A MA MÈRE
Où sont-ils, mes chagrins d'enfant,
Grandes peines vite oubliées,
Aux larmes si vite essuyées
Que je riais en même temps?
Comme elles sont loin, les soirées
Que nous passions en attendant
Mon père! O mes heures dorées!
Tu disais: «Quand tu seras grand!…»
J'ai grandi. Le temps d'un coup d'aile
Jette au vent bien des rêves d'or:
J'ai souffert et je souffre encor.
Mais j'ai dans mon âme immortelle
Senti que Dieu me laisse encor
Ma mère, et que j'ai tout en elle.
Paris, Février 1861.