Clé synoptique pour la détermination des espèces.
Un grand repli membraneux enforme de feuille sur la face. Pasd’oreillons. Ailes courtes et larges.Toujours 32 dents (Rhinolophidés). | 1 |
Pas de grand repli membraneuxen forme de feuille sur la face. Desoreillons très courts et carrés. Queuetrès épaisse, dépassant de la moitiéde sa longueur la membrane interfémorale.Toujours 32 dents. Ailestrès longues et très étroites. (Emballonuridés). | Cestonii |
Pas de grand repli membraneuxen forme de feuille sur la face. Desoreillons plus ou moins allongés.Queue longue et étroite prise dansla membrane interfémorale et nedépassant cette membrane que deun à trois millimètres. De 32 à38 dents. | 4 |
1. Grande taille (envergure:0m36), première prémolaire en dehorsde la ligne des dents, la deuxièmeaccolée à la canine. Aile insérée autalon. | ferrum equinum |
1. Taille moyenne ou petite(envergure 0m22 à 0m28) premièreprémolaire sur la ligne des dents, ladeuxième séparée de la canine parla première. | 2 |
2. Taille petite (envergure: 0m22à 0m23). Membrane interfémoraleanguleuse, laissant à peine librel’extrême pointe de la queue. | hipposideros |
2. Taille moyenne (envergure:0m28), membrane interfémorale carrée,légèrement dépassée par laqueue. | 3 |
3. Aile insérée au talon. Côtés dela selle convergeant vers le haut. | Blasii |
3. Aile insérée au tibia, au-dessusdu talon. Côtés de la selle droits,parallèles. | euryale |
4. Sommet de la tête très bombé,très élevé au-dessus du museau.Incisives supérieures séparées entreelles et séparées des canines. | Schreibersi |
4. Sommet de la tête plat, peuélevé au-dessus du museau. Incisivessupérieures accolées deux par deuxde chaque côté à la canine correspondante. | 5 |
5. Narines s’ouvrant sur la partiedorsale du museau, au fond d’unerainure. Oreilles soudées ensemble àleur base. | 6 |
5. Narines s’ouvrant normalementau bout du museau. Oreillesséparées. | 7 |
6. Oreilles beaucoup plus longuesque la tête, dont le bord externes’insère latéralement à l’angle de labouche. Ailes larges; 36 dents. | auritus |
6. Oreilles à peine de la longueurde la tête, moyenne, leur bordexterne s’insérant en avant, entre lesyeux et la bouche. Ailes moyennes;34 dents. | barbastellus |
7. Bord externe de l’oreille insérébeaucoup plus bas que le bord interne,vers le coin des lèvres. Oreillesordinairement plus courtes que latête, plus ou moins triangulaires.Oreillon droit ou courbé en dedans.Museau presque nu. Ailes longueset étroites; 32 ou 34 dents (genreVesperugo). | 8 |
7. Bord externe de l’oreille inséréplus ou moins en face du bord interne,vers la base de l’oreillon. Oreillesordinairement aussi longues ou pluslongues que la tête, ovales. Oreillonlong, pointu, plus ou moins courbéen dehors. Museau poilu. Aileslarges et courtes; 38 dents (genreVespertilio). | 14 |
8. Seulement 32 dents, soit seulementdeux prémolaires supérieures. | |
8. 34 dents, soit quatre prémolairessupérieures. | 10 |
9. Grande taille (envergure 0m35).Oreillon moyennement long ayantsa plus grande largeur immédiatementau-dessus de la base de sonbord interne. Les deux dernièresvertèbres caudales libres. | serotinus |
9. Taille assez petite (envergure0m27). Oreillon court ayant sa plusgrande largeur immédiatement au-dessusdu milieu de son bordinterne. Seulement la dernière vertèbrecaudale libre. | discolor |
9. Taille assez petite (envergure0m26). Oreillon court ayant sa plusgrande largeur vers le milieu de sonbord interne. Les deux dernièresvertèbres caudales libres. | borealis |
10. Membrane de l’aile s’insérantau talon ou au-dessus. Oreillon dilatéen haut. | 11 |
10. Membrane de l’aile s’insérantà la base des orteils, oreillon nondilaté en haut. | 12 |
11. Grande taille (envergure 0m35à 0m45), pelage à peu près unicolore.Incisives inférieures formantun angle droit avec la mâchoire. | noctula |
11. Taille assez petite (envergure0m27), pelage bicolore. Incisivesinférieures dans la direction de lamâchoire. | Leisleri |
12. Oreillon ayant sa plus grandelargeur vers son milieu. Bord externede l’oreille convexe en bas, convexeen haut. Pelage noir. | Savii |
12. Oreillon ayant sa plus grandelargeur immédiatement au-dessusde la base de son bord interne.Pelage non coloré en noir. | 13 |
13. Les deux bords de l’oreillonparallèles. Bord externe de l’oreilleéchancré à son tiers supérieur.Membrane interfémorale non bordéede blanc. | pipistrellus |
13. Les deux bords de l’oreillonparallèles. Bord externe de l’oreilledroit. Membrane interfémorale nonbordée de blanc. | abramus |
13. Le bord externe de l’oreillonconvexe, son bord interne droit.Bord externe de l’oreille un peuconcave dans son tiers supérieur.Membrane interfémorale bordée deblanc. | Kuhlii |
14. Pied très grand. Les deuxdernières vertèbres de la queuedépassant la membrane interfémorale. | 15 |
14. Pieds moyens. La queue nedépassant pas la membrane interfémoraleou la dépassant d’une façonà peine visible. | 16 |
15. Membrane insérée au talon.Oreillon très aigu à sa partie supérieurerecourbée en dehors; sonbord interne convexe. | megapodius |
15. Membrane insérée au talon.Oreillon obtus à sa partie supérieurerecourbée en dedans; son bordinterne un peu concave. | dasycneme |
15. Membrane insérée aux métatarsiens.Oreillon droit. | Daubentoni |
16. Oreillon effilé en haut, àpointe aiguë et recourbée en dehors.Oreilles de la longueur de la tête. | 17 |
16. Oreillon droit, à pointe subaiguëou obtuse. Oreilles de la longueurde la tête ou beaucoup pluslongues. | 18 |
17. Oreille presque aussi longueque la tête, avec le bord externeprofondément échancré. | emarginatus |
17. Oreille plus longue que latête, avec le bord externe à peineéchancré. Bord libre de la membraneinterfémorale frangé de poilsraides. Queue aussi longue que latête et le corps. | Nattereri |
17. Oreille plus longue que latête, avec le bord externe à peineéchancré. Bord libre de la membraneinterfémorale sans poils.Queue plus courte que la tête et lecorps. | Bechsteinii |
18. Oreille de la longueur de latête, très échancrée au bord externe. | mystacinus |
18. Oreille beaucoup plus longueque la tête, à peine échancrée au bordexterne. | murinus |
Ordre II.—Insectivores.
