SCÈNE IV.

ARDARIC, VALAMIR.

ARDARIC.

Qu'avez-vous obtenu, Seigneur, de la Princesse?

VALAMIR.

Beaucoup, et rien: j'ai vu pour moi quelque tendresse;

Mais elle sait d'ailleurs si bien ce qu'elle vaut,

Que si celle des Francs a le cœur aussi haut, 520

Si c'est à même prix, Seigneur, qu'elle se donne,

Vous lui pourrez longtemps offrir votre couronne.

Mon rival est haï, je n'en saurois douter;

Tout le cœur est à moi, j'ai lieu de m'en vanter;

Au reste des mortels je sais qu'on me préfère, 525

Et ne sais toutefois ce qu'il faut que j'espère.

Voyez votre Ildione; et puissiez-vous, Seigneur,

Y trouver plus de jour à lire dans son cœur,

Une âme plus tournée à remplir votre attente,

Un esprit plus facile! Octar sort de sa tente. 530

Adieu.