NOTES:
[1] Voyez plus loin, p. [131].
[2] Voyez l'Esprit du grand Corneille, par François de Neufchâteau, p. 401.
[3] Origines de Caen, chapitre XXIV (édition de 1702, p. 545 et 546; 2e édition, 1706, p. 366).—La Bibliothèque impériale possède un exemplaire de cette dernière édition tout rempli d'additions manuscrites de Huet. Il y a écrit en regard du passage que nous venons de citer la note que voici: «Il a déclaré ce sentiment au public dans la préface qui est à la tête de sa comédie de la Mort de Pompée.» Corneille, dans son avis Au lecteur, parle en effet de son admiration pour Lucain; mais il n'indique en aucune façon qu'il le préfère à Virgile.—Dans les mémoires de Huet publiés en 1718 sous ce titre: Petri Danielis Huetii.... Commentarius de rebus ad cum pertinentibus (p. 313 et 314), le jugement que nous venons d'extraire des Origines de Caen est ainsi développé: «Cohorrui equidem aliquando, quum candide fateretur mihi, non tamen sine ingenua quadam verecundia, se Lucanum Virgilio anteferre: homo scilicet vulgi plausus sectari solitus, totusque ad secundas populi admirationes compositus, grandes illas, magnificas, et acutas aucupabatur sententias, multitudini commovendæ idoneas, iis neglectis poeticæ artis virtutibus, quae sitæ sunt in ingeniosa et prudenti inventione, in accurata constitutione suscepti operis, in æqua partium divisione ac consensione, in styli dignitate per omnes partes diffusa, et ad eas tamen subjectamque materiam accommodata. Parum ad hæc respexit Cornelius, nec satis perspecta habuit, suoque delectatus artificio, cæetera contemsit.»
[4] Chant IV, vers 82-84.
[5] Voyez la seconde partie de [II] l'Appendice qui suit Pompée, p. 111-115.
[6] Voyez p. [87], note 211, et p. [90], note 221.
[7] Voyez ci-après l'[Épître] placée en tête du Menteur, p. 130.
[8] Voyez tome III, p. 467, note 1123.
[9] Tome II, fol. 756 recto.
[10] Tome II, fol. 814 recto.
[11] Tome II, p. 45.
[12] Scène III. Voyez sur cette pièce, tome II, p. 8, note 18.
[13] Voyez Pompée, acte III, scène II, [vers 807-810]. Au dernier vers, on lit dans toutes les éditions de Corneille trône, au lieu de sceptre.
[14] Lemazurier, tome I, p. 85.
[15] Mémoires d'Hippolyte Clairon, p. 55 et 56.
[16] Pages 43-45.
[17] Sur Cornélie dans la Mort de Pompée. (Mémoires d'Hippolyte Clairon, p. 118 et 119.)
[18] Lemazurier, tome II, p. 86.
[19] Tome IV, p. 453-455, année 1678.
[20] Voyez sur la maréchale, et principalement sur ses prétentions nobiliaires et sur l'étalage qu'elle faisait à la comédie, où elle se plaçait devant Mme de Longueville elle-même, les Historiettes de Tallemant des Réaux, tome II, p. 220-223, 225 et 226.
[21] Giulio Mazarini, dit Mazarin, né en 1602 à Pescina, dans les Abruzzes, mort en 1661. Pour l'occasion qui donna lieu à cette dédicace de Corneille, voyez la fin de la Notice, p. [10].—Les éditions antérieures à 1660 sont les seules qui contiennent la présente Épître et l'avis Au lecteur qui la suit.—L'édition originale a deux fois Monseigneur dans le titre: A MONSEIGNEUR MONSEIGNEUR, etc.
[22] Var. (édit. de 1648-1656): Il a su que Rome.
[23] Virgile, Énéide, livre VI, vers 852: «Toi, Romain, songe à gouverner les peuples.»
[24] Corneille emprunte ce vers, en le modifiant légèrement, au poëte qui lui a fourni le fond même de sa tragédie, à Lucain. Voici le passage d'où il l'a tiré (Pharsale, livre IX, vers 186-189):
Non tamen ad Magni pervenit gratius umbram
Omne quod in Superos audet convicia vulgus,
Pompeiumque Deis obicit, quam pauca Catonis
Verba, sed a pleno venientia pectore veri.
Brébeuf a ainsi paraphrasé ces quatre vers:
Ce murmure animé, ces cris audacieux
Qui reprochent Pompée à la rigueur des Dieux,
Ces regrets arrivant à ces mânes insignes,
Semblent n'être pour eux que des devoirs indignes;
Mais au lieu que la plainte et les tristes propos
En altèrent le calme et troublent le repos,
L'éloge raccourci que Caton leur envoie
Va jusque dans les cieux en rehausser la joie,
Et pour sortir d'un cœur plein de la vérité,
Il devient un surcroît à leur félicité.
La Pharsale de Brébeuf est postérieure d'une dizaine d'années au Pompée de Corneille: elle a paru de 1653 à 1655, en cinq parties, réunies plus tard sous un titre commun portant la date de 1656. Nous citerons çà et là, de préférence à toute autre traduction, cette oeuvre presque contemporaine, très-propre, ce nous semble, à rehausser par la comparaison le génie de Corneille, que Brébeuf au reste admirait sincèrement et auquel il rend cet éclatant hommage dans l'Avertissement des «sept et huitième livres» de la Pharsale; «Je ne me suis pas satisfait moi-même dans les sujets que M. de Corneille a traités, et ses nobles expressions étoient si présentes à mon esprit, qu'elles n'étoient pas un médiocre empêchement aux miennes. Dans ce poëme inimitable qu'il a fait de la Mort de Pompée, il a traduit avec tant de succès, ou même rehaussé avec tant de force ce qu'il a emprunté de Lucain, et il a porté si haut la vigueur de ses pensées et la majesté de son raisonnement, qu'il est sans doute un peu malaisé de le suivre; mais je crois, lecteur, qu'il m'a été permis de n'égaler pas un style qui semble être la dernière élévation du génie, et que je ne serai pas coupable dans votre esprit pour n'avoir pas imité assez heureusement ce qui a été l'admiration de tout le monde.»
[25] Voyez ci-dessus, p. [11], note 21.
[26] Var. (édit. de 1648-1656: en mes derniers ouvrages.—Dans l'impression originale dont nous suivons le texte pour ces préliminaires, Corneille ne parle que de ses deux derniers ouvrages, parce que pour le Cid et Horace il n'a pas donné les extraits de Mariana et de Tite Live dans la première édition de chacune de ces pièces, mais seulement dans les recueils antérieurs à 1660: voyez tome III, p. 79, note 1, et p. 262, note 1.
[27] L'avis Au lecteur finit ici dans les éditions de 1654 et de 1656.
[28] Voyez ci-après l'Appendice, p. [103] et suivantes.
[29] Var. (édit. de 1648, 1652 et 1655): cent ou deux cents vers traduits ou imités de lui, que tu reconnoîtras aux mêmes marques que tu as déjà reconnu ce que j'ai emprunté de D. Guillen de Castro dans le Cid. J'ai tâché de suivre ce grand homme dans le reste.—Les impressions de 1648, 1652 et 1655 sont les seules qui aient cette variante, parce qu'elles sont aussi les seules où Corneille ait placé au bas des pages, pour le Cid, les extraits de Guillen de Castro: Voyez tome III, p. 199, note 553.
[30] Ce mot était masculin à cette époque. Voyez le Lexique.
[31] On aimait assez alors à laisser ainsi certains passages latins sans les traduire, afin de donner aux beaux esprits une occasion facile de briller auprès des dames. Voyez tome III, p. 45 et 46, ce que Balzac écrit à Scudéry dans une circonstance analogue.
[32] Cet extrait latin et les deux suivants ne sont que dans les éditions de 1644-1652 et dans celle de 1655.
«Enfin les cieux, dit-il, nous ravissent un homme
Sur qui rouloit encor l'espérance de Rome,
Et qui bien qu'en vertu cédant à nos aïeux,
Fut pourtant l'ornement de ce siècle odieux.
En ce temps où l'orgueil s'est rendu légitime,
Où la loi de l'honneur cède à celle du crime,
Il n'a point jusqu'au trône élevé ses projets:
Il vouloit des amis, et non pas des sujets.
Sous lui la liberté n'a point été blessée;
Ses grandeurs n'ont jamais révolté sa pensée.
Bien que Rome fût prête à porter ses liens,
Il n'a dans ses Romains vu que ses citoyens.
Il fut chef du sénat, mais du sénat encore
Et maître du couchant et maître de l'aurore.
Il ne s'établit point sur le droit des combats.
Ce qu'il pût autrefois ne devoir qu'à son bras,
Qu'à ce courage grand sur les plus grands courages,
Il voulut le devoir à de libres suffrages.
Les progrès éclatants de sa jeune saison
Ont enrichi l'État bien plus que sa maison.
Il sut prendre, au besoin, ou mettre bas les armes;
Il adoroit la paix au milieu des alarmes;
Et d'un visage égal il a pris ou quitté
L'éclat de la puissance et de l'autorité.
On n'a vu ses trésors que dedans ses largesses:
Sa maison étoit chaste au milieu des richesses;
Toujours la modestie et toujours la candeur
S'y trouvèrent d'accord avecque la grandeur.
Son nom fut précieux aux nations diverses,
Et pour nous d'un grand poids au fort de nos traverses.
Les remords de la honte et l'instinct du devoir
Ne sont plus un obstacle au souverain pouvoir;
Le bonheur des forfaits est un droit légitime,
Et la vertu gémit sous le pouvoir du crime.
Ton malheur, grand héros, te doit être bien cher,
De trouver une mort qu'il te falloit chercher;
D'accourcir ta douleur pour ne voir pas la nôtre,
Et pour ne vivre pas sous le pouvoir d'un autre.
Je voudrois ne devoir ma perte qu'à mon bras;
Mais la contrainte sert qui conduit au trépas.
Si le sort n'assoupit sa haine consommée,
Je demande en Juba le cœur de Ptolomée;
Et pourvu que sans vie on me garde au vainqueur,
Je puis à mon destin pardonner sa rigueur.»
(Traduction de Brébeuf.)
[34] Par une erreur typographique qui fait une faute de quantité, il y a ici juvat, au lieu de juvit, dans les éditions de 1648 et de 1652.
[35] Nous tirons la traduction de cet extrait et du suivant, de l'Histoire romaine de Velleius Paterculus publiée à Paris, chez Jean Gesselin, en 1610, in-4o. L'auteur de cette version française anonyme est J. Baudoin; elle forme l'appendice de sa traduction de Tacite. Les deux ouvrages font deux volumes. «Il (Pompée) eut pour mère Lucilia: il étoit de l'ordre des sénateurs, beau par excellence, non pour cette fleur de l'âge de laquelle on fait tant d'état, mais pour sa dignité et généreuse grandeur, qui lui étoit fort convenable et qui accompagna sa fortune jusques au dernier période de sa vie; il étoit parfait en bonté, des premiers en bonne vie, médiocre en éloquence, très-desireux du pouvoir qu'on lui déféroit par honneur, mais non pas pour en abuser; capitaine fort expérimenté à la guerre, vrai citoyen en temps de paix, et qui n'avoit point son semblable; fort modeste, constant en ses amitiés, facile à pardonner étant offensé, prêt à recevoir la satisfaction de chacun; qui n'abusoit jamais ou bien rarement de son pouvoir; et, ce qui mérite d'être mis au rang des choses plus grandes, il étoit fâché de se voir le premier en dignité en une ville libre et maîtresse du monde, quoiqu'il eût à bon droit tous les citoyens pour ses pareils.» (Pages 33 et 34.)
[36] Corneille suit ici le texte, évidemment fautif, de l'édition princeps (Bâle, 1520). Les éditions modernes de Velléius Paterculus ont généralement adopté la correction d'Alde Manuce, qui a substitué vitiorum à votorum. Le traducteur que nous citons dans la note précédente a sauté les mots: pæne omnium votorum expers, mais on voit par la suite de la phrase que son texte était aussi votorum.
[37] «Il étoit issu de la noble race des Jules et tiroit son extraction (selon que les anciens nous ont laissé par écrit) d'Anchise et de Vénus. C'étoit le plus beau de tous les citoyens, fort subtil en vigueur et force d'esprit, très-libéral, l'âme duquel étoit relevée par-dessus toute créance humaine: pareil du tout à ce grand Alexandre (mais sobre et qui ne se laissoit point vaincre à la colère) en grandeur de desseins, habilité de combattre, et patience ès dangers; qui ménageoit sa nourriture et son repos, plus pour l'usage de sa vie que pour l'entretien des voluptés.» (Traduction de J. Baudoin, p. 41.)
[38] Voyez la Vie de Pompée par Plutarque, chapitres LXVIII et suivants; et la Pharsale de Lucain, livre VIII, vers 560 et suivants.
[39] Voyez encore la Vie de Pompée par Plutarque, chapitre LXXX.
[40] Var. (édit. de 1660-1664): pour empêcher qu'il n'en aille donner.
[41] «Finablement le Roy s'estant retiré devers ses gens qui faisoient la guerre à César, il luy alla à l'encontre, et luy donna la bataille, qu'il gaigna, avec grande effusion de sang; mais quant au Roy, il ne comparut ni ne fut veu onques puis: à raison de quoy il establit royne d'Ægypte sa sœur Cléopatra, laquelle estant grosse de luy, peu de temps après accoucha d'un filz, que ceulx d'Alexandrie appelèrent Cæsarion.» (Plutarque, Vie de César, chapitre XLIX, traduction d'Amyot.)
[42] «Puis arriva en Alexandrie, que Pompeius y avoit desjà esté mis à mort: si eut en horreur Theodotus, qui luy en presenta la teste, tournant le visage d'un autre costé pour ne la point veoir.» (Ibidem, chapitre XLVIII.)
[43] Lucain ne nomme pas Théodote; il dit seulement (livre IX, vers 1010-1012):
...........Sed dira satelles
Regis dona ferens, medium provectus in æquor,
Colla gerit Magni, Phario velamine tecta.
Mais un lâche suppôt d'un cruel potentat
Vient à ce conquérant offrir un attentat:
Il lui vient apporter le crime de son maître.
(Traduction de Brébeuf.)
—Pour les amours de César et de Cléopatre, voyez plus haut la note 1, et le livre X de la Pharsale, vers 68 et suivants.
[44] Acte III, scène I.
[45] Dans le Discours du poëme dramatique: voyez tome I, p. 26.
[46] Var. (édit. de 1660-1664): jusques au terme.
[47] Pharsale, Livre VIII, vers 537, et livre X, vers 54.
[48] Ces mots se trouvent, avec une construction un peu différente (adulta jam ætate puerum, au chapitre XXIV du livre de la Guerre d'Alexandrie, attribué à Hirtius. Appien, au livre II des Guerres civiles, chapitre LXXXIV, dit que Ptolémée avait treize ans au moment de la mort de Pompée.
[49] Pharsale, livre VIII, vers 693.
[50] Voyez le livre de la Guerre d'Alexandrie, chapitre XXXIII, et Dion Cassius, livre XLII, chapitre XLIV.
[51] Nous ne trouvons point cette expression dans Lucain; mais Cléopatre est ainsi désignée par Properce (livre III, élégie XI, vers 39) et par Pline l'ancien (livre IX, chapitre LVIII).
[52] Pharsale, livre X, vers 369 et 370. Il y a credet dans le texte de Lucain.
Bien que nos actions nous rendent peu coupables,
Elle nous punira d'être peu punissables,
Et ce sera pour nous ou crime ou lâcheté
De n'avoir osé rien contre sa chasteté.
(Traduction de Brébeuf.)
[53] Voyez l'Examen de Médée, tome II, p. 338 et 339.
[54] Voyez tome III, p. 483 et 484.
[55] Voyez acte II, [scène I].
[56] Voyez acte II, [ scène II], et acte III, [scène I].
[57] Voyez l'Examen de Médée, tome II, p. 336 et 337.
[58] Var. (édit. de 1644): veuve de Pompée.—Cornélie est placée avant Lépide dans les éditions de 1644-1656.
[59] Var. (édit. de 1644): reine d'Égypte;—(édit. de 1648): femme de Ptolomée.
[60] Var. (édit. de 1644-1656): gouverneur du roi d'Égypte.
[61] Var. (édit. de 1644-1656): dame d'honneur de la Reine.
[62] Var. (édit. de 1644-1656): écuyer de la Reine.
[63] Ce nom manque à la liste des acteurs, dans les éditions de 1644-1656.—Corneille a trouvé dans Lucain les noms de Photin (Pothinus, dans quelques manuscrits de César Photinus), d'Achillas, de Septime (Septimius), du prêtre Achorée, dont il a fait un écuyer de Cléopatre. Charmion est, chez Plutarque (Vie d'Antoine, chapitre LXXXV), le nom d'une des femmes de cette reine. L'affranchi Philippe est nommé dans la Vie de Pompée du même auteur (chapitres LXXVIII et LXXX).
[64] Var. (édit. de 1644-1664): dans le palais royal de Ptolomée.
[65] Var. LA MORT DE POMPÉE, TRAGÉDIE. (1644)
[66] Voyez la IIe partie de l'Appendice, p. [111]-[115].
[67] Corneille paraît se rappeler ici ce passage de la fin du VIIe livre de la Pharsale (vers 789-791):
Cernit propulsa cruore
Flumina, et excelsos cumulis æquantia colles
Corpora.
Les mots «ces montagnes de morts» font penser à l'hyperbole par laquelle Brébeuf, renchérissant sur Corneille, a rendu plus tard, dans un autre endroit de la Pharsale, le tot corpora fusa de Lucain (livre VII, vers 652):
De mourants et de morts cent montagnes plaintives.
C'est de toute sa traduction le vers le plus connu, grâce à la critique de Boileau (Art poétique, chant I, vers 98-100):
Mais n'allez point aussi sur les pas de Brébeuf,
Même en une Pharsale, entasser sur les rives
De morts et de mourants cent montagnes plaintives.
—Fontenelle nous apprend que Corneille «avoit traduit sa première scène de Pompée en vers (latins) du style de Sénèque le tragique, pour lequel il n'avoit pas d'aversion, non plus que pour Lucain.» (Œuvres, tome III, p. 124.) Cette traduction est perdue.
[68] Var. Et de leurs troncs pourris exhale dans les vents. (1644-56)
[69] Var. Justifie César et condamne Pompée. (1644-56)
[70] Var. Des changements du sort une effroyable histoire. (1644-56)
[71] Var. Pourra prêter épaule au monde chancelant. (1644)
[72] Var. S'il couronne le père, il hasarde le fils. (1648-56)
[73] Var. Il faut ou recevoir ou hâter son supplice. (1644-56)
[74] Dans l'édition de 1692, ou a été substitué à et.
[75] Var. A quel choix vos conseils me doivent disposer. (1644-68)
[76] Var. Et jamais potentat n'a vu sous le soleil
Matière plus illustre agiter son conseil. (1644-56)
[77] Var. Sire, quand par le fer les choses sont vidées. (1644-63)
[78] Var. Qui veut venger sur lui le sang de leurs provinces. (1644-56)
[79] Var. Sire, n'attirez point le tonnerre en ces lieux. (1644-63)
[80] Var. Et voler sans scrupule au crime qui le sert. (1644-64)
[81] Var. Qui frappe le vaincu ne craint point le vainqueur. (1644-56)
[82] Var. Sire, Photin dit vrai; mais quoique de Pompée. (1644-63)
[83] Var. Qu'il ne peut acquitter qu'aux dépens de leur sang. (1644)
Var. A ne point l'acquitter qu'aux dépens de leur sang. (1648-56)
[84] La dette contractée envers César par Ptolémée Aulétès, père du Ptolémée qui tua Pompée, est un fait historique. Voyez le chapitre XLVIII de la Vie de César par Plutarque, où, au lieu de la somme ronde de mille talents, il y a un chiffre assez compliqué, qu'Amyot traduit par un million sept cent cinquante mille écus.
[85] Var. Je sais obéir, Sire, et je serois jaloux. (1644-63)
[86] Var. Sire, je suis Romain: je connois l'un et l'autre. (1644-63)
[87] Var. Prendre sur vous la honte, et lui laisser le fruit. (1644-64)
[88] L'édition de 1682 porte, par erreur: «et ne gagnez plus l'autre.»
