I

A Jules Soury.

Le pasteur des Mensonges, après déjeuner, trucidait, en souriant, quelques textes.

Son sourire était doux, et les textes, ainsi que de folles mouches, ronronnaient autour de ses lèvres sucrées.

D'une encore preste main, il captait l'un, l'autre, arrachait, selon sa passagère fantaisie, les pattes, la queue, la tête, les ailes, et (roulés un peu dans le miel de ses doigts), en de larges bocaux, jadis pharmaceutiques, les classait.—La gouvernante étiquetait ces pots de confitures.

«—Ah! dit la vieille bretonne (qui conserva toujours la candeur et la coiffe de Trèg), des jeunes gens vont venir saluer le Maître, faut-il...

«—Les recevoir? Oui, j'aime la jeunesse (hup!)... Oh! les jeunes gens, ils sont si amusants (hup!)... Ah! ma bonne Anne, si amusants (hup!)... Ils sont sincères! (hup!)...»

(La vieille, attendrie, essuyait la salive, qui découlait, telle qu'un sirop, par le coin des lèvres sucrées.)