LA ROSE
O ma pauvre rose effeuillée,
Charme, regret, parfum, trésor,
Toi que ses lèvres ont mouillée,
O fleur, parle-moi d'elle encor.
C'est dans un bal que je l'ai vue,
Blanche avec des lèvres de feu.
Une douce flamme ingénue
Brillait dans son profond oeil bleu.
C'était, je crois, la nuit dernière
Que je la vis pour en mourir.
Il n'est point de pire misère,
Et pourtant ma douleur m'est chère
Et cher aussi son souvenir.