[89] Var. Vous n'en gagnez pas un, et les perdez tous deux. (1644-68)
[90] Var. Et cédons au torrent qui traîne toutes choses. (1644-56)
[91] Var. Consentons au destin qui les veut mettre aux fers. (1644-56)
[92] Var. Qu'il plaise au ciel ou non, laisse-m'en le souci. (1648-56)
[93] Var. Sire, je crois tout juste alors qu'un roi l'ordonne. (1644-63)
[94] Voyez au tome III, p. 391, les vers 155 et 156 de Cinna.
[95] Var. De mon trône dans l'âme elle prend la moitié. (1644-56)
[96] Var. Sire, c'est un motif que je ne disois pas. (1644-63)
[97] Var. Son hôte et son ami, qui l'en voulut saisir. (1644-56)
[98] Var. Et les raisons d'État.... Mais, Sire, la voici. (1644-63)
[99] Var. Sire, Pompée arrive, et vous êtes ici! (1644-60)
[100] Var. S'il veut, il peut aller dessus son monument. (1644-56)
[101] On lit dans les éditions de 1648-54 et de 1656: «vous répondez,» pour: «vous répondrez.»
[102] Cette indication manque dans les éditions de 1644-56.
[103] Var. S'il est, Sire, encor temps de vous en repentir. (1644-63)
[104] Var. Et que par ces mutins chassé de son État,
Il fut jusques à Rome implorer le sénat. (1644-56)
[105] Var. César en fut épris, du moins il feignit l'être,
Et voulut que l'effet le fit bientôt paroître. (1644-56)
[106] Var. Et par son testament, qui doit servir de loi,
Me rendit une part de ce qu'il tint de moi. (1644-56)
[107] Var. Sire, cette surprise est pour moi merveilleuse. (1644-63)
[108] Voyez ci-dessus l'Examen, p. [24].
[109] Var. Leur générosité soumet tout à la gloire. (1656)
[110] Var. Tout est illustre en eux quand ils osent se croire. (1644-56)
[111] Var. C'est quand l'avis d'autrui corrompt les sentiments. (1644 in-12)
[112] Var. Je lui garde une flamme exempte d'infamie. (1644-68)
[113] Ce vers a été omis par erreur dans les éditions de 1648-54 et de 1656.
[114] Var. Quand elle avoue aimer, s'assure d'être aimée,
Et de quelque beau feu que son cœur soit épris,
Ne s'expose jamais aux hontes d'un mépris. (1644-56)
Var. Jamais ne dit qu'elle aime, à moins que d'être aimée. (1660)
[115] Voyez l'Examen de Polyeucte, tome III, p. 483 et 484.
[116] Var. Et le cœur et la main qui les donnent aux rois;
Si bien que ma rigueur, ainsi que le tonnerre,
Peut faire un malheureux du maître de la terre. (1644-56)
[117] Var. J'oserois bien jurer que vos divins appas. (1644-63)
[118] Les éditions de 1644 portent seules: «Calpurnie,» au lieu de: «Calphurnie.»—On trouve dans les inscriptions l'une et l'autre orthographe; la seconde (Calpurnius, Calpurnia) est la plus ordinaire.
[119] Avant d'épouser Calpurnie, César avait répudié sa troisième femme, Pompéia.
[120] Var. [Peut-être mon bonheur saura mieux l'arrêter;]
Et si jamais le ciel favorisoit ma couche
De quelque rejeton de cette illustre souche,
Cette heureuse union de mon sang et du sien
Uniroit à jamais son destin et le mien.
Comme il n'a plus d'enfants, ces chers et nouveaux gages
Me seroient de son cœur de précieux otages.
[Mais laissons au hasard ce qui peut arriver.] (1644-56)
[121] Les éditions de 1682 et de 1692 portent seules: «Qui saura mieux que moi,» ce qui est sans doute une erreur.
[122] Achorée joue dans la Pharsale, comme nous l'avons dit (p. 26, note 6), un tout autre rôle que dans la tragédie; mais chez Lucain, comme chez Corneille, il est favorable à Pompée: voyez la Pharsale, livre VIII, vers 475-481.
[123] Var. Il soupçonna dès lors son manquement de foi,
Et se laissa surprendre à quelque peu d'effroi. (1644-56)
[124] Var. Il condamna soudain ces indignes alarmes,
Et pensa seulement, dans ce pressant ennui. (1644-56)
[125] Après la bataille de Pharsale, le père de Cornélie, Q. Métellus Scipion, s'était retiré d'abord à Corcyre auprès de Caton, puis en Afrique, où César le vainquit, lui et Juba, roi de Numidie, à la bataille de Thapsus.—Des deux fils de Pompée et de Mucia, sa troisième femme, l'aîné, Cnéius, était en route pour l'Afrique quand il apprit la mort de son père; le second, Sextus, était sur le vaisseau, et fut témoin avec Cornélie du meurtre de Pompée.
[126] Var. Il dit, et cependant que leur amour conteste. (1644-56)
[127] Var. Enfin l'esquif aborde, on l'invite à descendre. (1644-64)
[128] Var. Il se lève; et soudain, par derrière, Achillas,
Comme pour commencer, tirant son coutelas. (1644-56)
[129] Var. De peur qu'il ne semblât, contre une telle offense
Implorer d'un coup d'œil son aide et sa vengeance. (1644-60)
[130] Var. Immobile en leurs coups, en lui-même il rappelle. (1648-56)
[131] Var. Sa tête, sur les bords de la barque penchée. (1644-64)
[132] Var. Et pour combler enfin sa tragique aventure. (1644-64)
[133] Var. A ce spectacle affreux, la pauvre Cornélie....
CLÉOP. Dieux! en quels déplaisirs est-elle ensevelie?
ACHOR. Ayant toujours suivi ce cher époux des yeux,
Je l'ai vue élever ses tristes mains aux cieux;
Puis cédant aussitôt à la douleur plus forte,
Tomber, dans sa galère, évanouie ou morte. (1644-56)
[134] Var. L'éloignent du rivage, et regagnent la mer. (1644-56)
[135] Var. L'autre entend le tonnerre, et l'autre se figure. (1644 et 48)
[136] Var. La tyrannie est bas, et le sort est changé. (1644-64)
[137] Var. De qui l'heur sembloit être au-dessus du revers. (1644-68)
[138] Var. Sur quelques bords du Nil bien à peine s'étend. (1648-56)
[139] L'édition de 1655 porte: «si vous m'êtes,» pour: «si vous n'êtes.»
[140] Var. De se plaindre à Pompée auparavant qu'à lui. (1644-60)
[141] Var. Le mal qu'on voit venir sans pouvoir s'en défendre. (1644-64)
[142] Var. Sire, ne donnez point de prétexte à César. (1644-63)
[143] Var. Sire, voyez César, forcez-vous à lui plaire. (1644-63)
[144] Avant sa mort, Ptolémée Aulétès avait envoyé son testament a Rome. Pompée en fut le dépositaire. Il y disposait de son trône en faveur de son fils aîné, le Ptolémée de notre tragédie, et de sa fille aînée Cléopatre, à la condition qu'ils se marieraient, quand ils auraient l'âge convenable, et régneraient ensemble.
[145] Var. Louez son jugement, et le laissez partir. (1644-56)
[146] Var. Et pour vaincre d'honneur son absolu pouvoir,
[Avec toute ma flotte allons le recevoir.] (1644-56)
[147] Var. S'il en a rendu grâce, ou s'il l'a dédaigné. (1644-56)
[148] Var. Ce qu'à nos assassins enfin il a pu dire. (1644-64)
[149] Pour: se sont éloignés de la ville. Voyez le Lexique.
[150] A cette époque ce mot se rencontre assez fréquemment au masculin en ce sens. Voyez le Lexique.
[151] Var. Il éprouva toujours la faveur de son Mars. (1644-56)
[152] Var. Consulte à sa raison sa joie et ses douleurs,
Examine, choisit, laisse couler des pleurs. (1644-56)
[153] Pompée n'avait épousé Cornélie qu'après la mort de sa seconde femme, Julie, fille de César.
[154] «Un homme qui demeure sur le théâtre, seulement pour entendre ce que diront ceux qu'il y voit entrer, fait une liaison de présence sans discours, qui souvent a mauvaise grâce.... Ainsi dans le troisième acte de Pompée, Achorée, après avoir rendu compte à Charmion de la réception que César a faite au Roi quand il lui a présenté la tête de ce héros, demeure sur le théâtre, où il voit venir l'un et l'autre, seulement pour entendre ce qu'ils diront, et le rapporter à Cléopatre.» (Discours des trois unités, tome I, p. 103.)
[155] Var. Ai-je vaincu pour vous dans le sang de Pharsale? (1648-54 et 56)
Var. Ai-je vaincu pour vous dans le champ de Pharsale? (1655)
[156] Mithridate avait fait égorger à la fois dans les villes de l'Asie tous les Romains qui s'y trouvaient.
[157] Var. Et que s'il eût vaincu, votre esprit complaisant. (1644-56)
[158] On a rapproché de ce passage ce vers bien connu des Pontiques d'Ovide (livre II, épître III, vers 10):
Et cum fortuna statque caditque fides.
[159] Var. Jugez si vos discours me rendent mes esprits. (1644-56)
[160] Voyez plus haut, p. [32], note 84.
[161] Var. Et justifiez-vous sans la calomnier. (1648-56)
[162] Toutes les éditions, excepté celles de 1644 et de 1655, donnent: «par vos prospérités;» nous avons néanmoins adopté la leçon pour, qui nous paraît seule offrir un sens.
[163] Var. Votre lâche attentat cherche avec trop de ruses. (1660-64)
[164] Les éditions de 1644 in-12 et de 1648-56 portent, par une erreur singulière: «à vaincre,» pour: «à vivre.»
[165] Var. Si l'on voyoit marcher dessus un même char. (1644-64)
[166] En marge, dans les éditions de 1644: Antoine sort sur le théâtre.
[167] Var. Ni votre dignité vous en pût garantir. (1644-56)
[168] Var. Je l'ai vue, ô César, elle est incomparable. (1644-56)
[169] Voyez plus loin la note du vers 392, (note [640)] de la Suite du Menteur.
[170] Var. Vous qui la pouvez mettre au faîte des grandeurs. (1644-60)
[171] L'édition de 1682 donne l'affermir, pour l'affranchir.
[172] Var. Sitôt qu'ils ont pris port, vos chefs, par vous instruits. (1644-64)
[173] Var. César, car le destin, qui m'outre et que je brave. (1644-56)
[174] Cornélie avait épousé Pompée un an après la mort du jeune Crassus, fils du triumvir, qui avait péri avec son père dans la guerre des Parthes.
[175] Var. Encore ai-je sujet de rendre grâce aux Dieux. (1644-56)
[176] Var. Si je dois grâce aux Dieux de ce qu'ils ont permis. (1644-56)
[177] Var. Alors, l'esprit content et l'âme satisfaite,
Je l'eusse fait aux Dieux pardonner sa défaite. (1644-56)
[178] «Me sera-t-il permis de rapporter ici que Mlle de Lenclos, pressée de se rendre aux offres d'un grand seigneur qu'elle n'aimait point, et dont on lui vantait la probité et le mérite, répondit:
O ciel, que de vertus vous me faites haïr!
C'est le privilége des beaux vers d'être cités en toute occasion, et c'est ce qui n'arrive jamais à la prose.» (Voltaire.)
[179] Var. Il est mort, et mourant, Sire, il vous doit apprendre. (1644-63)
[180] Var. Jugez César vous-même à ce courroux si lent. (1644-56)
[181] Var. Sire, il porte en son flanc de quoi nous en laver. (1644-63)
[182] Var. Oui, oui, ton sentiment enfin est véritable:
C'est trop craindre celui que j'ai fait redoutable. (1644-56)
[183] Var. Que ton cœur est sensible, et qu'on le peut percer. (1644-56)
[184] Var. Et n'abandonner pas ma vie et ma puissance. (1644-56)
[185] Var. Ni souffrir que demain tu puisses à ce prix. (1644-56)
[186] L'édition de 1682 porte seule: «aux choix,» au pluriel.
[187] On lit digne, au singulier, dans l'édition de 1656.
[188] Var. Nous pouvons beaucoup, Sire, en l'état où nous sommes. (1644-63)
[189] Var. J'ai remarqué l'horreur qu'il a soudain montrée. (1644-56)
[190] Voyez tome I, p. v de l'Avertissement, en note.
[191] Var. Sire, et ne lui montrez que foiblesse et que crainte. (1644-63)
[192] Toutes les éditions, excepté celle de 1656, portent: «Cette office,» au féminin.
[193] Il y a eu, sans accord, dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, et même encore dans celle de 1692.
[194] Var. Qu'avec nos citoyens ont pris quelques soldats [194-a]. (1644-56)
[194-a] Voltaire a adopté cette variante dans son texte de 1764.
[195] Var. Mais puisque le passé ne se peut révoquer. (1644-56)
[196] Var. Vous pouvez d'un coup d'œil désarmer sa colère. (1644-56)
[197] Var. Je ne me vante pas de le pouvoir fléchir. (1644-56)
[198] Var. Je crains que de nouveau ma présence l'irrite;
Elle pourroit l'aigrir, au lieu de l'émouvoir. (1644-56)
[199] Var. Et qu'il en peut prétendre une juste conquête. (1644-56)
[200] Var. Plus hautement assise en captivant son maître. (1644-56)
[201] Var. Qu'après avoir mis bas un si digne adversaire. (1644-56)
[202] Allusion au fameux Veni, vidi, vici, que César écrivit à un de ses amis de Rome après la victoire qu'il remporta plus tard, en Asie, sur Pharnace, fils de Mithridate. Voyez la Vie de César par Plutarque, chapitre L.
[203] Var. Faites grâce, Seigneur, ou souffrez que j'en donne,
Et fasse voir par là que j'entre à la couronne. (1644-56.)
[204] Var. Par la moitié qu'en terre il a laissé de lui.
Quoi que la perfidie ait osé sur sa trame,
Il vit encore en vous, il agit dans votre âme. (1644-56)
[205] Var. Quand il la faut attendre, elle est trop cher vendue. (1644-56)
[206] Var. Le foudre punisseur que je vois en tes mains. (1644-56)
[207] Var. Et me laisse encor voir qu'il y va de ma gloire
De punir son audace avant que ta victoire. (1644-56)
[208] Var. Va, ne perds point le temps, il presse. Adieu: tu peux. (1648-56)
[209] «Ces derniers vers que prononce Cornélie frappent d'admiration, et quand ce couplet est bien récité, il est toujours suivi d'applaudissements. Quelques personnes ont prétendu que ces mots: «tu peux te vanter,» ne conviennent pas, qu'ils contiennent une espèce d'ironie, que c'est affecter sur César une supériorité qu'une femme ne peut avoir. On a remarqué que cette tirade, et toutes celles dans lesquelles la hauteur est poussée au delà des bornes, faisaient toujours un peu moins d'effet à la cour qu'à la ville. C'est peut-être qu'à la cour on avait plus de connaissance et plus d'usage de la manière dont les personnes du premier rang s'expriment, et que dans le parterre on aime les bravades, on se plaît à voir la puissance abaissée par la grandeur d'âme.» (Voltaire.)
[210] Var. Si mon zèle et mes soins le peuvent secourir. (1644-56)
[211] «Garnier, du temps de Henri III, fit paraître Cornélie, tenant en main l'urne de Pompée. Elle dit (acte III, scène III):
O douce et chère cendre! ô cendre déplorable!
Qu'avecque vous ne suis-je, ô femme misérable!
C'est la même idée, mais elle est grossièrement rendue dans Garnier, et admirablement dans Corneille. L'expression fait la poésie.» (Voltaire.)—Voyez la Notice, p. [5].
[212] Var. De n'éteindre jamais, ni laisser affoiblir
L'ardeur de le venger dont je veux m'ennoblir. (1644-56)
[213] Var. Madame, je portai mes pas et mes sanglots. (1644-56)
[214] Dans la Pharsale (livre VIII, vers 715 et 716), Cordus est un questeur de Pompée, qui avait accompagné son général dans sa fuite.
[215] Les éditions de 1644 portent, par erreur évidemment: «dont la tête coupée.»
[216] Var. [Tu peux même à sa veuve en reporter la cendre[216-a],]
Dans ces murs que tu vois bâtis par Alexandre. (1644-56)
[216-a] Tu peux même à sa veuve en rapporter la cendre. (1644 in-12 et 48-56)
[217] Var. Ces restes d'un héros par le feu consommé. (1644-56)
[218] Var. Tout un grand peuple armé fuyoit devers le port. (1644-56)
[219] Var. Montroit de sa justice un exemple assez beau. (1644-68)
[220] Var. Et lui dis que je cours achever sa vengeance. (1644-56)
[221] «Les curieux ne seront pas fâchés de savoir que Garnier avait donné les mêmes sentiments à Cornélie. Philippe lui dit (acte III, scène III):
César plora sa mort.
Corélie répond:
Il plora mort celui
Qu'il n'eût voulu souffrir être vif comme lui.»
(Voltaire.)
[222] Var. Quand on s'y voit forcé par son propre danger. (1644-63)
—Voyez ci-dessus la Notice, p. [5], et la note 211 de la p. [87].
[223] Var. Et que cet intérêt qu'on prend pour sa mémoire. (1644 et 60-63)
[224] Var. Le ciel règle souvent les effets par les causes. (1644 in-4o)
Var. Le ciel règle souvent les effets pour les causes. (1644 in-12)
[225] Var. A quels souhaits le ciel aura mieux répondu. (1644-56)
[226] Var. Ah! ce n'est pas ses soins que je veux qu'on me die. (1644-63)
[227] Voyez ci-dessus, vers [1146] et suivants.
[228] Var. Ce qui dans ses vaisseaux restoit des gens de guerre. (1644)
[229] Var. Du moins César l'eût fait, s'il l'avoit consenti. (1644-56)
[230] Var. Ni vos vœux ni nos soins n'ont pu le secourir:
Malgré César et vous il a voulu périr. (1644-56)
[231] Var. Dont éclatent les morts des plus dignes monarques. (1644-56)
[232] Var. Et sa perte aux Romains a bien coûté du sang. (1644-56)
[233] Var. Pour réserver sa tête aux hontes d'un supplice. (1644-56)
[234] Var. Et son cœur indigné, que cette erreur abuse. (1644-56)
[235] Var. D'un tel nombre à la foule accablent ce vaisseau. (1644-56)
[236] L'auteur du livre de la Guerre d'Alexandrie (chapitre XXXI) raconte que Ptolémée s'enfuit du camp, et qu'il périt de la manière que dit ici Corneille.
[237] Var. Il vous proclame reine; et quoique ses Romains
Au sang que vous pleurez n'aient point trempé leurs mains,
Il montre toutefois un déplaisir extrême. (1644-56)
[238] Var. Qui pourra mieux que moi vous dire la douleur. (1644-56)
[239] Var. Je n'y puis plus rien voir qu'un funeste rivage. (1644-56)
[240] Var. Qu'aux changements du Roi pousse un peuple inconstant. (1652-56)
[241] Var. Et de tous les objets celui qui plus m'afflige,
J'y vois toujours en toi l'ennemi qui m'oblige. (1644-56)
[242] Var. Et ne recevra point d'honneurs illégitimes:
Pour ces pieux devoirs je ne veux que demain. (1644-56)
[243] Juba, roi de Numidie.
[244] Var. Secondés des efforts d'un roi plus généreux. (1644-56)
[245] Var. Et que ce triste objet porte à leur souvenir. (1644-56)
[246] Var. L'une de la vertu, l'autre de mon devoir. (1644 in-12 et 48-56)
[247] Var. Et comme ta vertu, qu'en vain on veut trahir. (1644-56)
[248] Var. Tant de soins pour vous rendre entière obéissance. (1644-64)
[249] Var. Et n'ose remonter au trône sans regret. (1644-56)
[250] Voyez ci-dessus, p. [14].—Dans Médée, nous avons indiqué les sources latines au bas des pages; mais là Corneille imitait une tragédie et la suivait d'assez près; ici il choisit dans un poëme épique certains passages brillants pour orner sa tragédie, sans s'astreindre, bien entendu, à une marche analogue à celle de son modèle. Nous avons donc cru devoir placer les vers de Lucain en appendice, comme nous avons fait pour ceux de Guillem de Castro à la suite du Cid. Ce qui nous y a encore plus déterminé, c'est que, pour la Médée, les rapprochements avec le latin sont un simple travail d'éditeur qui peut sans inconvénient être confondu avec les notes, tandis que, pour le Cid et pour Pompée, Corneille ayant pris la peine d'indiquer lui-même les vers qu'il a imités, mieux valait, ce nous semble, ne pas mêler son œuvre avec la nôtre.—Il n'a donné ces rapprochements que dans les éditions de 1648, 1652 et 1655. Nous n'avons rien changé à son texte, qui ne diffère des meilleures éditions que par quatre ou cinq variantes de peu d'importance; nous nous sommes contenté d'y corriger un petit nombre de fautes typographiques. Nous avons aussi coupé, comme il l'a fait lui-même, en plusieurs fragments des citations qui, dans Lucain, se suivent et sont jointes; ainsi celles qui se rapportent aux vers 80, 82, 84:
.... Fatis accede, Deisque,
Et cole felices, miseros fuge.
