SCÈNE II.

D. LÉONOR, D. ELVIRE.

D. LÉONOR.

Don Alvar me fuit-il?

D. ELVIRE.

Madame, à ma prière,

Il va dans tous ces bruits chercher quelque lumière.

J'ai craint, en vous voyant, un secours pour ses feux,

Et de défendre mal mon cœur contre vous deux.

D. LÉONOR.

Ne pourra-t-on jamais gagner votre courage? 1525

D. ELVIRE.

Il peut tout obtenir, ayant votre suffrage.

D. LÉONOR.

Je lui puis donc enfin promettre votre foi?

D. ELVIRE.

Oui, si vous lui gagnez celui du nouveau roi.

D. LÉONOR.

Et si ce bruit est faux? si vous demeurez reine?

D. ELVIRE.

Que vous puis-je répondre, en étant incertaine? 1530

D. LÉONOR.

En cette incertitude on peut faire espérer.

D. ELVIRE.

On peut attendre aussi pour en délibérer:

On agit autrement quand le pouvoir suprême....