SCÈNE VII.

ILDIONE[ [169].

Trêve, mes tristes yeux, trêve aujourd'hui de larmes!

Armez contre un tyran vos plus dangereux charmes:

Voyez si de nouveau vous le pourrez dompter,

Et renverser sur lui ce qu'il ose attenter. 1440

Reprenez en son cœur votre place usurpée,

Ramenez à l'autel ma victime échappée,

Rappelez ce courroux que son choix incertain

En faveur de ma flamme allumoit dans mon sein.

Que tout semble facile en cette incertitude!1445

Mais qu'à l'exécuter tout est pénible et rude!

Et qu'aisément le sexe oppose à sa fierté

Sa douceur naturelle et sa timidité!

Quoi? ne donner ma foi que pour être perfide!

N'accepter un époux que pour un parricide! 1450

Ciel, qui me vois frémir à ce nom seul d'époux,

Ou rends-moi plus barbare, ou mon tyran plus doux[ [170]!

FIN DU QUATRIÈME ACTE.