Les Insectivores, répartis en France, en Belgique et en Suisse en trois familles, celle des Hérissons, celle des Musaraignes et celle des Taupes et des Desmans, sont des Mammifères terrestres, plantigrades, ayant une clavicule, tous de taille assez petite ou très petite, ayant quatre pattes à cinq doigts pourvus d’ongles, les oreilles et les yeux petits, le museau plus ou moins allongé; la queue variable, tantôt longue, tantôt très courte. Leurs mamelles sont placées différemment, suivant les genres.
Ils ont de 28 à 44 dents: toujours à chaque mâchoire plus de deux incisives, des canines plus ou moins développées, des molaires en tubercules aigus rappelant celles des Chauves-Souris, et jamais de barre, c’est-à-dire cette séparation qui existe entre les dents des Rongeurs.
Ils sont tous plus ou moins nocturnes; quelques-uns ont, comme les Chauves-Souris, un sommeil hibernal.
Les petits naissent nus, sourds et aveugles, mais se développent très rapidement.
Les Insectivores de nos contrées sont classés en trois familles:
Les Erinaceidés, caractérisés par leur forme normale, les quatre pattes organisées pour la marche, les yeux moyens, le museau en forme de groin, les poils transformés sur la plus grande partie du corps en piquants acérés; la queue courte et dix mamelles.
Les représentants français, belges et suisses de cette famille s’engourdissent pendant l’hiver et sont omnivores. On trouve des Erinaceidés dans beaucoup de parties de l’ancien monde, mais une seule espèce en France. Notons cependant que le Dr Siépi a signalé l’existence dans le Var du Hérisson d’Algérie, une espèce un peu différente du Hérisson européen.
Les Talpidés, caractérisés par le cou très court, les pieds de forme très particulière, les ongles très forts organisés pour fouir et creuser la terre, les yeux extrêmement petits et 44 dents. Ils ne se nourrissent que de proies vivantes. Ils se divisent eux-mêmes en deux sous-familles:
Celle des Taupes, avec deux espèces françaises, adaptée à la vie exclusivement souterraine, ayant le museau en forme de boutoir, six incisives à la mâchoire supérieure et huit à la mâchoire inférieure, les canines fortes, le pied de devant court transformé en une très large palette, admirablement organisée pour creuser des galeries souterraines et marcher dans ces galeries, le pied de derrière à peu près normal, la queue courte et velue.
Celle des Desmans, avec une espèce française, adaptée à la vie aquatique et à demi souterraine, ayant le museau en forme d’une longue trompe, quatre incisives à la mâchoire supérieure et autant à l’inférieure, les canines très petites, le pied de devant petit et palmé, le pied de derrière très grand et palmé, la queue très longue.
Les Soricidés, caractérisés par les membres organisés pour la marche normale, le museau très allongé, 28 à 32 dents, les yeux petits, le corps couvert de poils ordinaires, la forme de petites souris. Ils sont exclusivement carnivores et insectivores.
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FAMILLE DES ERINACEIDÉS
Tête large à sa base, conique; oreilles arrondies, petites, dépassant les poils. Incisives médianes longues, les inférieures peu recourbées, les canines petites; en tout 36 dents.
Hérisson d’Europe. Erinaceus europæus Linné.
(Voir la plance [4]).
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FAMILLE DES TALPIDÉS
Genre Taupe.—Talpa Linné.
Fig. 18.—Crâne de la Taupe commune.
Tête large à la base, sans oreilles visibles; museau allongé, terminé par une espèce de boutoir; canines supérieures fortes; yeux très petits ou même cachés sous une peau; corps allongé et cylindrique avec les membres courts, les antérieurs en forme de larges mains, les postérieurs étroits. Queue courte. 44 dents.
1. Taupe commune. Talpa europæa Linné.
(Voir la plance [5]).
2. Taupe aveugle. Talpa cœca Savi.
La Taupe aveugle qui habite certains départements des bords de la Méditerranée et celui de la Gironde n’est probablement qu’une variété de la Taupe commune, une forme en train de subir des modifications.
Genre Desman.—Myogalea Fischer.
Museau prolongé en une petite trompe très longue et très flexible; queue longue, écailleuse, aplatie aux côtés; 22 dents à chaque mâchoire.
Fig. 19.—Museau du Desman des Pyrénées.
Desman des Pyrénées. Myogalea pyrenaica Geoffroy.
(Voir la plance [6]).
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FAMILLE DES SORICIDÉS
Genre Crocidure.—Crocidura Wagler.
Dents blanches, les incisives supérieures médianes recourbées en hameçon avec un talon pointu, les médianes inférieures entières, non dentelées; canines petites; molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits; oreilles arrondies, petites, mais dépassant les poils. Museau long et mobile. Corps allongé, membres courts, queue arrondie, aussi longue que le corps. 28 et 30 dents.
1º Crocidure aranivore. Crocidura araneus Schreber.
(Voir la plance [7]).
Fig. 20.—Crâne du Crocidure aranivore.
2º Crocidure leucode. Crocidura leucodon Hermann.