[251] Voyez ci-dessus la Notice, p. 5.
[252] Histoire du Théâtre françois, tome V, p. 441-445.
[253] Par une disposition des plus bizarres, on lit ici avant le nom de Photin: «Scène sixième;» plus loin, avant le nom d'Achillas: «Scène septième;» avant le nom de Théodote: «Scène huitième;» et enfin avant le nom. de Ptolomée: «Scène neuvième. Ptolomée, Parthénie, Achillas, Photin, Théodote.» Mais comme ces discours séparés ne constituent pas des monologues et qu'ils sont, de toute nécessité, prononcés en présence du conseil assemblé; que, d'un autre côté, on lit immédiatement après les deux derniers vers dits par Ptolomée: «Parthénie entrant sur ces paroles,» ce qui prouve que c'est alors seulement qu'un nouveau personnage occupe le théâtre, il nous a para indispensable de continuer jusqu'en cet endroit la scène cinquième, qui n'a sans doute été divisée par l'imprimeur qu'à cause de son étendue.
[254] Une asile est la leçon de l'édition originale.
[255] La Vérité suspecte.
[256] Acte I, scène VI, vers 332.
[257] Voyez ci-après, p. [132].
[258] Édition de 1659, in-4o, p. 320.
[259] Acte IV, scène IV.
[260] Acte I, scène VI, vers 333-340.
[261] Neuvième fragment du Songe de Vaux.
[262] 3e édition, 1694, p. 94.
[263] Acte I, scène VI, vers 349 et 350.
[264] Acte III, scène VI, vers 1069 et 1070.
[265] Voyez tome II, p. 3 et 4.
[266] Dans les scènes VI et VII du Ier acte des Folies amoureuses de Regnard, des expressions militaires deviennent des métaphores galantes comme dans les passages cités plus haut, et à la scène VII de l'acte II des termes de musique servent de langage secret.
[267] Voyez ci-après, p. [204], note 447.
[268] Voyez la dernière variante de la Suite du Menteur, (page [388)].
[269] Acte I, scène III, vers 295.
[270] Acte I, scène III, vers 275-284.
[271] Acte I, scène II, vers 215-218.
[272] Dans Jodelet ou le Maître valet[272-a], quand don Juan apprend qu'au lieu de son portrait, Isabelle a reçu celui de Jodelet, il s'écrie:
Et qu'aura-t-elle dit de ta face cornue?
Chien, qu'aura-t-elle dit de ton nez de blaireau?
Infâme.
JODELET.
Elle aura dit que vous n'êtes pas beau,
Et que si nous étions artisans de nous-mêmes,
On ne verroit partout que des beautés extrêmes,
Qu'un chacun se feroit le nez efféminé,
Et que vous l'avez tel que Dieu vous l'a donné.
Dans Jodelet duelliste[272-b], Béatris lui dit en manière de compliment:
O mon cher Jodelet, au visage de dogue.
Gusman, parlant de D. Bertrand de Cigarral, son maître, rôle que remplissait Jodelet dans la pièce de Thomas Corneille qui porte ce titre[272-c], fait la réflexion suivante:
.... Quant à la parole, il a grand agrément,
Et débite son fait fort nazillardement.
Enfin, dans l'Amour à la mode[272-d], du même auteur, où nous voyons Jodelet reparaître sous le nom de Cliton, Lisette lui met ainsi sous les yeux les défauts de sa personne:
Tu m'abandonnerois, toi que met hors de mise
Ton poil déjà grison et ta nazillardise!
De si belles qualités ne pouvaient manquer de figurer dans son épitaphe; aussi Loret n'eut-il garde de les oublier, et mit-il dans sa Gazette du 3 avril 1660, quelques jours après la mort du célèbre comédien:
Ici gît qui de Jodelet
Joua cinquante ans le rôlet,
Et qui fut de même farine
Que Gros-Guillaume et Jean Farine,
Hormis qu'il parloit mieux du nez
Que lesdits deux enfarinés.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
On voit que, dans l'emploi que tenait Jodelet, son vice de prononciation était considéré comme un agrément. Tel est aussi l'avis d'un autre contemporain, qui se flatte de nous faire connaître la cause de ce défaut: «Jodelet parle du nez pour avoir été mal pansé.... (Tallemant nous dit de quel mal), et cela lui donne de la grâce[272-e].»
[272-a] Comédie en cinq actes, par Scarron, représentée en 1645, Acte I, scène I.
[272-b] Comédie en cinq actes, par Scarron, représentée d'abord, en 1646, sous le titre des Trois Dorothées. Acte II, scène II.
[272-c] Comédie en cinq actes, représentée en 1650. Acte I, scène II.
[272-d] Comédie en cinq actes, représentée en 1651. Acte IV, scène VII.—Nous connaissons encore trois pièces, outre celles dont nous venons de parler, où Jodelet figure sous son nom: Jodelet astrologue, comédie en cinq actes et en vers, par Douville, représentée en 1646; le Déniaisé, comédie en cinq actes et en vers, de Gillet et de Tessonnerie, représentée en 1647; enfin le Geôlier de soi-même, comédie en cinq actes et en vers, de Thomas Corneille, jouée en 1655. «Cette pièce, qui a toujours conservé ce titre dans les œuvres de son auteur, se représente cependant depuis très-longtemps, disent les frères Parfait (tome V, p. 120, note a), sous celui de Jodelet prince.»
[272-e] Historiettes, tome VII, p. 177.
[273] Cette date est précisée dans un article de la Gazette du 15 décembre 1634, trop curieux pour que nous ne le donnions pas en entier; il est intitulé: La jonction de six acteurs de la troupe de Mondori à celle de Belle-Roze. «N'en déplaise aux rabat-joie, l'étendue de mes récits n'étant pas limitée dans le détroit d'une gravité toujours sérieuse, comme l'une de leurs utilités est de servir au divertissement, ils ne doivent pas bannir les choses qui y servent; et par ainsi je ne dois pas taire le soin que Sa Majesté a voulu prendre de joindre à la troupe de Belleroze les six acteurs que vous avez en lettre italique, pour les distinguer des autres en leur liste que voici: Les hommes: Belleroze, Belleville, l'Espy, le Noir, Guillot-Gorju, S. Martin, Jodelet, la France ou Jaquemin Jadot, Alizon. Les femmes: la Belleroze, la Beaupré, la Vaillot, la Noir. Cette vieille troupe, renforcée de sa nouvelle recrue, fit, le 10 courant, trouver l'hôtel de Bourgoigne trop petit à l'affluence du peuple devant lequel elle représenta le Trompeur puni du sieur Scudéri; tandis que Mondori (ne désespérant point pour cela du salut de sa petite république) tâche à réparer son débris, et ne fait pas moins espérer que par le passé de son industrie.»—A la fin de cet article vient comme transition la phrase suivante: «Et sans sortir de ce sujet, vous serez avertis....» Puis la petite rectification, relative à Mélite, que nous avons donnée tome I, p. 132 et 133.—Suivant Tallemant (tome VII, p. 173), le Roi renforça ainsi la troupe de Bellerose, «peut-être pour faire dépit au cardinal de Richelieu, qui affectionnoit Mondory.»
[274] Les frères Parfait ne font nulle mention de ce retour de Jodelet au Marais; mais Tallemant, après avoir constaté ainsi le passage de ce comédien à l'hôtel de Bourgogne: «Baron et la Villiers avec son mari, et Jodelet même, allèrent à l'hôtel de Bourgogne» (tome VII, p. 174), ajoute dans la même Historiette: «Jodelet, pour un fariné naïf, est un bon acteur; il n'y a plus de farce qu'au Marais, où il est, et c'est à cause de lui qu'il y en a. Il dit une plaisante chose au Timocrate du jeune Corneille» (p. 176 et 177). Or, suivant les frères Parfait, le Timocrate, tragédie de Th. Corneille, a été représenté au Marais en 1656.
[275] Voyez la Notice de Cinna, tome III, p. 364.
[276] Mercure de France, mai 1740, p. 847 et 848.
[277] Pages 276-278.
[278] Historiettes, tome VII, p. 176.
[279] Voyez Lemazurier, Galerie historique, tome I, p. 129; les Œuvres de Corneille, édition de Lefèvre, tome V, p. 10, note 2.—Le Journal du Théâtre françois donne pour le Menteur une liste d'acteurs fort complète, mais des plus invraisemblables, et où il n'est nullement tenu compte des indications fournies par Corneille lui-même: «La troupe royale mit au théâtre.... une comédie nouvelle de Corneille intitulée le Menteur.... Les acteurs furent: la Grange, la Thuillerie, de Villiers, Hauteroche, Poisson; les actrices: les demoiselles Raisin, Angélique, Delagrange et Dennebaut.» (Folio 842 recto.)
[280] Scène VI.
[281] Remarquons que la supposition très-légitime faite par l'auteur dramatique est devenue, dans un feuilleton du Moniteur du 11 juin 1862, une anecdote littéraire bien établie: «Quelques années avant, y est-il dit, il avait fait les honneurs de sa ville à Molière, lorsque ce dernier vint y jouer la comédie du Menteur.
[282] Molière et sa troupe, par M. Soleirol, p. 67.
[283] Vers 8.
[284] Lettre à Mylord*** sur Baron..., p. 5.
[285] La Suite du Menteur, acte I, scène III, vers 291.
[286] Tome V, p. 370.
[287] Note sur le vers 295 de la Suite du Menteur (acte I, scène III).
[288] Préface du Menteur, édition de 1764.
[289] Tome I, p. 149.
[290] Cette épître ne se trouve que dans les éditions antérieures à 1660.
[291] Pouvoit est au singulier dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille.
[292] Tel est le texte de toutes les impressions (de 1644 à 1656).
[293] Var. (édit. de 1648-1656): sans m'assurer d'une guide.
[294] Voyez ci-dessus la Notice, p. [119], et plus bas l'Examen, p. 137.
[295] Var. (édit. de 1644 in-12 et de 1648-1656): de la sospechosa Verdad.
.... Pictoribus atque poetis
Quidlibet audendi semper fuit æqua potestas.
(Art poétique, vers 9 et 10.)
[297] Parmi les éditions publiées en France du vivant de Corneille, les seules qui donnent cet avis Au lecteur et les deux pièces de vers qui le suivent sont celles de 1648, 1652 et 1655.
[298] Voyez ci-dessus la Notice, p. [119], et plus bas l'Examen, p. 137.
[299] Voyez plus loin le commencement de l'Appendice du Menteur, p. [241] et [242].
[300] Constantin Huyghens, seigneur de Zuylichem, né à la Haye, le 4 septembre 1596, mort en 1687, père du célèbre astronome Christian Huyghens. Il était, dans le temps où Corneille écrivait le Menteur, secrétaire des commandements de Henri-Frédéric, prince d'Orange, mort en 1647, et le fut ensuite successivement de Guillaume II et de Guillaume III.—On trouvera pour la première fois dans notre édition deux lettres que Corneille lui a écrites, l'une le 6 mars 1649, l'autre le 20 mai 1650. Notre poëte lui a adressé dans cette même année 1650 la dédicace de Don Sanche.
[301] Cette querelle avait pour objet l'Herodes infanticida, tragédie d'Heinsius dont Corneille a déjà parlé (voyez tome I, p. 102, et tome III, p. 480). On lit dans un passage des Mélanges de littérature tirez des lettres manuscrites de M. Chapelain, relatif aux lettres de M. de Zuylichem: «Il y en a une entre autres où M. Huyghens conseille à Heinsius de ne pas répondre à la dissertation de Balzac sur l'Herodes infanticida» (p. 94). Heinsius tint peu de compte de ce conseil, comme on va le voir. La discussion dura plusieurs années et fit naître un grand nombre d'ouvrages. Voici les titres des principaux: Discours (par Balzac) sur une tragédie de M. Heinsius, intitulée: «Herodes infanticida.» Paris, P. Rocolet, 1636, in-8o. Danielis Heinsii epistola, qua dissertationi D. Balsaci ad Herodem infanticidam respondetur.... editore Marco Zuerio Boxhornio. Lugd. Batavorum, ex officina Elzeviriana, 1636, in-8o. Response à la lettre et au discours de Balzac sur une tragédie de Heins, intitulée: «Herodes infanticida.» 1642, in-8o (par de Croi, ministre en Languedoc). Cl. Salmasii ad Ægidium Menagium epistola super Herode infanticida, Heinsii tragœdia, et censura Balsacii. Parisiis, apud viduam M. Dupuis, 1644, in-8o.
[302] Épigramme était alors généralement du masculin. Voyez le Lexique.
[303] Il s'agit probablement de l'édition du Menteur publiée en 1645, à l'enseigne de la sphère, dans un petit format in-12, et décrite sommairement à la p. 109 de l'Essai bibliographique sur les éditions des Elzéviers, par Bérard.
[304] Ce petit poëme latin se trouve sans aucune variante, et tel que nous le donnons d'après Corneille, en tête des éditions elzéviriennes du Menteur, de 1645 et de 1647. Il n'est pas dans la 1re édition des poésies latines de Zuylichem (Leyde, 1644), mais seulement dans la 2e, au livre X (p. 237) des Épigrammes (la 1re n'en a que IX livres). Cette seconde édition a été publiée en 1655, à la Haye, par Louis Huyghens, sous ce titre: Constantini Hugenii, equitis; Zulichemi, Zeelhemi, etc., toparchæ; principi Auriaco a consiliis; Momenta desultoria; poematum libri XIV. Le vers 13: Et quas negare, etc., y a été supprimé, et, à la fin du vers 16, on lit cui, au lieu de putas.
[305] Cette devise, qui figure sur le titre des poésies hollandaises de Zuylichem, est une allusion à son prénom de Constantin.
[306] Cette pièce se lit, comme la précédente, en tête des éditions elzéviriennes de 1645 et de 1647, qui, au vers 8, donnent l'une et l'autre: J'ose dire, au lieu de: Je tiens tout.
[307] Var. (édit. de 1660): Lope de Vega.
[308] Voyez le commencement de l'Appendice du Menteur, p. [241].
[309] Voyez l'Examen de la Veuve, tome I, p. 396, et celui de la Suivante, tome II, p. 123.
[310] Voyez l'Appendice, p. [269].
[311] Ici, et partout dans la prose, l'édition de 1692 substitue pendant que à cependant que.
[312] Déjà du temps de Corneille les différentes décorations faisaient reconnaître cette duplicité de lieu. Voyez le Discours des trois unités, tome I, p. 120.
[313] Var. (édit. de 1660): les vingt-quatre heures.
[314] «Dans le Menteur, tout l'intervalle du troisième au quatrième vraisemblablement se consume à dormir par tous les acteurs; leur repos n'empêche pas toutefois la continuité d'action entre ces deux actes, parce que ce troisième n'en a point de complète. Dorante le finit par le dessein de chercher des moyens de regagner l'esprit de Lucrèce; et dès le commencement de l'autre il se présente pour tâcher de parler à quelqu'un de ses gens, et prendre l'occasion de l'entretenir elle-même si elle se montre.» (Discours des trois unités, tome I, p. 100.)
[315] Dans les éditions de 1644-1656, il y a, entre Géronte et Dorante, un personnage de plus, qui est ainsi désigné: «Argante, gentilhomme de Poitiers, ami (dans 1644 in-4o: et ami) de Géronte.» Nous le verrons figurer dans une variante du Ve acte, scène 1re, p. 220.
[316] Les noms de Lucrèce et de la suivante Isabelle sont les seuls que Corneille ait empruntés à la comédie espagnole.
[317] Le premier acte se passe aux Tuileries, et les suivants à la place Royale. Voyez ci-dessus, p. [137] et [138], et la note 307 de cette dernière page.
[318] Voltaire, dans son édition du Théâtre de Corneille, a suivi pour le Menteur, comme il nous l'apprend lui-même dans la Préface qu'il a placée en tête de cette comédie, le texte antérieur à 1660, et n'a pas adopté, comme pour les autres pièces, les changements faits depuis par Corneille.—Ce qui paraît assez étrange, c'est que quelquefois ses notes se rapportent au texte de 1660-1682. Ainsi au sujet des vers 41 et 42, qu'il donne ainsi:
Aussi que vous cherchiez de ces sages coquettes
Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
Sans qu'il vous soit permis de jouer que des yeux,
il fait au bas de la page les remarques suivantes, qui sont relatives à une leçon toute différente, à celle que nous avons donnée d'après l'impression de 1682 (voyez p. 143): «Cela n'est pas français. On dit bien: la maison où j'ai été, mais non: la coquette où j'ai été.—Faire l'amour d'yeux et de babil ne peut se dire.»
[319] Var. Et je fais banqueroute à ce fatras de lois. (1644-68)
[320] Var. Ma mine a-t-elle rien qui sente l'écolier?
Qui revient comme moi des royaumes du Code
Rapporte rarement un visage à la mode.
CLIT. Cette règle, Monsieur, n'est pas faite pour vous. (1644-56)
—Voyez ci-dessus la Notice, p.[ 127].
[321] L'édition de 1692 a remplacé le pluriel par le singulier: au royaume.
[322] Cosme Bartole, que Dumoulin appelle «le premier et le coryphée des interprètes du droit,» naquit à Sasso-Ferrato, dans l'Ombrie, en 1313, et mourut à Pérouse en 1356.
[323] Var. Ayant eu le bonheur que de n'en point sortir. (1644-56)
[324] Var. Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
Sans qu'il vous soit permis de jouer que des yeux[324-a]. (1644-56)
[324-a] Voyez p. [141], note 318.
[325] L'édition de 1682 donne seule des leçons, pour de leçons.
[326] Var. [Ce qu'on admire ailleurs est ici hors de mode:]
J'en voyois là beaucoup passer pour gens d'esprit,
Et faire encore état de Chimène et du Cid,
Estimer de tous deux la vertu sans seconde,
Qui passeroient ici pour gens de l'autre monde,
Et se feroient siffler, si dans un entretien
Ils étoient si grossiers que d'en dire du bien[326-a].
[Chez les provinciaux on prend ce qu'on rencontre.] ( 1644-56)
[326-a] «On voit, dit Voltaire, que Corneille avait encore sur le cœur en 1646 (lisez: en 1642) le déchaînement des auteurs contre le Cid. Il corrigea depuis ces deux vers ainsi:
La diverse façon, etc.» (comme dans notre texte.)
[327] Montre, revue de troupes. Voyez le Lexique.
[328] Se faire de mise, se faire valoir. «On dit au figuré qu'un homme est de mise, pour dire qu'il a de la mine, de la capacité, qu'il peut trouver aisément de l'emploi, qu'il peut rendre de bons services.» (Furetière.)
[329] Corneille a dit deux ans plus tard, dans son Remercîment à M. le cardinal de Mazarin, publié en tête de la Mort de Pompée (voyez ci-dessus, p. 10) et placé par nous dans les Poésies diverses:
Sa façon de bien faire est un second bienfait.
[330] Les derniers mots du jeu de scène: «et comme se laissant choir,» manquent dans l'édition de 1663.
[331] Var. Le mien ne brûle pas du moins si promptement. (1644-56)
[332] Var. Je m'y suis fait longtemps craindre comme un tonnerre.
[CLIT. Que lui va-t-il conter?] DOR. Et durant tout ce temps. (1644-56)
[333] Var. Et la gazette même a souvent divulgués.... (1644-64)
[334] Var.Maraud, te tairas-tu?
(A Clarice.) Avec assez d'honneur j'ai souvent combattu,
Et mon nom a fait bruit peut-être avec justice.
CLAR. Qui vous a fait quitter un si noble exercice?
DOR. Revenu l'autre hiver pour faire ici ma cour. (1644-56)
[335] Ces deux vers ont quelque rapport avec les vers 189 et 190 du Cid:
Attaquer une place, ordonner une armée,
Et sur de grands exploits bâtir sa renommée.
