'Alibray. Les deux ouvrages sont imités de la pièce italienne du comte Bonarelli de la Rovère.

[175] Voyez la Notice sur Médée, tome II, p. 330 et 331, et ci-dessus, p. [8] et [9], et note 11 de cette dernière page.

[176] Cette dédicace est intitulée: «A tres-docte et tres-ingénieux Anthoine Brun, procureur general au Parlement de Dole, epitre dedicatoire, comique et familiere,» et elle commence par ces mots: «Monsieur mon tres-cher ami.»

[177] «Il est vrai qu'on nous fait au Louvre des sacrifices de louanges et de fumées, comme si nous étions les dieux de l'antiquité les plus délicats, où nous aurions besoin qu'on nous traitât plus grossièrement, et qu'on nous offrît plutôt de bonnes hécatombes de Poissy, avec une large effusion de vin d'Arbois, de Beaune et de Coindrieux.»

[178] «Il est très-vrai que si mes premiers ouvrages ne furent guère bons, au moins ne peut-on nier qu'ils n'ayent été l'heureuse semence de beaucoup d'autres meilleurs, produits par les fécondes plumes de MM. de Rotrou, de Scudéry, Corneille et du Ryer, que je nomme ici suivant l'ordre du temps qu'ils ont commencé d'écrire après moi, et de quelques autres, dont la réputation ira quelque jour jusques à vous; particulièrement de deux jeunes auteurs des tragédies de Cléopatre et de Mithridate, de qui l'apprentissage est un demi-chef-d'œuvre qui donne de merveilleuses espérances des belles choses qu'ils pourront faire à l'avenir.»

[179] Cléopatre, tragédie de Benserade, représentée en 1635.

[180] La Mort de Mithridate, tragédie de la Calprenède, représentée en 1635.

[181] Nous ne savons de quel ouvrage il s'agit ici. Serait-ce de la Grande Pastorale qui, suivant Pellisson, renfermait cinq cents vers de la façon du Cardinal, et à l'impression de laquelle il renonça après avoir pris connaissance des observations de Chapelain, que lui communiqua Boisrobert (voyez la Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, p. 179 et suivantes)? C'est probable; remarquons toutefois que Pellisson ne dit mot de la collaboration de Mairet.

[182] Voici le passage des Galanteries du duc d'Ossonne auquel il est fait allusion ici.

[183] On sait que Besançon, patrie de Mairet, et la Franche-Comté tout entière n'étaient pas encore françaises: elles avaient appartenu à l'empire d'Allemagne et faisaient alors partie des possessions de la ligne espagnole de la maison d'Autriche.

[184] L'épître dédicatoire est adressée: A madame la duchesse d'Aiguillon, dans les éditions de 1648-56.—Marie-Madeleine de Vignerot, nièce de Richelieu, avait épousé Antoine de Beauvoir, marquis du Roure, seigneur de Combalet, qui fut tué en 1621 devant Montauban. Le Cardinal la plaça près de la Reine, en qualité de dame d'honneur, et fit revivre pour elle en 1638 le duché d'Aiguillon. Toutefois ces mots: A Madame de Combalet, subsistèrent en tête de la présente dédicace, dans les éditions du Cid, jusqu'en 1644 inclusivement. On y substitua plus tard, comme nous venons de le dire: A Madame la duchesse d'Aiguillon, dans les recueils des Œuvres, jusqu'en 1660, époque à laquelle Corneille supprima les dédicaces et les avertissements. La duchesse mourut en 1675. Voyez ci-dessus, p. [18] et [19].

[185] Var. (édit. de 1654 et 56): vient encore triompher.

[186] Ce membre de phrase manque dans l'édition de 1637 in-12, qui porte simplement: «alors j'ai cru qu'après les éloges, etc.»

[187] Cet extrait et les remarques qui le suivent ne se trouvent que dans les éditions de 1648-56.—Au lieu de «lib. IXo, cap. vo,» on lit dans les éditions données du vivant de Corneille: «lib. IVo, cap. 5o.» Dans les impressions les plus récentes, à la faute IVo, pour IXo, il s'en est joint une seconde: 50 pour 5o.

[188] «Il avait eu peu de jours auparavant[188-a] un duel avec don Gomèz, comte de Gormaz. Il le vainquit et lui donna la mort. Le résultat de cet événement fut qu'il se maria avec doña Chimène, fille et héritière de ce seigneur. Elle-même demanda au Roi qu'il le lui donnât pour mari (car elle était fort éprise de ses qualités), ou qu'il le châtiât conformément aux lois, pour avoir donné la mort à son père. Le mariage, qui agréait à tous, s'accomplit; ainsi grâce à la dot considérable de son épouse, qui s'ajouta aux biens qu'il tenait de son père, il grandit en pouvoir et en richesses.»

L'Historia general d'España[188-b], d'où Corneille a tiré le fragment qui précède son Avertissement, n'est qu'une traduction libre, faite par le P. Mariana lui-même, de son histoire latine, intitulée Historiæ de rebus Hispaniæ libri XXX, dont les diverses parties ont paru en 1592, 1595 et 1616. Voici le passage qui correspond, dans l'ouvrage original, au fragment espagnol cité par Corneille:

Gormatii comitem Gometium non multo antea, in privata contentione, adacto in viscera gladio peremerat (Rodericus Diacius). Occisi patris, pro quo supplicium debebatur, merces Semenæ filiæ conjugium fuit; quum illa juvenis virtutem admirata, sibi virum dari, aut lege in eum agi regem postulasset. Rodericus, ad paternam ditionem, dotali principatu occisi soceri auctus, viribus et potentia validus, etc.

(Mariana, Historiæ de rebus Hispaniæ lib. IX, cap. V.)

[188-a] Afin de pouvoir, sans paraître se donner trop de licence, ramener toute l'histoire à un seul jour, Corneille se sert un peu artificieusement du texte de Mariana, dont les mots: pocos dias antes (dans la rédaction latine: non multo antea) viennent immédiatement après une phrase où il est parlé de l'âge de trente ans qu'avait alors Rodrigue; cette phrase fait partie du récit d'une querelle que faisait au roi Fernand l'empereur Henri II. Dans les romances, il y a un assez long intervalle entre le duel et le mariage. Il paraît même que Chimène était encore une enfant lors du duel et ne fit sa démarche auprès du Roi qu'après un certain nombre d'années.

[188-b] Publiée pour la première fois en 1601, à Tolède, chez Pedro Rodriguez, 2 vol. in-folio.

[189] Corneille a-t-il ici en vue les deux chroniques dont parle M. Damas-Hinard (Romancero, tome II, p. 52), ou bien les deux ouvrages connus sous les noms de Chronique rimée et de Poëme ou Chanson du Cid, dont il est question au chapitre 1, p. 3, des Documents relatifs à l'histoire du Cid, publiés par M. Hippolyte Lucas?

[190] Doña Elvire, fille aînée du Cid, épousa le roi don Ramire de Navarre, et doña Sol, la cadette, l'infant don Sanche d'Aragon.

[191] «Ce Cid Ruis eut querelle avec D. Gomès, seigneur du lieu de Gormès, qui avoit été conquêté par le roi D. Fernand sur les Maures, peu d'années auparavant: tellement que entrant en combat eux deux, D. Gomès fut tué. De lui resta une fille nommée D. Ximena Gomès, laquelle faisoit grandes et continuelles plaintes de la mort de son père; mais il ne passa longtemps qu'elle-même pria le Roi de faire le mariage d'elle et du Cid, ce qu'il fit, et ainsi demeura cette dame toute consolée.» (Histoire générale d'Espagne.... par Loys de Mayerne Turquet. Édition de Lyon, 1587, in-fol., p. 334; édition de Paris, 1635, 2 vol. in-fol., tome I, p. 297.) On lit en marge en manchette: «Fille tôt consolée de la mort de son père.» Évidemment c'est surtout à cette indication, que se rapporte la remarque de Corneille.

[192] Sur ces traductions, voyez, au tome I, le passage de la Notice biographique de Corneille où il est question de ses livres. Nous savons par Fontenelle qu'il eut plus tard aussi dans sa bibliothèque la version espagnole. Il n'en parle pas ici. Son silence s'accorde avec ce qui est dit dans la Notice du Cid (p. 4 et suivantes) au sujet de la traduction ou plutôt de l'imitation de Diamante.

[193] Comedia del Engañarse engañando, jornada segunda; la pièce n'est pas divisée en scènes. Elle a été imprimée en 1625, dans la Segunda parte de las Comedias de don Guillem de Castro. Valencia, por Miguel Sorolla.—Le titre espagnol, qui signifie se tromper en trompant, rappelle par la pensée et par la forme ce vieux proverbe, regretté de la Fontaine (livre IV, fable XI):

Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui,
Qui souvent s'engeigne soi-même.

[194] L'édition espagnole de 1625, indiquée à la note précédente, donne tengo, au lieu de siento, et au dernier vers vencer, au lieu de resistir.

[195] «Si le monde a raison de dire que ce qui éprouve le mérite d'une femme, c'est d'avoir des désirs à vaincre, des occasions à rejeter, je n'aurais ici qu'à exprimer ce que je sens: mon honneur n'en deviendrait que plus éclatant. Mais une malignité qui se prévaut de notions d'honneur mal entendues convertit volontiers en un aveu de faute ce qui n'est que la tentation vaincue. Dès lors la femme qui désire et qui résiste également, vaincra deux fois, si en résistant elle sait encore se taire.»

[196] Voyez tome I, p. 38.

[197] Voyez ci-dessus, p. [47], [48] et [66].

[198] «Le désert ne m'a pas rendu si sauvage que je ne sois touché des raretés qu'on nous apporte du monde,» dit Balzac dans sa lettre à Scudéry.

[199] Allusion aux Lettres choisies du Sieur de Balzac. Paris, Augustin Courbé, 1647, in-8o, 2 parties. La lettre à Scudéry figure à la p. 394 de la 1re partie.—Il faut se souvenir que cet Avertissement a paru pour la première fois dans l'édition de 1648: voyez ci-dessus, p. [79], note 187.

[200] «Tourner sans scrupule le sens du bon Aristote du côté de la politique» paraît signifier, d'après l'ensemble du passage, «tourner le sens d'Aristote du côté de la politique de celui qui l'interprète, de ses opinions, de ses intérêts, de ses passions.»

[201] Var. (édit. de 1654 et de 1656): les préceptes qu'il nous en a donnés.

[202] Var. (édit. de 1654 et de 1656): et bien loin de s'amuser au travail des bienséances.

[203] Voyez l'Art poétique d'Horace, vers 189 et 190.

[204] Cet est au masculin dans les impressions de 1648-1656, c'est-à-dire dans toutes les éditions publiées par Corneille qui donnent cet Avertissement. Voyez ci-dessus, p. [22], ligne 5.

[205] Corneille veut parler de Robortel qu'il nomme dans un passage du Discours de la tragédie où il a déjà exposé les idées sur lesquelles il revient ici. Voyez tome I, p. 59 et p. 33.

[206] Var. (édit. de 1654 et de 1656): celui qui souffre en être aimé.

[207] Ces romances font partie tous deux du Romancero general. On les trouve dans le Romancero espagnol.... traduction complète par M. Damas-Hinard, 2 vol. in-18, tome II, p. 24 et 27.

[208] Ce dernier alinéa a été supprimé dans les éditions de 1654 et de 1656, auxquelles il ne pouvait s'appliquer: elles ne contiennent pas les extraits de Guillem de Castro dont parle ici Corneille, et que l'on trouvera dans notre édition à l'Appendice qui suit la pièce.

[209] C'est-à-dire en lettres italiques.

[210] Corneille, dans ses diverses éditions, et après lui son frère, dans celle de 1692, impriment en italiques les discours directs, les paroles d'autrui rapportées par les acteurs, paroles qu'on met plus ordinairement aujourd'hui entre guillemets. Ainsi dans le Cid (acte V, scène I):

On dira seulement: Il adoroit Chimène,
Il n'a pas voulu vivre
, etc.;

et dans la scène VI du même acte:

Ne crains rien, m'a-t-il dit, quand il m'a désarmé;
Je laisserois plutôt, etc.

[211] «Par-devant le roi de Léon, un soir se présente doña Chimène, demandant justice pour la mort de son père. «Elle demande justice contre le Cid, don Rodrigue de Bivar, qui l'a rendue orpheline dès son enfance, quand elle comptait encore bien peu d'années. «Si j'ai raison d'agir ainsi, ô Roi, tu le comprends, tu le sais bien: les devoirs de l'honneur ne se laissent point méconnaître. «Chaque jour que le matin ramène, je vois celui qui s'est repu comme un loup de mon sang, passer pour renouveler mes chagrins, chevauchant sur un destrier. «Ordonne-lui, bon roi, car tu le peux, de ne plus aller et venir par la rue que j'habite: un homme de valeur n'exerce pas sa vengeance contre une femme. «Si mon père fit affront au sien, il l'a bien vengé, et si la mort a payé le prix de l'honneur, que cela suffise à le tenir quitte. «J'appartiens à ta tutelle, ne permets pas que l'on m'offense: l'offense qu'on peut me faire s'adresse à ta couronne. «—Taisez-vous, doña Chimène: vous m'affligez vivement. Mais je saurai bien remédier à toutes vos peines. «Je ne saurais faire du mal au Cid; car c'est un homme de grande valeur, il est le défenseur de mes royaumes, et je veux qu'il me les conserve. «Mais je ferai avec lui un accommodement dont vous ne vous trouverez point mal: c'est de prendre sa parole pour qu'il se marie avec vous.» «Chimène demeure satisfaite, agréant cette merci du Roi, qui lui destine pour protecteur celui qui l'a faite orpheline.»

[212] De Rodrigue et de Chimène le Roi prit la parole et la main, afin de les unir ensemble en présence de Layn Calvo. «Les inimitiés anciennes furent réconciliées par l'amour; car où préside l'amour, bien des torts s'oublient.... «Les fiancés arrivèrent ensemble et, au moment de donner la main et le baiser, le Cid, regardant la mariée, lui dit tout troublé: «J'ai tué ton père, Chimène, mais non en trahison: je l'ai tué d'homme à homme, pour venger une réelle injure. «J'ai tué un homme, et je te donne un homme: me voici pour faire droit à ton grief, et au lieu du père mort tu reçois un époux honoré.» «Cela parut bien à tous; ils louèrent son prudent propos, et ainsi se firent les noces de Rodrigue le Castillan.»

[213] Var. (édit. de 1660-1663): et depuis vingt-trois ans;—(édit. de 1664) et depuis vingt-huit ans;—(édit. de 1668) et depuis trente-cinq ans.—Ces dates sont peu précises: en 1682 il y avait, non pas cinquante ans, mais seulement quarante-six, que le Cid avait été représenté. Il y a d'autres inexactitudes de ce genre dans les écrits de Corneille. Nous avons vu Claveret lui reprocher de s'être vanté en 1637, dans la Lettre apologétique, de ses «trente années d'études.» Voyez tome I, p. 129 et 130.

[214] Var. (édit. de 1660-1668): chez les anciens et les modernes.

[215] Var. (édit. de 1660-1664): entre un mari et une femme, une mère et un fils, un frère et une sœur.—Voyez tome I, p. 65.

[216] Toutes les éditions, jusqu'à celle de 1692, qui, la première, met les deux verbes au pluriel, donnent s'accommodast.... et fortifiast.

[217] Var. (édit. de 1660): par la douleur où il l'abîme; et si la présence, etc.

[218] Vers 1556.

[219] Vers 1667.

[220] Voyez la scène IV de l'acte III, (page [153]) et la scène I de l'acte V. (page [182])

[221] Voyez la Poétique, fin du chapitre XXIV.

[222] Voyez las Mocedades del Cid, au premier tiers de la seconde journée; la pièce n'est pas divisée en scènes distinguées par des chiffres.

[223] Corneille a remarqué dans le Discours du Poëme dramatique (tome I, p. 48) que l'amour de l'Infante est un épisode détaché, et dans l'Examen de Clitandre (tome I, p. 272), que don Fernand agit seulement en qualité de juge et que ce roi «remplit assez mal la dignité d'un si grand titre.» Il revient encore sur ces deux personnages dans l'Examen d'Horace.

[224] Voyez las Mocedades del Cid, au premier tiers de la première journée.

[225] Var. (édit. de 1660-1663): Je ne pense pas non plus qu'il manque beaucoup à ne jeter point, etc.

[226] Var. (édit. de 1660): que la règle des vingt-quatre heures.

[227] Var. (édit. de 1660): mais les vingt-quatre heures ne l'ont pas permis.

[228] Corneille aurait pu l'assurer. Madoz dit que le flux se fait sentir jusqu'à dix ou douze lieues au-dessus de Séville. (Diccionario geografico-estadistico-historico de España. Madrid, 1847, gr. in-8o, tome IX, p. 22.)

[229] Voyez tome I, p. 43.

[230] Voyez las Mocedades del Cid, deuxième journée.

[231] Var. (édit. de 1660 et de 1663); de rendre un service d'importance à son roi.

[232] Ailleurs Corneille a déjà dit la même chose, mais en précisant un peu plus: «Le Cid multiple encore davantage les lieux particuliers sans quitter Séville; et comme la liaison de scènes n'y est pas gardée, le théâtre, dès le premier acte, est la maison de Chimène, l'appartement de l'Infante dans le palais du Roi, et la place publique; le second y ajoute la chambre du Roi; et sans doute il y a quelque excès dans cette licence.» (Discours des trois unités, tome I, p. 120.) On doit bien penser que Scudéry ne manqua pas d'insister sur cette irrégularité: «Le théâtre, dit-il, en est si mal entendu, qu'un même lieu représentant l'appartement du Roi, celui de l'Infante, la maison de Chimène et la rue, presque sans changer de face, le spectateur ne sait le plus souvent où en sont les acteurs.» (Fautes remarquées dans la tragi-comédie du Cid, p. 29.)—Actuellement on change les décorations. Voyez la Notice, p. [52].

[233] Voyez las Mocedades del Cid, au deuxième tiers de la première journée.

[234] Voici le vrai texte de ce passage (Art poétique, vers 44 et 45):

Pleraque differat, et præsens in tempus omittat;
Hoc amet, hoc spernat promissi carminis auctor.

[235] Ici Corneille a changé le mode du verbe pour faire mieux concorder les deux citations. Il y a dans l'Art poétique (vers 148):

Semper ad eventum festinat.

[236] Scudéry revient à deux reprises sur ce point: «Rodrigue y paroît d'abord (dans le troisième acte) chez Chimène, avec une épée qui fume encore du sang tout chaud qu'il vient de faire répandre à son père; et par cette extravagance si peu attendue, il donne de l'horreur à tous les judicieux qui le voient, et qui savent que ce corps est encore dans la maison.» (Fautes remarquées, p. 22.)—«Rodrigue vient en plein jour revoir Chimène.... Si je ne craignois de faire le plaisant mal à propos, je lui demanderois volontiers s'il a donné de l'eau bénite en passant à ce pauvre mort qui vraisemblablement est dans la salle.» (P. 27.)

[237] Segnius irritant animos demissa per aurem,
Quam quæ sunt oculis subjecta fidelibus....

(Art poétique, vers 180 et 181.)

[238] Nous avons confronté plusieurs exemplaires de l'édition originale, parce qu'ils ne sont pas tous identiques: en les comparant, nous avons constaté, comme on pourra le voir aux variantes, plusieurs différences, dont une est très-notable: voyez vers 312-314, p. [122].

[239] Nous avons fait réimprimer cet avis à la fin de notre Appendice du Cid.

[240] Fernand ou Ferdinand Ier, dit le Grand, mourut en 1075. Doña Urraque est aussi un nom historique: les deux filles que laissa le roi Fernand s'appelaient, l'une doña Urraca, l'autre doña Elvira. Nous avons vu plus haut (p. 79), dans l'extrait de Mariana, don Gomès, Chimène, et don Rodrigue (ou Ruy Diaz de Bivar, surnommé le Cid). Le père de don Rodrigue est appelé par le même historien (livre IX, chapitre v) don Diego Laynez. Quant à don Arias, qu'il nomme don Arias Gonzalès, il parle de lui comme d'un vieil officier qui avait longtemps servi sous le roi don Fernand. Les autres noms de ses acteurs, Corneille les a trouvés également, à l'exception peut-être de celui de Léonor, soit dans le livre IX de Mariana, soit dans don Guillem de Castro; seulement il a donné ceux de don Sanche et de don Alonse à d'autres personnages que ceux à qui ils appartiennent dans l'histoire ou chez le poëte espagnol.

[241] Var. (édit. de 1637-1656): Don Rodrigue, fils de don Diègue et amant de Chimène.

[242] Var. (édit. de 1637-1644): Chimène, maîtresse de don Rodrigue et de don Sanche.

[243] Var. (édit. de 1637-1656): Elvire, suivante de Chimène.

[244] Var. TRAGI-COMÉDIE. (1637-44)

[245] Voyez la Notice, p. [51].

[246] Var. SCÈNE PREMIÈRE.

LE COMTE, ELVIRE[246-a].

ELV. Entre tous ces amants dont la jeune ferveur
Adore votre fille et brigue ma faveur,
Don Rodrigue et don Sanche à l'envi font paroître[246-b]
Le beau feu qu'en leurs cœurs ses beautés ont fait naître.
Ce n'est pas que Chimène écoute leurs soupirs,
Ou d'un regard propice anime leurs desirs:
Au contraire, pour tous dedans l'indifférence,
Elle n'ôte à pas un ni donne d'espérance,
Et sans les voir d'un œil trop sévère ou trop doux,
C'est de votre seul choix qu'elle attend un époux.
LE COMTE. [Elle est dans le devoir; tous deux sont dignes d'elle[246-c].]

[246-a] ELVIRE, LE COMTE. (1638 P.)

[246-b] Dans l'édition originale, et dans plusieurs de celles qui l'ont suivie, il y a parestre, et à l'autre vers naistre. Nous avons signalé une rime semblable: cognestre et naistre, dans la Comédie des Tuileries (voyez tome II, p. 315, note 905). Dans l'intérieur des vers, les éditions les plus anciennes donnent tantôt parestre (par exemple, à la variante du vers 1250), tantôt paroistre (à la variante du vers 1419).

[246-c] On voit que, dans ses premières éditions, Corneille faisait dire au Comte lui-même ce qu'à partir de 1660 Elvire rapporte comme un discours du Comte.

[247] Var. Qui n'enfle de pas un ni détruit l'espérance, (1637-56)
Et sans rien voir d'un œil trop sévère ou trop doux. (1660)

[248] Var. M'en ont donné tous deux un soudain témoignage. (1660)

[249] Var. Don Rodrigue surtout n'a trait de son visage. (1637 in-12)

[250] «J'ai vu feu M. Corneille fort en colère contre M. Racine pour une bagatelle, tant les poëtes sont jaloux de leurs ouvrages. M. Corneille.... avoit dit en parlant de don Diègue:

Ses rides sur son front ont gravé ses exploits;

M. Racine, par manière de parodie, s'en joua dans ses Plaideurs, où il dit d'un sergent, acte I, scène I:

Ses rides sur son front gravoient tous ses exploits.

«Quoi! disoit M. Corneille, ne tient-il qu'à un jeune homme de venir tourner en ridicule les plus beaux vers des gens?» (Ménagiana, édition de 1715, tome III, p. 306 et 307.)

[251] Var. [Et ma fille, en un mot, peut l'aimer et me plaire.]
Va l'en entretenir; mais dans cet entretien
Cache mon sentiment et découvre le sien.
Je veux qu'à mon retour nous en parlions ensemble;
L'heure à présent m'appelle au conseil qui s'assemble:
Le Roi doit à son fils choisir un gouverneur,
Ou plutôt[251-a] m'élever à ce haut rang d'honneur;
Ce que pour lui mon bras chaque jour exécute,
Me défend de penser qu'aucun me le dispute.

SCÈNE II[251-b].

CHIMÈNE, ELVIRE[251-c].

ELVIRE, seule[251-d]. Quelle douce nouvelle à ces jeunes amants!
Et que tout se dispose à leurs contentements!
CHIM. Eh bien! Elvire, enfin que faut-il que j'espère?
Que dois-je devenir, et que t'a dit mon père?
ELV. Deux mots dont tous vos sens doivent être charmés:
[Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez.]
CHIM. L'excès de ce bonheur me met en défiance:
Puis-je à de tels discours donner quelque croyance?
ELV. Il passe bien plus outre, il approuve ses feux,
Et vous doit commander de répondre à ses vœux.
Jugez après cela, puisque tantôt son père
Au sortir du conseil doit proposer l'affaire,
S'il pouvoit avoir lieu de mieux prendre son temps,
[Et si tous vos desirs seront bientôt contents.] (1637-56)

[251-a] L'édition de 1638 P. porte: «Au plutôt,» ce qui est sans doute une faute.

[251-b] Les scènes se trouvent ainsi reculées d'un rang, jusqu'à la fin de l'acte, dans les éditions de 1637-56.—L'édition de 1638 P. numérote partout les scènes en nombres ordinaux: SCÈNE DEUXIÈME, SCÈNE TROISIÈME, etc.

[251-c] ELVIRE, CHIMÈNE. (1638 P.)

[251-d] Le mot seule manque dans les éditions de 1638 P. et de 1644 in-12.

[252] Var. Il alloit au conseil, dont l'heure qu'il pressoit. (1660)

[253] Var. Vous verrez votre crainte heureusement déçue. (1637-56)

[254] Var. LE PAGE. (1638 P. et 44 in-12)

[255] Var. L'INFANTE, au Page. (1637-60)

[256] Var. Va-t'en trouver Chimène, et lui dis de ma part. (1637-44)
Var. Va-t'en trouver Chimène, et dis-lui de ma part. (1648-56)

[257] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638 L.—Il se trouve trois vers plus loin dans l'édition de 1644 in-12.