(Leucodon micrurus Fatio).
Pelage brun foncé en dessus, blanc en dessous, les deux teintes nettement séparées; oreilles peu velues; queue plus courte que la moitié du corps, couverte de poils courts avec quelques longs poils épars, brune dessus, blanche dessous. La tête plus longue que celle de l’Aranivore. 28 dents.
Longueur du corps 0m075, de la queue 0m029.
Les deux sexes et les jeunes semblables, ces derniers parfois plus gris.
Cette espèce a tout à fait les mœurs de la Musette et s’attaque, comme elle, à tous les insectes, aux vers, aux petits mammifères et aux oiseaux, à toutes sortes de larves et aux chenilles, mais elle s’approche moins des habitations et rôde plutôt dans les endroits broussailleux, les buissons autour des champs et la lisière des bois. Elle fait, comme l’autre, de février à octobre, de deux à quatre portées, chacune de 3 à 4 petits.
La Crocidure leucode, très rare en Belgique, assez rare en Suisse, est plus commune que l’Aranivore dans le nord-est et l’est de la France, mais dans le sud, l’ouest et le centre, elle est beaucoup plus rare.
3º Crocidure étrusque. Crocidura etrusca Savi.
Pelage gris cendré roussâtre en dessus, les flancs et le dessous du corps d’un gris blanchâtre, les teintes se fondant l’une dans l’autre. Queue grosse, de la longueur du corps sans la tête, couverte de poils courts et de quelques longs poils, carrée et diminuant peu à peu de grosseur. Tête longue, oreilles assez grandes. 30 dents.
Longueur du corps 0m035, de la queue 0m025.
Les deux sexes semblables, les jeunes de couleur plus foncée.
Cette espèce dont certains auteurs ont fait un genre séparé (Pachyura Selys) n’a pas de glande odorante et est beaucoup plus petite que les autres.
Elle habite les départements du midi de la France et remonte vers l’est et le centre jusqu’au département de l’Allier, où elle doit être rare, tandis qu’à l’ouest, elle ne remonte pas jusqu’à la Gironde.
Comme les autres Crocidures, elle est très carnassière, et malgré sa petitesse, attaque tous les insectes, même les oisillons et les petits mammifères. Elle vit dans les haies et les broussailles et, durant l’hiver, pénètre quelquefois dans les granges et les habitations.
Genre Musaraigne.—Sorex Linné.
Dents rouges au bout, les incisives supérieures très recourbées, ayant le talon aussi saillant que la pointe, les médianes inférieures très dentelées; canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits, oreilles petites disparaissant sous les poils. Museau long et mobile. Corps allongé; membres courts. Queue cylindrique ou carrée. 32 dents.
1º Musaraigne carrelet. Sorex vulgaris Linné.
(Sorex tetragonurus Hermann. Sorex coronatus Millet.)
(Voir la plance [8]).
2º Musaraigne pygmée. Sorex pygmœus Laxmann et
Pallas.
Pelage gris brunâtre ou marron dessus, blanchâtre ou cendré en dessous. Pieds blanchâtres. Oreilles dépassant un peu les poils. Queue fauve, un peu plus longue que le corps sans la tête, poilue, épaisse, avec pinceau de poils à l’extrémité. Museau très long. Ressemblant beaucoup au Carrelet, mais d’un tiers plus petite, avec la queue plus longue et plus grosse.
Longueur du corps 0m048, de la queue 0m037.
Les deux sexes et les jeunes semblables.
Cette espèce est généralement rare et très localisée, mais elle a dû être confondue avec des jeunes de l’espèce précédente. Habitant surtout l’Europe moyenne et septentrionale, elle est indiquée notamment comme rare en Belgique, dans la Manche, dans la Sarthe, en Anjou, en Bretagne et dans l’est de la France, comme commune dans les Alpes et le Var. Les auteurs des faunes locales du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de la Lorraine, du Jura, du Doubs, de l’Aube, de la Gironde, de l’Ardèche, ne la mentionnent pas. Elle n’a pas non plus été observée dans les départements du centre.
Comme le Carrelet, dont elle a les mœurs, elle vit dans les endroits couverts de broussailles et humides ou sur la lisière des taillis, se nourrissant surtout de vers et d’insectes. Elle s’introduirait volontiers dans les ruches pour détruire les abeilles.
3º Musaraigne des Alpes. Sorex alpinus Schinz.
Pelage fourré, cendré ou gris ardoisé en dessus, plus clair en dessous. Pieds gris. Oreilles ne dépassant guère les poils. Queue noirâtre, à peu près de la longueur du corps, couverte de poils avec pinceau au bout. Chez cette espèce, le talon des incisives supérieures est moins saillant que chez les autres espèces, et un peu plus bas que la dent suivante. La taille varie beaucoup.
Longueur du corps 0m066 à 0m075, de la queue 0m06 à 0m07.
Espèce plutôt rare qui habite les départements montagneux de la France, le Jura, les Pyrénées, les Alpes françaises et suisses; observée aussi dans le Doubs. On l’y rencontre jusqu’à une altitude de 2.500 mètres.
Elle se nourrit d’insectes et de petits mammifères et oisillons qu’elle trouve en chassant dans les bois, les endroits herbeux et le bord des torrents. Elle entre dans les chalets et se noie parfois dans les baquets de laitage, en essayant d’y boire.
Genre Crossope.—Crossopus Wagler.
Fig. 21.—Crâne du Crossope aquatique.
Dents rouge orangé au bout, les incisives supérieures très recourbées en hameçons, sans dentelures, les inférieures longues et un peu recourbées; canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits; oreilles arrondies, à peu près cachées sous le poil. Museau long et mobile. Corps allongé, membres courts. Queue quadrangulaire, presque aussi longue que le corps sans la tête, ciliée en dessous. Pieds forts, larges, pourvus de soies raides. 30 dents.
Crossope aquatique. Crossopus fodiens.
(Voir la plance [9].)
Ordre III.—Rongeurs.
