AUGUSTE.

Quoiqu'il en soit, je ne partirai pas. Je vous adore; votre époux le sait; il veut que je reste, et bien certainement je lui obéirai. Il est raisonnable, lui… et vous!…… Ah! cousine, n'est-ce pas assez de vous perdre, sans être forcé de m'éloigner? Je n'ai plus de parens, je n'ai que vous au monde qui s'intéresse à moi, que deviendrai-je si je vous quitte? Jeune, sans expérience, obligé de me distraire d'une passion malheureuse, je me livrerai malgré moi aux erreurs de mon âge : vous le saurez, et vous en serez tourmentée. Si je reste, au contraire, vos conseils, votre vertu, votre amitié douce et compatissante rétabliront insensiblement la paix dans mon ame. Je puiserai dans vos yeux la force de supporter mon sort. Ma cousine! ma belle cousine! (Il tombe à ses genoux, et lui baisant la main.) Ne me chassez pas, je vous en conjure; ce serait m'arracher la vie!

MONDOR, passant entre Hortense et Auguste.

Bien! cousin, bien!