[336] Var. Madame, Alcippe approche; il aura de l'ombrage. (1644-56)
[337] Var. La langue du cocher a bien fait son devoir. (1644-56)
[338] Cliton parle suivant l'usage parisien, avec lequel Dorante, qui arrive de Poitiers, n'est pas encore familiarisé. On disait alors simplement «la Place,» pour «la place Royale.» Ainsi nous lisons dans une lettre de Mme de Sévigné (30 juillet 1677, tome V, p. 241): «Prenez-vous la maison de la Place pour un an?—Je n'en sais rien.»
[339] Var. Ah! depuis qu'une femme a le don de se taire,
[Elle a des qualités au-dessus du vulgaire;]
Cette perfection est rare, et nous pouvons
L'appeler un miracle, au siècle où nous vivons,
Puisqu'à l'ordre commun le ciel fait violence,
La formant compatible avecque le silence.
Moi, je n'ai point d'amour en l'état où je suis,
[Et quand le cœur m'en dit, j'en prends par où je puis.
[340] Var. Et la nature souffre entière violence. (1660-64)
[341] Var. Je t'en crois sans jurer avecque tes boutades. (1644-56)
[342] L'édition de 1682 porte, par erreur, le plus cher, pour les plus chers.
[343] Var. Avecque vos amis vous avez tout pouvoir. (1644-56)
[344] Var. Depuis un mois et plus on me voit de retour;
Mais, pour certain sujet, je sors fort peu de jour:
La nuit, incognito, je rends quelques visites. (1644-56)
[345] Les mots tout bas manquent dans les deux éditions de 1644.
[346] Var. De cinq bateaux qu'exprès j'avois fait apprêter. (1644-56)
[347] Var. S'il eût pris notre avis, ou s'il eût craint ma haine,
Il eût autant tardé qu'à la couche d'Alcmène. (1644-56)
[348] Se passer à, se contenter de Voyez le Lexique.
[349] Var. Je remets en ton choix de parler ou te taire. (1644 in-12 et 48-56)
[350] Corneille désigne ici par le mot Authentiques les extraits sommaires des Novelles, qu'on a placés, dans le Code de Justinien, à la suite des constitutions abrogées ou modifiées.—L'école de Bologne avait divisé le Digeste en trois parties, nommées le vieux Digeste, l'Infortiat (voyez le Lutrin de Boileau, chant V, vers 203), et le nouveau.
[351] Noms de divers jurisconsultes et professeurs célèbres, dont on étudiait les écrits dans les écoles. François Accurse (Accursius) était de Florence (1151-1229); Pierre Balde (Baldus) de Ubaldis (1327-1400), disciple de Bartole, était de Pérouse; Jason Maino (Jaso Magnus, 1435-1519), et André Alciat (1492-1550), le précurseur de Cujas, étaient tous deux de Milan.
[352] Généraux de l'empereur Ferdinand III. La campagne à laquelle Dorante se vantait d'avoir pris part avait été heureuse et brillante. Le 3 novembre 1636, de Rantzau forçait Galas à lever le siége de Saint-Jean de Losne; le 3 mars 1638, le duc de Weimar faisait prisonniers les quatre généraux de l'Empereur, et Jean de Wert était amené en triomphe à Paris; enfin, le 17 janvier 1642, le comte de Guébriant s'emparait de la personne de Lamboy et de Merci à Kempen, et obtenait à cette occasion le bâton de maréchal de France. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, les noms de ces généraux auraient pu éveiller de tristes souvenirs.
[353] Voyez la Notice, p. [121].
[354] Donner des bayes (baies) à quelqu'un, c'est le tromper. Voyez le Lexique.
[355] Urgande la déconnue est la fée protectrice d'Amadis de Gaule; quant à Mélusine, son histoire est racontée tout au long par Jehan d'Arras, dans un roman publié en 1478 et dont l'extrait est devenu populaire.
[356] Var. De faire voir partout la pompe et les dangers. (1644-56)
Var. Que de mêler partout la pompe et les dangers. (1660)
[357] Voyez tome I, p. 24, note 245, et le Lexique.—A ce vers Thomas Corneille, dans l'édition de 1692, a substitué celui-ci:
Vous couvriront de honte en devenant publiques.
[358] Var. Nous les démêlerons; mais tous ces vains discours. (1644-56)—Dans l'édition de 1692, ce vers a été ainsi modifié:
N'en prends point de souci; mais tous ces vains discours.
[359] Var. Aussi, d'en recevoir visite et compliment,
Et lui donner entrée en qualité d'amant,
S'il faut qu'à vos projets la suite ne réponde,
Je m'engagerois trop dans le caquet du monde. (1644-56)
[360] Var. Ce que vous souhaitez est la même justice;
Et d'ailleurs c'est à nous à subir votre loi:
Je reviens dans une heure, et Dorante avec moi. (1644-56)
[361] Var. Afin qu'avec loisir vous le puissiez connaître. (1644-56)
[362] Var. CLARICE, ISABELLE. (1644-60)
[363] Var. Quoique en ce choix les yeux aient la première part,
Qui leur défère tout met beaucoup au hasard. (1644-56)
[364] Var. Mais sans leur obéir, il les doit satisfaire. (1644-56)
[365] Var. Et qui nous doit donner plus de peur que d'envie. (1644-56)
[366] Var. Dont vous verriez l'humeur rapportante[366-a] à la vôtre? (1644-56)
[366-a] Les éditions de 1648-56 donnent rapportant, sans accord.
[367] Var. Je voudrois en ma main avoir un autre amant,
Sûre qu'il me fût propre, et que son hyménée. (1644-56)
[368] Un vers presque semblable se trouve dans l'Iphigénie de Racine (acte I, scène II):
On dit qu'Iphigénie, en ces lieux amenée,
Doit bientôt à son sort unir ma destinée.
[369] Var. Pour en venir à bout sans que rien se hasarde. (1644-56)
[370] Var. Elle n'a point d'amant qui devienne jaloux. (1644-63)
[371] Var. Et là, sous ce faux nom, vous lui pourrez parler. (1644-56)
[372] Var. Nous connoîtrons Dorante avecque cette ruse. (1644-56)
[373] Var. Et tout ce qu'on peut dire en semblable sujet. (1644-56)
[374] Dans l'édition de 1692: CLARICE, bas.
[375] Var. Ce que j'ai, malheureuse! et peux-tu l'ignorer? (1644-56)
[376] Au sujet du tutoiement sur la scène française, Voltaire fait la remarque suivante, que nous ne donnons qu'à titre de renseignement historique: «On tutoyait alors au théâtre. Le tutoiement, qui rend le discours plus serré, plus vif, a souvent de la noblesse et de la force dans la tragédie; on aime à voir Rodrigue et Chimène l'employer. Remarquez cependant que l'élégant Racine ne se permet guère le tutoiement que quand un père irrité parle à son fils, ou un maître à un confident, ou quand une amante emportée se plaint à son amant:
Je ne t'ai point aimé, cruel! qu'ai-je donc fait?
(Andromaque, acte IV, scène V.)
Hermione dit:
Ne devois-tu pas lire au fond de ma pensée?
(Ibidem, acte V, scène III.)
Phèdre dit:
Eh bien! connois donc Phèdre et toute sa fureur.
(Phèdre, acte II, scène V.)
Mais jamais Achille, Oreste, Britannicus, etc., ne tutoient leurs maîtresses. A plus forte raison cette manière de s'exprimer doit-elle être bannie de la comédie, qui est la peinture de nos mœurs. Molière en fait usage dans le Dépit amoureux, mais il s'est ensuite corrigé lui-même.»
[377] Var. Mais pour passer la nuit avecque ton galant.... (1644-56)
[378] De toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, les deux de 1644 sont les seules qui donnent fou (foû); fol est l'orthographe des suivantes; fou revient en 1692.
[379] Var.Je le devrois bien être. (1644-56)
[380] Tel est le texte des éditions antérieures à 1652; il nous a paru préférable à celui des impressions de 1652 à 1682, qui toutes donnent, au vers 529, au moins, pour à moins. Celle de 1692 a rétabli notre leçon: «A moins qu'en attendant, etc.»
[381] A propos de ce vers, qu'il blâme, Voltaire rappelle un ancien usage: «On demande comment Corneille a épuré le théâtre? C'est que de son temps on allait plus loin. On demandait des baisers et on en donnait. Cette mauvaise coutume venait de l'usage où l'on avait été très-longtemps en France, de donner par respect un baiser aux dames sur la bouche, quand on leur était présenté. Montaigne dit qu'il est triste pour une dame d'apprêter sa bouche pour le premier mal tourné qui viendra à elle avec trois laquais.»—Voici le texte de Montaigne: «C'est une desplaisante coustume, et injurieuse aux dames, d'avoir à prester leurs levres à quiconque a trois valets à sa suitte, pour mal plaisant qu'il soit.» (Essais, livre III, chapitre V.)
[382] Var. Le redoutable effet de mon ressentiment. (1644-56)
Var. Le juste et prompt effet de mon ressentiment. (1660)
[383] Var. Régleront par le sort tes plaisirs ou tes larmes. (1644)
[384] Var. Mais ce n'est pas ici qu'il le faut quereller. (1644-56)
[385] Var. Je croyois ce matin voir une île enchantée. (1648-56)
[386] Var. Dedans le Pré-aux-Clercs tu verras mêmes choses. (1644-56)
[387] Var. A ce que tu verras vers le Palais-Royal[387-a]. (1644)
[387-a] Le cardinal de Richelieu fit bâtir ce palais par Jacques le Mercier. Les fondements en furent jetés en 1629 sur les ruines des hôtels de Mercœur, de Rambouillet, et de quelques maisons voisines. Il ne fut achevé qu'en 1636. On le nommait d'abord hôtel de Richelieu, mais son propriétaire fit inscrire en lettres d'or sur un marbre au-dessus de la grande porte: Palais Cardinal. Cette inscription fut critiquée, notamment par Balzac (voyez le Lexique). Elle fut toutefois conservée jusqu'au moment où, Louis XIV ayant quitté le Louvre pour habiter le palais Cardinal, que Richelieu lui avait légué, le marquis de Fourille, grand maréchal des logis de la maison du Roi, persuada à la Régente qu'il ne convenait pas que le Roi habitât une maison qui portait le nom d'un de ses sujets; la Reine ordonna d'ôter l'inscription. «On commença dès lors à donner à ce palais le nom de Palais-Royal, qu'il a toujours retenu depuis, quoique la même reine régente, à la prière de la duchesse d'Aiguillon, eût fait remettre l'inscription de palais Cardinal, qu'on y voit encore aujourd'hui,» dit en 1742, dans sa Description de Paris (tome II, p. 220), Piganiol de la Force, qui nous a fourni les détails qui précèdent.—«Ce quartier (où est le Palais-Royal), qui est à présent un des plus peuplés de Paris, n'était, dit Voltaire, que des prairies entourées de fossés, lorsque le cardinal de Richelieu y fit bâtir son palais. Quoique les embellissements de Paris n'aient commencé à se multiplier que vers le milieu du siècle de Louis XIV, cependant la simple architecture du palais Cardinal ne devait pas paraître si superbe aux Parisiens, qui avaient déjà le Louvre et le Luxembourg. Il n'est pas surprenant que Corneille dans ces vers cherchât à louer indirectement le cardinal de Richelieu, qui protégea beaucoup cette pièce, et même donna des habits à quelques acteurs (voyez ci-dessus, p. 126). Il était mourant alors, en 1642, et il cherchait à se dissiper par ces amusements.»
[388] Var. Où la chaleur de l'âge et l'honneur te convie
D'exposer à tous coups et ton sang et ta vie. (1644-56)
[389] Var. Honnête, belle et riche. (1644-56)
[390] Var.Ah! Monsieur, je frémi. (1644-64)
[391] Var. Je veux qu'un petit-fils puisse tenir ton rang. (1644-64)
[392] Var.Mais s'il m'est impossible[392-a]? (1644-63)
[392-a] L'édition de 1682 porte, par erreur: «Mais il est impossible?»
[393] Var. Ah! si vous la saviez! (1644-68)
[394] L'édition de 1656 est la seule qui porte col, et non cou (coû).
[395] «On faisoit autrefois des montres à sonnerie, qui sonnoient d'elles mêmes à l'heure, à la demie, et quelquefois aux quarts.» (Dictionnaire de Trévoux.)
[396] Au commencement du dix-septième siècle, on disait indifféremment horloger ou horlogier, et quelquefois horlogeur. Les éditions de 1656 et de 1692 donnent seules horlogers. Voyez le Lexique.
[397] Var. Pensons faire beaucoup de différer un peu.
Comme à ce boulevard l'un et l'autre travaille. (1644-56)
[398] Le mot ici manque dans l'édition de 1663, qui donne cette indication à la marge.
[399] Var. Donc, pour sauver ma vie avecque son honneur. (1644-56)
[400] Var. Oh l'utile secret de mentir à propos! (1644-56)
[401] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1644-60.
[402] Var. DORANTE, après avoir lu. (1644-68)
[403] Var.
[Autre billet.]
BILLET D'ALCIPPE A DORANTE.
Une offense reçue
Me fait, l'épée en main, souhaiter votre vue.
Je vous attends au mail. ALCIPPE.
DORANTE, après avoir lu.
Oui, volontiers,
Je te suis. (Lycas rentre, et Dorante continue seul.)
Hier au soir je revins de Poitiers. (1644-56)
Le mot seul est omis dans l'édition de 1692.
[404] Var. Mon heur en est extrême, et l'aventure est rare. (1644-60)
[405] Var. Qui me battois à froid et sans savoir pourquoi, (1644-56)
[406] Var.Quoi que j'aye[406-a] pu faire,
Je crois n'avoir rien fait qui vous doive déplaire. (1644-56)
[406-a] Voltaire fait sur ce vers la remarque suivante: «le mot aye ne peut entrer dans un vers, à moins qu'il ne soit suivi d'une voyelle avec laquelle il forme une élision.»
[407] Var. Jusques à cejourd'hui, que sortant d'embuscade,
Vous m'en avez conté l'histoire par bravade. (1644-56)
[408] Var. De voir sitôt finir notre division. (1644 et 48)
[409] Var. Prenez sur un appel le loisir d'y rêver,
Sans commencer par où vous devez achever. (1644-56)
[410] Var. Je viens de tout savoir d'un des gens de Lucrèce. (1644-56)
[411] L'édition de 1692 donne seule su, au lieu de vu.
[412] Var. Comme il en voit sortir ces deux beautés masquées,
Sans les avoir au nez de plus près remarquées,
Voyant que le carrosse, et chevaux, et cocher,
Étoient ceux de Lucrèce, il suit sans s'approcher,
Et les prenant ainsi pour Lucrèce et Clarice. (1644-56)
[413] L'édition de 1656 donne, par une erreur évidente, cesse, pour cessez.
[414] Var. J'ai fait ce grand vacarme à ce divin objet? (1644-56)
[415] Var. Ou bien, s'il l'a donnée, il l'a donnée en songe. (1644-64)
[416] Il y a tes dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, bien qu'Alcippe d'ordinaire ne tutoie pas Dorante. L'impression de 1692 donne vos.
[417] Var. Le voyant resté seul avecque son valet. (1644-56)
[418] Var. Et si l'on les veut croire, ont vu chaque campagne. (1644-56)
[419] Var. D'une autre toute fraîche il dupe encore Alcippe. (1644-56)
[420] Var. Il aura su qu'Alcippe étoit aimé de vous. (1644-56)
[421] Var. Quoi? votre humeur ici lui désobéira? (1644-56)
[422] «Cette métaphore, tirée de l'art des armes, paraît aujourd'hui peu convenable dans la bouche d'une fille parlant à une fille; mais quand une métaphore est usitée, elle cesse d'être une figure. L'art de l'escrime étant alors beaucoup plus commun qu'aujourd'hui, sortir de garde, être en garde, entrait dans le discours familier, et on employait ces expressions avec les femmes mêmes; comme on dit à la boule-vue à ceux qui n'ont jamais vu jouer à la boule; servir sur les deux toits à ceux qui n'ont jamais vu jouer à la paume; le dessous des cartes, etc.» (Voltaire.)
[423] Var. Non, je lui veux parler par curiosité. (1644-56)
[424] Var. Et si c'étoit lui-même, il me pourroit connoître. (1644-56)
[425] Var. Ne hésiter jamais, et rougir encor moins[425-a]. (1644-60)
[425-a] Les éditions de 1648-56 donnent rapportant, sans accord.
[426] Les mots à Isabelle manquent dans les deux éditions de 1644; et de même avant le vers 941 et le vers 949 les mots à Clarice.
[427] Var. Il continue encore à te conter sa chance.
CLARICE, à Lucrèce. Il continue encor dans la même impudence. (1644-56)
[428] Telle est ici l'orthographe de toutes les éditions, y compris celle de 1692. Voyez plus bas, p. [236], note 493, le même vers écrit différemment (avec accord du participe) dans plusieurs éditions.
[429] Var. Que la foudre à vos yeux m'écrase, si je mens! (1644-56)
[430] Var. Et n'en a vu qu'à coups d'écritoire et de verre. (1644-63)
[431] On lit tout autre dans les éditions de 1648-60. Voyez tome I, p. 228, note 759.
[432] C'est-à-dire: Vous payez d'imposture. Voyez le Lexique.
[433] Voyez ci-dessus les vers 349 et 350, (page [166)] et la Notice, p. [122].
[434] Var. [CLIT. Si jamais cette part tomboit dans le commerce,]
Quelque espoir dont l'appas vous endorme ou vous berce,
Si vous trouviez marchand pour ce trésor caché. (1644-56)
[435] «Voilà deux vers qui sont passés en proverbe.» (Voltaire.)—Ils sont imités de l'espagnol. Voyez l'Appendice, p. [259].
[436] Var. Elle recevra point un accueil moins farouche. (1644-56)
[437] Var. Mais de quelques effets que les siens soient suivis. (1644-56)
[438] Voyez ci-dessus, p. 138, note 314.
[439] Var. Et quoique sur ce point elle les désavoue. (1644-64)
[440] Var. A quelque prix qu'ils soient, il m'en faut acheter. (1644-56)
[441] Var.L'on ne sait; mais dedans ce murmure,
A peu près comme vous je vois qu'on le figure. (1644-56)
[442] Var. Un homme tel que nous ne se réjouit guère. (1644-68)
[443] Var. Croit qu'on doive l'entendre au moindre mot qu'il dit. (1644-56)
[444] Un peu plus haut (acte II, scène VI, vers 703 et 704) Cliton a dit:
Avec ces qualités j'ose bien espérer
Qu'assez malaisément je pourrai m'en parer.
Ces deux passages sont ironiques; Voltaire a donc tort de dire: «On peut remarquer qu'espérer ne se prenant jamais en mauvaise part, ne peut pas servir de synonyme à craindre, et qu'ici l'expression n'est point juste.»
[445] Var. Mais vous en contez tant, à toute heure, en tout lieu,
Que quiconque en échappe est bien aimé de Dieu. (1644-63)
[446] Var. Que pour en échapper il faudroit de bons yeux. (1664)
[447] L'opinion générale est que ce fut le chevalier Digby qui apporta en France ce prétendu remède. Il exposa ses principes devant l'Académie de Montpellier, dans un Discours non daté, dont le privilége est du 21 décembre 1651, et une vive polémique s'engagea sur ce point; mais on voit qu'il était question beaucoup plus tôt de la poudre de sympathie. Déjà en 1647 un traité spécial était publié à Paris sous ce titre: Nicolaï Papinii... de pulvere sympathico dissertatio, in-8o. Nous pouvons remonter encore un peu plus haut: l'édition de 1644 de l'Abrégé chirurgical d'Honoré Lamy est augmentée d'un Discours de la poudre de sympathie par M. G. Sauvageon. Nous y trouvons un renseignement qui nous reporte tout juste au temps où Corneille fait parler Dorante. «Il faut savoir, dit l'auteur, qu'il y a quelque deux ou trois ans que cette poudre commença d'avoir cours en ce royaume; mais elle se donna ouvertement à connoître en l'année 1642 en l'armée de Roussillon.» La recette avait été achetée une cinquantaine de pistoles d'Espagne.
[448] Var. Qu'en moins de fermer l'œil on ne s'en souvient pas. (1644-60)
[449] Var. Que ce serait pour toi des trésors inutiles. (1644-64)
[450] Var. Vous avez bien besoin de dix des mieux nourries. (1644 et 48)
Var. Vous aviez bien besoin de dix des mieux nourries. (1652-56)
[451] C'est dans ce sens que «M. de Bautru, parlant d'une personne dont il n'étoit pas encore sorti un bon mot, disait: «Il est toujours plein de bons mots.» (Ménagiana, tome II, p. 239.)