Les Rongeurs sont des Mammifères terrestres, tous de taille petite ou moyenne, ayant quatre pattes pourvues d’ongles, avec le pouce parfois rudimentaire, les oreilles et les yeux variables, ainsi que le nombre des mamelles: la queue tantôt très longue, tantôt courte ou très courte.
Leur caractère principal réside dans la dentition; leurs incisives sont très développées et arquées, leurs molaires à tubercules plus ou moins aplatis ou à proéminences formant des lignes brisées, et ils n’ont pas de canines. La place des canines est occupée par un grand espace vide auquel on a donné le nom de barre. Leurs incisives croissent sans cesse et s’usent en proportion.
Fig. 22.—Crâne du Castor ordinaire.
Ils vivent de substances végétales ou sont omnivores, sont tantôt diurnes et tantôt nocturnes; quelques-uns ont un sommeil hibernal. Chez eux, la gestation est particulièrement courte, car elle dure seulement de trois à six semaines; les petits, sauf exception, naissent nus, sourds et aveugles. Plusieurs ont l’instinct d’amasser des provisions, d’autres de voyager et au besoin de faire une longue émigration.
La plupart ont une clavicule destinée à maintenir écartés les membres de devant, et ils se servent de leurs pattes antérieures pour porter leur nourriture à la bouche; d’autres n’ont qu’une clavicule rudimentaire.
Cinq familles de cet ordre ont en France des représentants indigènes, quatre seulement en Belgique et en Suisse.
Fig. 23.—Crâne de l’Écureuil commun.
Les Castoridés, avec une clavicule, deux incisives supérieures, quatre molaires par mâchoire, non tuberculées, mais présentant des replis inversement contournés en haut et en bas, en tout 20 dents; le crâne fort, large et court, cinq doigts à tous les pieds; la queue en large palette écailleuse.
Fig. 24.—Crâne de la Marmotte vulgaire.
Les Sciuridés, qui ont une clavicule, deux incisives supérieures, quatre molaires simples en bas et quatre ou cinq en haut par mâchoire, soit 20 ou 22 dents; le crâne fort, large et court; quatre doigts avec un pouce rudimentaire aux pieds; la queue touffue de la longueur du corps dans le groupe des Écureuils, ou courte dans le groupe des Marmottes.
Fig. 25.—Crâne du Rat surmulot.
Fig. 26.—Crâne du Campagnol Rat d’eau.
Les Myoxidés ayant pour caractères principaux une clavicule, deux incisives supérieures, deux prémolaires et six molaires à chaque mâchoire, en tout 20 dents; le crâne un peu allongé, quatre doigts avec un pouce rudimentaire devant et cinq derrière; la queue longue et poilue; les yeux grands, les oreilles moyennes et l’habitude d’un sommeil hibernal.
Les Muridés dont les caractères sont: une clavicule, deux incisives supérieures, pas de prémolaires, en tout 16 dents chez les Muridés d’Europe; le crâne assez allongé; quatre doigts avec un pouce rudimentaire devant et cinq derrière; la queue longue dans le groupe des Rats, courte dans celui des Campagnols.
Les Léporidés ou Duplicidentés, n’ayant pas de clavicule, quatre incisives supérieures, en tout 28 dents; ordinairement cinq doigts devant et quatre derrière; les oreilles longues et la queue très courte.
Fig. 27.—Crâne du Lièvre commun.
Nous ne ferons que mentionner une autre famille, celle des Cavidés, qui ne comprend pas d’espèce française, belge ou suisse, mais à laquelle appartient une espèce américaine acclimatée en Europe, le Cochon d’Inde.
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FAMILLE DES CASTORIDÉS
Genre Castor.—Castor Linné.
Corps gros et épais; membres, surtout les antérieurs, courts; yeux très petits, oreilles courtes, queue écailleuse ovalaire, très large et très aplatie en forme de battoir; les pieds postérieurs palmés. Près de l’anus, deux paires de glandes sécrétant la matière dite «castoreum».
Castor ordinaire. Castor fiber Linné.
(Voir la plance [10].)
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FAMILLE DES SCIURIDÉS
Genre Écureuil.—Sciurus Linné.
Tête large à museau court, oreilles moyennes surmontées de longs poils en hiver; yeux grands; deux incisives légèrement brunâtres à chaque mâchoire, les molaires blanches; corps allongé avec une queue touffue.
Écureuil commun. Sciurus vulgaris Linné.
(Voir la plance [11].)
Genre Marmotte.—Arctomys Schreber.
Tête large, plus allongée que celle des Écureuils; membres trapus et forts, façonnés pour creuser la terre; oreilles courtes; yeux très gros; queue courte et poilue; 10 mamelles. Deux incisives jaunes à chaque mâchoire. En tout 22 dents.
Marmotte vulgaire. Arctomys marmotta Linné.
(Voir la plance [12].)
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FAMILLE DES MYOXIDÉS
Genre Loir.—Myoxus Schreber.
Museau plutôt conique, oreilles assez petites; yeux grands; quatre incisives et seize molaires, en tout 20 dents; queue touffue et épaisse, soit dans toute sa longueur, soit seulement vers le bout. 8 mamelles. Animaux se rapprochant des Écureuils par l’espèce du Loir et tenant des Rats par la forme des espèces du Lérot et du Muscardin.
1º Loir commun. Myoxus glis Linné.
2º Loir lérot. Myoxus nitela Schreber.
3º Loir muscardin. Myoxus avellanarius Linné.
(Voir les planches [13]-[14] et [15].)
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FAMILLE DES MURIDÉS
Genre Hamster.—Cricetus Pallas.
Tête assez grosse, museau peu allongé, oreilles moyennes, yeux plutôt petits; corps massif; membres courts, les postérieurs un peu plus longs; queue arrondie, très courte. A l’intérieur de la bouche, des cavités ou abajoues pouvant servir de réceptacles.
Hamster commun. Cricetus frumentarius Pallas.
(Cricetus vulgaris Desm.).