[258] Var. Et je vous vois pensive et triste chaque jour. (1637-56)

[259] Var. L'informer[259-a] avec soin comme va son amour. (1637-44)
Var. Demander avec soin comme va son amour. (1648-56)

[259-a] Voyez tome I, p. 472, note 1532, et tome II, p. 31, note 94.

[260] Var. J'en dois bien avoir soin: je l'ai presque forcée
A recevoir les coups dont son âme est blessée[260-a]. (1637-56)

[260-a] A recevoir le coup dont son âme est blessée. (1644 in-12)

[261] Var. Je dois prendre intérêt à la fin de leurs peines. (1637-56)

[262] Var. On vous voit un chagrin qui va jusqu'à l'excès. (1637-56)

[263] Var. Et plaignant ma foiblesse, admire ma vertu. (1637 in-4o et 39-56)
Var. Et plaignant ma tristesse, admire ma vertu. (1637 in-12 et 38)

[264] Voyez le Lexique, au mot Cavalier.

[265] Var. Ce jeune chevalier, cet amant que je donne. (1637 in-4o, 38 P. et 39-44)

[266] «L'Infante dans le Cid avoue à Léonor l'amour secret qu'elle a pour lui, et l'auroit pu faire un an ou six mois plus tôt.» (Corneille, Examen de Polyeucte.)

[267] Var. Si je sors du respect pour blâmer votre flamme. (1637 in-12 et 38 L.)

[268] Var. Choisir pour votre amant un simple chevalier! (1637 in-4o, 38 P. et 39-44)
Var. Choisir pour votre amant un simple cavalier! (1637 in-12; 38 L. et 48-56)

[269] Var. Et que dira le Roi? que dira la Castille?
Vous souvenez-vous point de qui vous êtes fille[269-a]?
L'INF. Oui, oui, je m'en souviens, et j'épandrai mon sang
Plutôt que de rien faire indigne de mon rang. (1637-56)

[269-a] Vous souvenez-vous bien de qui vous êtes fille? (1638 L.)

[270] Var. Si j'ai beaucoup d'amour, j'ai bien plus de courage. (1637-56)

[271] Var. Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille de roi. (1637, 38, 44 in-12 et 48-56)
Var. Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille du Roi. (1639 et 44 in-4o)

[272] Var. Si l'amour vit d'espoir, il meurt avecque lui. (1637-56)

[273] L'édition de 1637 in-12 porte guari, pour guéri.

[274] Var. Je suis au désespoir que l'amour me contraigne. (1637-60)

[275] Var. Je ne m'en promets rien qu'une joie imparfaite.
Ma gloire et mon amour ont tous deux tant d'appas,
Que je meurs s'il s'achève et ne s'achève pas. (1637-56)

[276] Var. Pour souffrir la vertu si longtemps au supplice. (1637-56)

[277] Les mots à Léonor manquent dans les éditions de 1637-44.

[278] L'édition de 1637 in-12 porte avant que, pour autant que.

[279] Var. Vous choisissant peut-être on eût pu mieux choisir;
Mais le Roi m'a trouvé plus propre à son desir. (1637-56)

[280] Var. A l'honneur qu'on m'a fait ajoutez-en un autre. (1660 et 63)

[281] Var. Rodrigue aime Chimène, et ce digne sujet
De ses affections est le plus cher objet:
Consentez-y, Monsieur, et l'acceptez pour gendre.
LE COMTE. A de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. (1637-56)

[282] Var. Lui doit bien mettre au cœur une autre vanité. (1637-56)

[283] L'édition de 1682 porte, par erreur, sous la loi, pour sous sa loi.

[284] Var. Instruisez-le d'exemple, et vous ressouvenez
Qu'il faut faire à ses yeux ce que vous enseignez. (1637-56)

[285] Var. Là, dans un long tissu des belles actions. (1639 et 44 in-4o)

[286] Var. Attaquer une place et ranger une armée. (1660-64)

[287] Var. Les exemples vivants ont bien plus de pouvoir. (1637-56)

[288] Var. Et si vous ne m'aviez, vous n'auriez plus de rois.
Chaque jour, chaque instant entasse pour ma gloire
Laurier dessus laurier, victoire sur victoire[288-a].
Le Prince, pour essai de générosité,
Gagneroit des combats marchant à mon côté;
Loin des froides leçons qu'à mon bras on préfère,
[Il apprendroit à vaincre en me regardant faire.]
DON DIÈG. Vous me parlez en vain de ce que je connoi[288-b]:
[Je vous ai vu combattre et commander sous moi.] (1637-56)

[288-a] Lauriers dessus lauriers, victoire sur victoire. (1648-56)

[288-b] Voyez tome I, p. 421, note 3.

[289] Var. Un monarque entre nous met de la différence. (1637-56)

[290] Var. Parlons-en mieux, le Roi fait l'honneur à votre âge. (1644 in-4o)

[291] Var. Le Roi, quand il en fait, les mesure au courage. (1648-56)

[292] «On ne donnerait pas aujourd'hui un soufflet sur la joue d'un héros. Les acteurs mêmes sont très-embarrassés à donner ce soufflet, ils font le semblant. Cela n'est plus même souffert dans la comédie, et c'est le seul exemple qu'on en ait sur le théâtre tragique. Il est à croire que c'est une des raisons qui firent intituler le Cid tragi-comédie. Presque toutes les pièces de Scudéry et de Boisrobert avaient été des tragi-comédies. On avait cru longtemps en France qu'on ne pouvait supporter le tragique continu sans mélange d'aucune familiarité. Le mot de tragi-comédie est très-ancien: Plaute l'emploie[292-a] pour désigner son Amphitryon, parce que si l'aventure de Sosie est comique, Amphitryon est très-sérieusement affligé.» (Voltaire.)

[292-a] Dans le Prologue d'Amphitryon (vers 59 et 63), Plaute désigne la pièce par le nom de tragicocomœdia, non pour la raison que donne ici Voltaire, mais parce qu'on voit figurer ensemble dans ce drame, d'une part des dieux et des rois, personnages de la tragédie, et de l'autre des esclaves, personnages de la comédie.

[293] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638. Les autres impressions de 1637-48 ont à la place, soit en marge, soit au-dessous du nom de DON DIÈGUE: Ils mettent l'épée à la main.

[294] Var. O Dieu! ma force usée à ce besoin me laisse! (1637-56)

[295] Var. [Ne lui servira pas d'un petit ornement.]
DON DIÈG. Épargnes-tu mon sang? LE COMTE. Mon âme est satisfaite,
Et mes yeux à ma main reprochent ta défaite.
DON DIÈG. Tu dédaignes ma vie! LE COMTE. En arrêter le cours
Ne seroit que hâter la Parque de trois jours[295-a]. (1637-56)

[295-a] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.

[296] Var. DON DIÈGUE, seul. (1637-60)

[297] Var. [Passe, pour me venger, en de meilleures mains.]
Si Rodrigue est mon fils, il faut que l'amour cède,
Et qu'une ardeur plus haute à ses flammes succède:
Mon honneur est le sien, et le mortel affront
Qui tombe sur mon chef rejaillit sur son front[297-a]. (1637-56)

[297-a] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.

[298] Var. Je l'ai vu tout sanglant, au milieu des batailles,
Se faire un beau rempart de mille funérailles.
DON RODR. Son nom? c'est perdre temps en propos superflus.
DON DIÈG. Donc pour te dire encor quelque chose de plus. (1637-56)

[299] Var. Montre-toi digne fils d'un tel père que moi. (1637-56)

[300] Var. Je m'en vais les pleurer: va, cours, vole, et nous venge. (1637-56)

[301] «On mettait alors des stances dans la plupart des tragédies, et on en voit dans Médée. On les a bannies du théâtre. On a pensé que les personnages qui parlent en vers d'une mesure déterminée ne devaient jamais changer cette mesure, parce que s'ils s'expliquaient en prose, ils devraient toujours continuer à parler en prose. Or les vers de six pieds étant substitués à la prose, le personnage ne doit pas s'écarter de ce langage convenu. Les stances donnent trop l'idée que c'est le poëte qui parle. Cela n'empêche pas que ces stances du Cid ne soient fort belles et ne soient encore écoutées avec beaucoup de plaisir.» (Voltaire.)—D'Aubignac a fait dans sa Pratique du théâtre (p. 345 et 346) des réflexions analogues sur ces stances: «Pour rendre.... vraisemblable qu'un homme récite des stances, c'est-à-dire qu'il fasse des vers sur le théâtre, il faut qu'il y ait une couleur ou raison pour autoriser ce changement de langage.... Souvent nos poëtes ont mis des stances en la bouche d'un acteur parmi les plus grandes agitations de son esprit, comme s'il étoit vraisemblable qu'un homme en cet état eût la liberté de faire des chansons. C'est ce que les plus entendus au métier ont très-justement condamné dans le plus fameux de nos poëmes, où nous avons vu un jeune seigneur, recevant un commandement qui le réduisoit au point de ne savoir que penser, que dire, ni que faire, et qui divisoit son esprit par une égale violence entre sa passion et sa générosité, faire des stances au lieu même où il étoit, c'est-à-dire composer à l'improviste une chanson au milieu d'une rue. Les stances en étoient fort belles, mais elles n'étoient pas bien placées; il eût fallu donner quelque loisir pour composer cette agréable plainte.» D'Aubignac constate du reste le succès de ce morceau: «Les stances de Rodrigue, où son esprit délibère entre son amour et son devoir, ont ravi toute la cour, et tout Paris» (p. 402).

[302] Var. DON RODRIGUE, seul. (1637-60)

[303] L'édition de 1682 porte par erreur: «Percé jusqu'au fond du cœur.»

[304] Var. L'un échauffe mon cœur, l'autre retient mon bras. (1637-55)

[305] Var. Illustre tyrannie, adorable contrainte,
Par qui de ma raison la lumière est éteinte,
A mon aveuglement rendez un peu de jour[305-a]. (1637 in-4o P. et 44 in-12)
Var. Impitoyable loi, cruelle tyrannie. (1637 in-12, 38 et 44 in-4o)

[305-a] Tel est le texte des deux éditions in-4o de 1637 qui appartiennent à la Bibliothèque impériale. L'édition de l'Institut et celle de la Bibliothèque de Versailles sont, pour ces trois vers, conformes à l'édition de 1682.

[306] Var. Noble ennemi de mon plus grand bonheur. (1637-48)

[307] Var. Qui fais toute ma peine. (1637-56)

[308] Var. Qui venge cet affront irrite sa colère,
Et qui peut le souffrir ne la mérite pas[308-a].
Prévenons la douleur d'avoir failli contre elle,
Qui nous seroit mortelle.
Tout m'est fatal, rien ne me peut guérir,
Ni soulager ma peine. (1637-56)

[308-a] Et qui peut la souffrir ne la mérite pas. (1637 in-12 et 38)—L'édition de 1644 in-12 porte: «ne le mérite pas,» au lieu de: «ne la mérite pas.»

[309] Var. Allons, mon bras, du moins sauvons l'honneur,
Puisqu'aussi bien il faut perdre Chimène. (1637-56)

[310] L'édition de 1637 in-12 porte par erreur: «Oui, mon esprit est déçu.»

[311] Var. Dois-je pas à mon père avant qu'à ma maîtresse? (1637-48)
Var. Dois-je pas à mon père autant qu'à ma maîtresse? (1652-56)

[312] Var. Et tous honteux d'avoir tant balancé. (1637, 38 L. et 39)

[313] Var. LE COMTE, DON ARIAS. (1638 P.)

[314] Var. Je l'avoue entre nous, quand je lui fis l'affront,
J'eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt. (1637-56)

[315] Var. Qu'il prenne donc ma vie, elle est en sa puissance.
DON ARIAS. Un peu moins de transport et plus d'obéissance:
D'un prince qui vous aime apaisez le courroux. (1637-56)

[316] Var. Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime. (1637-56)

[317] Var. Et quelque grand qu'il fût, mes services présents. (1637-56)

[318] Voyez la Notice du Cid, p. [17] et note 41.

[319] Var. Tout l'État périra plutôt que je périsse. (1637-56)

[320] Dans les premières éditions, il y a un point d'interrogation à la fin de ce vers et du précédent.

[321] Voyez tome I, p. 150, note 479-a.

[322] Var. Tout couvert de lauriers, craignez encor la foudre. (1637-56)

[323] Il n'y a point ici de jeu de scène dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638. Dans celles de 1637 in-4o et de 1638-60, on lit: Don Arias rentre, au lieu de: Il est seul.

[324] Var. Je m'étonne fort peu de menaces pareilles[324-a]:
Dans les plus grands périls je fais plus de merveilles;
Et quand l'honneur y va, les plus cruels trépas
Présentés à mes yeux ne m'ébranleroient pas. (1637-56)

[324-a] L'édition de 1644 in-12 porte, par erreur:

Je m'étonne fort peu de pareilles menaces.

Cette transposition fortuite a cela de remarquable qu'elle donne au vers la rime qu'il aura à partir de 1660.

[325] Var. DON RODRIGUE, LE COMTE. (1638 P.)

[326] Var. La valeur n'attend pas le nombre des années. (1637 in-12 et 38)—Cicéron a dit dans la cinquième Philippique, chapitre XVII: «C. Cæsar ineunte ætate docuit ab excellenti eximiaque virtute progressum ætatis exspectari non oportere;» et du Vair dans sa quatorzième Harangue funèbre, en parlant de Louis XIII enfant: «Ne nous promet-il pas que nous verrons, et bientôt, la vengeance de ce terrible assassinat? Ce sera son apprentissage, ce seront ses premiers faits d'armes que la vengeance de son père. Ne mesurez pas sa puissance par ses ans: la vertu aux âmes héroïques n'attend pas les années; elle fait son progrès tout à coup.» (Œvres de messire Guill. du Vair. Paris, Séb. Cramoisy, 1641, in-fol., p. 715.) Corneille, qui dans Polyeucte paraît s'être rappelé un autre passage de du Vair, pourrait bien s'être souvenu ici de celui que nous venons de citer. Voyez aussi l'Appendice du Cid, II, p. [214].

[327] Var. Mais t'attaquer à moi! qui t'a rendu si vain? (1637-56)

[328] Var. Mille et mille lauriers dont ta tête est couverte. (1637-56)

[329] Var. Et que voulant pour gendre un chevalier parfait. (1637 in-4o, 38 P., 39 et 44.)

[330] Corneille se rappelle sans doute ici ce passage de Sénèque: «Ignominiam judicat gladiator cum inferiore componi, et scit cum sine gloria vinci qui sine periculo vincitur.» (De Providentia, cap. III.) Plus tard, dans son Arminius, représenté en 1642, et imprimé seulement en 1644, Scudéry a reproduit presque textuellement (acte I, scène III) le vers de Corneille:

Les lâches seulement dérobent la victoire,
Et vaincre sans péril seroit vaincre sans gloire;

et par une singulière erreur, plusieurs critiques, confondant les dates, ont voulu, à cette occasion, faire de Corneille un plagiaire de Scudéry.

[331] Var. Ton bonheur n'est couvert que d'un petit nuage. (1637-56)

[332] Var. Et je vous en contois la première nouvelle. (1637-56)

[333] Var. Impitoyable honneur, mortel à mes plaisirs. (1637-56)

[334] Var. Et de ma part mon âme, à tes ennuis sensible. (1637-56)

[335] Var. Les accommodements ne sont rien en ce point. (1638 P.)

[336] Var. Les affronts à l'honneur ne se réparent point. (1637-56)

[337] Var. En vain on fait agir la force et la prudence. (1637 in-12, 38 et 44 in-4o)

[338] Ce vers, dans l'édition de 1682, a une ponctuation différente et qui change le sens:

Que crains-tu d'un vieillard l'impuissante foiblesse?

[339] Var. Souffrir un tel affront, étant né gentilhomme!
Soit qu'il cède ou résiste au feu qui le consomme. (1637-44)

[340] Var. Chimène est généreuse, et quoiqu'intéressée,
Elle ne peut souffrir une lâche pensée. (1637-56)

[341] Var. Ah! Madame, en ce cas je n'ai point de souci. (1637 in-12)

[342] Var. L'INFANTE, LE PAGE, CHIMÈNE, LÉONOR. (1638 P.)

[343] Var. Hors de la ville ils sont sortis ensemble. (1637 in-12)

[344] Var. Avecque mon espoir fait renaître ma peine. (1637-56)

[345] Var. Alors que le malade aime sa maladie. (1637-44)
Var. Sitôt que le malade aime sa maladie. (1648-60)

[346] Var. Il ne peut plus souffrir que l'on y remédie. (1637-56)

[347] Var. Mais toujours ce Rodrigue est indigne de vous. (1637-56)

[348] Telle est partout l'orthographe du mot dans les éditions publiées du vivant de Corneille, et encore dans celle de 1692, et cela sans doute afin de rendre certaines rimes plus satisfaisantes pour l'œil, comme par exemple celle-ci (vers 1177 et 1178):

L'espérance et l'amour d'un peuple qui l'adore, Le soutien de Castille, et la terreur du More.

Mais dans les Discours et les Examens Corneille écrit les Maures.

[349] Var. Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers. (1637-56)

[350] Var. Et faire ses sujets des plus braves guerriers. (1637 in-12)

[351] Var. Je veux que ce combat demeure pour certain,
Votre esprit va-t-il point bien vite pour sa main? (1637-56)

[352] Var. Mais c'est le moindre mal que l'amour me prépare. (1637-56)

[353] Var. LE ROI, DON ARIAS, DON SANCHE, DON ALONSE. (1637-56)—LE ROI, DON ARIAS, DON SANCHE. (1660)—Les éditions de 1637-60 portent partout: LE ROI, au lieu de DON FERNAND.

[354] Var. Je lui rabattrai bien cette humeur si hautaine. (1637-56)

[355] Var. Je sais trop comme il faut dompter cette insolence. (1637-56)

[356] Dans les éditions de 1637 in-4o et de 1639-56: Don Alonse rentre.

[357] Var. On voit bien qu'on a tort, mais une âme si haute. (1637-48)

[358] Var. Et que pourrez-vous dire? (1637 in-4o, 38 P. et 39-68)

[359] Les éditions de 1637 in-12 et de 1638 portent: «qui s'explique,» au singulier.

[360] Var. Et c'est contre ce mot qu'a résisté le Comte. (1637-56)

[361] Var. Et j'estime l'ardeur en un jeune courage. (1637-56)

[362] Var. Vous parlez en soldat; je dois régir en roi. (1638)

[363] Var. Et quoi qu'il faille dire, et quoi qu'il veuille croire. (1637-48)

[364] Var. Et par ce trait hardi d'une insolence extrême,
Il s'est pris à mon choix, il s'est pris à moi-même.
C'est moi qu'il satisfait en réparant ce tort.
N'en parlons plus. Au reste on nous menace fort;
Sur un avis reçu je crains une surprise.
DON ARIAS. Les Mores contre vous font-ils quelque entreprise?
S'osent-ils préparer à des efforts nouveaux?
LE ROI. Vers la bouche du fleuve on a vu leurs vaisseaux,
[Et vous n'ignorez pas qu'avec fort peu de peine
Un flux de pleine mer jusqu'ici les amène[364-a].]
DON ARIAS. Tant de combats perdus leur ont ôté le cœur
D'attaquer désormais un si puissant vainqueur.
LE ROI. N'importe, ils ne sauroient qu'avecque jalousie
Voir mon sceptre aujourd'hui régir l'Andalousie,
Et ce pays si beau que j'ai conquis sur eux
Réveille à tous moments leurs desseins généreux.
[C'est l'unique raison qui m'a fait dans Séville.] (1637-56)

[364-a] Ces deux vers sont un peu plus bas dans les éditions de 1660-82.

[365] Voyez ci-dessus, p. [97].

[366] Var. Sire, ils ont trop appris aux dépens de leurs têtes. (1637-56)

[367] Var. Et le même ennemi que l'on vient de détruire,
S'il sait prendre son temps, est capable de nuire.
Don Alonse revient[367-a]. (1637-56)

[367-a] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638.—Il se trouve six vers plus bas dans l'édition de 1644 in-12.

[368] Voyez ci-dessus, p. [97] et [98].

[369] Var. Puisqu'on fait bonne garde aux murs et sur le port,
Il suffit pour ce soir[369-a]. (1637-56)

[369-a] Il n'y a pas ici de distinction de scène dans les éditions indiquées.

[370] Voyez ci-dessus, p. [96].

[371] Voyez ci-dessus, p. [95].

[372] Les éditions de 1639, de 1644 in-4o et de 1648 portent: «tout en pleurs.»

[373] Var. Bien qu'à ses déplaisirs mon amour compatisse. (1652-60)

[374] Var. Ce juste châtiment de sa témérité. (1637-56)

[375] Var.[DON DIÈG. Entendez ma défense.]
CHIM. Vengez-moi d'une mort.... DON DIÈG. Qui punit l'insolence.
CHIM. Rodrigue, Sire.... DON DIÈG. A fait un coup d'homme de bien.
CHIM. [Il a tué mon père.] (1637-56)

[376] Var. Une vengeance juste est sans peur du supplice[376-a]. (1637-44)
Var. Une juste vengeance est sans peur du supplice. (1648-56)

[376-a] Les éditions de 1637 in-12 et de 1638 donnent de supplice, pour du supplice.

[377] Entre ce vers et le suivant, on lit dans l'édition de 1692: à don Diègue.

[378] L'édition de 1637 in-12 porte, par erreur, vos yeux, pour mes yeux.

[379] Var. [Rodrigue en votre cour vient d'en couvrir la terre,]
Et pour son coup d'essai son indigne attentat
D'un si ferme soutien a privé votre État,
De vos meilleurs soldats abattu l'assurance,
Et de vos ennemis relevé l'espérance.
J'arrivai sur le lieu sans force et sans couleur:
Je le trouvai sans vie. Excusez ma douleur[379-a]. (1637-56)

[379-a] Je le treuvai sans vie. Excusez ma douleur. (1644 in-12)—Les deux derniers vers de cette variante se trouvent aussi dans l'édition de 1660.

[380] Var. J'arrivai donc sans force, et le trouvai sans vie. (1637-60)

[381] Var. Il ne me parla point, mais pour mieux m'émouvoir. (1637-56)

[382] Var. Un si vaillant guerrier qu'on vous vient de ravir. (1644 in-12)
Var. Un si vaillant guerrier qu'on vient de nous ravir. (1654 et 56)

[383] L'édition de 1637 in-4o I., et les éditions de 1638 L., de 1639, de 1644 in-4o et de 1648 portent:

Vengez-la par un autre, et le sang par le sang.

[384] Var. Sacrifiez don Diègue et toute sa famille
A vous, à votre peuple, à toute la Castille:
Le soleil qui voit tout ne voit rien sous les cieux
Qui vous puisse payer un sang si précieux. (1637-56)

[385] Var. Quand avecque la force on perd aussi la vie,
Sire, et que l'âge apporte aux hommes généreux
Avecque sa foiblesse un destin malheureux! (1637-56)

[386] Var. Ni tous mes ennemis, ni tous mes envieux. (1637 in-12)

[387] Var. L'orgueil dans votre cour l'a fait presque à vos yeux,
Et souillé sans respect l'honneur de ma vieillesse,
Avantagé de l'âge, et fort de ma foiblesse. (1637-56)

[388] Var. Du crime glorieux qui cause nos débats. (1637-56)

[389] Var. Et loin de murmurer d'un injuste décret. (1637-56)

[390] ELVIRE, DON RODRIGUE. (1638 P.)

[391] Var. Jamais un meurtrier s'offrit-il à son juge? (1637-56)

[392] Var. Et d'un heur sans pareil je me verrai combler,
Si pour mourir plus tôt je la puis redoubler. (1637-56)

[393] Var. Veux-tu qu'un médisant l'accuse en sa misère
D'avoir reçu chez soi l'assassin de son père? (1637-56)

[394] Dans les éditions de 1637 in-4o et de 1639-56: Il se cache.

[395] Var. Madame, acceptez mon service. (1637-60)

[396] Var. Que bien souvent le crime échappe à sa longueur. (1637-56)

[397] Var. Souffrez qu'un chevalier vous venge par les armes. (1637 in-4o, 38 P., 39 et 44)

[398] Var. Ton avis importun m'ordonne du repos! (1637-60)

[399] Var. Par où sera jamais mon âme satisfaite,
Si je pleure ma perte et la main qui l'a faite?
Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel. (1637-56)

[400] Les éditions de 1637 in-12, de 1638 P., de 1644 et de 1682 portent du pouvoir, pour de pouvoir: c'est sans doute une faute.

[401] Var. Mon cœur prend son parti; mais contre leur effort,
Je sais que je suis fille, et que mon père est mort. (1637-56)
Var. Mon cœur prend son parti; mais malgré leur effort. (1660)

[402] Var. Quoi! j'aurai vu mourir mon père entre mes bras. (1637-56)

[403] Var. Son sang criera vengeance, et je ne l'aurai pas[403-a]! (1637-in-12, 38 et 44 in-4o)

[403-a] Une confusion analogue entre aura et orra a eu lieu dans un passage de Malherbe. Voyez l'édition de M. Lalanne, tome I, p. 72.

[404] Var. Dans un lâche silence étouffe mon honneur! (1637-56)

[405] Var. De conserver pour vous un homme incomparable,
Un amant si chéri: vous avez assez fait. (1637-56)

[406] Var. Soûlez-vous du plaisir de m'empêcher de vivre. (1637-44 in-4o et 48-56)
Var. Soûlez-vous du desir de m'empêcher de vivre. (1644 in-12)

[407] Var. De la main de ton père un coup irréparable
Déshonoroit du mien la vieillesse honorable. (1637-56)

[408] Var. J'ai pu douter encor si j'en prendrois vengeance. (1637-60)

[409] Var. J'ai retenu ma main, j'ai cru mon bras trop prompt. (1637-56)

[410] Var. Si je n'eusse opposé contre tous tes appas. (1637-56)

[411] Var. Qu'après m'avoir chéri quand je vivois sans blâme. (1637-56)

[412] Var. Je te le dis encore, et veux, tant que j'expire,
Sans cesse le penser et sans cesse le dire. (1637-56)

[413] On lit dans l'édition de 1660: «J'y fais ce que j'ai dû,» ce qui est sans doute une faute d'impression.