[452] Ici Cliton, frappé d'un étonnement mêlé d'admiration, saisit la basque de l'habit de Dorante et la baise. Je ne sais si ce jeu de scène est fort ancien; il était pratiqué par Dazincourt, qui, à la vérité, en ajoutait souvent à ses rôles. Plusieurs, qui semblaient un peu outrés, ont été supprimés après lui; mais celui-ci, adopté par M. Samson, qui a fait preuve en ces matières d'un goût si fin et si sûr, paraît définitivement consacré.
[453] Var. Que l'aise que j'avois ne put pas me permettre. (1644-56)
[454] Var. Il est homme qui fait litière de pistoles. (1644-56)
[455] Var. De toute cette nuit elle n'a point dormi. (1644-56)
[456] Var. SABINE, LUCRÈCE. (1644-63)
[457] Var. Elle meurt de savoir que chante le poulet. (1644-56)
[458] Var. Qu'avec un peu de temps on amollit leurs âmes. (1644-56)
[459] Var. Qu'il peut me rencontrer et paroître à mes yeux. (1644-56)
[460] Var. Que je suis pour le croire, et non pas pour l'aimer. (1644-56)
[461] Var. [Que qui se croit aimée aime bientôt après.]
LUCR. Si je te disois donc qu'il va jusqu'à m'écrire,
Que je tiens son billet, que j'ai voulu le lire?
CLAR. Sans crainte d'en trop dire ou d'en trop présumer,
Je dirois que déjà tu vas jusqu'à l'aimer.
[LUCR. La curiosité souvent dans quelques âmes.] (1644 in-4o)
[462] N'en casser que d'une dent signifie qu'on ne mangera point de quelque chose, qu'on n'en aura pas plein contentement, ou qu'on n'obtiendra point ce qu'on prétend. Voyez le Dictionnaire de Furetière.
[463] Var. Laissons là cette folle, et me dis cependant. (1644-56)
[464] Prendre sur le vert, c'est prendre à l'improviste. Voyez le Lexique.
[465] Dans les éditions de 1644-56, cette scène a pour interlocuteurs GÉRONTE et ARGANTE (voyez les variantes des Acteurs, p. 140, note 1), et commence de la manière suivante:
ARG. La suite d'un procès est un fâcheux martyre.
GÉR. Vu ce que je vous suis, vous n'aviez qu'à m'écrire,
Et demeurer chez vous en repos à Poitiers;
J'aurois sollicité pour vous en ces quartiers.
Le voyage est trop long, et dans l'âge où vous êtes,
La santé s'intéresse aux efforts que vous faites.
Mais puisque vous voici, je veux vous faire voir
Et si j'ai des amis, et si j'ai du pouvoir.
Faites-moi la faveur cependant de m'apprendre
[Quelle est et la famille et le bien de Pyrandre.]
ARG. [Quel est-il, ce Pyrandre?] GÉR. Un de vos citoyens.
—Dans un passage du Discours du poëme dramatique (tome I, p. 43), où Corneille parle de la nécessité de faire connaître, dès le premier acte, tous les acteurs qui devront paraître dans les suivants, il nous apprend en ces termes ce qui l'a déterminé à modifier ainsi cette scène: «Le plaideur de Poitiers (Argante), dans le Menteur, avoit le même défaut; mais j'ai trouvé le moyen d'y remédier en cette édition, où le dénouement se trouve préparé par Philiste et non par lui.»
[466]
Var. Cette rare beauté qu'ici mêmes on prise?
Vous connoîtrez le nom de cet objet charmant,
Qui de votre Poitiers est l'unique ornement? (1644-56)
Var. Cette rare beauté qu'ici même l'on prise? (1660-64)
[467] Var. [N'a plus d'occasion de m'en faire un secret.]
ARG. Quelque envieux sans doute avec cette chimère
A voulu mettre mal le fils auprès du père;
Et l'histoire, et les noms, tout n'est qu'imaginé.
Pour tomber dans ce piège, il étoit trop bien né,
Il avoit trop de sens et trop de prévoyance.
A de si faux rapports donnez moins de croyance.
GÉR. C'est ce que toutefois j'ai peine à concevoir:
Celui dont je le tiens disoit le bien savoir,
Et je tenois la chose assez indifférente.
Mais dans votre Poitiers quel bruit avoit Dorante?
ARG. D'homme de cœur, d'esprit, adroit et résolu;
Il a passé partout pour ce qu'il a voulu.
Tout ce qu'on le blâmoit (mais c'étoient tours d'école),
C'est qu'il faisoit mal sûr de croire à sa parole,
Et qu'il se fioit tant sur sa dextérité,
Qu'il disoit peu souvent deux mots de vérité;
Mais ceux qui le blâmoient excusoient sa jeunesse;
Et comme enfin ce n'est que mauvaise finesse,
Et l'âge, et votre exemple, et vos enseignements,
Lui feront bien quitter ces divertissements.
Faites qu'il s'en corrige avant que l'on le sache:
Ils pourroient à son nom imprimer quelque tache.
Adieu: je vais rêver une heure à mon procès.
GÉR. Le ciel suivant mes vœux en règle le succès[467-a]! (1644-56)
[467-a] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.
[468] Var. Quoi! Dorante a donc fait un secret mariage? (1660 et 63)
[469] Var. Mais il nous a servis d'une collation. (1660-64)
[470] Var. Et d'un discours en l'air, que forme l'imposteur,
Il m'en fait le trompette et le second auteur! (1644-56)
[471] Var. Ceux qui l'ont jusqu'à nous fait passer dans leur sang? (1644-56)
[472] Var. Tout ce que l'un a fait, l'autre le peut défaire. (1644-56)
[473] Var. Tu n'es pas gentilhomme, étant sorti de moi. (1644 in-4o)
[474] Var. Est-il vice plus lâche, est-il tache plus noire. (1644-56)
[475] Var. Épris d'une beauté qu'à peine ai-je pu voir. (1644-56)
[476] Var. [Que venoient ses beautés d'allumer dans mon âme;]
Et vous oyois parler d'un ton si résolu,
Que je craignis sur l'heure un pouvoir absolu:
Ainsi donc, vous croyant d'une humeur inflexible,
Pour rompre cet hymen, je le fis impossible;
[Et j'avois ignoré, Monsieur, jusqu'à ce jour.] (1644 in-4o)
[477] Var. Que la dextérité fût un crime en amour. (1644-64)
[478] Voyez tome I, p. 150, note 496.
[479] «Cette plaisanterie est tirée de l'opinion où l'on était alors que le troisième accès de fièvre décidait de la guérison ou de la mort.» (Voltaire.)
[480] Var. Et qui sait si d'ailleurs l'affaire entre eux conclue
Rencontrera sitôt la fille résolue? (1644-56)
[481] Var. De ma première amour j'ai l'âme un peu gênée. (1644-63)
[482] Var. Et porter votre père à faire la demande? (1644-56)
[483] Il y a dans les Plaideurs de Racine (acte II, scène VI) un vers presque semblable:
Avez-vous déchiré ce papier sans le lire?
[484] Ces mots à Clarice et un grand nombre des indications semblables qui se trouvent dans cette scène (quatorze sur trente-cinq) manquent dans les deux éditions de 1644.
[485] Var. Il t'en conte de nuit, comme il me fait de jour. (1644-56)
[486] Var. Votre âme du depuis ailleurs s'est engagée.
DOR. Pour un autre déjà je vous aurois changée? (1644-56)
[487] Var. Je me fais marié pour tout[487-a] autre que vous.
CLAR. Et qu'avant que l'hymen avecque moi vous lie. (1644-56)
[487-a] Voyez plus haut la note du vers 1020 (note ([431]).
[488] Ici l'édition de 1682 porte aussi tout autre pour toute autre.
[489] Var. Dites qu'avant qu'on puisse autrement m'engager. (1644)
Var. Dites qu'avant qu'on puisse autre part m'engager. (1648-56)
[490] Var. Moi-mêmes, à mon tour, je ne sais où j'en suis. (1644-56)
[491] Exclamation qui indique l'heureux dénoûment d'une affaire. Elle a ici un sens ironique. Voyez le Lexique.
[492] Var. Vous diroit-il bien vrai pour la première fois? (1644 in-4o)
[493] Var. Les jours que j'ai vécus[493-a] sans vous avoir servie. (1644-56)
[493-a] Les autres éditions portent ici, comme plus haut, vécu, sans accord. Voyez ci-dessus, p. [192], vers 950.
[494] Var. Un seing de votre main, l'affaire est terminée. (1644-56)
[495] Au tome III, p. 296, nous avons rapproché ce vers et le suivant des vers 340 et 341 d'Horace.
[496] Voyez ci-dessus, p. [137].
[497] Voyez ci-dessus, p. [132]-[134].
[498] Voyez plus haut, p. [140], note 316.
[499] Voyez l'Examen, p. [137] et [138].
[500] C'est aujourd'hui la Calle Mayor.
[501] Nous adoptons l'orthographe des éditions modernes espagnoles.
[502] Acte I, scène I, vers 7.
[503] Ibidem, vers 90.
[504] Voyez ibidem, vers 102-104.
[505] Voyez acte I, scène II, vers 105-152.
[506] Acte I, scène III, vers 153 et suivants.
[507] Voyez ci-dessus, p. [137].
[508] Acte III, scène V, vers 1004.
[509] Acte I, scène IV, vers 197.
[510] Ibidem, vers 209.
[511] Voyez ibidem, vers 205 et suivants.
[512] Voyez acte I, scène V, vers 291 et suivants.
[513] Ibidem, vers 279 et 280.
[514] Acte I, scène VI, vers 323 et 324.
[515] Acte II, scène I, vers 383 et 384.
[516] Voyez ibidem, vers 389.
[517] Acte II, scène I, vers 398.
[518] Acte II, scène II, vers 404 et suivants.
[519] Ibidem, vers 443 et 444.
[520] Ibidem, vers 448. Voyez aussi les vers 464 et 465.
[521] Voyez acte II, scène II, vers 426 et suivants.
[522] Ibidem, vers 423.
[523] Ibidem, vers 450.
[524] Voyez ses notes sur la scène V du IIIe acte et sur le vers 955. La seconde de ces notes ne se trouve pas dans la première édition de son commentaire.
[525] Voyez acte II, scène III, vers 469 et suivants.
[526] Voyez acte II, scène III, vers 530.
[527] Ibidem, vers 474 et 534.
[528] Acte II, scène IV.
[529] Voyez ci-dessus, p. 244.
[530] Scène V.
[531] Scène III.
[532] Acte II, scène V, vers 591-594.
[533] Voyez ibidem, vers 615.
[534] Acte II, scène V, vers 618 et 619.
[535] Ibidem, vers 638.
[536] Ibidem, vers 665-674.
[537] Acte II, scène VI, vers 686-705.
[538] Acte II, scène VIII, vers 720-724.
[539] Comparez vers 769 et suivants.
[540] Acte III, scène II.
[541] Acte III, scène VI, vers 1079 et 1080.
[542] Acte IV, scène I, vers 1129, 1130, et scène III, vers 1169, 1170.
[543] Voyez acte IV, scène I, vers 1120.
[544] Voyez ibidem, vers 1132 et suivants.
[545] Acte IV, scène II, vers 1164.
[546] Acte II, scène V, vers 652.
[547] Acte IV, scène I, vers 1143 et 1144.
[548] Voyez acte IV, scène IV, vers 1227 et suivants.
[549] Ibidem, vers 1232.
[550] Acte IV, scène IV, vers 1254.
[551] Acte IV, scène V, vers 1260 et 1261.
[552] Acte V, scène I, vers 1478 et suivants.
[553] Acte V, scène III, vers 1501.
[554] Acte V, scène II.
[555] Acte V, scène III, vers 1519 et 1520.
[556] Comparez vers 1523 et suivants.
[557] Comparez vers 1543 et suivants.
[558] Acte V, scène III, vers 1581 et suivants.
[559] Acte V, scène VI, vers 1717.
[560] Voyez ibidem, vers 1724; et même acte, scène IV, vers 1620 et suivants.
[561] Voyez ci-dessus, p. [138].
[562] Voyez p. 137.
[563] A l'occasion de nos impartiales analyses, nous devons ajouter un mot sur une Histoire de la littérature dramatique des Espagnols, écrite en allemand, ouvrage très-utile et très-bien fait d'ailleurs, mais où sont prononcées contre le Menteur et le Cid de Corneille des censures fort injustes, d'un esprit exclusif, et qui supposent une étude trop incomplète. Voyez Geschichte der dramatischen Literatur und Kunst in Spanien, von Ad. Friedr. von Schack, tome II, p. 430 et p. 625.
Le tome III du même ouvrage, que nous regrettons d'avoir lu trop tard, présente, au détriment de Corneille, d'autres injustices qui, ajoutées aux précédentes, feraient croire, tant elles marquent d'inattention et d'arbitraire, à une aveugle prévention, indigne d'un tel critique. L'une de ces erreurs (p. 373) consiste à supposer que le Cid est une imitation combinée ou compilation des deux modèles fournis concurremment à Corneille par Castro et par Diamante, erreur d'autant plus étrange qu'elle est avancée à titre de rectification d'un jugement tout contraire exprimé au tome II. En se rétractant ainsi, sur la foi d'un certain sentiment de l'originalité espagnole, singulièrement déçu cette fois, M. de Schack oublie de réfuter la preuve péremptoire, la preuve chronologique, qu'il avait si justement invoquée lui-même. Il se laisse prendre au piége d'un petit article inséré par Voltaire au tome II de la Gazette littéraire de l'abbé Arnaud, et montrant très-peu de confiance envers la critique de Voltaire, il se donne pour convaincu par celle de l'abbé Arnaud, qui n'est autre que Voltaire lui-même dans l'article en question. Mais, pour en finir avec Diamante, nous avons nous-même à rectifier la supposition que nous avons faite au tome III, p. 238, que sa pièce n'avait été imprimée qu'une fois au dix-septième siècle, en 1658-1659. Il faut joindre à cette édition celle qui est comprise dans ses deux volumes de Comédies, Madrid, 1670 et 1674.
L'autre procédé, non moins arbitraire, regarde l'Héraclius. Pour maintenir en possession de la priorité l'Espagnol Calderon, qui a traité le même sujet dans son drame intitulé: En esta vida todo es verdad y todo mentira, M. de Schack (p. 177) antidate de vingt-sept ans la première publication de cette pièce, et la fait remonter à l'an 1637. Il est vrai qu'il se rétracte encore sur cette nouvelle erreur, et dans le même volume, p. 289; mais l'absence de toute date en sa faveur ne lui suffit pas pour renoncer à l'imputation de plagiat contre Corneille, et c'est ce dont nous aurons à parler au prochain volume.
V.
[564] Le Menteur, le Hâbleur, représenté à Mantoue au printemps de 1750.
[565] Voyez la Notice du Menteur, p. [122] et suivantes.
[566] Tome XVII, p. 163.
[567] Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, 2e édition, p. VII.
[568] Voyez p. [279] et [285].
[570] On lit dans le Journal du Théâtre françois (tome II, fol. 853 verso): «La troupe royale mit au théâtre au commencement du mois suivant (décembre 1643) une comédie nouvelle de Corneille intitulée la Suite du Menteur.... Cette pièce.... n'eut que trois représentations; mais les comédiens du Marais l'ayant remise quatre ans après à leur théâtre, elle en eut dix, et elle y fut très-applaudie.»
[571] Cette épître ne se trouve que dans les éditions antérieures à 1660.
[572] Voyez l'Épître en tête du Menteur, p. [131].
[573] Voyez tome II, p. 119 et note 348.
[574] Voyez la Poétique d'Aristote, chapitre iv, et l'Art poétique d'Horace, vers 333 et suivants.
[575] Corneille a dit ailleurs: «Il est hors de doute que c'est une habitude vicieuse que de mentir; mais il débite ses menteries avec une telle présence d'esprit et tant de vivacité, que cette imperfection a bonne grâce en sa personne, et fait confesser aux spectateurs que le talent de mentir ainsi est un vice dont les sots ne sont point capables.» (Discours du poëme dramatique, tome I, p. 32.)
[576] Il y a garant (garand), au singulier, dans toutes les éditions (1644-1656).
[577] Ce sont les vers 267 et 268 de l'Art poétique, mais ils ne s'appliquent pas à ce que dit ici Corneille.
[578] Var. (édit. de 1648-1656): par les règles de poésie.
[579] Horace, Art poétique, vers 343.
[580] Var. (édit. de 1648-1656): Mais pourvu qu'ils ayent.
[581] Voyez tome I, p. 17 et note 224.
[582] Voyez tome I, p. 17 et note 225.
[583] Var. (édit. de 1656): Cependant, quand on mêle.
[584] Voyez tome I, p. 38 et note 281.
[585] Var. (édit. de 1648-1656): nous en fournira assez.
[586] Voyez tome I, p. 24 et note 245.
[587] Voyez tome I, p. 18.
[588] Voyez tome I, p. 20.
[589] Dans les éditions publiées du vivant de Corneille, cet examen suit celui du Menteur, qui finit par ces mots: «la comédie se termine avec pleine tranquillité de tous côtés.» Thomas Corneille, qui dans l'édition de 1692 a placé les examens après chaque pièce, a ainsi modifié la première phrase de celui-ci: «L'effet de cette pièce n'a pas été, etc.» Voyez tome I, p. 137, note 448.
[590] Voyez l'Appendice (page [241]); et ci-dessus, la Notice (page [119]) du Menteur, p. 119.
[591] Voyez acte II, scène II.
[592] Voyez acte I, scène II, vers 205 et suivants.
[593] Var. (édit. de 1660 et de 1663): que le poëte se donne à lui-même.
[594] Var. (édit. de 1645-1656): Philiste, amoureux de Mélisse.
[595] Var. (édit. de 1645-1656): Lyse, servante de Mélisse.
[596] Corneille dit dans le Discours des trois unités, tome I, p. 120, que: «la Suite fait voir la prison et le logis de Mélisse dans Lyon,» et que «les différentes décorations font reconnoître cette duplicité de lieu.»
[597] Var. Et quoique après deux ans ton souvenir s'avise. (1645-56)
[598] Var. Ton devoir, quoique tard, enfin s'est éveillé. (1645-56)
[599] Var. Tout cet attirail prêt qu'on fait pour l'hyménée,
[Les violons choisis, ainsi que la journée:]
Qui se fût défié que la nuit de devant
Votre propre grandeur dût fendre ainsi le vent? (1645-56)
[600] Faire gille, se sauver, s'enfuir. Voyez le Lexique.
[601] Var. Et tout simple et doucet, sans y chercher finesse. (1645-64)
[602] Attendant le temps, l'occasion. Voyez le Lexique.
[603] Var. Mais quand j'eus bien pensé qu'il falloit à mon âge. (1645-56)
[604] Var. Et que quelques appas qui me pussent ravir. (1645-56)
[605] Var. Comme fait un sergent pour les deniers du Roi. (1645-60)
[606] Var. Je demande d'entrer; et vous trouvant ici,
Je trouve avecque vous mon voyage accourci. (1645-56)
[607] Var. N'aurons-nous point ici des guerres d'Allemagne? (1645-56)
[608] Var. L'autre, qui voit pour lui le séjour dangereux,
Saute sur mon cheval, et lui donne des deux. (1645-56)
[609] Var. Et surtout le cheval, lui seul, en ce rencontre,
Vaut et le pistolet, et l'épée, et la montre. (1645-56)
[610] Voyez ci-dessus, p. [175] et [176].
[611] Var. Vous serez innocent avant qu'il soit huit jours. (1645-60)
[612] Il n'a pas le sou. Voyez le Lexique.
[613] Var. Et je doute sans toi si nous eussions soupé. (1645-56)
[614] Cette indication manque dans l'édition de 1645.
[615] «Pistole, pièce d'or qui n'est point battue au coin de France et qui vaut onze livres. Il y a des pistoles d'Italie et des pistoles d'Espagne. Une pistole légère, une pistole bonne et de poids.» (Dictionnaire de Richelet, 1680.)
[616] Var. Bien souvent on perd tout pour vouloir tout savoir. (1645-56)
[617] Voyez tome I, p. 150, note 496.
