L'AUTOMNE
Septembre finissait: déjà le vent d'automne
Du printemps, dans les bois, effeuillait la couronne.
Les monts, dorés encor des reflets du soleil,
Se mouraient sous ses feux. Chaque arbre à son réveil,
Voyait le sol jonché de ses feuilles flétries,
Brillantes de rosée et par le froid meurtries.
Comme un rideau de gaze, une faible vapeur
Jetait sur la vallée un voile de langueur;
De quelques pauvres toits, en spirale dormante,
S'élevait lentement une trace fumante,
Tandis que le soleil, à l'horizon lointain,
Rougissait les coteaux d'un rayon incertain.
En longs frémissements les brises murmurantes
De l'automne apportaient les senteurs enivrantes
Et soupiraient ces chants qui font rêver d'amour,
Errants dans les échos sur le soir d'un beau jour.
Et la nature alors chantait comme en un rêve
Le silence et l'amour, l'ombre et tout ce qui rêve,
Puis semblait, languissante ainsi que la beauté,
Mourir dans sa splendeur et sa sérénité.
Octobre 1857.