SCÈNE VI.
DORANTE, CLITON.
CLITON.
Eh bien! vous le voyez, l'histoire est découverte.1065
DORANTE.
Ah! Cliton, je me trouve à deux doigts de ma perte.
CLITON.
Vous en avez sans doute un plus heureux succès,
Et vous avez gagné chez elle un grand accès;
Mais je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence,
Et vous fais sous ces mots être d'intelligence[433].1070
DORANTE.
Peut-être. Qu'en crois-tu?
CLITON.
Le peut-être est gaillard.
DORANTE.
Penses-tu qu'après tout j'en quitte encor ma part,
Et tienne tout perdu pour un peu de traverse[434]?
CLITON.
Si jamais cette part tomboit dans le commerce.
Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché,1075
Je vous conseillerois d'en faire bon marché.
DORANTE.
Mais pourquoi si peu croire un feu si véritable?
CLITON.
A chaque bout de champ vous mentez comme un diable.
DORANTE.
Je disois vérité.
CLITON.
Quand un menteur la dit,
En passant par sa bouche elle perd son crédit[435].1080
DORANTE.
Il faut donc essayer si par quelque autre bouche
Elle pourra trouver un accueil moins farouche[436].
Allons sur le chevet rêver quelque moyen
D'avoir de l'incrédule un plus doux entretien.
Souvent leur belle humeur suit le cours de la lune:1085
Telle rend des mépris qui veut qu'on l'importune;
Et de quelques effets que les siens soient suivis[437],
Il sera demain jour, et la nuit porte avis[438].
FIN DU TROISIÈME ACTE.