Pelage formé d’un duvet brun roussâtre surmonté de longs poils à bout noir, avec la bouche blanche, un trait noir au front, une tache fauve aux joues, les flancs fauves; le ventre noir ainsi que les jambes, mais les pieds blancs.
Longueur de corps 0m33.
C’est une espèce qui n’était, pour ainsi dire, pas française, il y a quelques années, car elle n’habitait que les Vosges sur notre territoire, tandis qu’elle était commune en Alsace et en Allemagne, mais, depuis 1870, on la rencontre en Lorraine, en Champagne et jusque dans les environs de Paris. Elle n’est pas indiquée dans la Suisse Romande, mais assez commune autrefois dans la province de Liège, en Belgique, elle s’est répandue aussi dans les provinces voisines. On la trouve dans les champs où elle mange toutes sortes de grains, des racines, des légumes, des insectes et même les oisillons qu’elle peut attraper; les Hamsters se dévorent même entre eux.
Elle creuse des terriers profonds à galeries multiples, ceux des mâles étant généralement plus simples, avec seulement des ouvertures, ceux des femelles plus creux, avec de nombreux conduits et plusieurs ouvertures de sortie. Aussi les deux sexes vivent-ils séparés pendant la plus grande partie de l’année.
L’accouplement se fait en mai et, dès le mois de juin, la femelle met bas dans son terrier 6 à 10 petits, puis il y a un nouvel accouplement, et, en août, une nouvelle portée. Peut-être les vieilles femelles font-elles trois portées.
Cette petite bête extrêmement nuisible amasse dans son trou des provisions considérables qu’elle transporte dans sa bouche à abajoues, et le tas de grains qu’elle met ainsi de côté est tellement volumineux qu’on cite des cas où on a découvert des réserves pesant jusqu’à 50 ou même 100 kilogrammes. Les grands froids venus, les Hamsters bouchent l’orifice de leurs terriers et vivent de grains amassés, s’engourdissant plus ou moins, lorsque l’hiver est de longue durée.
Grâce à leur fécondité, ils sont toujours nombreux, malgré la guerre que leur font les hommes, les chiens, les renards, les fouines et les putois, voire même les Rapaces.
Genre Rat.—Mus Linné.
Tête moyenne à museau plutôt allongé; oreilles plus ou moins grandes, yeux assez grands; corps allongé; membres courts. Queue très longue, couverte d’écailles.
1º Rat surmulot. Mus decumanus Pallas.
2º Rat noir. Mus rattus Linné.
3º Rat souris. Mus musculus Linné.
4º Rat mulot. Mus sylvaticus Linné.
5º Rat des moissons. Mus minutus Linné.
(Voir les planches [16]-[17]-[18]-[19] et [20].)
Genre Campagnol.—Arvicola Lacépède.
Tête assez épaisse, à museau court; oreilles petites, cachées sous le poil chez certaines espèces; yeux assez petits ou même très petits; corps épais; membres courts; doigts armés d’ongles peu recourbés et taillés pour creuser la terre; 16 dents dont deux incisives et six molaires avec proéminences en zigzags. 8 mamelles, sauf chez le Campagnol souterrain qui n’en a que 4.
1º Campagnol roussâtre. Arvicola rutilus Pallas.
(Arvicola glareolus Schreber.—A. rubidus Baillon.—A.
rufescens Selys, etc.).
Si on séparait le genre Campagnol en sous-genres, cette espèce serait le type du sous-genre Myodes ou Hypudœus, le Rat d’eau et le Campagnol des neiges seraient alors les types du sous-genre Hemiotomys ou Paludicola, le Campagnol souterrain serait le type du sous-genre Microtus ou Terricola, les autres formeraient le sous-genre Arvicola ou Agricola. Cette distinction est inutile ici.
Le Campagnol roussâtre a le dessus du corps d’un roux vif, fauve ou marron, les flancs gris et le dessous du corps grisâtre ou roussâtre; les pieds blanchâtres, la queue un peu plus courte que la moitié du corps, brune dessus, blanche dessous. Il a, plus que les autres, la forme d’un petit Rat, les oreilles poilues assez grandes et une coloration qui le fait de suite reconnaître.
Répandu partout en France, en Belgique et en Suisse, il n’est généralement pas très commun; il habite les prés, les bois, les jardins, le bord des étangs et se creuse un terrier peu profond où la femelle fait son nid feutré d’herbes et de mousse, lorsqu’elle ne place pas seulement ce nid sous des herbes épaisses, dans une anfractuosité du sol. Dans ce nid, elle fait chaque année de deux à quatre portées, chacune de 4 à 8 petits.
Il mange des grains, bourgeons, fruits, légumes et racines, aussi des insectes, des œufs ou les petits des oiseaux nichant à terre. Les dégâts qu’il commet au détriment des cultivateurs ne sont généralement pas importants. Il est détruit par tous les carnassiers, les oiseaux de proie, et dans les pays marécageux par les hérons qui en prennent beaucoup. On trouve fréquemment son crâne dans les nids des hérons et dans les pelotes rejetées par les Rapaces.
Des variétés à coloration très tranchée sur les flancs ont été décrites sous les noms de A. Nageri Schinz et A. bicolor Fatio.
En captivité, il refuse souvent les grains qu’on lui offre.
2º Campagnol des neiges. Arvicola nivalis Martin.
(Arvicola Lebruni Crespon.—A. leucurus Gerbe).
Pelage gris cendré ou brunâtre fauve en dessus, flancs jaunâtres, le dessous blanchâtre; oreilles plutôt courtes, ovales, assez larges. Queue épaisse, grise ou blanchâtre, égale à la moitié du corps.
Longueur du corps 0m19.
