IV
Cette soirée aviva leur amour. Leur calme tendresse y trouva un motif de surexcitation et ils s'en allèrent vers les grèves, en leur vieux petit château du bord de la mer, logis tout noir et tout nu où ils goûtèrent la volupté de ne devoir qu'à eux-mêmes la raison suffisante de vivre. Ils eurent un mois d'idéale renaissance, de joies incomparables à celles des premiers épanchements, car ils connaissaient plus profondément leurs êtres et savaient la valeur du plaisir.
Cependant ils s'adorèrent trop et Adelaïde eut des langueurs. Le médecin ordonna: «Pas d'émotions!»
—Excellent docteur, dit Patrice, y a-t-il de la vie sans émotions?
Ils en avaient eu d'exquises. Ce furent les dernières roses: un coup de vent effeuilla tout le parterre. D'une faiblesse que Patrice jugeait une passagère crise, Adelaïde ne se réveilla que pour mourir.
Et, avant de mourir, la sœur, oh! la vraie sœur de Sylvie, attira sous ses lèvres l'oreille de son mari, et une voix, comme venue d'un infernal au-delà, une voix qui tremblait de son mensonge suprême, dit:
—Patrice, je meurs en aimant lord Romsdale!