[618] Var.Je tremble, il la va refuser. (1645-56)
[619] Var. [Mais qu'elle me pardonne]
Si.... CLIT. Je meurs, je suis mort. (1645-56)
[620] Dans l'édition de 1692, on a, pour varier (voyez l'indication qui précède le vers 205), substitué ensuite à puis.
[621] Var. Regarde-moi. LYSE. Je le veux. CLIT. Que t'en semble? (1645-56)
[622] Tromper sur un achat, supposer des déboursés imaginaires. Voyez le Lexique.
[623] Voyez la Notice du Menteur, p. [123], et même page, note 272.
[624] C'est-à-dire j'étalerai mes feux, mes sanglots, etc. Voyez le Lexique, et ci-dessus, p. 196, note 1.
[625] Telle est l'orthographe de ce mot dans toutes les éditions, même dans celle de 1692 et dans la première de Voltaire (1764).
[626] Var. Adieu: je serai peu sans vous venir revoir. (1645-56)
[627] Var.Adieu, beau Nazillard. (1645-56)
[628] Voyez ci-dessus la Notice du Menteur, p. [123]-[125].
[629] Var. Vous en riez aussi! DOR. Veux-tu point que j'en rie? (1645-56)
[630] Var.Vous dites avoir le coup qu'on vous impute.
Voyez ce cavalier; en seroit-ce l'auteur? (1645-56)
[631] Var. De perdre un si grand cœur quand je le puis sauver. (1645-56)
[632] Var. Je vous tiens pour brave homme, et vous connois fort bien. (1645-56)
[633] L'édition de 1682 porte seule: «je me perdois,» pour: «je me perdrois.»
[634] Var. Pour le bien du public je le veux publier. (1645-56)
[635] Var. Qui savoit les tailler de si digne façon. (1645-56)
[636] Dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, ce verbe est au subjonctif (avec une s ou un accent circonflexe: pust, pût).
[637] Var. Aux meilleurs d'après lui put donner quinze et bisque[637-a]. (1645-56)
[637-a] Terme du jeu de paume. On disait proverbialement à un homme sur qui l'on se vantait d'avoir de l'avantage en quelque chose que ce fût, qu'on lui donnerait quinze et bisque. Voyez le Lexique.
[638] Voyez ci-dessus, p. [15], note 32.
[639] «C'est précisément ce que dit Antoine à César dans la tragédie de Pompée (acte III, scène III, vers 952):
Et si j'étois César, je la voudrois aimer.»
(Voltaire.)
[640] Var. Et ce qui vaut bien mieux que toutes ses richesses. (1645-63)
[641] C'est-à-dire je m'en contenterais, je m'en arrangerais bien. Voyez ci-dessus, p. [156], note 348.
[642] Var. Et je pense, s'il faut ne vous déguiser rien,
Que si j'étois son fait, il seroit bien le mien. (1645-56)
[643] Var. Comme il y tient sa place, il fait ce qu'il doit faire. (1645-56)
[644] Var. Et je lui dois mon cœur, s'il le daigne estimer. (1645-56)
[645] Souscrirez, signerez.
[646] Var. Et je m'ennuie enfin qu'avec cette grimace. (1645-56)
[647] Var.Sommes-nous en Espagne, ou bien en Italie?
LYSE. Les amoureux, Madame, ont chacun leur folie. (1645-56)
[648] Var. C'est le plus généreux qui ait jamais[648-a] vécu. (1645)
[648-a] Cette transposition est très-vraisemblablement une faute d'impression; voyez cependant au tome II, p. 188, la note qui se rapporte à la variante du vers 1190.
[649] Les éditions de 1682 et de 1692 donnent seules il; toutes les autres ont elle.
[650] Var. De peur que ce duel ne pût être éventé. (1645-56)
[651] Var. Que sans armes chacun sortit par une porte. (1645-64)
[652] Var. Donc à les redoubler mets toute ton étude. (1645-56)
[653] Var. Que si tous leurs efforts ne le peuvent tirer. (1645-56)
[654] C'est-à-dire courir à la prison, m'y rendre en courant. Voyez le Lexique.
[655] Tablatures, instructions, leçons. Voyez le Lexique.
[656] Var. Cette scène est dans la prison. (1663, en marge.)
[657] Var. Mais puisque je vous vois, mon sort m'est assez doux. (1645-56)
[658] Var. Qui fit jaloux Alcippe avecque tant d'adresse. (1645-56)
[659] Var. Fut-il pas le témoin du conte que vous fîtes?
Vous sépara-t-il pas lorsque vous vous battîtes?
Et sait-il pas enfin les plus rusés détours. (1645-56)
[660] Bricoler, au propre, c'est diriger une balle, une bille, un boulet de façon à atteindre le but indirectement et par raccroc; au figuré, c'est suivre des voies obliques, et activement, conduire par des voies obliques. Voyez le Lexique.
[661] Var. Donc sans perdre de temps, souffrez que j'aille apprendre. (1645-56)
[662] Var. Comme va maintenant l'amour ou la folie? (1645-60)
[663] Var. Par générosité lui rendrons-nous les armes? (1645-68)
[664] Var. Comme un galant commode, assez incommodé. (1645-56)
[665] Var. Éclaireront ce trouble, et purgeront ces soins. (1648-56)
[666] Var. Je veux le dérober. Mais qu'est-ce qui le suit? (1645-68)
[667] Telle est l'orthographe de toutes les éditions, sans excepter celle de 1692.
[668] Var. Voyez-vous pas que c'est ma maîtresse elle-même? (1645-60)
[669] Var. Qui? celle qui m'écrit? (1645 et 48)
[670] Var. A l'aimer tant soit peu vous l'eussiez deviné. (1645-56)
[671] Var. Quand je dis vrai, Monsieur, j'entends que l'on me croie. (1645-56)
[672] Var. Mais vous le montreriez. (1645-68)
[673] Var. Demain donc je le viendrai reprendre. (1645-56)
[674] Cette indication manque dans les impressions de 1645-63.
[675] Var. Peut-être à mon retour je te saurai guérir. (1645-56)
[676] Var. Mais on tremble toujours de peur qu'on ne les rende. (1645-60)
[677] Var. De crainte qu'aussitôt l'amour ne s'estropie. (1645-60)
[678] Var. Mais laissons ce discours, qui vous peut ennuyer. (1645-56)
[679] Var. Tais-toi, tu m'étourdis avecque tes raisons. (1645-56)
[680] Cette indication manque dans les éditions de 1645-60; celle de 1663 la donne en marge; dans les suivantes, elle est placée après le titre de la scène et les noms des acteurs.
[681] Var. J'ai des gens là dehors qui gardent qu'on n'écoute. (1645-56)
[682] Var. Et je vous puis parler en toute sûreté. (1645-56)
[683] De la gaieté, de l'enjouement. Voyez le Lexique.
[684] Var. Pour donner son avis il n'attend qu'on le prie. (1645-56)
[685] Var. J'en voudrois savoir un de l'humeur dont il est. (1645-56)
[686] Var. Croyez qu'à le trouver vous auriez grande peine. (1645-68)
[687] Var. Voilà de ses bons mots les grâces plus exquises. (1645-56)
[688] Var. Qu'il m'ôte les moyens de rien faire pour vous. (1645-56)
[689] Var. Vous figurez-vous point ce que ce pourroit être? (1645-56)
[690] Il y a croit, sans accent et sans s, dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille et dans celle de 1692. Voltaire (1764) a donné croît.
[691] Var. De lui ravir l'honneur en conservant ses jours. (1645-56)
[692] Var. J'en ai fait mon ami, j'ai part dedans sa gloire;
Et je ne voudrois pas qu'on me pût reprocher. (1645-56)
[693] L'édition de 1656 porte: «je te suis,» pour: «je te fus.»
[694] Var. Si je t'ai pu manquer de foi. (1645-56)
[695] Var.Sur toi retombent tes vengeances.... (1645)
Var.Sur toi retombent des vengeances.... (1648-56)
[696] On lit ici pourtrait dans l'édition originale, qui, comme les autres, donne partout ailleurs portrait.
[697] Ce vers a été omis par erreur dans l'édition de 1656.
[698] Var. Je lui regarde aux mains aussitôt comme aux yeux. (1645-56)
[699] Var. Ainsi détruit le temps les choses plus solides[699-a]. (1645-56)
[699-a] L'édition de 1645 porte en marge, à côté de ce vers, les mots: à Dorante.
[700] Var. Ce portrait, qu'il faut que l'on me rende. (1645-56)
[701] Var. C'est ma sœur que j'amène, à cause qu'il fait nuit. (1645-56)
[702] Var. Si je te nuis ici, c'est avecque regret. (1645-56)
[703] Tel est le texte de toutes les éditions, y compris celle de 1692. Voltaire (1764) y a substitué «tant d'épouvante.»
[704] Var. Que sait-on si c'est point le dessein de Madame? (1645-56)
[705] Var. Si j'étois que de vous, je voudrois hasarder,
Et de force ou de gré je le saurois garder. (1645-56)
[706] Les éditions de 1663-82 donnent cette échange, au féminin; les précédentes et celle de 1692 font le mot masculin: cet échange.
[707] Var. Ainsi font deux soldats logés chez le bonhomme[707-a]. (1645-68)
[707-a] L'édition de 1692 et Voltaire, dans la sienne, ont adopté cette variante.
[708] Var. Et sur l'original vous pouvez tout prétendre. (1645-56)
[709] Var. Je retirois mon cœur en retirant ce gage. (1645-60)
[710] Var. Que tous mes jours usés dessous votre service. (1645-64)
[711] Var. Je le sais; mais, Madame, en cas que je l'emporte,
Où vous dois-je chercher? (1645-56)
[712] Place de Lyon, qui, au commencement du dix-septième siècle, était encore une prairie, souvent inondée. La ville l'acquit en 1618.
[713] Var. Elles rabaissent toutes deux leur coiffe. (1645-56)—Elles abaissent toutes deux leur coiffe. (1660-68)—Voltaire (1764) a substitué baissent à abaissent.
[714] «Cette scène où Mélisse voilée vient voir si on lui rendra son portrait devait être d'autant plus agréable que les femmes alors étaient en usage de porter un masque de velours, ou d'abaisser leurs coiffes quand elles sortaient à pied. Cette mode venait d'Espagne, ainsi que la plupart de nos comédies.»
(Voltaire.)
[715] Var. PHILISTE, DORANTE, CLITON; MÉLISSE, LYSE, qui s'écoulent incontinent (1645);—.... qui s'échappent incontinent. (1648-60)
[716] Var. Laissez-les s'écouler, je vous dirai qui c'est. (1645)
[717] L'orthographe de ce mot est roolle dans toutes les éditions, hormis celle de 1656, qui a roole, par une seule l.
[718] Par une erreur singulière, les éditions de 1645-56 portent toutes: «Je n'ai point perdu de temps,» ce qui fait un vers de treize syllabes.
[719] Var. Ce sont formalités que la justice veut;
Autrement, disent-ils, l'affaire ne se peut;
Mais je crois qu'ils en font ainsi que bon leur semble. (1645-56)
[720] Ce vers se retrouve presque textuellement dans les Plaideurs de Racine, acte II, scène I:
«Vous aurez tout moyen de vous entretenir.»
[721] Les éditions de 1664-82 et, à leur exemple, celle de 1692 ajoutent LYSE aux personnages de cette scène. C'est une erreur évidente: voyez p. 346, note 1.
[722] Var. Vraiment, je suis ravi que mon élection. (1645-60)
[723] Var. Cette digne oraison que j'avois tantôt faite. (1645-56)
[724] Voyez acte I, scène VI, vers [375] et suivants.
[725] Var. Pour de pareils sujets peut-on s'en garantir? (1645-68)
[726] Var. Et toi-même, à ton tour, penses-tu point mentir? (1645-56)
[727] Var. Toujours à contre-temps son malheur le produit. (1645-56)
[728] Var. Il vous eût fort avant donné dedans la vue. (1645-56)
[729] Var. Vous font ainsi tout croire et ne douter de rien! (1645-60)
[730] Var. Lyse, c'est un amour bientôt fait que le nôtre. (1645-56)
Var. Lyse, c'est un traité bientôt fait que le nôtre. (1660)
[731] Var. Et sans s'inquiéter de mille peurs frivoles[731-a]. (1645-64)
[731-a] Voltaire, qui, dans son texte (1764), donne, comme nous, ce vers d'après l'impression de 1682, le cite dans une note avec de mille, pour d'aucunes, d'après les éditions de 1645-64.
[732] «L'assurance que prend Mélisse, au quatrième de la Suite du Menteur, sur les premières protestations d'amour que lui fait Dorante, qu'elle n'a vu qu'une seule fois, ne se peut autoriser que sur la facilité et la promptitude que deux amants nés l'un pour l'autre ont à donner croyance à ce qu'ils s'entre-disent; et les douze vers qui expriment cette moralité en termes généraux ont tellement plu, que beaucoup de gens d'esprit n'ont pas dédaigné d'en charger leur mémoire.» (Discours du poëme dramatique, tome I, p. 19.) Une note de Voltaire confirme ce qu'avance Corneille: «Si la Suite du Menteur, dit-il, est tombée, ces vers ne le sont pas; presque tous les connaisseurs les savent par cœur.»—L'idée exprimée dans ce passage revient plusieurs fois dans les pièces de Corneille. Voyez tome II, p. 308 et 309.
[733] Ce n'est pas là précisément ce que dit Sylvandre; mais dans le troisième livre de la seconde partie de l'Astrée, il grave un cadran «dont l'aiguille tremblante tournoit du côté de la tramontane, avec ce mot: J'EN SUIS TOUCHÉ: voulant signifier que tout ainsi que l'aiguille du cadran étant touchée de l'aimant se tourne toujours de ce côté-là (parce que les plus savants ont opinion que, s'il faut dire ainsi, l'élément de la calamite y est), par cette puissance naturelle, qui fait que toute partie recherche de se rejoindre à son tout; de même son cœur atteint des beautés de sa maîtresse, tournoit incessamment toutes ses pensées vers elle. Et pour mieux faire entendre cette conception, il ajouta ces vers:
MADRIGAL.
L'aiguille du cadran cherche la tramontane
Touchée avec l'aimant,
Mon cœur aussi touché des beautés de Diane
La cherche incessamment.»
[734] La leçon d'une autre n'est que dans les éditions de 1664 et de 1668. Toutes les autres donnent: d'un autre. Voyez tome I, p. 228, note 759 a.—L'édition de 1692 a le féminin, qui, de toute manière, parait ici préférable.
[735] L'Astrée, célèbre roman pastoral d'Honoré d'Urfé, divisé en cinq parties, dont la première a paru en 1610 et la dernière en 1625. Cette édition ne se trouve plus, dit M. Brunet en parlant de la 1re partie de 1610, in-4o, dédiée à Henri IV.
[736] Le village d'Astrée n'est pas nommé par d'Urfé, qui se contente de placer le lieu de la scène dans le Forez, sur les bords du Lignon.
[737] Var. Qu'elle et son Céladon étoient de mes parents. (1645-68)
[738] D'Urfé dit, dès les premières pages de son roman, qu'Astrée et Céladon «se virent poussés par les trahisons de Semyre aux plus profondes infortunes,» mais il ne donne point de détails particuliers à ce sujet, et, dans la Tragico-médie pastorale, où les amours d'Astrée et de Céladon sont meslées à celles de Diane, de Sylvandre et de Paris, par le sieur de Rayssiguier.... 1630, Sémire ne paraît même pas.
[739] Toutes les éditions donnent ce prisonnier. Voltaire (1764) y a substitué: un prisonnier.
[740] Var. MÉL. Avec? CLÉAND. Avec Dorante. MÉL. Avec ce cavalier. (1645-56)
[741] Var. Qu'à cette lâcheté je pusse consentir! (1645)
[742] Var. Tu t'en fâches, ma sœur? MÉL. Je m'en fâche pour vous:
D'un mot il vous peut perdre, et je crains son courroux.
CLÉAND. Il est trop généreux; et puis notre querelle. (1645-56)
[743] Var. La plus belle ait de quoi suborner de bons yeux. (1645-56)
[744] Var. C'est encore votre ordre, ou je le conçois mal. (1645-56)
[745] Var. Je le viens d'obliger à prendre la maison. (1645-56)
[746] Var. Vous pensez l'engager avecque de tels gages. (1645-56)
[747] Var. Sans l'avoir jamais vu, je connois son courage. (1645-68)
[748] Var. Et si ces foibles traits n'ont pas de quoi lui plaire. (1645-56)
[749] Var. S'il aime en autre lieu, n'en appréhendons rien. (1645-60)
[750] Var. Votre amour me ravit, je la veux couronner. (1645-56)
[751] Var. Avecque tes façons que veux-tu que j'attrape? (1645-56)
[752] Var. S'excusera-t-il mieux que le mien ne l'excuse? (1645-56)
[753] En faveur de, à la faveur de.
[754] Cette indication manque dans les éditions antérieures à 1663.
[755] Garder le mulet, locution proverbiale, qui signifie «attendre longtemps, s'ennuyer à attendre.»
[756] L'édition de 1663 omet ici les mots à la fenêtre, et porte en marge, à côté du premier vers de la scène: Mélisse et Lyse sont à la fenêtre.
[757] Var. Ah! que je suis ravie! (1645)
[758] Var. Vous revoir en ce lieu me persuade mieux. (1645-56)
[759] Var. L'erreur n'est pas un crime; et votre chère idée. (1645-56)
[760] Var. Que dedans votre objet le sien s'est confondu. (1645-56)
[761] Voyez tome I, p. 299, note 978. L'édition de 1692 a quelque, sans s.
[762] Var. Et me prenant pour l'être à l'habit rouge et vert.... (1645-56)
[763] Var. M'ont jeté de roideur sur un monceau de tuiles. (1645-56)
[764] Var. La belle occasion dont je n'ai pu jouir. (1645-63)
[765] Var. Puissiez-vous recevoir dedans son entretien. (1645-56)
[766] Voyez le Menteur, acte III, scène IV.
[767] Var. Aujourd'hui même erreur trompe votre maîtresse. (1645-60)
[768] Var. Vous pourrez maintenant tout savoir de Philiste.
DOR. Cliton, tout au contraire, il le faut éviter. (1645-56)
[769] Var. Et crois devoir au moins ignorer son amour. (1645-56)
[770] Var. Tu les sais prodiguer. (1645-56)
[771] Var. Vois quelle est sa méthode, et tâche de l'apprendre. (1652-56)
[772] But à but, c'est-à-dire d'une manière égale, sans nous faire réciproquement aucun avantage. C'est un terme de jeu.
[773] Var. Pour l'âme et pour le cœur, autant que tu voudras. (1645-56)
[774] Var. Avec toute assurance il se peut déclarer. (1645-56)
[775] Var. DORANTE, MÉLISSE, CLITON, LYSE. (1645-52)
[776] Var. Si je le puis guérir, ou s'il faut que j'y cède. (1645-56)
[777] Var. Et de quel ennemi je me dois défier. (1645-56)
Var. Et de quel ennemi je dois me défier. (1660)
[778] Var. A son injuste loi que faut-il que j'impute? (1645-56)
[779] Var. Du moins avecque vous je puis les partager. (1645-56)
[780] Var. N'aigrissez point ma plaie, elle est assez ouverte. (1645-56)
[781] Var. Et je me résoudrois à lui désobéir,
Si je pouvois aussi me résoudre à trahir. (1645-56)
[782] Var. Par ce que je lui dois jugez, dans ma misère,
Ce que j'ai dû promettre et ce que je dois faire. (1645-56)
[783] Var. Puisque même à vous voir je vous trahis tous deux:
Lui, soutenant vos feux, avecque ma présence;
Vous, parlant pour Philiste, avecque mon silence. (1645-56)
[784] Var. Je n'y puis consentir, et n'y sais que répondre. (1645-64)
[785] Var. Vos dames de Paris vous appellent vers elles. (1645-56)
[786] Var. Vous ne m'échappez point, à moins que m'introduire. (1645-56)
[787] Var. [Et nous serons ainsi l'un et l'autre contents.]
Je voudrois toutefois vous dire une nouvelle,
Et vous en faire rire en sortant d'avec elle:
Chez un de mes amis je viens de rencontrer
Certain livre nouveau que je vous veux montrer.
[Vous me semblez troublé.] (1645-56)
[788] Var. Vous m'aimez, je l'ai su, Monsieur, de votre bouche. (1645-56)
[789] Var. Jugez par là, Monsieur, quel malheur nous menace. (1645-56)
[790] Var. Si de votre départ j'ai paru me piquer. (1645-56)
[791] Var. Vous les quittiez pour moi, je n'y puis consentir. (1645-56)
[792] Au sujet de ce refrain, critiqué par Voltaire:
Rentrez dans la prison dont vous vouliez sortir,
voyez ci-après l'Appendice, p. 394.