Il n’habite que les pays montagneux, soit en France, les Alpes et les Pyrénées, ainsi que quelques points du Midi; il est commun en Suisse. Volontiers il demeure à une grande élévation, jusqu’à plus de 3.500 mètres. L’hiver, il ne s’engourdit pas, mais se retire dans ses terriers où il mange les provisions qu’il y a entassées, bien que certains observateurs affirment qu’il ne fait aucune provision, ou bien il pénètre dans les chalets ensevelis sous la neige. En été, il vit de grains, de racines, de fleurs et de feuilles des plantes alpestres et entre volontiers dans les cabanes des bergers où il cherche à subsister.
La femelle fait deux ou trois portées, de chacune 3 à 7 petits.
On a décrit comme variété une forme, habitant plus spécialement les coteaux de la Provence et du Roussillon, remarquable par ses oreilles un peu noirâtres, sa couleur plus claire et sa queue tout à fait blanche.
3º Campagnol rat d’eau. Arvicola amphibius Pallas.
4º Campagnol des champs. Arvicola arvalis Pallas.
5º Campagnol agreste. Arvicola agrestis Linné.
(Voir les planches [21] et [22].)
Le Campagnol agreste n’est peut-être qu’une forme plus septentrionale du Campagnol des champs. Il est généralement de taille un peu plus forte, plus brun clair, sans ligne jaune aux flancs. D’après Fatio, il aurait toujours cinq espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure, les oreilles égales au tiers de la tête, garnies de grands poils épais, tandis que celui des champs n’aurait jamais que quatre espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure, les oreilles plus grandes que le tiers de la tête, couvertes de poils très courts.
6º Campagnol souterrain. Arvicola subterraneus
Selys.
(Voir la plance [23].)
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FAMILLE DES LÉPORIDÉS
Genre Lièvre.—Lepus Linné.
Tête assez petite avec de très longues oreilles; yeux grands, museau court; quatre incisives et douze molaires à la mâchoire supérieure, deux incisives et dix molaires à la mâchoire inférieure. Corps allongé. Membres de devant assez courts avec cinq doigts, membres postérieurs beaucoup plus longs ayant quatre doigts.
1º Lièvre commun. Lepus timidus Linné.
2º Lièvre changeant. Lepus variabilis Pallas.
3º Lièvre lapin. Lepus cuniculus Linné.
(Voir les planches.)
Ordre IV.—Carnivores.
Mammifères terrestres ayant quatre pattes pourvues d’ongles, avec quatre ou cinq doigts; trois sortes de dents, des incisives petites, les canines généralement fortes et saillantes, les prémolaires petites avec une dent plus grande dite «carnassière».
Fig. 28.—Crâne du Chat sauvage.
Fig. 29.—Crâne de la Marte fouine.
Fig. 30.—Crâne de la Belette Putois.
Fig. 31.—Crâne du Blaireau commun.
Ils vivent de substances animales ou sont omnivores, sont tantôt diurnes et tantôt nocturnes. Aucun n’a un sommeil hibernal. Les petits naissent faibles, couverts de poils et aveugles.
Fig. 32.—Crâne d’un vieil Ours brun.
Cinq familles de cet ordre ont des représentants en France, quatre seulement en Suisse, trois seulement en Belgique.
Les Félidés ont la tête large et arrondie; de chaque côté, quatre molaires sur trois, pointues et tranchantes; en tout trente dents; le corps allongé et souple, cinq doigts aux membres de devant et quatre à ceux de derrière, des ongles puissants, acérés et rétractiles. Ils sont digitigrades.
Fig. 33.—Crâne du Loup commun.
Les Viverridés ont la tête allongée, quarante dents; cinq doigts à tous les membres, la queue extrêmement longue. Ils sont digitigrades.
Les Mustelidés ont la tête ovalaire, peu allongée, bien que leur museau soit souvent pointu; trente-quatre à trente-huit dents; cinq doigts à tous les membres; le corps très allongé et ordinairement très souple, les membres courts, des ongles parfois rétractiles, la queue variable. Ils sont semi-plantigrades.
Les Ursidés ont la tête allongée et bombée, quarante-deux dents, cinq doigts à tous les membres, le corps et les membres forts et trapus, des ongles puissants, mais non rétractiles, les oreilles courtes, la queue rudimentaire. Ils sont franchement plantigrades.
Les Canidés ont la tête allongée et assez étroite, quarante-deux dents, les membres longs, les ongles non rétractiles. Ils sont digitigrades.
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FAMILLE DES FÉLIDÉS
Genre Chat.—Felis Linné.
Tête courte et arrondie, oreilles assez grandes, museau très court; pattes longues armées d’ongles rétractiles très pointus.
Ce genre ne comprend que deux espèces indigènes, l’une à peu près disparue, l’autre devenue très rare ou au moins rare. Chacune peut être placée dans un sous-genre spécial, l’une dans le sous-genre Chat, caractérisé par les oreilles sans pinceau de poils au bout et la queue aussi longue que la moitié du corps; l’autre dans le sous-genre Lynx, caractérisée par les oreilles terminées par un pinceau de poils et la queue moins longue que le quart du corps.
1º Chat sauvage. Felis catus Linné.
(Voir la plance [27].)
2º Chat lynx. Felis lynx Linné.
Chat lynx.—Felis lynx Linné.
Le pelage du Lynx est doux et soyeux, fauve moucheté de brun en dessus, fauve clair en dessous; la gorge est blanche, les oreilles grandes, pointues, portant au bout un pinceau de poils d’environ cinq centimètres, les pieds de devant très velus, la queue assez courte, épaisse, noirâtre au bout.
Longueur du corps: 1m05 jusqu’à 1m20, queue 0m20, hauteur au garrot 0m60.
Fig. 34.—Chat Lynx.
Excessivement rare, tellement rare qu’on pourrait se demander si l’espèce existe encore en France. Elle n’existe plus en Suisse et en Belgique. Il y a quelques années, on a constaté, dit-on, la présence de quatre ou cinq individus dans le département de l’Isère et dans ceux des Hautes et Basses-Alpes, même dans les Pyrénées, de même qu’on a trouvé, en Corse, un animal qui doit être cette espèce. Mais, depuis cette époque, ni les zoologistes, ni les chasseurs ne rencontrent plus le Lynx et tout faisait supposer que le dernier représentant avait disparu, quand on vient de signaler, en décembre 1907 et février 1909, dans les Hautes-Alpes, la présence de trois Lynx, dont un a été tué.