[414] Var. Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie. (1637-44 in-4o et 48-56)

[415] Var. Et pour mieux tourmenter mon esprit éperdu,
Avec tant de rigueur mon astre me domine,
Qu'il me faut travailler moi-même à ta ruine. (1637-56)

[416] Var. Je la dois attaquer, mais tu la dois défendre. (1648-56)

[417] Var. Elle éclate bien mieux en te laissant en vie. (1637-52 et 55)

[418] Var. Malgré des feux si beaux, qui rompent ma colère. (1637-56)

[419] Var. Mais comble de misères! (1637-44)

[420] L'édition de 1639 porte, par erreur, espérance, pour apparence.

[421] Var. Si j'en obtiens l'effet, je te donne ma foi. (1637-56)

[422] DON DIÈGUE, seul. (1637-60)

[423] Var. Si peu que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur. (1637-56)

[424] Var. Se consomme sans fruit à chercher ce vainqueur. (1637-44)

[425] On lit leur ombre, pour leur nombre, dans l'édition de 1644 in-4o.

[426] Par une erreur singulière, les éditions de 1660-64 portent:

Rodrigue, enfin le ciel promet que je te voie!

[427] Var. DON RODR. Hélas! c'est triomphant, mais avec peu de joie. (1638)

[428] Var. Où fut jadis l'affront que ton courage efface[428-a].
DON RODR. L'honneur vous en est dû: les cieux me sont témoins
Qu'étant sorti de vous je ne pouvois pas moins.
Je me tiens trop heureux, et mon âme est ravie[428-b]. (1637-56)

[428-a] Où fut l'indigne affront que ton courage efface. (1637 in-4o I.)

[428-b] L'édition de 1644 in-4o porte: «et mon âme ravie.»

[429] Var. Si j'ose satisfaire à moi-même après vous. (1637-60)

[430] Var. Porte encore plus haut le fruit de ta victoire. (1637-56)

[431] Var. Mais d'un si brave cœur éloigne ces foiblesses. (1637-56)

[432] Les maximes de ce genre sur la facilité avec laquelle on remplace un amant ou une maîtresse sont fréquentes dans le théâtre de Corneille:

En la mort d'un amant vous ne perdez qu'un homme,
Dont la perte est facile à réparer dans Rome.

(Horace, acte IV, scène III.)

Vous trouverez dans Rome assez d'autres maîtresses.

(Polyeucte, acte II, scène I.)

[433] Var. L'amour n'est qu'un plaisir, et l'honneur un devoir. (1637-56)

[434] Var. Vient surprendre la ville et piller la contrée. (1637-56)

[435] Il y a amène au singulier dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille. Celle de 1692 donne amènent.

[436] Var. Qui sachant mon affront, touchés d'un même zèle. (1660)

[437] Var. Venoient m'offrir leur vie à venger ma querelle. (1637-44 in-4o et 48-56)
Var. Venoient m'offrir leur sang à venger ma querelle. (1644 in-12)

[438] Var. Pousse-la plus avant: force par ta vaillance. (1637-60)

[439] Var. La justice au pardon, et Chimène au silence. (1637-56)

[440] Var. Si tu l'aimes, apprends que retourner vainqueur. (1637-60)

[441] L'édition de 1682 porte, par erreur, les louanges, pour ses louanges.

[442] Var. Qu'il daigne voir la main qui sauve sa province. (1637-56)

[443] Var. S'il a vaincu les rois, il a tué mon père. (1637 in-12)

[444] Toutes les éditions portent: qu'ait produit, sans accord.

[445] Var. Et combien que pour lui tout un peuple s'anime. (1637-56)

[446] Voile est au singulier dans les éditions antérieures à 1664.

[447] Var. Pompe où m'ensevelit sa première victoire. (1637-56)

[448] Var. Et lorsque mon amour prendra plus de pouvoir. (1637 in-12 et 44 in-4o)

[449] Var. Le péril dont Rodrigue a su vous retirer. (1637-56)

[450] Var. A moi seule aujourd'hui permet encor les larmes. (1637-56)

[451] Var. J'accorde que chacun la vante avec justice. (1637 et 39-56)
Var. J'accorde que chacun le vante avec justice. (1638 P.)

[452] «Cet hier fait voir que la pièce dure deux jours dans Corneille: l'unité de temps n'était pas encore une règle bien reconnue. Cependant, si la querelle du Comte et sa mort arrivent la veille au soir, et si le lendemain tout est fini à la même heure, l'unité de temps est observée. Les événements ne sont point aussi pressés qu'on l'a reproché à Corneille, et tout est assez vraisemblable.» (Voltaire.)

[453] Var. Ce qui fut bon alors ne l'est plus aujourd'hui. (1637-44)

[454] Voyez ci-dessus, p. [136], note 348.

[455] Var. Ses faits nous ont rendu ce qu'ils nous ont ôté,
Et ton père en lui seul se voit ressuscité. (1637-56)

[456] Var. Ah! Madame, souffrez qu'avecque liberté
Je pousse jusqu'au bout ma générosité.
Quoique mon cœur pour lui contre moi s'intéresse. (1637-56)
Var. Ah! ce n'est pas à moi d'avoir cette bonté. (1660)

[457] Var. Il peut me refuser, mais je ne me puis taire. (1637-56)

[458] Var. Adieu: tu pourras seule y songer à loisir. (1637-60)

[459] Var. Mais deux rois, tes captifs, seront ta récompense. (1637 in-12 et 44)

[460] Voyez le Lexique.

[461] Var. Qu'il devienne l'effroi de Grenade et Tolède. (1637-56)

[462] Var. D'un si foible service elle a fait trop de conte. (1637 in-12)

[463] Var. Et paroître à la cour eût hasardé ma tête,
Qu'à défendre l'État j'aimois bien mieux donner,
Qu'aux plaintes de Chimène ainsi l'abandonner. (1637-56)

[464] Var. J'excuse ta chaleur à venger une offense. (1638 L.)

[465] Var. Tant, à nous voir marcher en si bon équipage. (1637-56)

[466] Var. Les plus épouvantés reprenoient le courage! (1638 L., 39 et 44 in-4o)
Var. Les plus épouvantés reprenoient du courage! (1644 in-12)

[467] Var. Et se tenant cachée, aide mon stratagème. (1637 in-12)

[468] Var. Enfin avec le flux nous fit voir trente voiles;
L'onde s'enfloit dessous, et d'un commun effort
Les Mores et la mer entrèrent dans le port. (1637-60)

[469] Var. Les nôtres, au signal, de nos vaisseaux répondent. (1637-56)

[470] Var. Rétablit leur désordre, et leur rend leur vertu. (1637-56)

[471] Sorte de cimeterres. Voyez le Lexique.

[472] Var. Contre nous de pied ferme ils tirent les épées;
Des plus braves soldats les trames sont coupées[472-a]. (1637-63)

[472-a] Jolly fait remarquer, dans l'avertissement de l'édition de 1738 (p. XX), que les comédiens ont ici toujours adopté la variante de préférence au texte, sans doute afin d'éviter le mot alfange. Ils font encore de même aujourd'hui.

[473] Var. Sont les champs de carnage où triomphe la mort. (1644 in-4o)

[474] Var. Furent ensevelis dans l'horreur des ténèbres. (1637-56)

[475] Var. Et n'en pus rien savoir jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montra notre avantage:
Le More vit sa perte, et perdit le courage,
Et voyant un renfort qui nous vint secourir,
Changea l'ardeur de vaincre à la peur de mourir[475-a]. (1637-56)

[475-a] Change l'ardeur de vaincre à la peur de mourir. (1637 in-12 et 44 in-4o)

[476] Toutes les éditions portent chables, excepté celles de 1644 in-12 et de 1660-64, qui donnent câbles.

[477] Var. Nous laissent pour adieux des cris épouvantables. (1637-56)

[478] Var. Si leurs rois avec eux ont pu se retirer. (1637 et 39-56)
Var. Si les rois avec eux ont pu se retirer. (1638)

[479] Var. Ainsi leur devoir cède à la frayeur plus forte. (1637-56)

[480] Var. Le flux les apporta; le reflux les emporte. (1637 in-12 et 44 in-4o)

[481] Var. Et quelque peu des leurs, tous chargés de nos coups. (1638)

[482] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638 L.—Il se trouve quatre vers plus haut dans les éditions de 1638 P., de 1639 et de 1644 in-4o.

[483] Var. On me dit qu'elle l'aime, et je vais l'éprouver. (1637 in-12)

[484] Var. Contrefaites le triste. (1637-56)

[485] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637-56.

[486] Var. Tu le posséderas, reprends ton allégresse. (1637-56)

[487] On lit croyons, pour croyions, dans les éditions de 1637-44 et de 1652-56.

[488] Var. Ta tristesse, Chimène, a paru trop visible.
CHIM. Eh bien! Sire, ajoutez ce comble à mes malheurs,
Nommez ma pâmoison l'effet de mes douleurs. (1637-56)

[489] Var. Dans leur sang épandu la justice étouffée. (1637, 39 et 48-56)

[490] Var. A tous vos chevaliers je demande sa tête. (1637 in-4o, 38 P., 39 et 44)

[491] Var. Et s'en sert d'un prétexte à ne paroître pas. (1637-60)

[492] Var. Sire, ôtez ces faveurs, qui terniroient sa gloire. (1637-56)

[493] Var. Il l'a fait en brave homme, et le doit soutenir. (1637 in-4o, 38-44 in-4o et 48-56)
Var. Il a fait en brave homme, et le doit soutenir. (1637 in-12 et 44 in-12)

[494] Var. De tous mes chevaliers feroit ses ennemis. (1637 in-4o, 38 P., 39 et 44)

[495] Var. Laissez un camp ouvert, où n'entrera personne. (1637-56)

[496] Var. Faites ouvrir le camp: vous voyez l'assaillant. (1637-56)

[497] «Je me suis toujours repenti d'avoir fait dire au Roi, dans le Cid, qu'il vouloit que Rodrigue se délassât une heure ou deux après la défaite des Maures avant que de combattre don Sanche: je l'avois fait pour montrer que la pièce étoit dans les vingt-quatre heures; et cela n'a servi qu'à avertir les spectateurs de la contrainte avec laquelle je l'y ai réduite.» (Discours de la tragédie, tome I, p. 96.)

[498] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12, de 1638 et de 1644 in-12.

[499] Var. Quel qu'il soit, même prix est acquis à sa peine. (1637-64)

[500] Var. Sire, c'est me donner une trop dure loi. (1637-44)

[501] Var. CHIMÈNE, DON RODRIGUE. (1638 P.)

[502] Var. Avant ce coup mortel, dire un dernier adieu. (1644 in-4o)

[503] Var. Mon amour vous le doit, et mon cœur qui soupire
N'ose sans votre aveu sortir de votre empire.
[CHIM. Tu vas mourir!] DON RODR. J'y cours, et le Comte est vengé,
Aussitôt que de vous j'en aurai le congé. (1637-56)

[504] Var. Mais défendant mon roi, son peuple et le pays. (1637-56)

[505] Var. Je lui vais présenter mon estomac ouvert. (1637-56)

[506] Var. L'honneur te fut plus cher que je ne te suis chère. (1637-60)

[507] Var. Puisqu'il trempa tes mains dans le sang de mon père,
Et te fit renoncer, malgré ta passion. (1637-56)

[508] Var. Non, sans vouloir mourir, laisse-moi te poursuivre. (1637-56)

[509] Var. Mon honneur appuyé sur de si grands effets
Contre un autre ennemi n'a plus à se défendre. (1637-56)

[510] Var. Quand mon honneur y va, rien ne m'est précieux. (1637-56)

[511] Le mot est écrit ainsi dans les éditions de 1637-64; celles de 1668 et de 1682 ont veuillez sans i; celle de 1692 donne vouliez.

[512] Var. Préférant, en dépit de son âme ravie. (1637 in-4o I.,37 in-12 et 38)

[513] Var. Qui me livre à l'objet de mon aversion. (1637-56)

[514] Var. Et si jamais l'amour échauffa tes esprits. (1637-56)

[515] Dans les éditions de 1637-60 et dans celle de 1692: DON RODRIGUE, seul.

[516] Var. Contre ce fier tyran fait rebeller mes vœux? (1637-60)

[517] Var. S'il ne peut obtenir dessus mon sentiment. (1637-56)

[518] Var. Mais ma honte m'abuse, et ma raison s'étonne. (1637-60)

[519] Var. Marque-t-il pas déjà sur qui tu dois régner? (1637-56)

[520] Var. Entre eux un père mort sème si peu de haine. (1637-60)

[521] Var.Vous témoigner, Madame,
L'aise que je ressens du repos de votre âme. (1637-56)

[522] Var. Oh! qu'il s'en faut encor! (1637-56)

[523] Var. Elle ne choisit point de ces mains généreuses. (1637-56)

[524] Var. Don Sanche lui suffit: c'est la première fois
Que ce jeune seigneur endosse[524-a] le harnois. (1637-56)

[524-a] L'édition de 1644 in-12 porte endossa, pour endosse.

[525] Var. Un tel choix et si prompt vous doit bien faire voir. (1637-56)

[526] Var. Et livrant à Rodrigue une victoire aisée,
Puisse l'autoriser à paroître apaisée. (1637-56)

[527] Var. A vous ressouvenir de qui vous êtes née. (1637-56)

[528] Var. Une ardeur bien plus digne à présent me consomme. (1637-44)

[529] Var. Et mes plus doux souhaits sont pleins d'un repentir. (1637-56)

[530] Var. Quoi! l'objet de ma haine ou bien de ma colère! (1637-64)

[531] Var. Non, non, il vaut bien mieux que sa rare vaillance,
Lui gagnant un laurier, vous impose silence. (1637-56)

[532] Var. Et le ciel, ennuyé de vous être si doux,
Vous lairra, par sa mort, don Sanche pour époux. (1637-44)
Var. Et nous verrons le ciel, mû d'un juste courroux. (1648-60)

[533] Var. Ne les redouble point par ce funeste augure. (1637-68)

[534] Var. Madame, à vos genoux j'apporte cette épée. (1637-56)

[535] Cette scène semble avoir fourni à Racine l'idée de l'admirable dialogue d'Oreste et d'Hermione dans Andromaque (acte V, scène III).

[536] Var. [N'eût jamais succombé sous un tel assaillant.]
ELV. Mais, Madame, écoutez. CHIM. Que veux-tu que j'écoute?
Après ce que je vois puis-je être encore en doute?
J'obtiens pour mon malheur ce que j'ai demandé,
Et ma juste poursuite a trop bien succédé.
Pardonne, cher amant, à sa rigueur sanglante;
Songe que je sais fille aussi bien comme amante:
Si j'ai vengé mon père aux dépens de ton sang,
Du mien pour te venger j'épuiserai mon flanc;
Mon âme désormais n'a rien qui la retienne;
Elle ira recevoir ce pardon de la tienne.
Et toi qui me prétends acquérir par sa mort,
Ministre déloyal de mon rigoureux sort,
[N'espère rien de moi, tu ne m'as point servie.] (1637-56)

[537] Var. [Tu peindras son malheur, mon crime et ta vaillance?]
Qu'à tes yeux ce récit tranche mes tristes jours?
Va, va, je mourrai bien sans ce cruel secours[537-a];
Abandonne mon âme au mal qui la possède:
Pour venger mon amant, je ne veux point qu'on m'aide[537-b]. (1637-56)

[537-a] Va, va, je mourrai bien sans ton cruel secours. (1644 in-12)

[537-b] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.

[538] Var. J'aimois, vous l'avez su; mais pour venger un père. (1637-44 in-4o)
Var. J'aimois, vous le savez; mais pour venger un père. (1644 in-12)

[539] Les éditions de 1637 I., de 1638 P., de 1639 et de 1644 in-4o portent par erreur prescrire, pour proscrire.

[540] Var. D'avouer par sa bouche une amour légitime. (1637 P., 37 in-12 et 38)
—L'édition de 1644 porte un amant, pour un amour.

[541] Var. Offrir à ses genoux ta vie et ton épée. (1637-56)

[542] Var. Une louable honte enfin t'en sollicite. (1637, 38 P., 39 et 44)

[543] Var. SCÈNE DERNIÈRE. (1644 in-12)

[544] Var. Prenez une vengeance à toute autre impossible. (1637 in-12)

[545] Var. Et dites quelquefois, en songeant à mon sort. (1637-60)

[546] Var. Mon amour a paru, je ne m'en puis dédire. (1637-56)
Var. Je vous en ai trop dit pour oser m'en dédire. (1660)

[547] Var. Et vous êtes mon roi, je vous dois obéir. (1637-56)

[548] Var. Sire, quelle apparence, à ce triste hyménée,
Qu'un même jour commence et finisse mon deuil[548-a],
Mette en mon lit Rodrigue et mon père au cercueil?
C'est trop d'intelligence avec son homicide,
Vers ses mânes sacrés c'est me rendre perfide,
Et souiller mon honneur d'un reproche éternel. (1637-56)

[548-a] Les éditions de 1638 P., 39, 44, 48 et 56 écrivent dueil. Voyez le Lexique.

[549] Les deux éditions de 1638 portent ta victoire, pour sa victoire.

[550] Var. A ce seul nom de Cid ils trembleront d'effroi. (1637 in-4o et 39-56)
Var. A ce seul nom de Cid ils tomberont d'effroi. (1637 in-12 et 38)

[551] L'édition de 1637 in-12 donne contre moi, au lieu de contre toi.

[552] Les éditions de cette pièce sont nombreuses. Les premières remontent à 1621 (dans la première partie des Comedias de Guillem de Castro, Valencia, Felipe Mey), peut-être à 1618 (Valence, même imprimeur, mais cette date est douteuse). L'édition séparée dont nous nous sommes servi pour les citations espagnoles de l'Appendice est de 1796 (Valencia, en la Imprenta de J. y T. de Orga), in-4o, très-correcte. Le texte lu par Corneille devait contenir des incorrections et quelques légères variantes antérieures à une révision.

[553] Les Observations de Scudéry contiennent une liste de rapprochements entre Guillem de Castro et Corneille, dressée avec l'intention avouée d'établir que notre poëte doit tout à son modèle espagnol. Loin de dissimuler ses emprunts, Corneille prit soin, dans ses éditions de 1648, 1652, 1656 (voyez p. [87], note 209, et p. [103]), de compléter le travail de Scudéry, fit imprimer en caractères italiques tous ceux de ses vers qu'il regardait comme de véritables imitations, et plaça en note au bas des pages le texte espagnol. Par malheur, l'exiguïté de l'espace réservé à ces notes, le morcellement des citations, la mauvaise impression que Corneille devait avoir sous les yeux, l'inexpérience de ses propres imprimeurs, ont introduit dans ce travail une foule d'erreurs de tous genres; il importait de les corriger, d'adopter une orthographe plus uniforme et de motiver, quand ils en valaient la peine, les changements rendus nécessaires par tant d'incorrections et de négligences. M. Viguier, à qui nous devons déjà la traduction des romances espagnols placés par Corneille à la suite de son Avertissement, a bien voulu s'offrir, comme lecteur curieux, et nous ajouterons très-fin et très-habile appréciateur, de Corneille et du théâtre espagnol, à nous seconder dans cette tâche délicate. Ce n'est là du reste que la moindre des obligations que nous lui avons. On en jugera en lisant l'examen comparatif des Mocedades del Cid, qui forme la deuxième section de cet Appendice, et qu'il a entrepris tout exprès pour en enrichir cette édition.

[554] Voyez plus loin, p. [216], note 576.

[555] La seconde partie est un autre drame historique, tout à fait distinct, qui n'appartient plus précisément à la jeunesse du Cid; Mocedades serait tout aussi bien traduit par les Prouesses du Cid. Le théâtre espagnol possède des Mocedades de Roldan (Roland), de Bernardo del Carpio, etc.

[556] On sait que les trois Journées de ces drames sont de longs actes, non partagés en scènes à notre manière.

[557] Acte II, scène VIII, vers 706-708. Dans les premières éditions (1637-56), au lieu de le Comte, on lit au dernier vers: l'Orgueil, souvenir du surnom de Lozano qu'avait le comte de Gormas.

[558] Acte I, scène III, vers 177 et suivants.

[559] Acte I, scène III, vers 225.

[560] Plusieurs des plus anciennes éditions n'ont pas même cette indication
trop courte: DON DIÈGUE, mettant l'épée à la main ou Ils mettent l'épée à la
main
(voyez ci-dessus, p. [117] et la note 293); le lecteur n'est mis sur la voie
que par ces mots: Ton épée est à moi.... et plus loin, à la fin de la scène,
par ce vers (supprimé à partir de 1660, voyez la note 295 de la p. 118):

«Et mes yeux à ma main reprochent ta défaite

On peut remarquer du reste que ce duel, qui n'est pas dans Castro, eût été une impossibilité de plus pour Corneille, s'il eût dû avoir lieu devant le Roi.

[561] Acte I, scène IV, vers 251 et suivants.

[562] Acte I, scène III, vers 227 et 228.

[563] Dans Corneille, Rodrigue est fils unique:

«Vous n'avez qu'une fille, et moi je n'ai qu'un fils

(Acte I, scène III, vers 167.)

[564] Acte I, scène IV.

[565] «Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir,
Je le remets au tien pour venger et punir.»

(Acte I, scène V, vers 271 et 272.)

[566] Voyez dans la première section de l'Appendice, p. [200], la citation relative aux vers 262 et suivants.

[567] Nous n'examinons ce poëte que comparativement à Corneille, et nous craindrions de faire une digression en remarquant que la tradition, à laquelle il obéit tout en choisissant, a dû lui causer aussi quelque embarras. Il y a dans ces légendes, tant de fois remaniées, bien des tons divers, selon le caractère plus ou moins rude des siècles qui les ont traitées successivement. Les détails de chevalerie et de cour, et d'autres encore, risquaient de faire dissonance et anachronisme avec des données plus anciennes et toujours accréditées. Un censeur espagnol qui aurait critiqué à ce point de vue Guillem de Castro aurait eu gain de cause. Il est curieux de remarquer que deux traditions contraires font de Rodrigue l'aîné ou le plus jeune des trois frères. Si le poëte Castro a eu de bonnes raisons pour faire de Rodrigue l'aîné, il faut convenir qu'il a rendu par là peu naturelle la conduite de don Diègue qui s'adresse d'abord à deux adolescents pour savoir s'il en fera ses champions contre Gormas. Un examen attentif ferait voir qu'en se résignant à cette faute, le poëte l'a fort bien sentie.

[568] Acte I, scène V, vers 286.

[569] Acte I, scène IV, vers 260.

[570] Acte I, scène V, vers 282.

[571] Acte I, scène VI, vers 291.

[572] Acte II, scène II, vers 406.

[573] Ceci est moins juste. Arias est parent de don Diègue, et de son parti; mais Corneille préfère le nom le plus sonore, et un moindre nombre de personnages.

[574] Voyez la Notice du Cid, p. [17] et [18].

[575] Acte II, scène I, vers 382.

[576] Que está allí, mots qui, dans la citation de Corneille (voyez ci-dessus, p. [201], vers 398), ne laissent pas d'être un peu embarrassants pour le lecteur.

[577] Plus motivé par la situation que dans Corneille.

[578] Par la colère:

Y que es sangre suya y mia
la que yo tengo en los ojos,
sabes?

—Voir l'interprétation détournée volontairement sans doute par Corneille, vers 401 et 402, le sang porté aux yeux par la colère tenant à une locution tout espagnole.

[579] C'est le vrai sens, plutôt que la réplique: Que m'importe (vers 402)?

Y el saberlo (acorta—razones) qué ha de importar?

[580] Donnons cet exemple, entre tant d'autres, de la singulière rapidité d'expression si goûtée des Espagnols, qui resterait obscure si elle n'était un peu paraphrasée dans la traduction:

Hijo, hijo, con mi voz
te envio ardiendo mi afrenta.

[581] Acte II, scène VIII, vers 668-670.

[582] Acte II, scène VIII, vers 676.

[583] Ibidem, vers 693-696.

[584] Ici un faux sens est donné par l'intelligent traducteur la Beaumelle, d'après une édition fautive, qui devait être aussi celle de Corneille: «Et dût l'État perdre ses plus précieux appuis....» Il lisait probablement, ainsi que Corneille: «y aunque el Reyno....»

[585] Acte II, scène VIII, vers 697.

[586] Acte II, scène VIII, vers 732.

[587] Ibidem, vers 736.

[588] Acte III, scène I.

[589] Acte III, scène III, vers 846-848.

[590] Ceci est la fin du couplet de quatre vers, qui est suivi périodiquement dans ce système d'un couplet de cinq vers, dont l'un est de trois ou quatre syllabes; le couplet de cinq vers commence ici à Seguiréle. La réponse de Chimène est interrompue par Rodrigue, qui vient s'agenouiller devant elle, et lui demander la mort.

[591] Acte III, scène IV, vers 972.

[592] Ibidem, vers 858.

[593] Texte difficile:

Pasa el mismo corazon,
que pienso que está en tu pecho

[594] Le mot canas, «cheveux blancs,» était noblement rendu par vieillesse honorable, dans cette leçon des premières éditions: De la main de ton père[594-a], etc., que Corneille a changée, à regret sans doute, à partir de 1660.

[594-a] Voyez ci-dessus, p. [154], la variante des vers 873 et 874.

[595] Qu'on veuille bien nous pardonner ces rimes, qui seraient un essai fort puéril, si elles n'étaient destinées à donner quelque idée du mètre employé dans cette scène, alternativement avec les quatrains rimés.

