VII
Quand le pacte d'amitié fut signé entre cette bête et moi, des inquiétudes me vinrent sur son avenir. Qu'en faire? L'emmener jusqu'en France, à travers tant de milliers de lieues et de difficultés? Évidemment mon foyer serait pour elle l'asile inespéré où le court petit rêve mystérieux de sa vie de chatte pourrait se finir avec le plus de paix et le moins de souffrance. Mais je ne voyais pas bien cette minable chinoise, en fourrure de pauvre, devenue commensale de la superbe Moumoutte Blanche, si jalouse, qui certainement la houspillerait avec indignation dès qu'elle la verrait paraître... Non, cela n'était pas possible.
D'un autre côté, l'abandonner dans une relâche, chez des amis de hasard, non plus: je l'aurais fait peut-être si elle eût été vigoureuse et belle, mais cette petite plaintive, aux yeux humains, me tenait par la pitié profonde.