[793] Les mots à Mélisse, et, avant le vers 1900, à Cléandre, manquent dans l'édition originale.
[794] Var. [Et croyez qu'à l'envi je vous serai fidèle.]
Cher ami, cependant connoissez-vous ceci[794-a]?
(Il lui montre le Menteur imprimé.)
DOR. Oui, je sais ce que c'est; vous en êtes aussi:
Un peu moins que le mien votre nom s'y fait lire;
Et si Cliton dit vrai[794-b], nous aurons de quoi rire.
C'est une comédie où, pour parler sans fard,
Philiste, ainsi que moi, doit avoir quelque part:
Au sortir d'écolier, j'eus certaine aventure
Qui me met là dedans en fort bonne posture;
On la joue au Marais, sous le nom du Menteur.
CLIT. Gardez que celle-ci n'aille jusqu'à l'auteur,
Et que pour une suite il n'y trouve matière;
La seconde, à mon gré, vaudroit bien la première.
DOR. Fais-en ample mémoire, et va le lui porter;
Nous prendrons du plaisir à la représenter:
Entre les gens d'honneur on fait de ces parties,
Et je tiens celle-ci pour des mieux assorties.
PHIL. Le sujet seroit beau. DOR. Vous n'en savez pas tout.
MÉL. Quoi? jouer nos amours ainsi de bout en bout!
CLÉAND. La majesté des rois, que leur cour idolâtre,
Sans perdre son éclat, monte sur le théâtre:
C'est gloire, et non pas honte; et pour moi, j'y consens.
PHIL. S'il vous en faut encor des motifs plus puissants,
Vous pouvez effacer avec cette seconde
Les bruits que la première a laissés dans le monde,
Et ce cœur généreux n'a que trop d'intérêt
Qu'elle fasse partout connoître ce qu'il est.
CLIT. Mais peut-on l'ajuster dans les vingt et quatre heures?
DOR. Qu'importe? CLIT. A mon avis, ce sont bien les meilleures;
Car, grâces au bon Dieu, nous nous y connoissons;
Les poëtes au parterre en font tant de leçons,
Et là cette science est si bien éclaircie,
Que nous savons que c'est que de péripétie,
Catastase, épisode, unité, dénoûment,
Et quand nous en parlons, nous parlons congrûment.
Donc, en termes de l'art, je crains que votre histoire
Soit peu juste au théâtre, et la preuve est notoire:
Si le sujet est rare, il est irrégulier;
Car vous êtes le seul qu'on y voit marier[794-c].
DOR. L'auteur y peut mettre ordre avec fort peu de peine:
Cléandre en même temps épousera Climène;
Et pour Philiste, il n'a qu'à me faire une sœur
Dont il recevra l'offre avec joie et douceur;
Il te pourra toi-même assortir avec Lyse.
CLIT. L'invention est juste, et me semble de mise.
Ne reste plus qu'un point touchant votre cheval:
Si l'auteur n'en rend compte, elle finira mal;
Les esprits délicats y trouveront à dire,
Et feront de la pièce entre eux une satire,
Si de quoi qu'on y parle, autant gros que menu,
La fin ne leur apprend ce qu'il est devenu.
CLÉAND. De peur que dans la ville il me fit reconnoître,
Je le laissai bientôt libre de chercher maître;
Mais pour mettre la pièce à sa perfection,
L'auteur, à ce défaut, jouera d'invention.
DOR. Nous perdons trop de temps autour de sa doctrine;
Qu'à son choix, comme lui, tout le monde y raffine;
Allons voir comme ici l'auteur m'a figuré,
Et rire à mes dépens après avoir pleuré.
CLITON, seul. Tout change, et de la joie on passe à la tristesse;
Aux plus grands déplaisirs succède l'allégresse.
[Ceux qui sont las debout se peuvent aller seoir.] (1645-56)
[794-a] Les éditions de 1648-56 portent avant ce vers: «A Dorante.»
[794-b] Voyez vers 269 et suivants.
[794-c] Ceci pourrait bien être une allusion au triple mariage qui termine la pièce espagnole. Voyez l'Appendice, p. [394] et [395].
[795] Voyez plus haut l'Appendice du Menteur, p. [241] et [242].
[796] On trouve la même pièce dans la Biblioteca de autores españoles de Rivadeneyra, tome II des Comedias escogidas de Lope, Madrid, 1855, grand in-8o.
[797] Acte I, scène I, vers 70.
[798] A peine encore le nom, car il l'écrivait Lopez.
[799] Acte III, scènes III et IV.
[800] Dans la dernière note de la pièce.
[801] Voyez ci-dessus, p. [388], note 794.
[802] Acte III, scène II, p. 337 et 338.
[803] Acte IV, scène I, vers 1221 et suivants.
[804] Voyez ci-dessus, p. [279] et [285].
[805] Les frères Parfait placent Marguerite en 1640 et Philoclée en 1642; cette dernière pièce, qui contient, dit-on, quelques vers de Richelieu, a inspiré à la Chapelle un Téléphonte, à la Grange-Chancel un Amasis, et à Voltaire sa Mérope. Plus habile à choisir ses sujets qu'à les bien traiter, Gabriel Gilbert fit représenter en 1646 Hippolyte ou le Garçon insensible, et eut l'honneur de fournir à Racine l'hémistiche célèbre:
C'est toi qui l'as nommé,
heureusement traduit d'Euripide.
Auteur de beaucoup d'autres ouvrages, nommé secrétaire des commandements de la reine Christine, et devenu son résident en France en 1657, c'est-à-dire après son abdication, il ne trouva la fortune ni dans ses occupations littéraires, ni dans ses fonctions officielles, et mourut, suivant toute apparence, vers 1675, recueilli par la famille d'Hervart, si bienveillante pour les gens de lettres pauvres, si célèbre par les soins délicats dont elle sut plus tard entourer la Fontaine.
[806] Mouhy, dans le Journal du Théâtre françois manuscrit que nous avons déjà cité plus d'une fois, mais auquel nous n'ajoutons qu'une confiance fort limitée, dit que les deux ouvrages furent représentés par «la troupe royale,» et que la pièce de Corneille fut jouée «deux mois» après celle de Gilbert (tome II, fol. 864 verso et 869 recto). Au reste, bien qu'ils diffèrent sur quelques points de détail, tous les historiens du théâtre s'accordent à mettre les deux pièces dans l'année 1644, et par conséquent à regarder la Rodogune de Corneille comme antérieure à Théodore, représentée incontestablement en 1645. Dans son édition, Voltaire dit d'une part que la Rodogune de Gilbert a été jouée à la fin de 1645, et de l'autre il place, suivi en cela par M. Lefèvre, la Rodogune de Corneille en 1646, après Théodore. Il ne fait pas connaître le motif qui l'a porté à un classement si contraire au témoignage unanime de tous ceux qui se sont occupés de notre théâtre; mais ce motif est facile à deviner, et, au premier abord, il ne manque pas d'une certaine force. Théodore a été imprimée avant Rodogune, et dans tous les recueils, si l'on en excepte celui de 1663, elle passe la première[806-a]. C'est pour ne pas changer cet arrangement que Voltaire a modifié les dates données partout; mais il aurait dû remarquer qu'une courte notice quasi officielle sur Corneille, publiée moins de dix ans après la représentation de Rodogune, intervertit cet ordre. Dans sa Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, publiée en 1653, Pellisson s'exprime ainsi (p. 553 et 554) à l'égard de notre poëte:
«Corneille. Pierre Corneille, avocat général à la table de marbre de Rouen, né au même lieu. Il a composé jusques ici vingt-deux pièces de théâtre, qui sont Mélite, Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale, Médée, l'Illusion comique, le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, la Mort de Pompée, le Menteur, la Suite du Menteur, Rodogune, Théodore, Héraclius, Don Sanche d'Arragon, Andromède, Nicomède, Pertharite. Il a fait imprimer aussi deux livres de l'Imitation de Jésus-Christ en vers, et travaille aux deux autres.»
Fontenelle n'est pas moins explicite à cet égard: «A la Suite du Menteur succéda Rodogune,» dit-il dans sa Vie de Corneille (Œuvres, tome III, p. 105). On doit donc penser, suivant nous, que Théodore n'ayant nullement réussi, Corneille, qui n'avait point intérêt à en retarder l'impression afin de conserver aux comédiens qui l'avaient montée un privilége dont ils se montraient fort peu jaloux, eut hâte d'en appeler aux lecteurs du jugement des spectateurs, et publia Théodore, tandis que Rodogune poursuivait le cours de son succès. Plus tard, dans les recueils, on adopta sans doute l'ordre de l'impression plutôt que celui de la représentation.
[806-a] Dans l'édition de 1660, Théodore vient immédiatement après Pompée et précède le Menteur et la Suite du Menteur; Rodogune suit ces deux comédies. Dans l'impression de 1692, le Menteur et la Suite du Menteur sont placés après Pompée, et terminent le tome II; Théodore et Rodogune commencent le tome III.
[807] Œuvres, tome III, p. 106.
[808] Pages 62 et 63.
[809] Nous donnons en appendice, à la suite de la tragédie, l'analyse de cette pièce de Gilbert par les frères Parfait.
[810] Œuvres, tome III, p. 53 et 54.
[811] Page 67.
[812] Mercure de mai 1740, p. 845.
[813] Galerie des acteurs du Théâtre français, tome II, p. 4.
[814] Folio 869 recto.
[815] Voyez ci-dessus, p. [5] et [6].
[816] Tome II, p. 9.
[817] Tome II, p. 275.
[818] Tome II, p. 12.
[819] Acte V, scène III, vers 1559.
[820] Lettre à milord*** sur Baron, p. 5 et 6; et Lemazurier, tome I, p. 99.
[821] On sait qu'en ce temps-là on se tenait debout au parterre.
[822] Acte V, scène IV, vers 1826.
[823] Galerie des acteurs du Théâtre français, tome II, p. 195 et 196.
[824] Mémoires.... Anecdote sur Rodogune, p. 227 et suivantes.
[825] Acte I, scène V, vers 359-362.
[826] «L'Oracle, comédie en un acte, en prose, par M. de Saint-Foix, donnée pour la première fois sur le Théâtre françois le 22 mars 1740, avec beaucoup de succès, et souvent revue depuis avec plaisir. Cette pièce offre un tableau charmant du langage de la nature, rendu avec toutes les grâces et la naïveté possible par l'aimable actrice qui fait le rôle de Lucinde, c'est-à-dire Mlle Gaussin.» (Dictionnaire portatif des théâtres. Paris, 1754.)
[827] Pages 323 et suivantes.
[828] Cette épître, adressée au grand Condé, n'est que dans les éditions antérieures à 1660.
[829] Telle est l'orthographe de toutes les éditions où l'Épître a paru du vivant de Corneille.
[830] Dunkerque s'était rendu au duc d'Enghien le 7 octobre 1646. Ce prince, au moment où Corneille publia Rodogune, ne portait le nom de Condé que depuis deux mois environ: son père était mort le 26 décembre 1646.—Nous n'avons pas besoin de rappeler que les divers exploits rappelés plus haut étaient tous de date récente: la bataille de Rocroi, du 19 mai 1643; la prise de Thionville, du 10 août de la même année; la prise de Philippsbourg, du 9 septembre 1644; la victoire de Nordlingen, du 3 août 1645.
[831] Cette espèce d'avertissement, où l'auteur indique ses sources, ne se trouve que dans les impressions de 1647, 1652 et 1655.—Le fragment historique qui est placé en tête est tiré des chapitres LXVII-LXIX des Affaires ou Guerres de Syrie d'Appien.
[832] Cette fille de Ptolomée (Philométor) n'est autre que la Cléopatre de cette tragédie. Avant d'épouser Démétrius Nicanor (ou Nicator), elle avait été la femme d'Alexandre Bala.
[833] Antiochus Sidétès.
[834] Antiochus, surnommé Grypus.
[835] Voyez le Discours de la tragédie, tome I, p. 79 et 80.
[836] Voltaire a substitué elle-même à soi-même.
[837] Le chœur de cette tragédie est composé de jeunes filles de Trachine, amies et compagnes de Déjanire.
[838] Voyez ci-après, tome V, le commencement de la Notice d'Héraclius.
[839] Aristote, dans sa Poétique, cite avec éloge l'Iphigénie en Tauride; mais nous ne voyons pas où il la «donne pour exemple d'une parfaite tragédie.»
[840] Var. (édit. de 1655): du trente-huitième.
[841] Voyez le chapitre I du livre XXXIX de Justin.
[842] Voyez le chapitre I du livre XXXVI du même auteur.
[843] Voyez le chapitre II du livre XXXIX.
[844] Voyez les chapitres V-IX.
[845] Il faut se souvenir que les Examens ont paru pour la première fois dans l'impression de 1660 (voyez tome I, p. 137, note 1). Cela explique que parfois, comme celui-ci dans ses deux premiers paragraphes, ils ne soient que la répétition ou le résumé des Avertissements rédigés par Corneille pour des éditions antérieures et remplacés plus tard par les Examens.
[846] Voyez ci-dessus, p. [414] et [415]. Corneille, comme on peut le voir, a un peu modifié sa traduction.
[847] Dans les scènes I et iv.
[848] Voyez le Discours de la tragédie, tome I, p. 79 et 80.
[849] Var. (édit. de 1660): dans la cour.
[850] «Peut-être préféroit-il Rodogune parce qu'elle lui avoit extrêmement coûté; car il fut plus d'un an à disposer le sujet.» (Fontenelle, Œuvres, tome III, p. 105.)
[851] Voyez le Discours des trois unités, tome I, p. 113.—Les éditions de 1660 et de 1663 omettent toutes deux les mots: «dans le troisième de ces discours,» et ont la variante fautive que voici: «que je la viens de l'expliquer.» Faut-il lire: «que je la viens d'expliquer,» ou «que je viens de l'expliquer?»—Dans l'impression de 1660, comme dans celles de 1664, 1668 et 1682, le troisième discours, ou Discours des trois unités, est placé en tête du volume qui contient Rodogune; mais dans l'édition de 1663 (in-fol.) il est à la fin.
[852] Voyez le Discours des trois unités, tome I, p. 116 et 117.
[853] Voyez ibidem, tome I, p. 118 et 121.
[854] Dans les scènes I et IV.—Ici Corneille a principalement en vue la Pratique du Théâtre de d'Aubignac, où on lit ce qui suit au sujet de cette narration: «Il faut prendre garde à bien entretenir le discours dans les mouvements et de n'y mêler aucune apparence de récit, parce que, pour peu que cela sente l'affectation, il est vicieux, comme fait exprès en faveur des spectateurs. Aussi ne puis-je jamais conseiller d'user d'une méthode assez commune, mais que j'estime fort mauvaise: c'est à savoir lorsqu'une personne sait une partie de l'histoire et que le spectateur n'en sait encore rien du tout; car en ces occasions les poëtes font répéter ce que l'acteur présent sait déjà, en lui disant seulement: «Vous savez telle chose,» et ajoutant: «Voici le reste, que vous ignorez.» A dire le vrai, cela me semble grossier; j'aimerois mieux faire entrer en motifs de passion ce que l'acteur présent connoît déjà, et trouver ensuite quelque couleur ingénieuse pour traiter le reste par forme de récit ordinaire. Ce défaut est sensible dans la Rodogune, où Timagène feint de ne savoir qu'une partie de l'histoire de cette princesse, et où tout ce qu'on lui répète sommairement et ce qu'on lui conte est après expliqué assez clairement par les divers sentiments des acteurs; si bien que cette narration n'étoit pas même nécessaire: outre qu'il n'est pas vraisemblable que ce Timagène, qui avoit été à la cour du roi d'Égypte avec les deux princes de Syrie, eût ignoré ce qu'on lui conte, qui n'est rien qu'une histoire publique, contenant des batailles, avec la mort et le mariage de deux rois.» (Pages 393 et 394.)
[855] Les éditions de 1660 et de 1663 donnent quelqu'unes, au lieu de quelques-unes.
[856] Var. (édit. de 1660): dans le second acte.
[857] Var. (édit. de 1660-1664): pour leur faire connoître combien, etc.
[858] Voyez les scènes II et III du deuxième acte.
[859] On appelle proprement protatique un personnage qui ne paraît qu'à la protase, c'est-à-dire dans les scènes d'exposition.
[860] Voyez le Discours du poëme dramatique, tome I, p. 46.
[861] Voyez la dernière scène de la pièce.
[862] Voyez la première scène de Médée.
[863] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de Corinthe, où il ne fait qu'arriver.
[864] Voyez l'Examen de Médée, tome II, p. 336.
[865] Voyez la Poétique d'Aristote, chapitres XV et XXV.
[866] On lit dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille (1660-1682): Stratonice, au lieu de Laonice. Cette faute singulière a été corrigée dans l'impression de 1692.
[867] Var. (édit. de 1660 et de 1663): et exciter.
[868] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de ce juste sentiment de reconnoissance pour le bien des deux États.
[869] L'édition de 1692 donne par leurs refus, au pluriel.
[870] Var. (édit. de 1660 et de 1663): avant qu'il ait rien pu savoir de sa mort.
[871] Voyez le Discours de la tragédie, tome I, p. 79 et 80.
[872] Voyez le Discours du poëme dramatique, tome I, p. 27.
[873] Les mots: «veuve de Démétrius Nicanor,» manquent dans les éditions de 1647-1656.
[874] Ces mêmes éditions (1647-1656) donnent seulement «fils de Démétrius;» les mots et de Cléopatre sont omis.
[875] Var. (édit. de 1647-1656): Rodogune, sœur du roi des Parthes.
[876] Var. (édit. de 1647-1656): Timagène, gentilhomme syrien, confident des deux princes.
[877] Var. (édit. de 1647-1656): Oronte, ambassadeur des Parthes.
[878] Var. (édit. de 1647-1656): confidente de la Reine.
[879] Var. Des Parthes avec nous remet l'intelligence,
Affranchit leur princesse, et nous fait pour jamais. (1647-56)
[880] Var. Quand poursuivant le Parthe, et ravageant sa terre,
Il fut, de son vainqueur, son prisonnier de guerre. (1647-56)
[881]
Var. La reine, succombant sous de si prompts orages,
En voulut à l'abri mettre ses plus chers gages,
Ses fils encore enfants, qui par un sage avis
Passèrent en Égypte, où je les ai suivis. (1647-56)
[882] Cléopatre était fille de Ptolémée Philométor. Au temps dont il est ici parlé, ce n'était pas son frère, mais son oncle Ptolémée Évergète II qui régnait en Égypte.
[883] Var. Changeant de bouche en bouche, au lieu de vérités,
N'a porté jusqu'à nous que des obscurités.
LAONICE. Sachez donc qu'en trois ans gagnant quatre batailles,
Tryphon nous réduisit à ces seules murailles,
Les assiége, les bat; et pour dernier effroi,
Il s'y coule un faux bruit touchant la mort du Roi. (1647-56)
[884] De Séleucie.
[885] Var. Presse et force la Reine à choisir un époux. (1647-56)
[886] Var. Croyant son mari mort, elle épouse son frère [886-a]. (1647-56)
[886-a] Antiochus Sidétès, frère de son premier mari, Démétrius Nicanor.
[887] Var. Semble de tous côtés traîner l'heur avec soi:
La victoire le suit avec tant de furie,
Qu'il se voit en deux ans maître de la Syrie. (1647-56)
[888] Var. Dessus nos ennemis rejeta nos alarmes. (1660-64)
[889] Var. Termine enfin la guerre, et lui rend tout l'État. (1647-56)
[890] Var. Ayant régné sept ans sans trouble et sans alarmes,
La soif de s'agrandir lui fait prendre les armes:
Il attaque le Parthe, et se croit assez fort
Pour venger de son frère et la prise et la mort.
Jusque dans ses États il lui porte la guerre;
Il s'y fait partout craindre à l'égal du tonnerre;
Il lui donne bataille, où mille beaux exploits.... (1647-56)
[891] Les éditions de 1682 et de 1692 donnent: Il se veut retirer; mais les premiers mots de la scène suivante montrent que c'est une faute.
[892] Var. Mais d'un frère si cher, que les nœuds d'amitié
Font sur moi de ses maux rejaillir la moitié. (1647-64)
[893] Les éditions de 1654 et de 1664 donnent seules rejaillir; toutes les autres portent rejallir.