Il habite les forêts les plus sauvages, les cavernes et les rochers, et, à la nuit, se met à l’affût dans une touffe de ronces ou sur une branche d’arbre, pour, de là, se précipiter sur tout animal passant à sa portée: jeunes cerfs, chamois, chevreuils, lièvres, marmottes, oiseaux; il attaquerait même parfois les chèvres et les moutons.
Très prudent, il fuit l’homme, mais blessé, il devient dangereux et fait tête au chasseur. Il vit solitaire ou par petites troupes de deux ou trois.
L’accouplement se fait en hiver et après six semaines de gestation, la femelle met bas, sur un lit de mousse et d’herbe, dans une caverne ou un grand trou bien caché.
Dans la faune du Jura, le frère Ogérien cite le Lynx comme ayant été tué dans ce département en 1834; Fatio l’indique comme tué dans le Valais en 1867, Heldreich comme capturé en Grèce en 1862. D’après Réguis, il en existait quelques rares individus en Provence en 1878. Encore aujourd’hui, on en trouve quelques-uns en Autriche, et peut-être, très exceptionnellement, on le rencontrerait dans les Hautes-Alpes françaises.
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FAMILLE DES VIVERRIDÉS
Tête longue et fine, museau allongé, oreilles longues. Corps long et souple. Membres assez hauts avec des ongles à demi-rétractiles pointus.
Genette vulgaire. Genetta vulgaris Cuvier.
(Voir la plance [28].)
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FAMILLE DES MUSTELIDÉS
Genre Marte.—Martes Ray.
Tête assez large avec le museau un peu pointu, les oreilles assez courtes, arrondies, les yeux moyens. Corps long et souple, queue longue; membres plutôt courts; marche semi-plantigrade, presque digitigrade. 38 dents.
Fourrure composée de poils longs et fins, de couleur brune un peu violacée, sous un pelage de poils très fins et très serrés.
1º Marte fouine. Martes foina Gmelin.
2º Marte des sapins. Martes abietum Ray.
(Voir les planches [29] et [30].)
Genre Belette.—Mustela Linné.
Tête assez courte, oreilles petites et arrondies, yeux moyens; queue courte ou assez courte; corps très allongé; membres courts, marche presque digitigrade. 34 dents.
1º Belette commune. Mustela vulgaris Brisson.
2º Belette hermine. Mustela herminea Linné.
3º Belette putois. Mustela putorius Linné.
Fig. 35. Pied de la Belette vison
Fig. 36. Pied de la Belette putois.
4º Belette vison. Mustela lutreola Linné.
(Voir les planches [31]-[32]-[33]-[34]-[35].)
Genre Loutre.—Lutra Brisson.
Tête large, museau très large et assez court; yeux petits; oreilles très petites et arrondies; membres courts, pieds palmés, queue très large à sa base, très robuste, longue, amincie peu à peu au bout. Marche à peu près plantigrade. 36 dents.
Loutre vulgaire. Lutra vulgaris Erxleben.
(Voir la plance [36].)
Genre Blaireau.—Meles Brisson.
Tête assez petite relativement au corps qui est trapu, gros, assez allongé; museau assez long; yeux assez petits; oreilles petites et rondes; membres courts et forts; pieds longs et nus en dessous, armés d’ongles robustes; queue très courte; marche presque plantigrade. 38 dents.
Blaireau commun. Meles taxus Schreber.
(Voir la plance [37].)
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FAMILLE DES URSIDÉS
Genre Ours.—Ursus Linné.
Tête voûtée et grosse; yeux petits; oreilles courtes et velues; museau allongé. Corps lourd et massif, membres épais, les postérieurs un peu plus courts; ongles forts, non rétractiles; queue presque nulle. 6 mamelles. Marche plantigrade. Normalement 42 dents, mais souvent moins, à cause de la caducité des premières prémolaires.
Ours brun. Ursus arctos Linné.
(Voir la plance [38].)
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FAMILLE DES CANIDÉS
Genre Chien.—Canis Linné.
Tête large à museau acuminé; yeux assez grands, oreilles plutôt grandes, terminées en pointe; corps allongé avec membres assez longs et élancés, ongles non rétractiles; queue longue et touffue; marche digitigrade. 42 dents, dont 20 à la mâchoire supérieure et 22 à l’inférieure.
1º Loup commun. Canis lupus Linné.
2º Renard commun. Canis vulpes Linné.
(Voir les planches [39] et [40].)
Ordre V.—Pinnipèdes.
Mammifères organisés pour la vie aquatique, ayant quatre membres pourvus d’ongles, avec cinq doigts, disposés plutôt pour la nage que pour la marche; le corps couvert de poils courts et doux, très allongé, un peu en forme de poisson; trois sortes de dents: incisives, canines et molaires; queue très courte. Ce sont en réalité des carnivores aquatiques, ceux de France connus sous le nom de Phoques, tous adaptés à la vie maritime, bien qu’ils puissent séjourner dans les eaux douces.
Leur nourriture consiste exclusivement en poissons qu’ils attrapent facilement, car ils plongent admirablement et circulent sous l’eau avec aisance et rapidité, ayant de plus la faculté de suspendre leur respiration pendant un temps relativement très long et de fermer hermétiquement leurs narines. Ils passent néanmoins une partie de leur vie à l’air et marchent alors avec une certaine facilité.
Ce sont des animaux très intelligents qu’on pourrait éduquer aussi bien que les chiens, qui préfèrent les climats froids aux pays chauds et qui entreprennent volontiers de longues migrations.
Quatre genres de Phoques appartenant à la même famille habitent les côtes de France ou y font des apparitions momentanées et accidentelles. Les Phoques se distinguent des Otaries que nous voyons en France dans les cirques et les jardins zoologiques parce qu’ils n’ont pas d’oreilles, tandis que les Otaries ont de petites oreilles parfaitement visibles.