[596] C'est ce dont le texte n'avertit point. Cette parenthèse est duc à la Beaumelle; le cri: «Que vois-je?» n'a sans elle aucun sens. Corneille n'a pas trouvé cette indication de scène, ce mouvement de Rodrigue revenant sans doute sur ses pas; mais il a aussi mis beaucoup de larmes dans cette séparation, qui alors en faisait tant couler, en cette première jeunesse de nos émotions théâtrales. Les deux phrases entrecoupées qui précèdent n'ont tout leur sens qu'accompagnées de sanglots.

[597] Acte III, scène IV, vers 852.

[598] Ibidem, vers 856 et 857.

[599] Acte III, scène IV, vers 869-874. La fin, depuis: «De la main de ton père,» se lit dans les éditions de 1637 à 1656. L'avant-dernier vers, meilleur que celui qui l'a remplacé à partir de 1660, se rattache enfin au texte cité par Corneille: malheureusement le vers suivant aura paru faible par l'antithèse des mots déshonoroit et honorable: c'est la remarque d'un habile critique (M. Géruzez, Théâtre choisi de Corneille, p. 59).

[600] Acte III, scène IV, vers 879.

[601] Ibidem, vers 917 et suivants.

[602] Ibidem, vers 921 et 922.

[603] Ibidem, vers 927 et 871.

[604] Corneille, dans l'Examen du Cid (voyez ci-dessus, p. [94] et [95]), fait sur cette scène et sur la première du cinquième acte, qui en est comme une variation, des réflexions candides et sages dont nous recommandons la lecture.

[605] Acte III, scène V, vers 1013 et 1014.

[606] Ibidem, vers 1020.

[607] «Je t'ai donné la vie par l'entremise de la nature: toi, tu me l'as rendue par sa seule vaillance (de ta main).» Cela est beau, mais quel éclat incomparable dans ces mots:

«Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire:
Je t'ai donné la vie, et tu me rends ma gloire[607-a]

[607-a] Acte III, scène VI, vers 1053 et 1054.

[608] Acte III, scène VI, vers 1092-1094.

[609] Ibidem, vers 1086.

[610] Il faut se souvenir que ces premiers romances supposent qu'elle était enfant quand Rodrigue, dont elle n'est pas connue, l'a rendue orpheline. Elle a depuis attendu dans sa maison l'âge convenable pour faire cette démarche devant le Roi.

[611] Acte IV, scène V, vers 1340.

[612] Ibidem, vers 1347.

[613] Cette intervention de don Diègue, s'empressant d'accepter au nom de son fils, est un détail noble et fort bien adapté, qui s'offrait naturellement à l'imitation de Corneille. S'il l'a omis, on peut en entrevoir la raison dans la gêne où le tenaient les considérations dont il va être parlé.

[614] Acte IV, scène V, vers 1450-1453.

[615] Acte IV, scène V, vers 1457-1464.

[616] Ibidem, vers 1391 et 1392.

[617] Acte V, scène I, vers 1559 et suivants.

[618] Un examen trop minutieux relèverait dans les deux vers suivants une petite combinaison de circonstances que l'on ne comprend guère, mais qui est indispensable à cette adroite conduite de la scène:

«Mais puisque mon devoir m'appelle auprès du Roi,
Va de notre combat l'entretenir (Chimène) pour moi[618-a]

[618-a] Acte V, scène VI, vers 1751 et 1752.

[619] C'est exactement le double sens du grec homérique τιμορως [Grec: timôros], analogie demeurée constante et bonne à noter dans l'histoire des idées humaines.

[620] On voit que l'étude consciencieuse qui précède conduit à des résultats fort différents, sur plus d'un point, de ceux que d'autres sources nous ont fournis (voyez p. [5] et suivantes). Elle nous apprend, par exemple, qu'il y a une édition du Cid de Diamante antérieure à celle de 1659. En outre, nous nous fions volontiers à l'autorité d'un examen attentif qui n'a trouvé dans cette pièce ni beautés du premier ordre, sauf la part de Corneille dans ce qui est faiblement traduit d'après lui, ni emprunt direct fait à Castro. Enfin nous sommes tout disposé à croire qu'il ne faut pas dire de Diamante qu'il a été «un des plus féconds et des plus renommés poëtes dramatiques qu'ait produits l'Espagne dans la seconde moitié du dix-septième siècle.» (Note de l'éditeur.)

[621] Cet avis, qui contient quelques renseignements curieux sur l'accueil qui fut fait au Cid à l'étranger, figure en tête du rare volume qui a pour titre: Le Cid, tragi-comédie nouvelle, par le sieur Corneille. A Leyden, chez Guillaume Chrestien, 1638, in-12.

[622] Storia critica de' teatri, Napoli, V. Orsino, 1788, tomo III, p. 121-126.

[623] Histoire littéraire d'Italie, IIe partie, chapitre XXI, 2e édition, tome VI, p. 128-143.

[624] Voyez ci-après, p. [262]-[272].

[625] Il y a Tullius, au lieu de Tullus, dans le texte de Laudun.

[626] Journal des débats du 9 juin 1852.

[627] No vengo con alegria
celebrar este dia,
sino con mi llanto triste.

[628] Acte IV, scène V, vers 1256 et 1257.

[629] Nous nous plaisons à rappeler que M. Viguier a bien voulu relire à notre profit les auteurs dramatiques espagnols qui ont traité les mêmes sujets que Corneille; c'est à lui que nous devons la plupart des considérations qui précèdent.

[630] Voyez ci-dessus, p. [63].

[631] Voyez ci-dessus, p. [42] et [43].

[632] Recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve, cité par M. J. Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, 2e édition, p. 94.

[633] Recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve, cité par M. J. Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, p. 95.

[634] Histoire du Théâtre françois, tome IX, p. 105.

[635] Voyez ci-dessus, p. [13] et la note 23.

[636] Voyez ci-dessus, p. [13], et tome I, p. 258.

[637] Pages 51-53.

[638] Théâtre françois, par Chapuzeau, p. 93.

[639] Voyez plus loin, p. [305], les vers 533 et suivants, et la note 730.

[640] Œuvres mêlées, 1738, tome II, p. 163 et 164.

[641] Lemazurier cite Mme Lavoy le 30 juin 1705, Mlle Jouvenot en décembre 1718, Mme Poisson en mai 1726, Mlle Rosalie le 14 mars 1759. C'est dans Camille que Mlle Rachel a fait son premier début le 12 juin 1838, avec une recette de sept cent cinquante-trois francs cinq centimes. Voyez plus loin, p. [331], note 782, la manière dont elle interprétait un passage de ce rôle. Enfin c'est encore dans le rôle de Camille que Mlle Karoly a débuté à l'Odéon le 7 septembre 1860.

[642] Voici la description bibliographique de la première édition: Horace, tragedie. A Paris, chez Augustin Courbé.... M.DC.XXXXI, auec priuilege du Roy, in-4o de 5 feuillets et 103 pages, avec un frontispice de le Brun, gravé par Daret, représentant la fin du combat. En haut se trouve un cartouche dans lequel on lit: Horace tragedie. A l'entour est une banderole portant: Nec ferme res antiqua alia est nobilior. Titus Livius, l. Io (voyez ci-après, p. [265]). Il y a eu, sous la même date et chez le même libraire, une édition de format in-12.

[643] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, 1653, p. 218.

[644] Voyez ci-dessus, p. [25] et [41].

[645] Troisième dissertation concernant le poëme dramatique, en forme de remarques sur la tragédie de M. Corneille, intitulée l'Œdipe.... par l'abbé d'Aubignac, réimprimée dans le Recueil de dissertations.... par l'abbé Granet, tome II, p. 8 et 9.

[646] Tome II, p. 162.

[647] Parfois Corneille, mieux avisé, faisait lire ses ouvrages avant le jour de la première représentation, par quelque grand comédien. Tallemant des Réaux nous fait assister à une assemblée de ce genre chez Gédéon Tallemant le maître des requêtes; mais, par malheur, il ne nous apprend pas de quelle pièce il est question: «Il (G. Tallemant) vouloit faire l'habile homme et ne savoit rien. Une fois que Floridor, qui est son compère, lui vint lire, pour faire sa cour, une pièce de Corneille qu'on n'avoit point encore jouée, Mlle de Scudéry, Mlle Robilleau, Sablière, moi et bien d'autres gens étions là; nous nous tenions les côtés de rire de le voir décider et faire les plus saugrenus jugements du monde; il n'y eut que lui à parler: vous eussiez dit qu'il ordonnoit du quartier d'hiver dans une intendance de province, comme il fit ensuite.» (Tome VI, p. 250.)

[648] Voyez ci-dessus, p. [47] et [48].

[649] Page 82.

[650] Voyez plus loin, p. [274].

[651] Pratique du théâtre, p. 433 et 436.

[652] Armand-Jean du Plessis, cardinal et duc de Richelieu, ministre de Louis XIII, né à Paris le 5 septembre 1585, mot le 4 décembre 1642. Nous nous sommes étendu longuement, dans la Notice de la Comédie des Tuileries (tome II, p. 305 et suivantes) et dans la Notice du Cid, sur ses rapports avec Corneille.—Dans l'édition originale et dans l'édition séparée de 1655, le mot Monseigneur est répété: A MONSEIGNEUR MONSEIGNEUR LE CARDINAL, etc.—Cette épître dédicatoire ne se trouve que dans les impressions de 1641-1656.

[653] Nec ferme res antiqua alia est nobilior. (Lib. I, cap. XXIV.)

[654] Le mot seulement est omis dans les recueils de 1648-1656.

[655] A cette époque Corneille habitait encore Rouen; ce ne fut qu'en 1662 qu'il vint s'établir à Paris.

[656] «Je ne sais ce qu'on doit entendre par ces mots être à V. É. Le cardinal de Richelieu faisait au grand Corneille une pension de cinq cents écus, non pas au nom du Roi, mais de ses propres deniers.... Cependant une pension de cinq cents écus que le grand Corneille fut réduit à recevoir, ne paraît pas un titre suffisant pour qu'il dît: j'ai l'honneur d'être à V. É.» (Voltaire.)

[657] On sait que Scipion et Lélius passaient pour les collaborateurs de Térence, et même, aux yeux de quelques-uns, pour les auteurs de ses comédies. Voilà pourquoi Corneille leur prête ici ce que dit Térence lui-même, au commencement du prologue de l'Andrienne:

Poeta quum primum animum ad scribendum appulit,
Id sibi negoti credidit solum dari,
Populo ut placerent quas fecisset fabulas.

«Lorsque notre poëte se décida à écrire, il crut que sa seule tâche serait de faire que ses pièces plussent au peuple.»—Voyez encore les vers 15 à 19 du prologue des Adelphes.

[658] «C'est par ta faveur uniquement (Horace parle à la muse) que les passants me montrent du doigt, comme donnant au théâtre des œuvres qui ont leur prix. Que je respire et que je plaise (si vraiment je plais), c'est à toi que je le dois.» (Livre IV, ode III, vers 21-24.) Dans Horace le troisième vers est:

Romanæ fidicen lyræ.

[659] «Cette expression passionnément montre combien tout dépend des usages. Je suis passionnément est aujourd'hui la formule dont les supérieurs se servent avec les inférieurs.» (Voltaire.)

[660] Var. (édit. de 1647 et de 1656): et très-obligé.

[661] Livre I, chapitres XXIII-XXVI.—Cet extrait de Tite Live ne se trouve que dans les recueils de 1648-1656.—Corneille, après avoir donné, en tête de Cinna, le texte de Sénèque qui lui a fourni le sujet de cette pièce, a eu l'heureuse idée d'y ajouter l'imitation que Montaigne a faite de ce morceau avec son originalité et son indépendance habituelles. A défaut d'un traducteur aussi illustre pour le fragment de Tite Live qui sert d'argument à Horace, nous avons choisi la version de Blaise de Vigenère, la plus récente qui existât au temps où Corneille écrivait sa tragédie.

(XXIII.) «.... Déjà d'un très-grand effort d'une part et d'autre s'apprêtoient à la guerre ressemblant à une civile, entre presque les propres pères et les enfants, tous les deux peuples étant descendus de la race troyenne, parce que la ville de Lavinium avoit été fondée par les Troyens, et de Lavinium, venue et peuplée celle d'Albane, et de la lignée des rois d'Albane, procédés ceux de Rome. Mais l'issue en fin de la guerre retrancha beaucoup de la compassion pitoyable qui eût pu succéder de cette querelle; pour autant qu'il n'y eut aucune bataille donnée; ains seulement l'habitation de l'une des villes étant démolie, les deux peuples furent mêlés et confondus en un seul. Les Albaniens avec une grosse armée furent les premiers à entrer dans le territoire de Rome, où ils se campèrent à cinq mille pas seulement des murailles, se remparant d'une bonne tranchée alentour, qui fut depuis durant quelques siècles appelée la fosse Cluilienne, du nom de leur chef; jusqu'à ce que par succession de temps il s'est aboli et éteint avec l'ouvrage. En ce logis-là Cluilius, roi d'Albane, fina ses jours, et l'armée créa Métius Suffétius dictateur. Cependant Tullus encouragé spécialement de la mort du Roi, et alléguant que la grande justice des Dieux avoit commencé par le chef adversaire de prendre vengeance sur tout le nom albanien de la guerre injustement par eux suscitée, se coule secrètement une nuit avec son armée outre le camp des ennemis, si bien qu'il entre dedans leurs confins à son tour; ce qui rappela Métius du lieu où il étoit campé, pour s'approcher avec ses forces le plus près des Romains qu'il lui fût possible: d'où il dépêcha un héraut à Tullus pour lui faire entendre qu'avant de venir au combat il s'entreverroit volontiers avec lui, et que s'ils parlementoient ensemble, il s'assuroit bien de lui faire quelques ouvertures qui ne lui importeroient moins qu'à ceux d'Albane. Tullus ne le voulant éconduire de cette requête, encore qu'il connût assez clairement que ce n'étoient que cassades, met ses gens en bataille. Les Albaniens sortent aussi à l'encontre, et après qu'ils se furent rangés en ordonnance d'une part et d'autre, tous prêts à s'entre-choquer, les deux chefs avec aucuns des principaux autour d'eux s'advancent au milieu des deux osts, là où celui d'Albane commence ainsi à parler: «Les torts griefs qui ont été faits et les choses qu'on a répétées suivant le traité, lesquelles néanmoins on n'a voulu rendre, il me semble avoir entendu que notre roi Cluilius en a été le seul motif, et par conséquent de la guerre qui s'en est ensuivie, et si ne fais doute, sire Tullus, que vous-même ne le croyez ainsi; mais pour en parler à la vérité, plutôt que de chercher à dire je ne sais quoi de belle et magnifique apparence, c'est une convoitise de régner qui éperonne à prendre les armes deux peuples alliés et voisins. Si à bon droit ou à tort, je ne veux rien gloser là-dessus, le remettant à la conscience et secrète pensée de celui qui a suscité cette guerre, durant laquelle les Abaniens m'ont élu pour leur chef. Trop bien vous avertirois-je volontiers d'un seul point. Le pouvoir des Thoscans combien il est grand tout autour de vous et de nous, et de vous principalement, de tant plus que vous en êtes plus proches, vous le devez tant mieux savoir. Ils ont de grandes forces par terre, et par la mer encore plus; et souvenez-vous que tout aussitôt que vous aurez donné le mot pour venir à la charge, ces deux armées leur serviront de passe-temps et jouet; afin de se ruer tout à coup sur les uns las et harassés du combat, et les autres qui seront mis en route et défaits: le victorieux et vaincu tout ensemble. Par quoi, si les Dieux nous aiment, au lieu que non contents d'une liberté assurée, nous nous voulons de gaieté de cœur précipiter à un douteux hasard de commander ou de servir, cherchons à la bonne heure quelque autre expédient pour décider lequel des deux peuples régnera sur l'autre, sans beaucoup de perte, et sans guère répandre de sang.» Ce langage ne déplut à Tullus, nonobstant que de son naturel, et de l'espérance de la victoire, qui le rendoit tant plus haut à la main, il fût assez difficile à ferrer; et comme ils étoient après d'une part et d'autre à en chercher des moyens, la fortune leur en présenta l'occasion.

(XXIV.) «Car d'aventure se trouvèrent lors en chacune des deux armées trois frères jumeaux ne différant comme en rien d'âge et de force: les Horaces et Curiatiens. De cela on ne fait nulle doute; de tous les anciens beaux faits d'armes n'y en ayant point de plus brave et renommé que cestui-ci. Néanmoins en une chose si manifeste et connue, il se trouve une incertitude des noms: de quel peuple étoient les Horaces et de quel les Curiatiens, car les auteurs varient en cet endroit: la plupart toutefois appellent les Horaces Romains; par quoi je leur veux adhérer. Les rois moyennent envers eux de leur faire accepter le combat, trois contre trois, pour l'honneur et gloire de leur patrie; car la domination demoureroit à celui dont les champions auroient le dessus....

(XXV.) «L'accord passé, les trois jumeaux s'en vont armer, suivant ce qui avoit été arrêté; et comme chacun des deux peuples exhortât les siens à bien faire, leur remettant devant les yeux les Dieux du pays, la patrie, leurs progénitures, ensemble tout ce qui étoit demeuré de citoyens à la ville, tout ce qui en étoit là présent au camp; revisitant tantôt leurs armures, tantôt leurs bras et les mains; eux hardis et de naturel, et renforcés d'abondant par le courage qu'on leur donnoit, s'avancent au milieu des deux osts étant en bataille, qui avoient fait haut d'une part et d'autre devant leurs remparts, plus exempts du péril qui se présentoit que de soin et travail d'esprit; car il y alloit de l'empire et domination; le tout dépendant de la vaillance et fortune de si peu d'hommes. Au moyen de quoi chacun demeure transporté en suspens après ce mal plaisant spectacle. Finalement, le signal donné, ces trois de chaque côté braves jeunes hommes se vont rencontrer la tête baissée, tout ainsi que si c'eussent été deux bataillons qui s'affrontassent, charriant quand et eux la même impétuosité et furie de deux grosses et puissantes armées, sans se soucier ni ceux-ci ni ceux-là de leur propre danger, ni que rien se présentât à leurs cœurs que l'empire ou la servitude et conséquemment la fortune que devoient courir leurs choses publiques, toute telle qu'ils la leur feroient. Dès la première démarche et assaut, que leurs harnois commencèrent à cliqueter et leurs flamboyantes épées à tresluire, une grande horreur saisit soudain les regardants, et ne balançant encore l'espérance de la victoire d'un côté ni de l'autre, chacun demeuroit entrepris et de voix et d'haleine. Étant de là venus aux mains, et que non-seulement l'agilité de leur corps et la remuante escrime des glaives et armes tiroient à soi les yeux de l'assistance, mais les plaies aussi et le sang qui en découloit, les deux Romains, ayant blessé les trois Albaniens, tombèrent tous roides morts l'un sur l'autre. A la chute desquels comme toute l'armée d'Albane eut jeté un haut cri d'allégresse, les légions romaines au rebours, hors de tout espoir de victoire, mais non pas d'un poignant souci, demeurèrent éperdues et comme transies de crainte pour celui qu'ils voyoient entorner par les trois Curiatiens. Mais de bonheur il se trouva sain et entier de ses membres; tellement que s'il n'étoit pour répondre lui tout seul à l'encontre de trois, il leur pouvoit bien néanmoins tenir pied l'un après l'autre. Au moyen de quoi, pour les séparer il se met à fuir, jugeant en soi que chacun d'eux iroit après, selon que leurs blessures le pourroient permettre. Et déjà s'étoit quelque peu éloigné de la place où avoit été le conflit, quand détournant la tête en arrière, il aperçoit qu'ils le poursuivoient fort distants l'un de l'autre, dont le premier n'étoit désormais guère loin de lui. Il retourne sur celui-là d'une très-grande âpreté et furie; et comme l'armée d'Albane écriât à ses frères de le secourir, déjà l'Horace l'ayant mis par terre se préparoit pour donner au second. Les Romains lors par un cri tel qu'ont accoutumé de jeter ceux qui inespérément se reviennent de la peur qu'ils ont eue, donnent courage à leur champion, et il se hâte tant qu'il peut de mettre fin à cette mêlée, si bien qu'avant que le tiers, lequel n'étoit plus guère loin, y pût arriver à temps, il met à mort le second Curiatien. Or par là étoit la partie rendue égale de nombre; car ils ne restoient plus qu'un à un, mais non pas égaux ni d'espérance, ni de force; car le corps de l'un non encore touché de blessure, et sa double victoire, l'amenoient prompt et gaillard au troisième combat, là où l'autre traînant une foible carcasse jà élangourée de plaies, élangourée de courir, tout abattu et déconfit pour la mort de ses frères, fut comme exposé à la gueule d'un ennemi frais et victorieux. Parquoi il n'y eut point de résistance; car le Romain tressaillant de joie: «J'ai, dit-il, jà envoyé là-bas deux des frères; le troisième, avec la cause de cette guerre, je l'y vais dépêcher aussi, à ce que dorénavant le Romain commande sur l'Albanien.» Ce disant, il lui met l'épée à la gorge, qu'à grand'peine pouvoit-il soutenir ses armes, et le dépouille étant tombé du coup. Les Romains triomphants d'éjouissement en leurs cœurs, lui font fort grand fête, et le reçoivent avec autant plus d'allégresse que la chose avoit presque été déplorée; puis se mettent à ensevelir chacun les siens; mais non pas d'une même chère: comme ceux dont les uns avoient accru leur domination, et les autres se voyoient réduits sous la subjection et pouvoir d'autrui. Les sépultures en sont encore debout au même endroit où chacun d'eux vint à rendre l'âme: des deux Romains en un seul tombeau en tirant vers Albane, et des trois Albaniens du côté de Rome, mais à la même distance et selon qu'ils finèrent leurs jours.

(XXVI.) «Avant que déloger de ce lieu, Métius, suivant l'accord fait, demande à Tullus ce qu'il lui vouloit commander; il lui ordonne de tenir la jeunesse en armes, parce qu'il se serviroit d'eux s'il avoit la guerre contre les Veïentes. Et là-dessus les deux armées se retirèrent chacune chez soi. Mais Horace marchoit le premier, portant devant soi la dépouille des trois jumeaux; lequel sa sœur, fille encore, qui avoit été accordée à l'un d'eux, vint rencontrer hors de la porte Capène; et ayant reconnu sur les épaules de son frère la cotte d'armes de son fiancé, qu'elle avoit ouvrée de ses propres mains, se prend à déchirer le visage et arracher ses cheveux, appelant lamentablement le défunt par son nom. De quoi le jouvenceau, tout fier et superbe encore de sa victoire, irrité en son cœur de voir ainsi les pleurs et criailleries de sa sœur troubler une si grande joie publique, mettant la main à l'épée, la lui passe à travers le corps d'outre en outre, en disant ces aigres et piquantes paroles: «Va-t'en doncques trouver ton époux avec ce hâtif et inconsidéré amourachement; oublieuse que tu es de tes frères morts et de celui qui reste en vie; oublieuse de la gloire de ton pays: qu'ainsi en puisse-t-il prendre à quelconque Romaine qui fera deuil pour l'ennemi!» Cet acte-là sembla inhumain et par trop cruel, tant aux patriciens qu'au commun peuple. Mais ses mérites tous récents supportoient aucunement le forfait. Si ne laissa il pas toutefois d'en être appelé devant le Roi, lequel pour non être auteur d'un si piteux jugement, désagréable à tout le peuple, ensemble de l'exécution qui s'en ensuivroit, ayant fait assembler l'audience: «Je commets (ce dit-il) deux hommes pour faire le procès à Horace selon la loi du crime de perduellion.» Cette loi étoit d'une teneur fort horrible pour lui: «Que les duumvirs jugent Horace avoir commis perduellion et crime de félonie: s'il en appelle, qu'il relève son appel, et le soutienne le mieux qu'il pourra. Si la sentence des duumvirs obtient et l'emporte, qu'on lui bande le chef, et soit pendu et étranglé d'un cordeau à un arbre malencontreux, l'ayant auparavant fouetté au dedans des remparts ou dehors.» Par cette loi les duumvirs ayant été premièrement établis, parce qu'ils ne voyoient pas que suivant icelle ils eussent pouvoir d'absoudre, même un innocent, le condamnèrent. Et alors l'un d'eux prononçant la sentence: «Horace, dit-il, je te déclare perduellion et condamne pour tel. Va, licteur, et lui lie les mains.» Le licteur s'étoit déjà approché pour lui mettre la hart au col, quand Horace par l'admonestement de Tullus, favorable et benin interprétateur de la loi: «J'en appelle,» dit-il, et relève quand et quand son appel devant le peuple, où la cause fut de nouveau plaidée. Mais ce qui mut le plus les gens en ce jugement, fut Horace le père du criminel, criant à haute voix qu'il déclaroit sa fille avoir été justement mise à mort; et si ainsi n'étoit, qu'il châtieroit son fils selon le droit et autorité paternelle qu'il avoit sur lui. Requéroit puis après de ne le vouloir point du tout priver d'enfants, lui que naguères on avoit vu avec une si florissante lignée. Et là-dessus le pauvre vieillard embrassant son fils, montroit les dépouilles des Curiatiens, élevées en cet endroit que maintenant on appelle la Pile Horatienne, avec telles autres paroles pleines d'une grand'véhémence: «Pourrez-vous donc, seigneurs Quirites, souffrir de voir celui-là lié, garrotté sous les fourches, expirer parmi les coups de fouet et tourments, que vous avez vu tout présentement marcher en un tel triomphe et honneur de victoire? lequel si horrible et hideux spectacle à grand'peine les yeux des Albaniens sauroient comporter. Va, licteur, et lui lie les mains, qui naguères avec les armes ont acquis la domination au peuple romain. Va lui bander le chef, qui a délivré cette cité de servitude; pends-le par le col et étrangle à un arbre malencontreux; bats-le à coups de verges au dedans des remparts, pourvu que ce soit entre ces dards et dépouille ennemie, ou dehors, pourvu que ce soit entre les sépultures des Curiatiens. Car où pourroit-on mener ce jeune homme que les enseignes de sa gloire, que les marques de son honneur ne le garantissent d'un si cruel et honteux supplice?» Le peuple ne put supporter ne les larmes du père, ne le courage du fils, se montrant égal en l'un et l'autre péril, et l'absolurent plus par admiration de sa vaillance, que pour le mérite et droit de la cause. Mais à ce qu'un meurtre si manifeste fût au moins réparé par quelque forme d'amende et punition, le père eut commandement de purger son fils des deniers publics: lequel après certains sacrifices propitiatoires, dont la charge fut depuis commise à la famille horatienne, ayant tendu une perche au travers de la rue, fit passer le jeune homme dessous, la tête bouchée, tout ainsi que sous un gibet. On l'a toujours maintenu et refait depuis au dépens du public jusqu'à l'heure présente, et s'appelle encore pour le jourd'hui la perche ou chevron de la sœur; à qui l'on dressa une sépulture de pierre de taille au propre lieu où elle expira.» (Les Décades qui se trouvent de Tite Live mises en françois; la première par Blaise de Vigenère, Bourbonnois.... A Paris, chez Nicolas Chesneau, M.D.LXXXIII, in-fol., p. 19-23.)

