AUGUSTE.
Elle veut la retirer, j'ose lui résister pour la première fois de ma vie; sa main me reste, et je la baise encore. Ses yeux alors se tournent vers moi: ils sont mouillés, mais n'expriment pas de colère. Leur douceur m'enhardit…. je l'embrasse… Ah! Marton, comme on embrasse ce qu'on adore et ce qu'on va perdre! Tout à coup elle s'échappe de mes bras, fuis à l'extrémité de l'appartement, et prenant un air sévère : Finissez, Monsieur, me dit-elle, vous n'êtes plus un enfant, et ces libertés me déplaisent. Je me marie, respectez un lien sacré. Je réplique, elle insiste… Je m'emporte…. Alors, Marton, alors cette femme, oubliant son empire, descend à la prière, emploie à la fois et l'ascendant de la vertu, et le pouvoir magique de la beauté. Sa colère avait excité la mienne, sa douceur, sa bonté me laissent sans force. Je promets de ménager Hortense, de respecter Mondor. Ma promesse me coûtera mon repos, mon bonheur, et peut-être ma vie; mais je me serai immolé à ce que j'aime.