[894]
Var. S'il ne la préféroit à tout ce qu'elle donne,
Qui renonçant pour elle à cet illustre rang,
La voudroit acheter encor de tout son sang.... (1647-56)
[895] Var. TIMAGÈNE, rentrant sur le théâtre. (1647-60)
[896] Var. Vous oserois-je ici découvrir ma pensée?
ANTIOCH. Notre étroite amitié par ce doute est blessée. (1647-56)
[897] Var. L'égalité rompue en rompe les beaux nœuds. (1647-56)
[898] Var. Pour le trône cédé, donnez-moi Rodogune. (1647-63)
[899] Var. Vous l'appelez une offre: en effet, c'est choisir;
Et cette même main qui me cède un empire. (1647-56)
[900] Var. Elle vaut à mes yeux tous les trônes d'Asie. (1647-56)
[901] Var. J'espérois que l'éclat qui sort d'une couronne
Vous laisseroit peu voir celui de sa personne. (1647-56)
[902] Voyez ci-après l'Appendice, p. [510].
[903] Var. Cependant, aveuglés dedans notre projet. (1647-56)
[904] Var. Qui mirent l'un en sang, l'autre aux flammes en proie. (1647-56)
[905] Var. Nous avons même droit sur un trône douteux;
Pour la même beauté nous soupirons tous deux. (1647-56)
[906] Var. Et tout tombe en ma main, ou tout tombe en la vôtre.
En vain notre amitié les vouloit partager. (1647-56)
[907] Les éditions de 1682 et de 1692 sont les seules qui, au lieu de votre, donnent ici notre, leçon adoptée par Voltaire; l'impression de 1682 porte votre au vers 161, où c'est une faute encore plus évidente.
[908] C'est-à-dire un regret séducteur, mauvais conseiller. Comparez le vers 835 du Cid, tome III, p. 152.
[909] Var. J'embrasse avecque vous ces nobles sentiments. (1647-56)
[910] Var. Mais, de grâce, achevons l'histoire commencée. (1647-56)
[911] Toutes les éditions, jusqu'en 1660 inclusivement, portent trouvé ou treuvé, invariable.
[912] Var. Trouve encor les appas qu'avoit treuvé le père. (1647 et 52)
Var. Trouve encor les appas qu'avoit trouvé le père. (1654-56)
[913] Var. Et son nouvel amour la veut croire coupable. (1647-56)
[914] Var. Qui ne la veut plus voir qu'en implacable maître. (1647-56)
[915] Var. Elle-même leur dresse un embûche au passage. (1647 in-12 et 52-60)
[916] Var. Contre l'Arménien qui court dessus ses terres. (1647-56)
[917] Var. D'abord qu'ils ont paru tous deux en cette cour. (1647-56)
[918] Var. Je n'ai point encor vu qu'elle aime aucun des deux [918-a]. (1647-56)
[918-a] Cette leçon est aussi celle qu'a donnée Thomas Corneille dans l'édition de 1692.
[919] Var. Non pas que mon esprit, justement irrité,
Conserve à son sujet quelque animosité:
Au bien des deux États je donne mon injure. (1647-56)
[920] Var. Il falloit un prétexte à s'en pouvoir dédire,
La paix le vient de faire; et s'il vous faut tout dire. (1647-56)
[921] C'est-à-dire: Quand je me permettais de lui mal obéir. Voyez tome I, p. 208, note 962.
[922] Var. Et qu'ainsi ma pitié la satisfaisoit mieux. (1647-56)
[923] Var. Quoique égaux en naissance et pareils en mérite. (1647-56)
[924] Var. Il est bien malaisé, dans cette égalité. (1647-56)
[925] Voyez tome II, p. 308 et 309, et ci-dessus, p. [409].
[926] Var. Quelque époux que le ciel me veuille destiner. (1647-56)
[927] Var. C'est à lui pleinement que je me veux donner. (1647-54 et 56)
[928] Var. Et si du malheureux je deviens le partage. (1647-56)
[929] Var. Qu'un autre qu'un mari règne dans ma pensée. (1647-56)
[930] Var. Avecque ce péril vous devez disparoître. (1647-56)
[931] Var. Je l'ai trop acheté pour t'en faire un présent;
Crains tout ce qu'on peut craindre en te désabusant. (1647-56)
[932] Var. Oui, Madame, avec joie, et les princes tous deux. (1647-56)
[933] Var. Si content d'en jouir et de me dédaigner,
Il eût vécu chez elle, et m'eût laissé régner. (1647-56)
[934] Voltaire a mis le singulier: délice. Le mot est au pluriel dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille.
[935] Var. En recevra tantôt celle qui m'y réduit. (1647-56)
[936] Var. Que la guerre sans lui ne se peut rallumer. (1647-56)
[937] Dévaler, descendre. Voyez le Lexique.
—Var. On n'aura point ce rang, dont la perte me gêne,
Qu'au lieu de ma rivale on n'épouse ma haine. (1660)
[938] «Il semble que Racine ait pris en quelque chose ce discours pour modèle du grand discours d'Agrippine à Néron, dans Britannicus (acte IV, scène II).» (Voltaire.)
[939] Var. Si cher à mes souhaits, si doux à mon amour. (1647-56)
[940] Var. Il vous souvient peut-être encore de mes larmes. (1647-56)
[941] Var. Que pour ne vous voir pas exposés à ses coups. (1647-60)
[942] Var. Et de peur qu'il n'en prît, il m'en fallut choisir. (1647-56)
[943] Var. Je n'en fus point trompée, il releva sa chute;
Mais par lui de nouveau mon sort me persécute:
Ce trône relevé lui plaît à retenir;
Il imite Tryphon, qu'il venoit de punir;
Qui lui parle de vous irrite sa colère;
C'est un crime envers lui que les pleurs d'une mère. (1647-56)
[944] Var. Que pour les dépouiller afin de nous poursuivre? (1647-56)
[945] Var. Je me crus tout permis pour ravoir votre bien. (1647-56)
[946] L'édition de 1682 porte mon fils, pour mes fils.
[947] Var. Consumer sur mon chef les foudres mérités. (1647-56)
[948] Var. Et nous croyons tenir des soins de cet amour. (1647-68)
[949] Les éditions de 1647-55 ont toutes ici une faute bien évidente: «nous nous en devons rendre,» pour: «nous vous en devons rendre.»
[950] Var. Nous le recevrons lors avec meilleure grâce. (1647-64)
[951] Var. Régnez, nous le verrons tous deux sans déplaisir. (1647-56)
[952] Var. S'il faut la partager avec votre ennemie. (1647-63)
[953] Les éditions de 1682 et de 1692 donnent ici cette amour, et trois vers plus loin cet amour. Toutes les autres ont cet amour aux deux endroits.
[954] Var. Ainsi vous me rendez l'innocence et l'estime. (1647-54 et 56)
[955] Var. Mais, Madame, pensez que pour premier exploit.... (1647-60)
[956] Les éditions de 1660-82 portent du fils. Toutes les autres, y compris celle de 1692, donnent d'un fils.
[957] Var. Croyez-moi, que l'amour n'est guère véhément. (1647-56)
[958] Var. Et pour user encor d'un terme plus pressant. (1647-56)
[959] Var. Régnons, tout son effort ne sera que foiblesse. (1647-56)
[960] Var. J'ai vu les gens de guerre épandus par la ville. (1660)
[961] Var. Si nous avions autant de forces que de cœur!
Mais que peut de vos gens une foible poignée
Contre tout le pouvoir d'une reine indignée?
ORONTE. Vous promettre que seuls ils puissent résister,
J'aurois perdu le sens si j'osois m'en vanter:
Ils mourront à vos pieds; c'est toute l'assistance
Que peut à leur princesse offrir leur impuissance;
Mais doit-on redouter les hommes en des lieux
Où vous portez le maître et des rois et des Dieux? (1647-56)
[962] Var. Sentiments étouffés de vengeance et de haine. (1647-56)
[963] Var. Et d'un honteux oubli rompant l'injuste loi,
Rendez ce que je dois aux mânes d'un grand roi. (1647-56)
[964] Var. De colère et d'amour encore étincelante. (1647-56)
[965] Var. Aujourd'hui que je vois cette main parricide. (1647-56)
[966] Var. Fier même le nom aux murs de ce palais? (1647-56)
[967] Var. Dedans mes yeux surpris garde-toi de paroître. (1647-56)
[968] Comparer Pompée, acte I, scène II, vers 221 et 222.
[969] Var. Parlez, et ce beau feu qui brûle l'un et l'autre
D'une si prompte ardeur suivra votre desir,
Que vous-même en perdrez le pouvoir de choisir. (1647-56)
[970] Voyez ci-après l'Appendice, p. [510].
[971] Var. Mais ayant su mon choix, si vous vous en plaignez. (1647-56)
[972] Var. Vous êtes l'un et l'autre; et sans plus me presser. (1647-56)
[973] Var. De vouloir ou l'aimer ou régner à ce prix. (1647-60)
[974] Var. De faire une révolte et si pleine et si prompte. (1647-60)
[975] Var. Et jugez par ce trouble où mon âme est réduite. (1647-56)
[976] Var. Si je ne prétends plus, n'ont plus de choix à faire: Je leur ôte le droit de vous faire la loi. (1647-56)
[977] Var. Épargnez vos soupirs auprès de l'une et l'autre. (1647-56)
[978] Var. Qui de vous deux encore a la témérité
De se croire.... (1647-56)
[979] «Espoux, dit Nicot dans son Dictionnaire, à l'article Espouser, est celui qui n'est que fiancé, et ne se peut encore porter pour mari.» Voyez le Lexique.—Voyez aussi plus haut, p. [415] et [425].
[980] Var. Il emprunte ma voix pour mieux se faire entendre. (1647-64)
[981] Var. [Dont la vôtre envers nous daigne être l'interprète:]
Elle s'explique assez à ce cœur qui l'entend,
Et vous lui rendrez plus que son ombre n'attend[981-a];
Mais aussi, par ma mort vers elle dégagée,
Rendez heureux mon frère après l'avoir vengée.
[De deux princes unis à soupirer pour vous.] (1647-56)
[981-a] Et vous lui rendez plus que son ombre n'attend. (1655)
[982] Var. Et de reconnoissance et de sévérité. (1647-56)
[983]
Var. Hélas! ANTIOCH. Sont-ce les morts ou nous que vous plaignez?
Soupirez-vous pour eux, ou pour notre misère?
RODOG. Allez, Prince, ou du moins rappelez votre frère. (1647-56)
[984] Var. Un rigoureux devoir à cette amour s'oppose. (1647-56)
[985] Var. Ce n'est qu'à ce prix seul que je me puis donner. (1647-56)
[986] Var. Si pour d'autres que vous il m'ordonne de vivre. (1647-56)
[987] Var. Si tu veux triompher dedans notre aventure. (1647-64)
[988] Var. Ne vaut pas à vos yeux la peine d'y penser. (1647-56)
[989] Var. Oh! trop heureuse fin d'un excès de misère!
Je rends grâces aux Dieux qui m'ont rendu ma mère. (1647-56)
[990] Var. La nature est trop forte, et ce cœur s'est dompté.
Je ne vous dis plus rien, vous aimez une mère. (1647-56)
[991] Var. Sont autant de larcins à ses contentements. (1647-56)
[992] «On dit qu'au théâtre on n'aime pas les scélérats. Il n'y a point de criminelle plus odieuse que Cléopatre, et cependant on se plaît à la voir; du moins le parterre, qui n'est pas toujours composé de connaisseurs sévères et délicats, s'est laissé subjuguer quand une actrice imposante a joué ce rôle.» (Voltaire.)—Les derniers mots: «du moins le parterre, etc.,» ne sont pas dans la première édition du commentaire de Voltaire (1764); il les a ajoutés dans celle de 1774 in-4o, probablement après avoir vu Mlle Dumesnil dans ce rôle. Voyez la Notice, p. [408].
[993] Var. De prendre pour sincère un changement si prompt. (1647-60)
[994] Var. Que mon cœur n'ait cédés à ce frère avant vous. (1647-63)
[995] Var. C'est ainsi qu'au dehors il traîne et s'assoupit,
Et qu'il croit amuser de fausses patiences
Ceux dont il veut guérir les justes défiances. (1647-56)
[996] Var. Et tel qui se console après un coup fatal. (1647-56)
[997] Var. Non, Madame; et jamais vous ne verrez en moi. (1647-56)
[998] Var. Allons chercher le temps d'immoler nos victimes,
Et de nous rendre heureuse à force de grands crimes. (1647-56)
[999] Var. S'il m'arrache du trône et la met à mon rang. (1647-56)
[1000] Var. [Il faut ou condamner ou couronner sa haine:]
Cette sorte de plaie est trop longue à saigner,
Pour en vivre impunie, à moins que de régner.
Régnons donc, aux dépens de l'une et l'antre vie;
Et dût être leur mort de ma perte suivie,
[Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux[1000-a].] (1647-56)
[1000-a] Dût le peuple en fureur pour ces maîtres nouveaux. (1655)
[1001] Les éditions antérieures à 1660 donnent toutes arrouser.
[1002] Var. Mourir est toujours moins que vivre leur sujette. (1647-56)
[1003] Var. Tous ces vieux différends de leur âme exilés. (1647-56)
[1004] L'édition de 1692 substitue pendant à cependant: voyez plus haut, p. 137, note 5.
[1005] Var. Sujets du Roi son frère, et qui fûtes les miens. (1647-56)
[1006] Var. Voici votre roi, peuple, et voici votre reine. (1647-63)
[1007] Var. Je ne puis: la douleur a tous mes sens troublés.
ANTIOCH. Quoi? qu'est-il arrivé? [TIMAG. Le Prince votre frère....]
ANTIOCH. Se voudroit-il bien rendre à mon bonheur contraire? (1647-56)
[1008] Var. Il sembloit soupirer ce qu'il avoit perdu. (1647-56)
[1009] Var. [Il est mort? TIM. Oui, Madame.] ANT. Ah! mon frère! CL. Ah! mon fils!
RODOG. Ah! funeste hyménée! CLÉOP. Ah! destins ennemis!
[Voilà le coup fatal que je craignois dans l'âme.] (1647-56)
[1010] Certains exemplaires de l'édition de 1647 in-4o portent ici en marge: à Rodogune.
[1011] Var. Et de sa propre main il s'est privé du jour. (1647-56)
[1012] Qui cherche à qui se prendre en sa juste colère.
Vous avez vu sa mort, et sans autres témoins. (1647-56)
[1013] Var. Puis, arrêtant sur moi ce reste de lumière,
Au lieu de Timagène, il croit voir son cher frère;
Et plein de votre idée, il m'adresse pour vous. (1647-56)
[1014] Var. Je te perds, mais je trouve en ma douleur extrême. (1652-56)
[1015] Var. Avant qu'en soupçonner ou Madame ou la Reine. (1647-56)
[1016] Var. Contient, Seigneur, sans plus, ce que le Prince a dit. (1647-56)
[1017] Après ce vers, l'édition de 1692 ajoute ce jeu de scène, que Voltaire donne aussi dans la sienne: Il tire son épée et veut se tuer.
[1018] Var. Et me montrez la main qu'il faut que je redoute. (1647-56)
[1019] Var. Puis-je vivre et traîner le soupçon qui m'accable,
Confondre l'innocente avecque la coupable. (1647-56)
[1020] L'édition de 1682 porte: «Vous demandez,» pour: «Vous demandiez.»
[1021] Var. Je ne me veux garder ni de vous, ni de vous. (1647-68)
[1022] Var. Cette coupe est suspecte, elle vient de la sienne;
Ne prenez rien, Seigneur, d'elle, ni de la mienne.
CLÉOPATRE, à Rodogune. Qui m'épargnoit tantôt m'accuse à cette fois!
RODOGUNE, à Cléopatre. On ne peut craindre assez pour le salut des rois.
Pour ôter tout soupçon d'une noire pratique,
[Faites faire un essai par quelque domestique.] (1647-56)
[1023] Il y a tous égarés dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille; tout égarés dans celle de 16..
[1024] Les mots: ou à quelque autre, ont été supprimés dans l'édition de 1692.
[1025] Var. [De ne voir point régner ma rivale en ma place.]
Je n'aimois que le trône, et de son droit douteux
J'espérois faire un don fatal à tous les deux,
Détruire l'un par l'autre, et régner en Syrie
Plutôt par vos fureurs que par ma barbarie.
Ton frère, avecque toi trop fortement uni[1025-a],
Ne m'a point écoutée, et je l'en ai puni.
J'ai cru par ce poison en faire autant du reste;
Mais sa force, trop prompte, à moi seule est funeste[1025-b].
[Règne: de crime en crime enfin te voilà roi.] (1647-60)
[1025-a] Ton rival, avec toi trop fortement uni. (1660)
[1025-b] Voltaire donne ces huit vers dans son édition, et oubliant, je ne sais comment, qu'ils se trouvent dans les premières impressions, jusqu'en 1660, il dit dans une note (1764): «Ces vers ne se trouvent aujourd'hui dans aucune édition connue. Corneille les supprima avec grande raison. Une femme empoisonnée et mourante n'a pas le temps d'entrer dans ces détails; et une femme aussi forcenée que Cléopatre ne rend point compte ainsi à ses ennemis. Les comédiens de Paris ont rétabli ces vers, pour avoir le mérite de réciter quelques vers que personne ne connaissait. La singularité les a plus déterminés que le goût. Ils se donnent trop la licence de supprimer et d'allonger des morceaux qu'on doit laisser comme ils étaient.»
[1026] Corneille paraît se rappeler ici un passage de la Médée de Sénèque dont il n'avait pas profité en traitant ce sujet:
Quoque non aliud queam
Pejus precari, liberos similes patri
Similesque matri.
(Acte I, scène 1, vers 23-25.)
[1027] Var. Encor dans les rigueurs d'un sort si déplorable. (1647-56)
[1028] Voyez le commencement de la Notice, p. [399] et suivantes.
[1029] Histoire du Théâtre françois, tome VI, p. 298-305.
[1030] Voyez ci-dessus, p. [436] et [437], dans la Rodogune de Corneille, les vers 151-168.
[1031] Voyez ci-dessus, p. [470] et [471], les vers 1011-1047.
[1032] Il y a ici un peu d'exagération dans l'analyse des frères Parfait; il faudrait dire simplement que Rodogune, ayant appris que Lydie avait épousé Hydaspe par contrainte, perd sa haine contre elle, et consent à tous les arrangements de famille qui forment ce singulier dénoùment.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE QUATRIÈME VOLUME.
| POMPÉE, tragédie | [1] |
| Notice | [3] |
| A Monseigneur l'Éminentissime cardinal Mazarin | [11] |
| Au lecteur | [14] |
| Epitaphium Pompeii Magni | [15] |
| Icon Pompeii Magni | [17] |
| Icon C. J. Cæsaris | [18] |
| Examen | [19] |
| Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de Pompée | [25] |
| Pompée | [27] |
| Appendice: | |
| I. Passages de la Pharsale de Lucain imités par Corneille et signalés par lui | [103] |
| II. Extraits de la Mort de Pompée de Chaulmer | [109] |
| LE MENTEUR, comédie | [117] |
| Notice | [119] |
| Épître | [130] |
| Au lecteur | [132] |
| In præstantissimi poetæ gallici Cornelii comoediam quæ inscribitur Mendax | [135] |
| A Monsieur Corneille, sur sa comédie le Menteur | [136] |
| Examen | [137] |
| Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes du Menteur | [139] |
| Le Menteur | [141] |
| Appendice: | |
| Parallèle de la Verdad sospechosa d'Alarcon et du Menteur de Corneille | [241] |
| LA SUITE DU MENTEUR, comédie | [275] |
| Notice | [277] |
| Épître | [279] |
| Examen | [285] |
| Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de la Suite du Menteur | [287] |
| La Suite du Menteur | [289] |
| Appendice: | |
| Quelques remarques sur la Suite du Menteur, comme imitation d'une comédie de Lope de Vega | [391] |
| RODOGUNE, princesse des Parthes, tragédie | [397] |
| Notice | [399] |
| A Monseigneur le Prince | [411] |
| Extrait d'Appian et Avertissement | [414] |
| Examen | [418] |
| Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de Rodogune | [427] |
| Rodogune | [429] |
| Appendice: | |
| Analyse de la Rodogune de Gilbert, par les frères Parfait | [509] |
FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
PARIS.—IMPRIMERIE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9