[662] Corneille n'a pas suivi, pour ces quatre chapitres, le texte, fort amélioré, de son contemporain Gruter, dont le Tite Live avait paru en 1608 et avait été réimprimé en 1619 et en 1628, c'est-à-dire à la veille de la représentation et de l'impression d'Horace. Attachant naturellement peu d'importance, pour l'objet qu'il avait en vue, aux détails de critique et de philologie, il a pris comme au hasard un texte plus ancien, qui se rapproche beaucoup de celui de Badius (Paris, 1537), et où se trouve mainte leçon rejetée depuis; entre autres, vers la fin du chapitre XXIII, l'inintelligible Volscis, que Vigenère n'a pas traduit.

[663] Et dans les précédentes et les suivantes. Voyez les indications qui accompagnent les noms des personnages à la fin de la scène V du IVe acte, p. [340].

[664] D'ailleurs est omis dans les éditions de 1660 et de 1663.

[665] Voyez la Poétique, fin du chapitre XI.

[666] Ne pueros coram populo Medea trucidet.

(Art poétique, vers 185.)

[667] Var. (édit. de 1660 et de 1663): L'adoucissement que j'ai apporté à rectifier, etc.

[668] Voyez tome I, p. 81.

[669] Corneille répond ici à l'abbé d'Aubignac. Voyez la Notice d'Horace, p. [256].

[670] Ce mot chute paraît bien fort et ne s'accorde guère avec ce que nous lisons dans le reste de l'Examen. D'Aubignac a dit, plus exactement sans doute: «La mort de Camille.... n'a pas été approuvée au théâtre» (voyez la Notice d'Horace, p. [256]); et Corneille lui-même, un peu plus loin (p. 279): «Tout ce cinquième est encore une des causes du peu de satisfaction que laisse cette tragédie.»

[671] Voyez tome I, p. 29.

[672] Art poétique, vers 126 et 127.

[673] Var. (édit. de 1660): Pour le lieu, bien que l'unité y soit exacte, j'y ai fait voir quelque contrainte, quand j'ai parlé de la réduction de la tragédie au roman (voyez tome I, p. 85 et 86). Il est constant, etc.—Corneille fait remarquer dans le Discours des trois unités (tome I, p. 122) qu'il n'a pu réduire que trois pièces à la stricte unité de lieu: Horace, Polyeucte et Pompée; mais dans son Discours de la tragédie (tome I, p. 85), il dit finement que, même dans Horace, l'unité de lieu est bien artificielle, et que dans un roman on procéderait tout autrement. L'abbé d'Aubignac, dans sa Pratique du théâtre (p. 140 et 141), s'était d'abord exprimé ainsi: «Hors les Horaces de M. Corneille, je doute que nous en ayons un seul (un seul poëme dramatique) où l'unité du lieu soit rigoureusement gardée; pour le moins est-il certain que je n'en ai point vu.» Lorsqu'il se fut brouillé avec notre poëte, il effaça, sans doute en vue d'une nouvelle édition, la première phrase de ce passage sur un exemplaire que possède la Bibliothèque impériale, et après ces mots: «que je n'en ai point vu,» il écrivit ce qui suit: «Quand l'Horace de Corneille fut vu dans Paris, je crus que la scène étoit dans la salle du palais du père, comme tout se peut assez bien accommoder; mais l'auteur m'assura qu'il n'y avoit pas pensé, et que si l'unité de lieu s'y trouvoit observée, c'étoit par hasard, et ce qu'il en a dit longtemps après n'est qu'un galimatias auquel on ne comprend rien, tant nos poëtes ont peu d'intelligence de leur art et de leurs propres ouvrages.»

[674] Horace, Art poétique, vers 242.

[675] Voyez vers 187 et suivants. (fin page [495])

[676] Voyez la Ire scène du Ierr acte d'Andromède, et la IIIe scène du IIe acte d'Œdipe.

[677] Voyez vers 215 et suivants (page [496]).

[678] Voyez la IIIe scène du Ier acte de Polyeucte (page [493]).

[679] Corneille répond encore ici à l'abbé d'Aubignac. Voyez la Notice d'Horace, p. [256].

[680] Voyez p. [276], note 673.

[681] Var. C'en est assez et trop pour une âme commune. (1641-56)

[682] Var. Qui du moindre péril n'attend qu'une infortune. (1641-48 et 55 A.)

[683] Var. D'un tel abaissement un grand cœur est honteux. (1641-56)

[684] Var. Je suis Romaine, hélas! puisque mon époux l'est;
L'hymen me fait de Rome embrasser l'intérêt;
Mais il tiendroit mon âme en esclave enchaînée,
S'il m'ôtoit le penser des lieux où je suis née. (1641-56)

[685] Var. Quand entre nous et toi je vois la guerre ouverte. (1641-56)

[686] «Ce vers admirable est resté en proverbe.» (Voltaire.)

[687] Var. Je sais qu'il doit s'accroître, et que tes bons destins. (1641-55 et 60)
Var. Je sais qu'il doit s'accroître, et que ces bons destins. (1656)

[688] Var. Que si dedans nos murs vous aviez pris naissance. (1641-56)

[689] Var. Tant qu'on ne s'est choqué qu'en des légers combats. (1656)

[690] Var. Et garde, en attendant ses funestes rigueurs. (1641-55)
Var. Et garde, en attendant ces funestes rigueurs. (1656)

[691] Var. Et qu'en ceci Camille agit bien autrement! (1641-56)

[692] Var. Le sien irrésolu, tremblotant, incertain. (1641-56)

[693] Var. Une soudaine joie éclata sur son front. (1641-56)

[694] Var. Je forme des soupçons d'an sujet trop léger:
Le jour d'une bataille est mal propre à changer;
D'un nouveau trait alors peu d'âmes sont blessées,
[Et dans un si grand trouble on a d'autres pensées;]
Mais on n'a pas aussi de si gais entretiens. (1641-56)

[695] Var. Pourquoi fuir, et vouloir que je vous entretienne? (1641-56)

[696] Dans l'édition de 1641 in-12, on a imprimé par erreur contre elle, pour comme elle.

[697] Var. Ou digne de mes pleurs, ou digne de ma haine. (1641-56)

[698] Var. Envers un ennemi qui nous peut obliger?
CAM. D'un serment solennel qui nous peut dégager? (1641-56)

[699] Var. Lui permet de nourrir un espoir bien plus doux. (1641-56)

[700] Var. Quelques cinq ou six mois après que de sa sœur
L'hyménée eut rendu mon frère possesseur,
Vous le savez, Julie, il obtint de mon père. (1641-56)

[701] Var. En même instant conclut notre hymen et la guerre. (1641 in-4o)

[702] L'édition de 1641 in-12 porte par erreur fait naître, pour fit naître.

[703] Var. Et contre sa coutume, il ne me put déplaire. (1641-56)

[704] On trouve dans l'édition de 1656 la singulière leçon que voici:

Soit que Rome y succombe, ou qu'Albe aille dessous.

[705] Var. Mon cœur, quelque grand feu qui pour toi le consomme,
Ne veut ni le vainqueur ni l'esclave de Rome. (1641-48 et 55 A.)

[706] Var. Qu'ainsi dans la maison tu t'oses retirer? (1641 in-12)

[707] Var. Aussi bon citoyen comme fidèle amant. (1641-56)

[708] Var. Dieux! qui l'eût jamais cru? Déjà les deux armées. (1641-56)

[709] «J'ose dire que, dans ce discours imité de Tite Live, l'auteur français est au-dessus du romain, plus nerveux, plus touchant....» (Voltaire.)—Voyez ci-dessus, p. [263]-[265].

[710] Var. Et le plus beau triomphe est arrousé de pleurs? (1641 et 55 A.)

[711] Var. Que le parti plus foible obéisse au plus fort. (1641-56)

[712] Var. A ces mots il se tait: d'aise chacun soupire. (1641-64)

[713] Ce vers et le précédent, comme Voltaire l'a fait remarquer, se retrouvent, à un mot près, dans la comédie du Menteur (acte V, scène VII).

[714] Var. Et ne nous opposant d'autres bras que les vôtres. (1641-56)

[715] Var. Nous croirons, la voyant tout entière en vos mains. (1641-56)

[716] Var. Ce que je vous dois être et ce que je vous suis. (1641-60)

[717] Var. Vu ceux qu'elle rejette, et les trois qu'elle nomme. (1641-56)

[718] Var. Si Rome et tout l'État perdoient moins à ma mort. (1641-56)

[719] La scène commence à ce vers dans les éditions de 1641-56, où le vers précédent termine la scène I.

[720] Var. Dirai-je au dictateur, qui devers vous m'envoie. (1641-56)

[721] Var. Comme il ne nous prend pas pour des âmes communes. (1641-56)

[722] L'édition de 1682 porte, par erreur, comme, pour contre.

[723] Var. Je vois que votre honneur gît à verser mon sang. (1641-56)

[724] Var. Sur ceux dont notre guerre a consommé la vie. (1641-48 et 55 A.)

[725] «Cette tirade fit un effet surprenant sur tout le public, et les deux derniers vers sont devenus un proverbe ou plutôt une maxime admirable.»
(Voltaire.)

[726] «A ces mots: «Je ne vous connois plus.—Je vous connois encore,» on se récria d'admiration....» (Voltaire.)

[727] Var. A se ressouvenir qu'elle est toujours ma femme. (1641-60)

[728] Var. Consommez avec lui toute cette foiblesse. (1641-48 et 55 A.)

[729] Cette indication manque dans les éditions de 1641-48 et de 1655 A.

[730] Var. Iras-tu, ma chère âme[730-a], et ce funeste honneur. (1641-56)

[730-a] «Chère âme ne révoltait point en 1639, et ces expressions tendres rendaient encore la situation plus haute. Depuis peu même une grande actrice a rétabli cette expression ma chère âme.» (Voltaire.)—Voyez la Notice, p. [252].

[731] Var. Elle se prend aux Dieux, qu'elle ose quereller. (1641-56)

[732] Var. Autre de plus de morts n'a couvert cette terre. (1641-56)

[733] Var. Et que par mon amour ma valeur endormie. (1641-56)

[734] Voyez tome I, p. 150, note 479-a.

[735] Var. Et vivrai sans reproche, ou finirai sans honte. (1641-56)

[736] Var. Viendras-tu point encor me présenter sa tête. (1641-56)

[737] Voyez Cinna, acte III, scène V, (page [431]) vers 1070.—On a aussi rapproché de ce passage des mouvements tout semblables, ou très-voisins, qui se trouvent chez Racine et chez Voltaire: par exemple dans Bajazet, acte III, scène I, et acte IV, scène V; Iphigénie, acte IV, scène I; Britannicus, acte V, scène I; Zaïre, acte II, scène III, et acte IV, scène II.

[738] Var. Vous pleurez, ma chère âme? (1641-56)

[739] Var. Et lorsque notre hymen allume son flambeau. (1641-60)

[740] Var. N'attaquez plus ma gloire avecque vos douleurs. (1641-56)

[741] On lit, dans l'édition de 1682, des crimes, pour de crimes.

[742] Var. Votre zèle au pays vous défend de tels soins. (1641-60)

[743] Var. Femme[743-a], que t'ai-je fait, et quelle est mon offense. (1641-56)

[743-a] Voltaire fait ici, au sujet du mot femme, une remarque qu'on ne songerait plus, ce nous semble, à faire aujourd'hui: «La naïveté, dit-il, qui régnait encore en ce temps-là dans les écrits permettait ce mot. La rudesse romaine y paraît même tout entière.»

[744] Var. Que t'a fait mon honneur, femme, et pourquoi viens-tu. (1641-56)

[745] Var. Du moins contente-toi de l'avoir offensée. (1641)

[746] Var. Et si notre foiblesse avoit pu les changer,
Nous vous laissons ici pour les encourager. (1641-64)

[747] Var. Allons, ma sœur, allons, ne perdons point de larmes. (1641-48 et 55 A.)

[748] Var. Contre tant de vertu ce sont de foibles armes. (1641, 48, 55 et 60)

[749] Voltaire fait ici une critique dont nous ne reproduisons les termes que parce qu'ils ont trait à l'histoire de la scène française: «Ce monologue de Sabine est, dit-il, absolument inutile, et fait languir la pièce. Les comédiens voulaient alors des monologues. La déclamation approchait du chant, surtout celle des femmes; les auteurs avaient cette complaisance pour elles....»

[750] Var. La nature ou l'amour parlent pour chacun d'eux. (1641 et 55 A.)

[751] Var. Et puis voir maintenant le combat sans terreur. (1641-56)

[752] L'édition de 1663 porte de miens, pour des miens: c'est très-vraisemblablement une erreur.

[753] Var. Ou si le triste sort de leurs armes[753-a] impies
De tous les combattants a fait autant d'hosties? (1641-56)

[753-a] L'édition de 1656 porte, par erreur, âmes, pour armes.

[754] Var. De tous les combattants fait-il autant d'hosties[754-a]? (1663 et 64)

[754-a]«_Hostie_ ne se dit plus, et c'est dommage; il ne reste plus que le mot de _victime_....» (_Voltaire._) Voyez le Lexique.

[755] Var. Pour tous tant qu'ils étoient m'a condamnée aux pleurs. (1641-56)

[756] Var. Et l'un et l'autre camp s'est mis à murmurer. (1641-56)

[757] Var. Et prenant pour affront la pitié[757-a] qu'on a d'eux. (1656)

[757-a] Il y a piété, au lieu de pitié, dans l'édition de 1656, mais c'est évidemment une erreur.

[758] Var. Et mourront par les mains qui les ont séparés,
Que quitter les honneurs qui leur sont déférés. (1641-56)

[759] Var. Quoi? dans leur dureté ces cœurs de fer s'obstinent! (1641-60)

[760] Var. Ils le font, mais d'ailleurs les deux camps se mutinent. (1641-64)

[761] Var. Les mêmes Dieux à Tulle ont inspiré ce choix. (1641-48 et 55 A.)

[762] Var. Et de qui l'absolue et sainte autorité. (1641-56)

[763] Var. Que de chercher leurs lois ailleurs qu'en leurs oracles. (1655 A.)

[764] On lit dans Psyché (acte II, scène III):

Un oracle jamais n'est sans obscurité:
On l'entend d'autant moins que mieux on croit l'entendre.

[765] Var. Comme vous je l'espère. CAM. Et je n'ose y songer.
JUL. L'effet nous fera voir qui sait mieux en juger. (1641-56)

[766] Var. Je ne puis approuver tant de trouble en notre âme. (1641 in-4o, 48-54 et 56)
Var. Je ne puis approuver tant de trouble en mon âme. (1655 A.)

[767] L'édition de 1641 in-12 donne deux maux, pour des maux: c'est évidemment une erreur.

[768] Var. On ne compare point des nœuds si différents. (1641-56)

[769] Var. Le peuvent mettre hors de votre fantaisie;
Ce qu'elles font souvent, faites-le par raison. (1641-56)

[770] L'édition de 1682 porte: connoissiez, pour connoissez.

[771] Var. Ne nous consolez point: la raison importune. (1641-56)

[772] Var. Quand elle ose combattre une telle infortune. (1641-54, 55 B. et 56)
Var. Quand elle ose combattre une telle fortune. (1655 A.)

[773] Var. Qui peut vouloir mourir peut braver les malheurs. (1641-56)

[774] Var. La vouloir contrefaire est une lâcheté. (1641-56)

[775] Var. Et nos soldats trahis ne l'ont pas achevé? (1641-60)

[776] «Voilà ce fameux qu'il mourût, ce trait du plus grand sublime, ce mot auquel il n'en est aucun de comparable dans toute l'antiquité[776-a]; tout l'auditoire fut si transporté, qu'on n'entendit jamais le vers faible qui suit; et le morceau:

N'eût-il que d'un moment retardé (lisez: reculé) sa défaite,

étant plein de chaleur, augmente encore la force du qu'il mourût....» (Voltaire.)

[776-a] Cela est vrai, et c'est en vain, nous le croyons, qu'on a cherché un mot semblable dans les auteurs anciens. Le moriamur, de Calpurnius (voyez Tite Live, livre XXII, chapitre XCIX), n'a aucun rapport avec la réponse sublime du vieil Horace, et nous ne comprenons pas qu'on l'en ait rapproché. Le moreretur, inquies, de Cicéron, dans le Discours pour C. Rubirius Postumus (chapitre X, § 29), peut bien se traduire par: «Que vouliez-vous qu'il fît?—Qu'il mourût, direz-vous;» mais la ressemblance est toute superficielle: la pensée, le sentiment, la situation, tout est différent.—Un rapprochement plus opportun, mais bien propre à faire ressortir, quoiqu'au fond l'idée soit semblable, l'originalité de Corneille, ce serait peut-être celui de ces vers de la tragédie des Juives (acte IV, vers 33 et suivants) de notre vieux poëte Garnier:

C'est vergongne à un roi de survivre vaincu:
Un bon cœur n'eût jamais son malheur survécu.
—Et qu'eussiez-vous pu faire?—Un acte magnanime,
Qui malgré le destin m'eût acquis de l'estime.
Je fusse mort en roi, fièrement combattant,
Maint barbare adversaire à mes pieds abattant.

[777] Var. Eh! mon père, prenez un plus doux sentiment. (1641-48 et 55 A.)

[778] Var. Eût-il fait avec lui périr le nom d'Horace! (1641-56)

[779] Voltaire rapproche cet endroit d'Horace de la scène V du Ve acte du Cid: «Je ne sais s'il n'y a pas dans cette scène un artifice trop visible, une méprise trop longtemps soutenue. Il semble que l'auteur ait eu plus d'égards au jeu de théâtre qu'à la vraisemblance. C'est le même défaut que dans la scène de Chimène avec don Sanche dans le Cid....»

[780] Var. Le combat par sa fuite est-il pas terminé?
VAL. Albe ainsi quelque temps se l'est imaginé;
Mais elle a bientôt vu que c'étoit fuir[780-a] en homme. (1641-56)

[780-a] L'édition de 1655 A. porte fait, au lieu de fuir, et au premier vers de la variante la fuite, pour sa fuite.

[781] Var. Il sait bien se tirer d'un pas si hasardeux[781-a]. (1641-63)

[781-a] Voltaire a donné dans son édition l'ancienne leçon hasardeux, au lieu de dangereux.

[782] Depuis ce cri jusqu'à la scène IV il y a, suivant la remarque que Voltaire fait sur le commencement de cette dernière scène, «un long silence de Camille dont on ne s'est pas seulement aperçu, parce que l'âme était toute remplie du destin des Horaces et des Curiaces et de celui de Rome.» Mlle Rachel le faisait bien apercevoir. «Elle a souvent créé des effets nouveaux, dit à cette occasion M. Véron dans les Mémoires d'un bourgeois de Paris (tome IV, p. 165). Je citerai surtout la scène du fauteuil dans le quatrième acte d'Horace. Sa pantomime, alors qu'elle apprend la mort de son amant, est d'un grand effet scénique; mais elle excite plutôt encore dans cette situation la terreur que les larmes. Je tiens d'ailleurs de Mlle Rachel elle-même que ce fut à un état de malaise physique qu'elle emprunta l'idée et les moyens d'exécution de cette pantomime: elle venait d'être saignée; elle ne fit que reproduire sur le théâtre l'abattement profond et les menaces douloureuses de syncope qu'elle éprouva.»

[783] Voyez plus haut, p. [266] et suivantes, le récit de Tite Live.

[784] Dans l'édition de 1656, on lit l'horreur, pour l'erreur.

[785] Var. Et remet à demain le pompeux sacrifice
Que nous devons aux Dieux pour un tel bénéfice. (1641-56)

[786] Var. Cette belle action si puissamment le touche,
Qu'il vous veut rendre grâce, et de sa propre bouche,
D'avoir donné vos fils au bien de son État. (1641-56)

[787] Var. Du service de l'un, et du sang des deux autres.
VAL. Le Roi ne sait que c'est d'honorer à demi. (1641-56)

[788] Var. Fait qu'il estime encor l'honneur qu'il vous veut faire. (1641-60)

[789] Var. Tous nos maux à ce prix nous doivent être doux. (1641-56)

[790] Voyez ci-dessus, p. [162], vers 1058 et note 432.

[791] Var. Je m'en vais à Sabine en porter la nouvelle. (1641-56)

[792] Var. Un oracle m'assure, un songe m'épouvante;
La bataille m'effraie, et la paix me contente. (1641-56)

[793] Var. Les deux camps mutinés un tel choix désavouent;
Ils rompent la partie, et les Dieux la renouent. (1641-56)

[794] Var. Dieux! sentois-je point lors des douleurs trop légères. (1641-56)
Var. Ne sentois-je point lors des douleurs trop légères. (1660)

[795] Var. Pour le malheur de Rome et la mort des deux frères? (1641 in-12)

[796] Var. Me flattois-je point trop quand je croyois pouvoir. (1641-56)
Var. Ne me flattois-je point quand je croyois pouvoir. (1660)

[797] Var. Mais ce n'est encor rien au prix de ce qui reste. (1641-48 et 55 A.)

[798] Var. On demande ma joie en un coup si funeste. (1641-56)

[799] Var. C'est gloire de passer pour des cœurs abattus,
Quand la brutalité fait les hautes vertus. (1641-56)

[800] Var. Procule et deux autres soldats[800-a] portant chacun une épée des Curiaces. (1641-60)

[800-a] Et les deux autres soldats. (1641 in-12 et 47)

[801] Voyez la Notice d'Horace, p. [248] et note 627.

[802] Var. O d'une indigne sœur l'insupportable audace! (1641-60)

[803] Var. Tigre affamé de sang, qui me défends les larmes. (1641-48 et 55 A.)

[804] Var. Puissent de tels malheurs accompagner ta vie. (1641-56)

[805] «Ces imprécations de Camille, dit Voltaire, ont toujours été un beau morceau de déclamation, et ont fait valoir toutes les actrices qui ont joué ce rôle.» Voyez la Notice d'Horace, p. [253] et note 641.

[806] Var. Que le courroux du ciel allumé par mes yeux. (1656)

[807] Var. Puissé-je de mes yeux voir tomber cette foudre. (1641-56)

[808] Var. Mettant l'épée à la main. (1641-48 et 55 A.)

[809] Var. Va dedans les enfers joindre ton Curiace. (1641-56)

[810] Var. CAMILLE, derrière le théâtre. (1663)

[811] Voyez la Notice d'Horace, p. [252] et [253].

[812] Var. La plus prompte vengeance est la plus légitime. (1647)

[813] Racine a dit dans Andromaque (acte IV, scène V)

Que peut-on refuser à ces généreux coups?

[814] Var. Que je te plaise mieux tombé dans l'infamie? (1641-56)

[815] Var. Mais aussi je renonce à la vertu romaine. (1641-48 et 55 A.)

[816] Var. N'importe: tous ses traits me sembleront fort doux. (1641-56)

[817] Var. Disposez de mon sort, les lois vous en font maître;
J'ai cru devoir ce coup aux lieux qui m'ont vu naître.
Si mon zèle au pays vous semble criminel. (1641-56)

[818] Var. Reprenez votre sang de qui ma lâcheté
A si mal à propos souillé la pureté. (1641-56)

[819] Var. Et ne les punit point, pour ne se pas punir. (1641-60)

[820] Var. TROUPE DES GARDES. (1655 A. et 56)

[821] Entre ce vers et le suivant, Voltaire a ajouté cette indication qui n'est point inutile: montrant Valère.

[822] Var. Je sais que peut ce coup sur l'esprit le plus fort. (1641-56)

[823] Var. Quelque soulagement à votre affliction. (1641 in-12 et 47)

[824] Var. Et que Tulle vous plaint autant comme il vous aime. (1641-56)

[825] On lit les hauts faits, pour ses hauts faits, dans l'édition de 1682.—L'édition de 1655 A. porte: «ses beaux faits.»

[826] L'édition de 1682 et celle de 1665 A. sont les seules qui aient le méritent; toutes les autres portent: les méritent.

[827] Var. Vu le sang qu'a versé cette guerre funeste,
Et tant de nœuds d'hymen dont nos heureux destins
Ont uni si souvent des peuples si voisins,
Peu de nous ont joui d'un succès si prospère,
Qu'ils n'aient perdu dans Albe un cousin, un beau-frère,
Un oncle, un gendre même, et ne donnent des pleurs. (1641-56)

[828] L'édition de 1655 A. porte trouble, au lieu de bonheur.

