II

J'entends des voix gémissantes,
Et ne vois
Que le vide autour de moi,
Et leurs plaintes menaçantes
Font un choeur
Qui me déchire le coeur.

On dirait des funérailles
Dont le bruit,
Qui vient traverser la nuit
Semble sortir des entrailles
D'un enfer
Qui se serait entr'ouvert.

C'est comme un chant monotone
Que les morts
Viennent chanter sur leurs corps,
Ou le glas lointain qui sonne,
Désolé,
De quelque monde écroulé.

Mont-Riant, Février 1864.