SCÈNE II.

PLACIDE, THÉODORE, PAULIN.

THÉODORE.

Mais que vois-je? Ah, Seigneur! est-ce Marcelle ou vous

Dont sur mon innocence éclate le courroux?

L'arrêt qu'a contre moi prononcé votre père,

Est-ce pour la venger, ou pour vous satisfaire?

Est-ce mon ennemie ou mon illustre amant 785

Qui du nom de vos Dieux abuse insolemment[ [103]?

Vos feux de sa fureur se sont-ils faits complices?

Sont-ils d'intelligence à choisir mes supplices?

Étouffent-ils si bien vos respects généreux,

Qu'ils fassent mon bourreau d'un héros amoureux? 790

PLACIDE.

Retirez-vous, Paulin.

PAULIN.

On me l'a mise en garde.

PLACIDE.

Je sais jusqu'à quel point ce devoir vous regarde;

Prenez soin de la porte, et sans me répliquer:

Ce n'est pas devant vous que je veux m'expliquer.

PAULIN.

Seigneur....

PLACIDE.

Laissez-nous, dis-je, et craignez ma colère;

Je vous garantirai de celle de mon père.