[829] Var. Et ne peut excuser la douleur véhémente. (1641-56)

[830] Les éditions de 1641 et de 1660 ont seules rejaillir: toutes les autres portent rejallir.

[831] Var. Et croyez avec nous qu'en tous ces trois combats. (1652, 54 et 56)

[832] Var. Vous savez l'action, vous le venez d'entendre. (1641 et 55 A.)

[833] Var. Et le plus innocent que le ciel ait vu naître,
Quand il le croit coupable, il commence de l'être. (1641-56)

[834] Var. Qu'en amant de sa sœur il accuse le frère. (1652, 54 et 56)

[835] Var. Prend droit par ses effets de juger de sa force,
Et s'ose imaginer, par un mauvais discours,
Que qui fait un miracle en doit faire toujours. (1641-56)

[836] Var. Si l'on n'en veut déchoir, il ne faut plus rien faire. (1641-56)

[837] Les éditions de 1641-56 ajoutent JULIE aux personnages de cette scène.

[838] Ce jeu de scène et les suivants, jusqu'à la fin de la pièce, manquent dans les éditions de 1641-48 et dans celle de 1655 A.

[839] Var. Toi qui par des douleurs à tes devoirs contraires. (1641 et 55 A.)

[840] Var. Veux quitter un mari pour rejoindre les frères. (1641 in-12)

[841] Don Arias dit au Comte dans le Cid, acte II, scène I, vers 390:

Avec tous vos lauriers craignez encor le foudre.

[842] Voyez plus haut, p. [271] et [272], le discours du vieil Horace dans Tite Live.

[843] Var. Dis, Valère, dis-nous, puisqu'il faut qu'il périsse. (1641-48 et 55 A.)

[844] Var. Et Rome avec ses pleurs y mettra trop d'obstacle. (1641-60)

[845] L'édition de 1682 porte vous le préviendrez, pour vous les préviendrez; c'est sans doute une erreur.

[846] Var. Ce qu'il a fait pour elle, il le peut encor faire:
Il la peut garantir encor d'un sort contraire. (1641-60)

[847] Ces deux vers rappellent, bien que la pensée soit toute différente, la fin de cette phrase de Malherbe (voyez l'édition de M. L. Lalanne, tome I, p. 188):

Apollon à portes ouvertes
Laisse indifféremment cueillir
Les belles feuilles toujours vertes
Qui gardent les noms de vieillir;
Mais l'art d'en faire les couronnes
N'est pas su de toutes personnes....

[848] Var. Ta chaleur généreuse a produit ton forfait. (1647 et 55 A.) Var. Sa chaleur dangereuse a produit ton forfait. (1656)

[849] Var. Le Roi se lève, et tous le suivent hormis Julie.

SCÈNE IV.

JULIE.

Camille, ainsi le ciel t'avoit bien avertie
Des tragiques succès qu'il t'avoit préparés;
Mais toujours du secret il cache une partie
Aux esprits les plus nets et les mieux éclairés.
Il sembloit nous parler de ton proche hyménée,
Il sembloit tout promettre à tes vœux innocents;
Et nous cachant ainsi ta mort inopinée,
Sa voix n'est que trop vraie en trompant notre sens:
«Albe et Rome aujourd'hui prennent une autre face;
Tes vœux sont exaucés, elles goûtent la paix;
Et tu vas être unie avec ton Curiace,
Sans qu'aucun mauvais sort t'en sépare jamais[849-a].» (1641-56)

[849-a] Ce commentaire de Julie sur le sens de l'oracle, dit Voltaire, est visiblement imité de la fin du Pastor fido.

[850] Voyez la Notice biographique.

[851] M. Rathery, Des anciennes institutions judiciaires de la Normandie, dans la Revue française du mois de mars 1839, p. 269.—Voyez aussi l'Introduction du Diaire, ou Journal du chancelier Seguier en Normandie après la sédition des nu-pieds, et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, publiés pour la première fois par A. Floquet. Rouen, 1842, in-8o.

[852] Tallemant des Réaux, tome II, p. 47.

[853] M. Rathery, p. 271.—M. Édouard Fournier, Notes sur la vie de Corneille, p. CXVII-CXIX, en tête de Corneille à la Butte Saint-Roch.

[854] Remarques sur Cinna, acte V, scène III, vers 1701.

[855] Anecdotes dramatiques, p. 103.

[856] Histoire du Théâtre françois, tome V, p. 92.

[857] Voyez la Notice d'Horace, p. [249] et [250].

[858] Mercure de France, p. 847.

[859] Page 123.

[860] Pièce de Scarron, représentée en 1653.

[861] Voyez ci-dessus, p. [251].

[862] Voyez ci-après, p. [385], note 906.

[863] Tome VI, p. 94, note a.

[864] Tome I, p. 47.

[865] Acte V, scène II, vers 1562 et 1563.

[866] Voyez ci-dessus, p. [51].

[867] Voyez ci-dessus, p. [52].

[868] Voyez ci-après, p.[ 379] et [380].

[869] Voyez tome I, p. 120.

[870] Tome III, p. 66 et 67.

[871] Le récit de Sénèque est traduit en entier dans l'Histoire romaine de Coeffeteau (1621), fort goûtée au temps de Corneille, et de l'autorité de laquelle il s'appuie à la fin de l'avertissement de Polyeucte. Voyez plus loin, p. [478].

[872] Ces extraits, contrairement à l'usage ordinaire de Corneille, se trouvent en tête de l'édition originale. La première édition du Cid n'a point les romances; ni la première d'Horace, l'extrait de Tite Live.

[873] Voyez tome II, p. 4.

[874] Voyez plus loin, p. [378] et note 892.

[875] Voyez ci-dessus, p. [17] et [107] note 250.

[876] Cette épître dédicatoire, ainsi que l'extrait de Sénèque qui la suit, ne se trouvent que dans l'édition originale et dans les recueils de 1648-1656.—Pierre du Puget, seigneur de Montauron ou Montoron, des Carles et Caussidière, la Chevrette et la Marche, premier président des finances au bureau de Montauban, mourut à Paris le 23 juin 1664. Tallemant des Réaux nous apprend dans son Historiette sur Louis treizième (tome II, p. 248) que «Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna.» Ce témoignage, qui émane d'un allié de Montauron, car sa fille naturelle avait épousé Gédéon Tallemant, est beaucoup plus digne de confiance que l'assertion du Journal de Verdun (juin 1701, p. 410), qui porte à mille pistoles le présent de Montauron. La libéralité de ce financier envers les gens de lettres et leur empressement à lui adresser des dédicaces étaient devenus un sujet de plaisanteries et d'allusions de toutes sortes. Dans son Parnasse réformé (p. 132 et 133), Guéret propose les réformes suivantes: «Article X. Défendons de mentir dans les épîtres dédicatoires. Article XI. Supprimons tous les panégyriques à la Montoron....» Ailleurs, dans sa Promenade de Saint-Cloud (imprimée dans les Mémoires historiques et critiques de Bruys, Paris, 1751, in-12, tome II, p. 238), Guéret se commente ainsi lui-même: «Si vous ignorez ce que c'est que les Panégyriques à la Montoron, vous n'avez qu'à le demander à M. Corneille, et il vous dira que son Cinna n'a pas été la plus malheureuse de ses dédicaces.»—Du reste, à cette époque, comme le fait remarquer Tallemant (tome VI, p. 227, note 2), «tout s'appeloit à la Montauron.» Pierre Gontier, dans un passage de ses Exercitationes hygiasticæ (Lyon, 1688, p. 111), cité par M. Paulin Paris, parle de petits pains au lait à la Montauron; et Tallemant nous raconte une sanglante allusion à cette façon de parler, qui tombe fort directement sur un membre de sa famille: «Une fois, dit-il, aux Comédiens du Marais, Monsieur d'Orléans y étant, quelqu'un fut assez sot pour dire qu'on attendoit M. de Moutauron. Les gens de Monsieur d'Orléans le firent jouer à la farce, et il y avoit une fille à la Montauron qu'on disoit être mariée Tallemant quellement.» La fortune de Montauron ne suffit pas longtemps à ses prodigalités insensées, et bientôt Scarron put écrire le passage suivant, rapporté par M. Paulin Paris dans son commentaire sur Tallemant des Réaux (tome VI, p. 235):

Ce n'est que maroquin perdu
Que les livres que l'on dédie
Depuis que Montauron mendie;
Montauron dont le quart d'écu
S'attrapoit si bien à la glu
De l'ode ou de la comédie.

[877] Var. (édit. de 1648-1656): Cela étant, ne puis-je pas avec justice donner le portrait de l'une de ces héroïques vertus à celui qui....

[878] Var. (édit. de 1648-1656): tout ensemble la cause et l'effet l'une de l'autre? Je le puis certes d'autant plus justement que je vois votre générosité, comme voulant imiter ce grand empereur, prendre plaisir à s'étendre sur les gens de lettres, en un temps, etc. (voyez p. [372]).

[879] C'est cette flatterie, supprimée par Corneille dès 1648 (voyez la note précédente), qui a fait dire à Scarron: «Soit que la nécessité soit mère de l'invention, ou que l'invention soit partie essentielle du poëte, quelques poëtes au grand collier ont eu celle d'aller chercher dans les Finances ceux qui dépensoient leur bien aussi aisément qu'ils l'avoient amassé. Je ne doute point que ces marchands poëtiques n'ayent donné à ces publicains libéraux toutes les vertus, jusques aux militaires.» (Dédicace A très-honnête et très-divertissante chienne dame Guillemette, petite levrette de ma sœur, en tête de: la Suite des Œuvres burlesques de Mr Scarron, seconde partie. Paris, T. Quinet, 1648, in-4o.)

[880] «Il y en a, dit Scarron dans la dédicace que nous venons de citer, qui rendent de l'encens pour de l'encens, et des louanges pour des louanges.»

[881] Ces deux premiers mots de la phrase manquent dans les éditions de 1648-1656.

[882] Var. (édit. de 1648-1656): de sorte qu'il n'en est point.

[883] Var. (édit. de 1648-1656): Trouvez bon.

[884] Voyez p. [369], note 876.

[885] Var. (édit. de 1656): Votre très-humble, très obéissant et très-obligé serviteur.

[886] Corneille a omis ici quelques mots. Voici quel est le texte de Sénèque: In communi quidem republica gladium movit: quum hoc ætatis esset quod tu nunc es, duodevicesimum, etc. Dans le reste du morceau l'édition suivie par Corneille ne diffère que par un petit nombre de leçons, insignifiantes pour la plupart, du texte des impressions les plus modernes.

[887] L'édition originale de Cinna porte Salvidientium, pour Salvidienum.

[888] L'entretien d'Auguste et de Livie est beaucoup plus long dans Dion Cassius, où il s'étend depuis le chapitre XIV jusqu'au chapitre XXII du livre LV.

[889] Nous suivons le texte de la première édition de Cinna, qui a une virgule après impedio; c'est bien la ponctuation que veut le sens. Dans l'impression de 1648, au lieu de la virgule, il y a un point, ce qui altère la pensée de Sénèque, mais est conforme à la traduction de Montaigne.

[890] Cet extrait des Essais de Montaigne ne se trouve que dans la première édition d'Horace. Corneille ne l'a pas reproduit à la suite de l'extrait latin, dans ses recueils de 1648-1656. Il tiendra lieu ici d'une traduction du morceau de Sénèque.

[891] «Affranchi, du mot latin libertus, ou libertinus; car ce dernier ne veut pas dire, comme on l'a cru longtemps, fils d'affranchi.» (Note de M. le Clerc sur Montaigne.)

[892] Quand Corneille fit imprimer Cinna dans la seconde partie de ses Œuvres, en 1648, il le fit précéder d'une lettre de Balzac, qui se trouve encore dans l'édition de 1656. Cette lettre, qui est du 17 janvier 1643, avait déjà été comprise dans le tome II des Lettres choisies du sieur de Balzac. Paris, Aug. Courbé, 1647, in-8o, p. 437 et suivantes. Dans notre édition elle figurera à sa date parmi les Lettres de Corneille, auxquelles nous avons joint celles qui lui ont été adressées.

[893] Corneille revient dans le Discours des trois unités (tome I, p. 105) sur ces «illustres suffrages» accordés à Cinna.

[894] Voyez le commencement du Discours du poëme dramatique, tome I, p. 14 et suivantes; et le Discours de la tragédie, p. 81 et suivantes.

[895] Ici Corneille répond à une question directe que lui avait posée d'Aubignac: «Je ne puis approuver que dans la salle d'un palais, où apparemment il y a toujours des gens qui vont et qui viennent, on fasse une longue narration d'aventures secrètes et qui ne pourroient être découvertes sans grand péril; d'où vient que je n'ai jamais pu bien concevoir comment Monsieur Corneille peut faire qu'en un même lieu Cinna conte à Émilie tout l'ordre et toutes les circonstances d'une grande conspiration contre Auguste, et qu'Auguste y tienne un conseil de confidence avec ses deux favoris; car si c'est un lieu public, comme il le semble, puisqu'Auguste en fait retirer les autres courtisans, quelle apparence que Cinna vienne y faire visite à Émilie avec un entretien et un récit de choses si périlleuses, qui pouvoient être entendues de ceux de la cour qui passoient en ce lieu? Et si c'est un lieu particulier, par exemple le cabinet de l'Empereur, qui en fait retirer ceux qu'il ne veut pas rendre participants de son secret, comment est-il vraisemblable qu'il soit venu faire ce discours à Émilie? et moins encore qu'Émilie y fasse des plaintes enragées contre l'Empereur? Voilà une difficulté que Monsieur Corneille résoudra quand il lui plaira.» (La Pratique du théâtre, p. 396 et 397.)

[896] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de cette entreprise, dont il étoit un des chefs.—Le reste de la phrase manque dans l'édition de 1660, qui continue ainsi: «et bien loin de pouvoir, etc.»

[897] Voyez l'Examen de Médée, tome II, p. 337.

[898] Var. (édit. de 1660-1664): Émilie a joie d'apprendre.

[899] L'édition de 1660 a de plus, au commencement de ce paragraphe, la phrase suivante: «C'est ici la dernière pièce où je me suis pardonné de longs monologues: celui d'Émilie ouvre le théâtre, Cinna en fait un au troisième acte, et Auguste et Maxime chacun un au quatrième.

[900] Voltaire, par un scrupule de clarté, a ainsi modifié, dans son édition du Théâtre de Corneille (1764), le commencement de ce paragraphe: «Comme les vers de ma tragédie d'Horace....»

[901] Var. (édit. de 1660): on peut dire que ceux-ci ont quelque chose de plus achevé.

[902] Var. (édit. de 1660): et de raisonnement, ou de sentiments.

[903] Sénèque dit simplement petit-fils, mais c'est Dion (livre LV, chapitre XIV) qui a appris à Corneille que Cinna, auquel il donne le prénom de Cneius, et non de Lucius, comme Sénèque, était fils d'une fille de Pompée.

[904] Suétone nous apprend, dans sa Vie d'Auguste (chapitre XXVII), qu'Octavien proscrivit C. Toranius, son tuteur, qui avait été le collègue de son père dans l'édilité; Valère-Maxime (livre IX, chapitre XI, 5) raconte qu'une fois proscrit, Toranius fut livré par son propre fils, lequel indiqua aux centurions qui le cherchaient, la retraite où il était caché, son âge et les marques auxquelles ils pourraient le reconnaître. Toranius avait été préteur.

[905] Pour le lieu particulier de chaque acte, voyez ci-dessus, p. [366], [379] et [380].

[906] L'édition originale a pour titre, comme nous l'avons dit dans la Notice, Cinna, ov la clemence d'Avgvste.

[907] Émilie ne se trouve pas sur le théâtre; elle y entre au commencement de la pièce; c'est Corneille qui nous l'apprend en ces termes dans le Discours des trois unités (tome I, p. 108 et 109): «L'auditeur attend l'acteur; et bien que le théâtre représente la chambre ou le cabinet de celui qui parle, il ne peut toutefois s'y montrer qu'il ne vienne de derrière la tapisserie, et il n'est pas toujours aisé de rendre raison de ce qu'il vient de faire en ville avant que de rentrer chez lui, puisque même quelquefois il est vraisemblable qu'il n'en est pas sorti. Je n'ai vu personne se scandaliser de voir Émilie commencer Cinna sans dire pourquoi elle vient dans sa chambre: elle est présumée y être avant que la pièce commence, et ce n'est que la nécessité de la représentation qui la fait sortir de derrière le théâtre pour y venir.»—Voyez sur ce monologue le Discours du poëme dramatique (tome I, p. 45).—«Plusieurs actrices, dit Voltaire, ont supprimé ce monologue dans les représentations. Le public même paraissait souhaiter ce retranchement.... Cependant j'étais si touché des beautés répandues dans cette première scène, que j'engageai l'actrice qui jouait Émilie à la remettre au théâtre, et elle fut très-bien reçue.»

[908] Var. A qui la mort d'un père a donné la naissance. (1643-56)
Var. Que d'un juste devoir soutient la violence. (1660)

[909] Var. Vous régnez sur mon âme avecque trop d'empire[909-a]:
Pour le moins un moment souffrez que je respire. (1643-56)

[909-a] Ce vers, par une erreur d'impression, a été omis dans l'édition de 1656.

[910] Var. Quand je regarde Auguste en son trône de gloire. (1643-56)

[911] Var. Quand il faut, pour le perdre, exposer mon amant. (1643-56)

[912] Var. Te demander son sang, c'est exposer le tien. (1643-56)

[913] Var. Souvent dessus ton chef renverser l'entreprise,
Porter sur toi les coups dont tu le veux frapper. (1643-56)

[914] Var. Il te peut, en tombant, accabler sous sa chute. (1643-56)

[915] Var. Et je tiens qu'il faut mettre au rang des grands malheurs
La mort d'un ennemi qui nous coûte des pleurs. (1643-56)

[916] Var. Que cette passion dût être refroidie. (1643-56)

[917] Var. Ont encore besoin que vous parliez pour eux. (1643-56)

[918] «Ce sentiment atroce et ces beaux vers ont été imités par Racine dans Andromaque (acte IV, scène IV):

Ma vengeance est perdue
S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.»

(Voltaire.)

[919] Var. Quand je songe aux hasards que je lui fais courir. (1643-56)

[920] Sénèque a dit dans sa IVe épître: Quisquis vitam contempsit, tuæ dominus est. «Quiconque méprise la vie est maître de la tienne.»

[921] Var. Des grandeurs du péril n'est-elle point troublée? (1643-56)

[922] Var. Jamais de telle ardeur on ne jura sa mort. (1643-56)

[923] Var. Qu'ils semblent, comme moi, venger une maîtresse. (1643)

[924] Var. Vous eussiez vu leurs yeux s'allumer de fureur. (1643-56)

[925] On raconte que lorsque Michel Baron reparut au mois de mars 1720, à l'âge de soixante-huit ans, dans le rôle de Cinna, on le vit, dans la même minute, pâlir et rougir comme le vers l'indiquait.—Larive, dans son Cours de déclamation (tome II, p. 6), nie obstinément la possibilité du fait; il semble toutefois que les comédiens du dix-septième siècle aient eu le secret de pâlir à volonté. Tallemant dit en parlant de Floridor (tome VII, p. 176): «Il est toujours pâle, ainsi point de changement de visage.»

[926] Var. Où le but des soldats et des chefs les plus braves,
C'étoit d'être vainqueurs pour devenir esclaves[926-a];
Où chacun trahissoit, aux yeux de l'univers,
Soi-même et son pays, pour assurer ses fers,
Et tâchant d'acquérir avec le nom de traître
L'abominable honneur de lui donner un maître. (1643-56)

[926-a] Étoit d'être vainqueurs pour devenir esclaves. (1648-56)

[927] Var. De leur concorde affreuse, horrible, impitoyable. (1643-56)

[928] «Dufresne employa un jour une petite adresse qui produisit un grand effet. En commençant ce récit, il cacha derrière lui une de ses mains dans laquelle il tenait son casque surmonté d'un panache rouge; et lorsqu'il fut arrivé à ces vers, il montra subitement le casque et le panache rouge; et les agitant vivement, il sembla présenter aux spectateurs la tête et la chevelure sanglante dont il est question dans les vers de Corneille. Les spectateurs furent saisis de terreur: Dufresne avait réussi. Mais ces sortes de jeux de théâtre, fruits de la combinaison et du calcul, ne peuvent être répétés.» (Galerie historique des acteurs du théâtre français, par Lemazurier, tome I, p. 510.)

[929] Var. Sans exprimer encore avecque tous ces traits[929-a]. (1643-56)

[929-a] Les éditions de 1652-56 portent, par erreur, ses traits, pour ces traits.

[930] Var. Ces illustres proscrits, ces demi-dieux mortels. (1643-56)

[931] Voltaire, dans l'édition de 1764, a remplacé «dans le trône» par «sur le trône.»

[932] Var. Rendons toutefois grâce à la bonté céleste,
Que de nos trois tyrans c'est le seul qui nous reste. (1643-56)

[933] Antoine et Lépide.

[934] C'est une allusion à une circonstance historique, à la dignité sacerdotale qu'Auguste avait conférée à Cinna: voyez ci-dessus, p. [374]. Sénèque nous apprend aussi (voyez p. [373]) que les conjurés voulaient attaquer Auguste pendant qu'il célébrerait un sacrifice: Sacrificantem placuerat adoriri.

[935] On lit ayeuls dans l'édition de 1656.

[936] Var. César celui de[936-a] prince ou bien d'usurpateur. (1643-56)

[936-a] L'édition de 1656 porte, par erreur, du prince, pour de prince.

[937] «Cette expression sublime: mourir tout entier, est prise du latin d'Horace (Livre III, ode XXX, vers 6) non omnis moriar, et tout entier est plus énergique. Racine l'a imitée dans sa belle pièce d'Iphigénie (acte I, scène II):

Ne laisser aucun nom et mourir tout entier.»

(Voltaire.)

Pompée dit de même dans la Pharsale de Lucain (livre VIII, vers 266 et 267):

Non omnis in arvis
Emathiis cecidi,

«Je n'ai pas succombé tout entier dans les champs de l'Émathie.»

[938] Var. Ont-ils perdu celui de derniers des Romains?
Et sont-ils morts entiers avecque leurs desseins? (1643-56)

[939] Var. Et que.... Mais quel sujet mène Évandre vers nous? (1643-56)

[940] Var. Et puisque désormais tu ne me peux venger. (1643-56)

[941] Var. Et ne lui permets point de m'ôter mon amant. (1643-56)

[942] Var. Heureux pour vous servir d'abandonner la vie. (1643-56)

[943] Var. Dans un si grand péril vos jours sont assurés:
Vos desseins ne sont sus d'aucun des conjurés;
Et décrivant tantôt les misères romaines. (1643-56)

[944] Var. La mort de Toranius, père d'Émilie.

[945] Var. De peur que trop d'ardeur touchant vos intérêts
Sur mon visage ému ne peignît nos secrets:
Notre amour n'est connu que d'Évandre et Fulvie. (1643-56)

[946] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.

[947] Fénelon, dans sa Lettre à l'Académie sur l'éloquence, dit: «Il me semble qu'on a donné souvent aux Romains un discours fastueux; je ne trouve point de proportion entre l'emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna et la modeste simplicité avec laquelle Suétone le dépeint.» Il est vrai; mais ne faut-il pas quelque chose de plus relevé sur le théâtre que dans Suétone? Il y a un milieu à garder entre l'enflure et la simplicité. Il faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes. L'archevêque de Cambrai avait d'autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affectation dans l'habillement, dans la déclamation et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démarche d'un matamore, coiffé d'une perruque carrée qui descendait par devant jusqu'à la ceinture; cette perruque était farcie de feuilles de laurier et surmontée d'un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange. Il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étaient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage, et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers:

Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune,
D'un courtisan flatteur la présence importune.

Il faisait bien sentir que c'était eux qu'il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n'y a rien dans le commencement de cette scène qui empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n'a point encore parlé avec bonté, avec amitié, à Cinna et à Maxime; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l'onde.» (Voltaire.)

[948] Var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56)

[949] «Remarquez bien cette expression, disait Racine à son fils. On dit aspirer à monter; mais il faut connoître le cœur humain aussi bien que Corneille l'a connu pour pouvoir dire de l'ambitieux qu'il aspire à descendre.»—Chaulmer écrivait en 1638, dans sa Mort de Pompée (acte I, scène I), ces vers qui, bien qu'ils contiennent une idée fort différente, ont une grande analogie d'expression avec ceux de notre poëte:

Gardons la liberté de la chose publique,
Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique
D'un enfant sans respect, ou d'un tigre plutôt
Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut;
Qu'il sache en se perdant que qui veut y prétendre,
Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre.

[950] Var. Sylla s'en est démis, mon père l'a gardé,
Différents en leur fin comme en leur procédé:
L'un, cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56)

[951] Voyez dans le livre LII de Dion Cassius, chapitres I-XLI, la délibération d'Auguste avec Agrippa et Mécène, et les longs discours de ses deux conseillers. Cinna ouvre ici le même avis que Mécène; et Maxime, le même qu'Agrippa.

[952] Var. Si vous laissant séduire à ces impressions,
Vous-même condamnez toutes vos actions. (1643-56)

[953] Var. Lorsque notre valeur nous gagne une province,
Gouvernant justement, on devient juste prince. (1643-56)

[954] Var. Mais sa mort vous fait peur? Seigneur, les destinées
D'un soin bien plus exact veillent sur vos années. (1643-56)

[955] Les éditions de 1652-56 portent:

L'empire où sa vertu l'a fait seul arriver.

[956] Var. Par la même vertu la gloire est donc flétrie. (1643-56)

[957] Var. Si de ses plus hauts faits l'infamie est le prix! (1643-56)

[958] Var. Mais ce n'est pas un crime indigne de pardon. (1643-56)

[959] L'édition de 1655 seule porte: «Il passe,» au singulier.

[960] Var. Quand nous avons pu vivre avecque plus de gloire. (1643-56)

[961] Var. Avecque jugement punit et récompense,
Ne précipite rien de peur d'un successeur,
[Et dispose de tout en juste possesseur.] (1643-56)

[962] Var. Les magistrats donnés aux plus séditieux. (1643-56)

[963] Var. Dedans le champ d'autrui largement ils moissonnent. (1643-56)

[964] Var. Le pire des États est l'État populaire[964-a]. (1643)

[964-a] Bossuet, dans son cinquième Avertissement aux protestants, a dit presque dans les mêmes termes: «L'État populaire, le pire de tous;» et Cyrano de Bergerac, dans sa Lettre contre les frondeurs: «Le gouvernement populaire est le pire fléau dont Dieu afflige un État quand il le veut châtier.» Voyez les Notes sur la vie de Corneille, que M. Édouard Fournier a placées en tête de sa comédie de Corneille à la Butte Saint-Roch (p. CXX).

[965] Var. Est une heureuse erreur dont elle est idolâtre,
Par qui le monde entier, rangé dessous ses lois. (1643-56)

[966] L'édition de 1655 porte: «la monarchique.»

[967] Var. S'il est vrai que du ciel la prudence infinie. (1643-56)

[968] Var. Il est certain aussi que cet ordre des cieux. (1643-56)

[969] Var. Ce que tous ses consuls n'ont pu faire deux fois,
Et qu'a fait avant eux le second de ses rois. (1643-56)

[970] Var. De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font. (1643-64)

[971] Souvenir de Virgile (Énéide, livre II, vers 291 et 292):

Si Pergama dextra
Defendi possent, etiam hac defensa fuissent.

«Si Pergame (dit Hector) eût pu être défendu par la droite d'un guerrier, elle l'aurait été par celle-ci.»

[972] Var. Et devoit cet honneur aux mânes d'un tel homme. (1643-56)

[973] Nec quemquam jam ferre potest, Cæsarve priorem,
Pompeiusve parem.

(Lucain, Pharsale, livre I, vers 125 et 126.)

«Et César ne peut plus souffrir de supérieur, ni Pompée d'égal.»

[974] On a rapproché de ces vers la phrase suivante de Tacite (Annales, livre I, chapitre IX): ....non aliud discordantis patriæ remedium fuisse, quam ut ab uno regeretur, «il n'y eut pas d'autre remède pour la patrie en discorde que d'être gouvernée par un seul;» et celle-ci de Florus (livre IV, chapitre III): Aliter salvus esse non potuit (populus romanus), nisi confugisset ad servitutem, «le peuple romain ne put être sauvé qu'en ayant recours à la servitude.»

[975] Var. Et si votre bonté la veut favoriser. (1643-56)

[976] Var. Que le malheur du temps ne nous eût pas fait voir. (1643 in-4o)

[977] C'est une flatterie semblable à celle que Lucain (Pharsale, livre I, vers 37 et 38) adresse à Néron:

Jam nihil, o Superi, querimur: scelera ipsa nefasque
Hac mercede placent.

«Nous ne nous plaignons plus de rien, ô Dieux: les forfaits mêmes et le crime nous plaisent à ce prix.»

[978]Var. Conservez-vous, Seigneur, lui conservant un maître. (1643-56)

[979] Var. Et daignez assurer le bien commun de tous,
Laissant un successeur qui soit digne de vous. (1643-56)

[980] Var. Je sais bien que vos cœurs n'ont point pour moi de fard. (1643-56)

[981] Var. Votre amour pour tous deux fait ce combat d'esprits. (1643-56)

[982] Var. Et je veux que chacun en reçoive le prix. (1643-60)

[983] Var. Vous n'êtes pas pour elle un homme à dédaigner. (1643-60)

[984] Var. Je présume plutôt qu'elle en sera ravie. (1643-56)

[985] Var. Adieu: j'en vais porter la nouvelle à Livie. (1643 in-4o)

[986] Var. Auguste aura soûlé ses damnables envies. (1643-56)

[987] Voyez tome I, p. 148, note 3.

[988] Var. Ont fait tomber l'État sous des lois tyranniques. (1643)

[989] Var. [Donc pour vous Émilie est un objet de haine,]
Et cette récompense est pour vous une peine?
CINNA. Oui, mais pour le braver jusque dans les enfers,
Quand nous aurons vengé Rome des maux soufferts,
Et que par son trépas je l'aurai méritée. (1643-56)

[990] Var. Sa ligue se romproit s'il en étoit démis. (1643)
Var. Sa ligue se romproit s'il s'en étoit démis. (1648-56)

[991] Var. Ils servent, abusés, la passion d'un homme. (1643-56)

[992] Var. Mon amour inconnue, avant que d'éclater. (1643-56)

[993] Var. Un exemple à faillir n'autorise jamais.
EUPH. Sa faute contre lui vous rend tout légitime. (1643-56)

[994] Var. Va; devant qu'il soit peu, je t'irai retrouver. (1643-56)

[995] Var. Pour t'aller dire après ce que je me propose. (1643-64)

[996] Var. D'un penser si profond quel est le triste objet? (1643-56)

[997] Var. Plût aux Dieux que César, avecque tous ses soins,
Ou s'en fit plus aimer, ou m'aimât un peu moins! (1643-56)

[998] Var. Je sens dedans le cœur mille remords cuisants. (1643-56)

[999] Var. Je crois que Brute même, à quel point qu'on le prise. (1643-56)

[1000] Var. Et qu'avant que frapper elle lui fit sentir. (1643-63)

[1001] Var. Qui même fait en lâche un acte généreux. (1643-64)

[1002] Var. Que tu sais mal nommer le glorieux empire. (1643-56)

[1003] Var. Mais plutôt qu'à bon droit tu le nommes foiblesse. (1643-56)

[1004] Var. Ou s'il l'ose combattre, il n'ose en triompher. (1643)
Var. Et que s'il le combat, il n'ose en triompher. (1648-64)

[1005] Var. Mais voici de retour cette belle inhumaine. (1643-56)

[1006] Var. Tes amis généreux n'ont point manqué de foi,
Et ne m'ont point réduite à m'employer pour toi. (1643-56)

[1007] Var. Et si nos cœurs étoient conformes en desirs. (1643-56)

[1008] Var. Mais je n'ose parler, et je ne me puis taire. (1643-56)

[1009] Var. Que peut un bel objet attendre d'un grand cœur! (1643-60)

[1010] Var. Jeter un roi du trône, et donner ses États. (1643-60)

[1011] «Voilà une imitation admirable de ces beaux vers d'Horace (livre II, ode 1, vers 23 et 24):

Et cuncta terrarum subacta,
Præter atrocem animum Catonis.

«Et tout l'univers subjugué, hormis l'âme indomptable de Caton.»

(Voltaire.)

[1012] Var. Aussi n'est-ce qu'à vous que je le veux devoir. (1643-56)

[1013] Var. J'obéis sans réserve à tous vos mouvements. (1643-56)

[1014] Var. Et quand il faut répandre un sang si malheureux. (1643-56)

[1015] Var. Et le sang et la vie à qui le fait servir. (1643-56)

[1016] Var. Implorer la faveur d'esclaves tels que nous. (1643-56)

[1017] Var. Aux deux bouts de la terre en est-il d'assez vain
Pour prétendre égaler un citoyen romain? (1643-56)

[1018] Var. Je saurai bien sans toi, dans ma noble colère,
Venger les fers de Rome et le sang de mon père. (1643-56)

[1019] Var. Je t'aime toutefois, tel que tu puisses être. (1643-60)

[1020] Var. Tu te plains d'un amour qui te veut rendre traître. (1643-56)

[1021] Voyez tome I, p. 328, note 1083.

[1022] Var. Je l'ai juré, j'y cours, et vous serez vengée;
Mais ma main, aussitôt dedans mon sein plongée. (1643-56)

[1023] Var. A ce crime forcé joindra le châtiment[1023-a]. (1643-56)

[1023-a] Racine s'est rappelé ce passage dans Andromaque (acte IV, scène III)

Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées,
Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées.

[1024] Var. Recouvrera sa gloire aussitôt que perdue. (1643-56)

[1025] GARDES manque dans l'édition de 1643.—TROUPE DE GARDES. (1648-60)

[1026] Var. On ne conçoit qu'à force une telle fureur. (1643-56)

[1027] Var. Encore pour Maxime, il m'en fait avertir[1027-a],
Et s'est laissé toucher à quelque repentir. (1643-56)

[1027-a] Unus ex conseiis deferebat, «c'était un des complices qui dénonçait la conjuration:» voyez ci-dessus, p. [373].

[1028] Var. Que sur les conjurés fait un juste remords. (1643-56)

[1029] Var. O le plus déloyal que l'enfer ait produit! (1643-56)

[1030] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.

[1031] Ce jeu de scène manque dans les deux éditions de 1643. Il se trouve deux vers plus haut dans les éditions de 1648-60.

[1032] Var. Il l'a jugé trop grand pour se le pardonner:
A peine du palais il a pu retourner. (1643-60)

[1033] Var. Que de tous les côtés lançant un œil farouche. (1643-56)

[1034] Var. Que je n'ignore pas ce que j'ai mérité. (1643-60)

[1035] Var. Et l'eau grosse et rapide, et la nuit survenue,
L'ont dérobé sur l'heure à ma débile vue.
AUG. Sous ses justes remords il a trop succombé. (1643-56)
Var. Dont l'eau grosse et rapide et la nuit assez noire. (1660-64)

[1036] Var. Sous le pressant remords il a trop succombé. (1660)

[1037] AUGUSTE, seul. (1648-60)

[1038] Sextus Pompée.

[1039] Dans la guerre entre Octave et les adhérents d'Antoine, après la bataille de Philippes.

[1040] Voyez p. [384], note 903.

[1041] Var. Et puis ose accuser ton destin d'injustice,
Si les tiens maintenant s'arment pour ton supplice,
Et si par ton exemple à ta perte guidés. (1643-56)

[1042] Var. Ils violent les droits que tu n'as pas gardés! (1643-64)

[1043] Ce vers rappelle, mais par les mots et par le son plutôt que par la pensée, la fin de la première strophe des Larmes de saint Pierre de Malherbe:

Fait de tous les assauts que la rage peut faire
Une fidèle preuve à l'infidélité.

(Voyez le Malherbe de M. Lalanne, tome I, p. 4.)

[1044] Voyez ci-dessus, p. [373]: Quid ergo! ego percussorem meum securum ambulare patiar, me sollicito?

[1045] Quis finis erit suppliciorum? quis sanguinis? (P. 374.)

[1046] Var. Rome a pour ma ruine un hydre trop fertile. (1652-56)

[1047] Ego sum nobilibus adolescentulis expositum caput, in quod mucrones acuant. (P. 374.)

[1048] Non est tanti vita, si, ut ego non peream, tam multa perdenda sunt. (Ibidem.)

[1049] Var. Éteins-en le flambeau dans le sang d'un ingrat. (1643-60)

[1050] Toutes les éditions publiées du vivant de Corneille portent nous-mêmes, avec une s, à l'exception de celle de 1643 in-4o, qui donne nous-même.

[1051] Voyez la Notice, p. [365].

[1052] Admittis muliebre consilium? (P. 374.)

[1053] Var. Seigneur, jusques ici votre sévérité
A fait beaucoup de bruit, et n'a rien profité. (1643-56)

[1054] Var. N'a point mis de frayeur dedans l'esprit d'Égnace[1054-a],
Dont Cinna maintenant ose imiter l'audace. (1643-56)

[1054-a] Tous ces noms sont aussi empruntés à Sénèque: voyez p. [374].

[1055] Voyez tome I, p. 169, note 560.

[1056] Nunc tenta quomodo tibi cedat clementia. (P. 374.)

[1057] Jam nocere tibi non potest, prodesse famæ tuæ potest. (Ibidem.)

[1058] Var. Aussi dedans la place où je m'en vais descendre. (1643-56)

[1059] Var. Je sais les soins qu'un roi doit avoir de sa vie,
A quoi le bien public, en ce cas, le convie. (1643-56)

[1060] L'édition de 1682 porte, par erreur, conjecture, pour conjoncture.

[1061] Les éditions de 1643 in-4o, de 1648-54, de 1656 et de 1660 portent il fait, pour il faut. Quel que soit le nombre des éditions qui reproduisent cette leçon, ce ne peut être qu'une faute typographique.

[1062] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.

[1063] Var. Il m'échappe: suivons, et le forçons de voir. (1643-56)

[1064] Var. Faire un second effort contre ce grand courroux;
J'en rendois grâce aux Dieux, quand soudain Polyclète. (1643-56)

[1065] Var. Mais ce qui plus m'étonne, et que je viens d'apprendre. (1643-56)

[1066] Var. Une vaine frayeur m'a pu tantôt troubler. (1643-56)

[1067] Var. Que d'abord son éclat vous fera reconnoître. (1643-56)

[1068] Var. Est de voir que César sait tout votre secret. (1643-56)

[1069] Var. Nous avons un vaisseau tout prêt dessus la rive. (1643-56)

[1070] Les éditions de 1668 et de 1682 portent, par erreur, de fortune, pour la fortune.

[1071] Var. Quoi! si ton amitié pour Cinna t'intéresse. (1643-63)

[1072] Les éditions de 1652-56 portent ta maîtresse, pour sa maîtresse, ce qui est certainement une erreur.

[1073] L'édition de 1643 in-4o porte sans loi, pour sans toi.

[1074] Var. Si c'est te faire tort que de me défier. (1643-56)

[1075] Var. Et porte avec son nom à la postérité. (1643-56)

[1076] Var. Il te reste autre fruit que la honte et la rage. (1643 et 48)

[1077] Var. Mais que peut-on attendre aussi de tes pareils? (1643-56)

[1078] Var. Et pour changer d'état, il ne change point d'âme. (1643-56)

[1079] Var. N'a su prendre un rayon de générosité. (1660)

[1080] Voyez ci-dessus, p. [374]: Quum alteram poni Cinnæ cathedram jussisset: «Hoc, inquit, primum a te peto, ne me loquentem interpelles, ne medio sermone meo proclames; dabitur tibi loquendi liberum tempus.»

[1081] Var. Ce fut dedans leur camp que tu pris la naissance;
Et quand après leur mort tu vins en ma puissance,
Leur haine héréditaire, ayant passé dans toi,
T'avoit mis à la main les armes contre moi. (1643-56)

[1082] Ego te, Cinna, quum in hostium castris invenissem, non factum tantum mihi inimicum, sed natum, servavi. (P. 374)

[1083] Var. Et le sang t'ayant fait d'un contraire parti,
Ton inclination ne l'a point démenti:
Comme elle l'a suivi, les effets l'ont suivie. (1643-56)

[1084] Patrimonium tibi omne concessi. (P. 374.)

[1085] Sacerdotium tibi petenti, præteritis compluribus quorum parentes mecum militaverant, dedi. (Ibidem.)

[1086] Var. M'ont conservé le jour qu'à présent je respire,
Et m'ont de tout leur sang acheté cet empire. (1643-56)

[1087] Hodie tam felix es et tam dives, ut victo victores invideant. (P. 374.)

[1088] Var. Après tant de travaux montrer un peu de haine. (1643 in-4o)
Var. Après tant de faveurs montrer un peu de haine. (1643 in-12 et 48-56)

[1089] Quum sic de te meruerim, occidere me constituisti. (P. 374.)

[1090] Quum ad hanc vocem exclamasset Cinna, procul hanc ab se abesse dementiam: «Non præstas, inquit, fidem, Cinna; convenerat ne interloquereris. Occidere, inquam, me paras.» (P. 374 et 375.)

[1091] Var. Assurée au besoin du secours des premiers.
Te dirai-je les noms de tous ces meurtriers? (1643-56)

[1092] Monvel comptait ici les conjurés sur ses doigts; après le nom de Maxime, il laissait retomber sa main en disant la fin du vers, puis il semblait s'apprêter à reprendre son compte, qu'il abandonnait définitivement en disant:

Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.

Talma admirait fort ce jeu de scène très-familier, mais d'un effet saisissant, et il fut longtemps avant d'oser le pratiquer.

[1093] Et quum defixum videret, nec ex conventione jam, sed ex conscientia tacentem: «Quo, inquit, hoc animo facis?» (P. 375.)

[1094] Ut ipse sis princeps? Male, mehercule, cum republica agitur, si tibi ad imperandum nihil præter me obstat. (Ibidem.)

[1095] Var. Mais en un triste état on la verroit réduite. (1643-56)

[1096] «Ces vers et les suivants occasionnèrent un jour une saillie singulière. Le dernier maréchal de la Feuillade, étant sur le théâtre, dit tout haut à Auguste: «Ah! tu me gâtes le soyons amis, Cinna.» Le vieux comédien qui jouait Auguste se déconcerta et crut avoir mal joué. Le maréchal, après la pièce, lui dit: «Ce n'est pas vous qui m'avez déplu, c'est Auguste, qui dit à Cinna qu'il n'a aucun mérite, qu'il n'est propre à rien, qu'il fait pitié, et qui ensuite lui dit: «Soyons amis.» Si le Roi m'en disait autant, je le remercierais de son amitié.» (Voltaire.)

[1097] Cedo, si spes tuas solus impedio, Paulusne te et Fabius Maximus et Cossi et Servilii ferent, tantumque agmen nobilium, non inania nomina præferentium, sed eorum qui imaginibus suis decori sunt? (P. 375.)

[1098] Var. Cette stupidité s'est enfin dissipée. (1643-56)

[1099] Var. Oui, Seigneur, du dessein je suis la seule cause:
C'est pour moi qu'il conspire, et c'est pour moi qu'il ose. (1643-56)

[1100] Var. Ces flammes dans nos cœurs dès longtemps étoient nées. (1643-56)

[1101] Var. Mon père l'eut pareil de ceux qu'il vous a faits. (1643-64)

[1102] Voyez acte III, scène IV, (page [535]) vers 1035 et 1036.

[1103] Var. Ayant avec un père un amant à venger. (1643-56)

[1104] Var. A mes chastes desirs la trouvant inflexible. (1643-60)

[1105] Var. Mais enfin le ciel m'aime, et parmi tant de maux Il m'a rendu Maxime, et l'a sauvé des eaux. (1643-56)

[1106] Voltaire, dans l'édition de 1786, a remplacé enlevé par arraché. Il fait commencer la scène au vers 1665.

[1107] Var. A vos bontés, Seigneur, j'en demanderai deux,
Le supplice d'Euphorbe, et ma mort à leurs yeux. (1643-56)

[1108] Il y a destin dans toutes les éditions de Corneille, et même encore dans celle de 1692. Le mot paraît être pris dans un sens conforme à celui de se proposer, résoudre, qu'avait autrefois le verbe destiner (voyez le Lexique). Voltaire a substitué dessein à destin.

[1109] Voyez ci-dessus, p. [375]: Vitam tibi, inquit, Cinna, iterum do, prius hosti, nunc insidiatori ac parricidæ. Ex hodierno die inter nos amicitia incipiat. Contendamus utrum ego meliore fide vitam tibi dederim, an tu debeas.

[1110] Post hæc detulit ultro consulatum. (P. 375.)—Cinna fut consul l'an 5 avant Jésus-Christ.

[1111] Var. Apprends, à mon exemple, à vaincre ta colère. (1643-56)

[1112] Var. Et pour preuve, Seigneur, je ne veux que moi-même. (1643-56)

[1113] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.

[1114] Nullis amplius insidiis ab ullo petitus est. (P. 375.)

[1115] L'édition de 1682 porte, par erreur, tout, pour trop.

[1116] Voyez ci-dessus, p. [38]. Le passage que nous reproduisons ici est extrait de la page 87 de cet ouvrage.

[1117] Voyez ci-dessus, p. [254] et [255].

[1118] Œuvres, Paris, B. Brunet, 1742, tome III, p. 103.

[1119] Note de Voltaire sur la scène VI de l'acte II de Polyeucte.

[1120] M. Guizot, Corneille et son temps, p. 200.

[1121] Voyez la fin de la note 1 de la page suivante.—Lemazurier, Galerie des acteurs du théâtre français, tome I, p. 317.—Aimé Martin, Œuvres de Corneille, tome I, p. XLI, note 1.—M. Édouard Fournier, Notes sur la vie de Corneille, p. XL.

[1122] On trouve dans l'édition de M. Lefèvre la distribution de rôles suivante, qui, si elle était authentique, établirait que la pièce a été jouée au Marais: Polyeucte, d'Orgemont; Sévère, Floridor; Néarque, Desurlis; Pauline, Mlle Duclos; mais nous avons déjà eu bien souvent l'occasion de voir que les renseignements de ce genre ne reposent dans cette édition sur aucun document certain. Nous ne citerons que pour mémoire une autre source tout aussi peu sûre: un Journal du Théâtre françois manuscrit qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque impériale et qui appartenait autrefois à M. Beffara. Une note de cet amateur, placée en tête du premier volume, attribue avec beaucoup de vraisemblance l'ouvrage à de Mouhy, auteur des Tablettes dramatiques. On y lit (tome II, folio 804 recto): «Les acteurs qui jouèrent d'original dans Polyeucte furent Baron, Champmeslé, la Thuillerie, Hauteroche, Beauval, Guérin, Hubert, le Comte, et les demoiselles le Comte et Guyot.»

[1123] Pratique du théâtre, livre IV, nouveau chapitre VI manuscrit, intitulé: des Discours de piété, dirigé principalement contre Polyeucte et Théodore, et ajouté à l'exemplaire que nous avons déjà cité ci-dessus, p. 276, note 2.

[1124] Note sur la scène III de l'acte IV.

[1125] Note sur la scène VI de l'acte V.

[1126] Voyez, dans les Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 110 et suivantes), une Étude de Pauline dans Polyeucte, et dans les Mémoires pour Marie-Françoise Dumesnil en réponse aux Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 168 et suivantes), une critique très-vive, mais fort juste, de cette Étude.

[1127] Lettre à Mylord*** sur Baron et Mlle Lecouvreur, p. 23-25.

[1128] Histoire du Théâtre françois, par C. G. Étienne et B. Martainville, tome III, p. 56 et note.

[1129] Page 215.

[1130] Le 1er mai 1794.—Lemazurier, tome I, p. 555.

[1131] Anne d'Autriche, fille aînée de Philippe III, roi d'Espagne, mariée à Louis XIII le 25 décembre 1615, devint régente du royaume quatre jours après la mort du Roi, le 18 mai 1643, c'est-à-dire entre l'époque où Corneille obtint le privilége de Polyeucte et celle où cette pièce fut imprimée (voyez plus haut, p. [468]). On trouve ici l'expression fort naturelle de la reconnaissance de Corneille envers la Reine, qui s'était montrée très-favorable au Cid et à son auteur (voyez ci-dessus, p. [15] et [16]). C'était d'abord à Louis XIII que cette dédicace devait être adressée. On lit dans l'Historiette que lui a consacrée Tallemant des Réaux (tome II, p. 248): «Depuis la mort du Cardinal, M. de Schomberg lui dit que Corneille vouloit lui dédier la tragédie de Polyeucte. Cela lui fit peur, parce que Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna. «Il n'est pas nécessaire, dit-il.—Ah! Sire, reprit M. de Schomberg, ce n'est point par intérêt.—Bien donc, dit-il, il me fera plaisir.» Ce fut à la Reine qu'on la dédia, car le Roi mourut entre deux.»—Cette épître et l'Abrégé du martyre, qui la suit, se trouvent dans les éditions antérieures à 1660 et dans une édition in-12 de 1664 que possède la Bibliothèque impériale.

[1132] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): et quelque respect.

[1133] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): mais une pièce de théâtre qui....

[1134] Les éditions de 1648-1655 portent: «hommage,» au singulier.

[1135] Le 18 août 1643.

[1136] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): sur le bord.

[1137] Siméon Métaphraste, ainsi nommé parce qu'il a paraphrasé les vies des saints, est né dans le dixième siècle, à Constantinople. Ce fut, dit-on, Constantin Porphyrogénète qui l'engagea à rassembler les vies des saints. Louis Lippomani, né à Venise vers 1500, publia, de 1551 à 1558, 6 volumes in-4o de vies des saints. Les deux derniers contiennent la traduction latine de celles qui avaient été recueillies par Métaphraste; enfin Laurent Surius, né en 1522 à Lubeck, publia en 1570 un recueil en 6 volumes in-folio intitulé: Vitæ sanctorum ab Aloysio Lipomanno olim conscriptæ, qui fut ensuite augmenté par Mosander.—Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que le titre: Abrégé du martyre de saint Polyeucte, ne s'applique qu'aux deux paragraphes de cet Avertissement qui commencent l'un par: «Polyeucte et Néarque,» et l'autre par: «Son beau-père Félix.»

[1138] Melitinæ, in Armenia, sancti Polyeucti martyris, qui, in persecutione ejusdem Decii, multa passus, martyrii coronam adeptus est.

[1139] Nicomediæ vero in Bithynia Quadratus est passus, Melitinæ in Armenia Polyeuctus. (Annales ecclesiastici.... Romæ, 1594, in-fol., tome II, p. 459, ann. 254.)

[1140] L'édition de 1656 et celle de 1664 in-12 portent, par erreur, Superius, pour Surius.

[1141] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): Néarque étoit chrétien, et Polyeucte suivoit encore la secte des gentils, mais avec toutes les qualités....

[1142] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): lui dit Polyeucte.

[1143] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): de votre Messie.

[1144] Voltaire, dans l'édition de 1764, a ainsi modifié ce passage: «Néarque l'ayant éclairci sur l'illusion du scrupule où il était.»

[1145] «Il (Décius) commença son voyage, qui lui fut si heureux, qu'il remporta une glorieuse victoire sur les Perses et apaisa les tumultes qui s'étoient élevés en Orient.» (Paris, N. et J. de la Coste, 1637, in-fol., livre XVII, p. 716.)

[1146] L'édition de 1664 in-12, conforme en ceci aux éditions antérieures à 1660, et non au recueil de même date, qu'elle contient, comme nous l'avons dit, les deux pièces préliminaires qui précèdent, et ne contient pas l'Examen.

[1147] Voyez tome I, p. 59.

[1148] Les éditions de 1660 et de 1663 portent: «Mirturnus.»

[1149] «Mors.... illa salutaris, quam Christus, ut vitam mortalibus restitueret, non invitus ac libenter sane oppetivit, non esset profecto tragice deploranda, si minus in theatrum afferri deberent quæ viro probo accidissent, ac ferenda indigne potius quam miseranda esse viderentur. Quum enim ille sit Deus, est etiam is homo, quem quid probum, quid justum, quid summa virtute præditum dicam?...» etc. (Antonii Sebastiani Minturni de Poeta.... libri sex. Venetiis, 1559, in-4o, livre III, p. 182 et 183.)

[1150] Voyez tome I, p. 34, note 269.

[1151] Ibidem, p. 102, note 395.

[1152] Ibidem, p. 102, note 394.

[1153] Ibidem, p. 102, note 393.

[1154] Il y a Bersabée, et non, comme dans la Bible, Bethsabée, dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, et encore dans celle de 1692.

[1155] Polyeucte ne fut imprimé qu'après la représentation de Pompée. Voyez la Notice de cette dernière tragédie.

[1156] Voyez acte I, scène III (page [493]).

[1157] Var. (édit. de 1660 et de 1663): qui se représente.

[1158] Var. (édit. de 1660-1664): en les apprenant à un des acteurs; mais il faut....

[1159] Voyez le Cid, acte I, scène II (p. [109]).

[1160] Acte II, scène I, vers 391 et 392. Le passage est ici un peu modifié. Il y a dans la pièce:

Et depuis, jusqu'ici chaque jour ses courriers
M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers.

[1161] Var. (édit. de 1660 et de 1663): dont elle se servoit.

[1162] Var. (édit. de 1660 et de 1663): qui l'eût laissée ignorer.

[1163] Var. (édit. de 1660-1664): plus tôt qu'elle ne la fait.

[1164] Voyez acte V, scène V (p. [567]).

[1165] Var. (édit. de 1660-1664): indigne de le faire.

[1166] Var. (édit. de 1643-1663 et de 1664 in-12): seigneur d'Arménie.

[1167] Var. (édit. de 1643-1664): favori de l'Empereur.

[1168] Le mot chrétienne ne se trouve pas dans les deux éditions in-4o (1643 et 1648).

[1169] Var. Ni le juste pouvoir qu'elle prend sur une âme. (1643-56)

[1170] Var. Pour ne rien déférer aux soupirs d'une amante?
Remettons ce dessein qui l'accable d'ennui;
Nous le pourrons demain aussi bien qu'aujourd'hui.
NÉARQUE. Oui, mais où prenez-vous l'infaillible assurance. (1643-56)

[1171] Var. Ce Dieu, qui tient votre âme et vos jours dans sa main. (1643-56)

[1172] Var. Vous a-t-il assuré du pouvoir de demain? (1643)
Var. Vous a-t-il assuré de le pouvoir demain? (1648-56)
Var. Le bras qui la versoit s'arrête et se courrouce;
Notre cœur s'endurcit, et sa pointe s'émousse,
Et cette sainte ardeur qui nous emporte au bien
Tombe sur un rocher, et n'opère plus rien. (1643-56)

[1173] Malherbe a dit:

A des cœurs bien touchés tarder la jouissance,
C'est infailliblement leur croître le desir.

(Édition de M. Lalanne, tome I, p. 237.)

[1174] Var. Et d'un rayon divin nous dessillant les yeux. (1643-56)

[1175] Var. Quoique je le préfère aux grandeurs d'un empire. (1643-56)

[1176] Var. Ce songe si rempli de noires visions[1176-a]. (1643-56)

[1176-a] On lit: «des noires visions,» dans l'édition de 1656.

[1177] Var. Dieu ne veut point d'un cœur que le monde domine. (1643-56)

[1178] Var. Mais ce grand roi des rois, ce seigneur des seigneurs. (1643-56)

[1179] Var. Il ne faut rien aimer qu'après lui, qu'en lui-même. (1654 et 56)

[1180] Molière ne se rappelait-il point ce passage lorsqu'il faisait dire à Orgon:

De toutes amitiés il détache mon âme;
Et je verrois mourir frère, enfants, mère et femme,
Que je m'en soucierois autant que de cela.

(Tartuffe, acte I, scène VI.)

[1181] Var. Mais que vous êtes loin de cette amour parfaite. (1643-68)

[1182] Var. Je ne vous puis parler que les larmes aux yeux. (1643-56)

[1183] Var. Est grandeur de courage aussitôt que foiblesse. (1643 et 48 in-4o)
Var. Digne des plus grands cœurs, n'est rien moins que foiblesse. (1648 in-12 et 52-56)

[1184] Var. Voilà, ma Stratonice, en ce siècle où nous sommes,
Notre empire absolu sur les esprits des hommes. (1643-56)

[1185] Var. Et jusqu'à la conquête ils nous traitent en reines. (1643-60)

[1186] Var. Le mien est bien étrange, et quoique Arménienne. (1643-56)
Var. Quelque peu de crédit qu'entre vous il obtienne. (1660-64)

[1187] Var. Dont encore pour lui tu me vois l'âme atteinte.
STRAT. Je crois que vous l'aimez autant qu'on peut aimer.
Mais quel songe, après tout, a pu vous alarmer? (1643-56)

[1188] «Plusieurs personnes ont entendu dire au marquis de Saint-Aulaire, mort à l'âge de cent ans, que l'hôtel de Rambouillet avait condamné ce songe de Pauline. On disait que, dans une pièce chrétienne, ce songe est envoyé par Dieu même, et que, dans ce cas, Dieu, qui a en vue la conversion de Pauline, doit faire servir ce songe à cette même conversion; mais qu'au contraire il semble uniquement fait pour inspirer à Pauline de la haine contre les chrétiens; qu'elle voit des chrétiens qui assassinent son mari, et qu'elle devait voir tout le contraire.» (Voltaire.)—Sur l'appréciation de l'hôtel de Rambouillet, voyez ci-dessus, la Notice, p. [465] et [466].—M. Parelle a fait remarquer que Néarque a d'avance, dans la scène I, vers 53, 59 et 60, répondu à cette critique:

Ainsi du genre humain l'ennemi vous abuse,
.........................................
Et ce songe rempli de noires visions
N'est que le coup d'essai de ses illusions.

[1189] Les éditions de 1648 in-4o et de 1652-56 portent donné, au masculin, ce qui, sans parler du défaut d'accord, fait un hiatus.

[1190] Voyez plus loin, p. [524] note 1244.

[1191] Var.Que depuis peu ton songe. (1648 in-12 et 52-56)

[1192] Var. En d'étranges frayeurs depuis un peu me plonge! (1643 et 48 in-4o)

[1193] Var. De grâce, apprenez-moi ce qui vous peut toucher. (1643 et 48 in-4o)

[1194] Var. Témoin de ses hauts faits, encor qu'à son dommage,
Il en voulut tout mort connoître le visage. (1643-56)

[1195] Var. Chacun plaignit son sort, bien qu'il en fût jaloux. (1643-56)

[1196] Var. Ce généreux monarque en eut l'âme ravie,
Et vaincu qu'il étoit, oublia son malheur,
Pour dans son auteur même honorer la valeur. (1643-56)

[1197] Var. Et comme au bout du mois sa santé fut parfaite. (1664 in-8o)

[1198] Var. L'Empereur lui témoigne une amour infinie,
Et ravi du succès, l'envoie en Arménie. (1643-56)

[1199] Var. Et par un sacrifice en rendre grâce aux Dieux. (1643-56)

[1200] Var. Je ne me réponds pas de toute ma vertu. (1643-60)

[1201] Au lieu de «Que fait,» les éditions de 1648-54 portent «Qui fait;» celle de 1655, «Qui font.»

[1202] Var. Du reste mon esprit ne s'en met guère en peine. (1643-56)

[1203] Var. Cet adorable objet consent que je le voie! (1643-56)

[1204] Var. En lui parlant d'amour, l'as-tu vu s'émouvoir? (1643)
Var. En lui parlant de moi, l'as-tu vu s'émouvoir? (1648-60)

[1205] On lit chargé, pour changé, dans l'édition de 1660.

[1206] Var. Me croyez-vous, Seigneur? ne la revoyez point. (1655)

[1207] Voyez ci-dessus, p. [162], note 432, où l'on a imprimé, par inadvertance dans Rome, pour à Rome.

[1208] Var. J'ai de la peine encore à croire tes discours. (1643-60)

[1209] Var. De son dernier soupir lui puisse faire hommage. (1643-56 et 68)

[1210] Var. Dans un tel désespoir il suit sa passion. (1643 et 48 in-4o)

[1211] Var. Sans que l'objet présent l'irrite et la redouble. (1643-60)

[1212] Var. Oui, je l'aime, Sévère, et n'en fais point d'excuse. (1643-64)

[1213] Var. Je découvris en vous d'assez illustres marques. (1648 in-4o)

[1214] Var. Vous acquitte aisément de tous vos déplaisirs! (1643-56)

[1215] Var. De la plus forte amour vous portez vos esprits. (1643-56)

[1216] Var. La faveur au mépris, et l'amour à la haine. (1643-56)

[1217] Var. Je me tiendrois heureux entre les bras d'un autre. (1643-60)—Voyez tome I, p. 228, note 759-a.

[1218] Var. Je vous aimai, Sévère; et si dedans mon âme
Je pouvois étouffer les restes de ma flamme. (1643-56)

[1219] Var. Ma raison, il est vrai, dompte mes mouvements. (1643-56)

[1220] Var. De plus bas sentiments n'auroient pas méritée
Cette parfaite amour que vous m'avez portée. (1643 et 48 in-4o)
Var. De plus bas sentiments d'une ardeur moins discrète
N'auroient pas mérité cette amour si parfaite. (1648 in-12-56)

[1221] Var. Ah! Pauline, excusez une aveugle douleur. (1643-60)

[1222] Var. Je nommais inconstance, et prenois pour des crimes
D'un vertueux devoir les efforts légitimes. (1643-56)

[1223] Var. D'un cœur comme le mien qu'est-ce qu'elle n'obtienne?
Vous réveillez les soins que je dois à la mienne. (1643-56)
Var. Il n'est rien que sur moi cette gloire n'obtienne. (1660-64)

[1224] Var. Je la veux éviter, mêmes au sacrifice. (1643-56)

[29[1225] Les éditions de 1668 et de 1682 portent: «Je vous ai plaint,» avec le participe invariable.

[1226] Var. Et quoique je m'effraye avec peu de justice. (1643-56)

[1227] Var. Vous-même êtes témoin des vœux qu'il fait pour lui. (1643-56)

[1228] Var. A quoi que sa vertu le puisse disposer. (1643-64)

[1229] Var. Et vous ressouvenez que sa faveur est grande. (1643-56)

[1230] Voyez la Notice, p. [466].

[1231] Var. Et mourir dans leur temple, ou bien les en chasser. (1643-56)

[1232] Var. Je le viens de promettre, et je vais l'accomplir. (1643-60)

[1233] Var. Par une sainte vie il la faut mériter. (1643-56)

[1234] Var. Voyez que votre vie à Dieu mêmes importe. (1643-56)

[1235] Les deux vers suivants sont la reproduction textuelle des vers 75 et 76.

[1236] L'édition de 1682 porte, par erreur: «aux pieds,» pour «aux yeux.»

[1237] Var. Allons mourir pour lui, comme il est mort pour nous[1237-a]. (1643 et 48 in-4o)

[1237-a] «Néarque ne fait ici que répéter en deux vers languissants ce qu'a dit Polyeucte; aussi j'ai vu souvent supprimer ces vers à la représentation.»

(Voltaire.)

[1238] Var. Mille pensers divers, que mes troubles produisent,
Dans mon cœur incertain à l'envi se détruisent:
Nul espoir ne me flatte où j'ose persister;
Nulle peur ne m'effraye où j'ose m'arrêter. (1643-56)

[1239] Var. Veut tantôt mon bonheur, et tantôt ma ruine. (1643 et 48 in-4o)

[1240] Var. L'un et l'autre le frappe avec si peu d'effet. (1643-56)

[1241] Var. L'autre un désespéré qui le lui veut ôter. (1643-56)

[1242] On lit: «Ont de nouveau reçue,» dans les éditions de 1663 et de 1664.

[1243] On lit: «sur son visage,» dans les éditions de 1648-54 et de 1656.

[1244] Dans sa Pratique du théâtre (nouveau chapitre manuscrit du livre VI), l'abbé d'Aubignac fait la remarque suivante: «Dans le Polyeucte de Corneille.... Stratonice, qui n'est qu'une simple suivante, et quelques autres acteurs font plusieurs discours en faveur de la religion des païens et disent une infinité d'injures contre le christianisme, qu'ils ne traitent que de crimes et d'extravagances, et l'auteur n'introduit aucun acteur capable d'y répondre et d'en détruire la fausseté; cela fit un si mauvais effet que feu M. le cardinal de Richelieu ne le put jamais approuver.»

[1245] Var. Qui trahit bien les Dieux auroit pu vous trahir. (1643-56)

[1246] Var. Et si de cette amour tu peux être ébahie. (1643-56)

[1247] Voyez tome I, p. 208, note 692.

[1248] Var. Que l'on s'est aperçu de leur peu de respect. (1643-56)

[1249] Les éditions de 1643-63 donnent: «s'emportants,» avec une s.

[1250] Var. Oyez, Félix, suit-il, oyez, peuple, oyez, tous. (1643-56)

[1251] Var. Seul maître du destin, seul être indépendant,
Substance qui jamais ne reçoit d'accident. (1643-56)

[1252] Var. Il le veut élever, il le peut mettre bas. (1643-63)

[1253] Var. N'en ayez plus l'esprit si fort inquiété:
Il se repentira de son impiété.
PAUL. Quoi? vous espérez donc qu'il change de courage? (1643-56)

[1254] Var. Je lui fais trop de grâce encor de consentir. (1643-56)

[1255] Var. La même peine est due à des crimes semblables. (1643-56)

[1256] L'édition de 1648 in-4o donne, par erreur, son sang, pour son rang.

[1257] Var. Où le crime d'État se mêle au sacrilége. (1643-56)

[1258] Var. Voyez qu'avecque lui vous perdez votre fille. (1643-56)

[1259] Toutes les éditions portent succée.

[1260] Var. Que sans examiner son âme ait embrassée. (1643-64)

[1261] Var. Ils cherchent de la gloire à mépriser les Dieux. (1643-64 in-8o)
Var. Ils cherchent de la gloire à mépriser des Dieux. (1664 in-12)

[1262] Var. Et j'ai, pour l'accepter, éteint les plus beaux feux
Qui d'une âme bien née aient mérité les vœux. (1643-56)

[1263] Var. Vous m'importunez trop. PAUL. Dieux! que viens-je d'entendre?
FÉL. [Je n'aime la pitié qu'au prix que j'en veux prendre:]
Par tant de vains efforts malgré moi m'en toucher,
C'est perdre avec le temps des pleurs à me fâcher.
Vous m'en avez donné, mais je veux bien qu'on sache. (1643-56)

[1264] Var. Tantôt jusques ici je le ferai venir. (1643-56)

[1265] Var. Mais vous n'êtes pas prêt encor de le réduire. (1643-56)

[1266] Var. Aussi tantôt pour lui je m'expose au trépas. (1655)

[1267] Var. Et des mépris reçus son esprit indigné. (1643-56)

[1268] Var. J'emploierai puis après le pouvoir de Pauline. (1643-56)

[1269] Var. Et même sa prison n'est pas fort assurée. (1643-56)

[1270] Var. [Gardes, oseriez-vous me rendre un bon office?]
CLÉON. Nous n'osons plus, Seigneur, vous rendre aucun service.
POL. Je ne vous parle pas de me faire évader. (1643-56)

[1271] Var. Je crois que sans péril cela se peut bien faire. (1643-56)

[1272] Var. Puisque c'est pour Sévère, à tout je me dispense.
POL. Lui-même, à mon défaut, fera ta récompense.
Le plus tôt vaut le mieux; va donc, et promptement.
CLÉON. J'y cours, et vous m'aurez ici dans un moment. (1643-56)

[1273] Var. POLYEUCTE, seul, ses gardes s'étant retirés aux coins du théâtre. (1643-56)

[1274] Cette figure rappelle ces vers de Lucrèce (livre IV, vers 1129 et 1130):

.... Medio de fonte leporum
Surgit amari aliquid, quod in ipsis floribus angat.

[1275] «J'ai ouï dire souvent à M. Corneille qu'il avoit fait, dans son Polyeucte, au sujet de la Fortune, ces deux vers si célèbres:

Et comme elle a l'éclat du verre,
Elle en a la fragilité,

sans savoir qu'ils fussent de M. Godeau, évêque de Vence; car ils sont originairement de M. Godeau, qui les avoit faits, dans son Ode au cardinal de Richelieu, quinze ans avant que M. Corneille les eût faits dans son Polyeucte. Il est assez ordinaire de se rencontrer ainsi dans la pensée et dans l'expression des autres.» (Observation de Ménage, p. 116 des Poésies de Malherbe avec les Observations de Ménage, segonde édition, 1689, in-12.) Ménage, comme le fait remarquer M. Taschereau, cite ici de mémoire. La pièce de Godeau, fort louangeuse, il est vrai, pour le cardinal de Richelieu, est toutefois intitulée: Au Roy. Ode. Elle est in-4o. On lit à la fin de la trente-troisième strophe:

Mais leur gloire tombe par terre,
Et comme elle a l'éclat du verre,
Elle en a la fragilité.

Publius Syrus avait dit:

Fortuna vitrea est; tum quum splendet, frangitur.

[1276] Var. Dessus ces illustres coupables[1276-a]. (1643-56)

[1276-a] On a rapproché de cet endroit les vers bien connus d'Horace (livre III, ode 1, vers 17 et 18):

Destrictus ensis cui super impia
Cervice pendet....

[1277] Var. Tigre affamé de sang, Décie impitoyable. (1643-48 in-4o)

[1278] L'empereur Décius périt, comme l'on sait, dans sa guerre contre les Goths.

[1279] Var. Qu'un rival plus puissant lui donne dans les yeux. (1643-56)

[1280] Var. Vains appas, vous ne m'êtes rien. (1643-56)

[1281] L'édition de 1682 porte, par erreur, qui le puisse, pour qui les puisse.

[1282] Var. Et l'effort généreux de cette amour parfaite
Vient-il à mon secours, ou bien à ma défaite? (1643-56)

[1283] Var. Vous seul vous haïssez, lorsque chacun vous aime;
Vous seul exécutez tout ce que j'ai rêvé. (1643-56)

[1284] Var. Tu me quittes, ingrat, et mêmes avec joie. (1643-56)

[1285] Var. Encore s'il marquoit un heureux repentir. (1643-56)

[1286] Var. Et si l'on peut au ciel emporter des douleurs,
J'en emporte de voir l'excès de vos malheurs. (1643-56)

[1287] Voyez la Notice de Polyeucte, p. [468].

[1288] Var. Au nom de cet amour, venez suivre mes pas. (1643-56)

[1289] Var. Sévère? est-ce le fait d'un homme généreux,
De venir jusqu'ici braver un malheureux? (1643-56)

[1290] Var. Je vous ai fait, Sévère, une incivilité[1290-a]. (1643-56)

[1290-a] Les éditions de 1654 et de 1656 donnent, par erreur, infidélité, pour incivilité.

[1291] Var. Souffrez, avant mourir, que je vous le résigne. (1643-56)

[1292] Var. Qu'il n'est point aux enfers d'horreur que je n'endure. (1664)

[1293] Var. Je m'en vais sans réponse après cette prière,
Et si vous n'êtes tel que je l'ose espérer. (1643-56)
Var. Adieu: résolvez seul ce que vous devez faire. (1660-64)

[1294] Var. Et qu'une femme enfin dans l'infélicité. (1643-64)

[1295] Var. [Nous en avons beaucoup pour être de vrais Dieux[1295-a].]
Peut-être qu'après tout ces croyances publiques
Ne sont qu'inventions de sages politiques,
Pour contenir un peuple ou bien pour l'émouvoir,
Et dessus sa foiblesse affermir leur pouvoir.[1295-b]
[Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes,
Les vices détestés, les vertus florissantes;]
Jamais un adultère, un traître, un assassin;
Jamais d'ivrognerie, et jamais de larcin:
Ce n'est qu'amour entre eux, que charité sincère;
Chacun y chérit l'autre, et le secourt en frère;
[Ils font des vœux pour nous qui les persécutons.] (1643-56)

[1295-a] Lemazurier rapporte (tome I, p. 92) que quand Baron arrivait à ce vers, «il s'approchait de Fabian, comme lorsqu'on craint d'être entendu; et pour obliger ce confident à ne pas perdre un mot de ce qu'il allait lui dire, il lui mettait la main sur l'épaule.»

[1295-b] «Quoique ces vers n'expriment que le doute vague d'un païen, à qui les extravagances de sa religion rendoient suspectes toutes les autres religions, et qui n'avoit aucune connoissance des preuves évidentes de la nôtre, M. Corneille s'est reproché plusieurs fois de les avoir fait imprimer.» (Œuvres de Corneille, édition de 1738, Avertissement de Jolly, tome I, p. XXX.)

[1296] «Remarquez ici que Racine, dans Esther (acte III, scène IV), exprime la même chose en cinq vers:

Pendant que votre main, sur eux appesantie,
A leurs persécuteurs les livroit sans secours,
Ils conjuroient ce Dieu de veiller sur vos jours,
De rompre des méchants les trames criminelles,
De mettre votre trône à l'ombre de ses ailes.»

(Voltaire.)

[1297] Var. Que tu le connois mal! tout son fait n'est que mine. (1643-56)

[1298] Var. Je connois avant lui la cour et ses intriques,
J'en connois les détours, j'en connois les pratiques. (1643-56)

[1299] Var. Mais un vieux courtisan n'est pas si fort crédule. (1643-56)

[1300] Var. Et loin de le tirer de ce pas hasardeux. (1643-63)

[1301] En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o: Il parle à Cléon.

[1302] En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o: Cléon rentre.

[1303] Var. Que votre défiance est un étrange mal! (1643-56)

[1304] Il y a à faire, et non affaire, dans toutes les éditions qui ont paru du vivant de Corneille, et de même dans l'impression de 1692, et dans celle de 1764, publiée par Voltaire.

[1305] Var. J'aurai fait mon devoir, quoi qui puisse arriver. (1660-64)

[1306] En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o: Polyeucte vient avec ses gardes, qui soudain se retirent.

[1307] Var. Aussi bien un chrétien n'est rien sans les souffrances;
Les plus cruels tourments nous sont des récompenses. (1643-56)

[1308] Var. Le sucre empoisonné que versent vos paroles. (1643-56)

[1309] Var. Mais malgré ma bonté, qui croît quand tu l'irrites. (1643-56)

[1310] Var. Ma pitié, tant s'en faut, cherche à vous soulager:
Notre amour vous emporte à des douleurs si vraies. (1643-56)

[1311] Var. Que rien qu'un autre amour ne peut guérir ces plaies. (1643)
Var. Que rien qu'un autre amour ne peut guérir ses plaies. (1648-56)

[1312] Var. Peux-tu voir tant de pleurs d'un cœur si détaché? (1643-56)

[1313] Var. Et qui par un excès de cette même amour. (1643-56)

[1314] «Ce vers est dans le Cid (vers 878), et est à sa place dans les deux pièces.» (Voltaire.)

[1315] En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o: Cléon et les autres gardes sortent et conduisent Polyeucte; Pauline le suit.

[1316] Du Vair a dit à la fin du Livre II de son Traité de la constance: «S'il nous mène aux coups, il nous mène à la gloire.»

[1317] Var. Je te suivrai partout et mêmes au trépas.
POL. Sortez de votre erreur, ou ne me suivez pas. (1643-56)

[1318] Var. Que la rage d'un peuple à présent se déploie. (1643-60)

[1319] Var. Du moins j'ai satisfait à mon cœur affligé:
Pour amollir le sien je n'ai rien négligé. (1643-56)

[1320] Var. Et leur gloire en a crû, loin d'en être affoiblie.
Jamais nos vieux héros n'ont eu de mauvais sang,
Qu'ils n'eussent, pour le perdre, ouvert leur propre flanc. (1643-56)

[1321] Var. Par ses pleurs et ses cris pourra vous émouvoir.... (1643-60)

[1322] Var. Va donc y donner ordre et voir ce qu'elle fait. (1643-63)

[1323] L'édition de 1648 in-4o porte, par erreur, vous plaignez, pour vous peignez.

[1324] Voyez la Notice de Polyeucte, p. [468].

[1325] Var. Eh bien! à vos dépens vous saurez que Sévère. (1643-60)

[1326] Var. Arrêtez-vous, Sévère, et d'une âme apaisée. (1643-56)

[1327] Var. Je n'en vois point mourir que ce cœur n'en soupire. (1643-56)

[1328] Var. Je n'en veux pas en vous faire un persécuteur. (1643-63)

[1329] «La manière dont le fameux Baron récitait ces vers en appuyant sur servez votre[1329-a] monarque, était reçue avec transport.» (Voltaire, édition de 1764.)

[1329-a] Dans le texte, Voltaire ne donne pas votre, mais notre, comme les éditions publiées par Corneille.

[1330] Var. Ou bien il quittera cette sévérité. (1643-56)

[1331] Var. Vous inspire bientôt toutes ses vérités! (1643 et 48 in-4o)