Genre Phoque.—Phoca Linné.
Museau conique et étroit, à moustaches ondulées; 5 incisives supérieures simples, coniques; ongles longs; doigts des pieds du devant décroissant progressivement de longueur à partir du premier au cinquième; doigts des pieds de derrière tous égaux. 2 mamelles; 34 dents.
1º Phoque veau marin. Phoca vitulina Linné.
2º Phoque marbré. Phoca fœtida Fabricius.
(Voir description et plance [41].)
Fig. 37.—Crâne du Phoque veau marin.
Le premier a le nez assez large, le corps lourd et épais, à membres courts; le pelage variant du brun clair au jaune grisâtre, avec ou non des taches brunes en dessus, le dessous d’un blanc jaunâtre. Le second qui n’est peut-être qu’une variété, a le nez un peu plus allongé, le corps un peu moins épais et les membres peut-être plus longs, les dents plus faibles, les molaires moins serrées. Son pelage est gris brun ou noirâtre parsemé de grandes maculatures fauves ou blanchâtres, souvent noirâtres au centre, le dessous jaunâtre, et une tache noirâtre autour des yeux.
Genre Erignathus Gill.
Museau large, un peu convexe en dessus, à moustaches droites; 6 incisives supérieures, simples, coniques; ongles longs; doigt médian des pieds de devant plus long que les autres; doigt externe des pieds de derrière analogue aux autres. 4 mamelles. 34 dents.
Erignathe ou Phoque barbu.
Erignathus barbatus Fabricius.
(Phoca leporina Lepechin.—Phoca Lepechini Lesson.—Phoca barbata Müller.)
Tête ronde à museau large, corps long assez massif, à membres courts. Dents petites, relativement aux espèces du genre Phoque. Pelage assez variable, ordinairement gris brunâtre en dessus, sans taches apparentes, d’un blanc jaunâtre en dessous. Taille très grande, dépassant deux mètres en longueur et arrivant chez le mâle adulte à plus de trois mètres, en remarquant que, chez cette espèce, comme chez tous les Phoques, la femelle est toujours plus petite que le mâle. On le distingue des autres espèces par les très longues soies couvrant de plusieurs rangs sa lèvre supérieure. Quant au jeune, il est revêtu d’abord d’une épaisse toison blanche.
C’est une espèce des mers du Nord qui s’égare très accidentellement dans la Manche, mais ne vit pas sur nos côtes. M. Baillon et ensuite M. Marcotte l’énumèrent parmi les animaux du département de la Somme et M. Trouëssart cite la capture d’un jeune individu pris également sur les côtes de la Somme qui vécut au Jardin des Plantes de Paris et devint assez apprivoisé. Il refusa toujours les poissons d’eau douce et ne voulait manger que les poissons d’eau de mer. Irrité, il ne chercha jamais à mordre, mais se défendait avec ses ongles.
La femelle met bas, en avril, un seul petit qu’elle dépose ordinairement sur la glace.
Genre Pelage.—Pelagius F. Cuvier.
Museau allongé, à moustaches droites; seulement quatre incisives supérieures, échancrées transversalement, les molaires épaisses, serrées et trilobées à la couronne, implantées obliquement; ongles petits et courts, plats. Pieds de devant courts, le doigt externe le plus long, les autres de plus en plus courts; 4 mamelles, 32 dents.
Pelage ou Phoque moine.
Pelagius monachus Hermann.
(Phoca bicolor Shaw.—Phoca albiventer Boddaërt.)
Tête courte arrondie, mais le museau allongé. Pelage tranché, noirâtre dessus, blanchâtre dessous; ce qui lui a fait donner les noms de Moine et de Bicolor; grande taille.
Longueur du mâle adulte: 2m25 à 3m.
Le Phoque moine est l’espèce de la Méditerranée, comme les précédents sont les espèces de l’Océan. Assez commun sur les rivages de l’Archipel, il est plutôt très rare sur nos côtes, où pourtant il se reproduit. Risso l’indique comme se montrant au printemps dans les Alpes-Maritimes, Crespon parle d’un individu capturé sur le littoral du Languedoc. Ces constatations démontrent combien peu il a été observé.
On l’a élevé en captivité et on sait que, contrairement à l’espèce ci-dessus indiquée, il accepte comme nourriture les poissons d’eau douce aussi bien que les poissons de mer. Il se montre alors docile et intelligent. Heldreich, dans sa faune de la Grèce, le dit fréquent aux îles de l’Archipel, mais d’une chasse très difficile. Ce qui explique pourquoi on connaît si peu ses mœurs.
Genre Cystophore.—Cystophora Nilsson.
Tête ronde, museau peu allongé. Chez le mâle adulte une sorte de large béret sur toute la tête ou de chaperon dilatable sur le nez et la tête. Ongles longs. 4 incisives supérieures, molaires simples, à couronne raccourcie, faiblement crénelées au bord triturant. 30 dents.
Cystophore ou Phoque à capuchon.
Cystophora cristata Erxleben.
(Phoca mitrata Cuvier.—Stemmatopus cristatus F. Cuvier.)
Corps épais et massif. Pelage gris clair ou noirâtre, plus ou moins marbré et tapissé de plaques plus foncées, avec la tête et les pieds noirs. Le mâle remarquable par le bonnet ou ampoule qu’il porte sur la tête. Cet appendice ressemble à une très large casquette plate ou à un grand bonnet noirâtre qui coiffe la tête entière et porte sur le devant les deux trous des narines. Il cache les yeux par devant, si bien que l’animal ne doit voir que par les côtés.
Longueur de l’adulte, 2m10 à 2m40.
Comme les espèces précédentes, le Phoque à capuchon, originaire des mers du Nord, s’est égaré très accidentellement sur nos côtes; on a cité deux ou trois captures, mais comme il émigre régulièrement, venant du Groënland pour se reproduire sur les côtes de Norvège, où la femelle fait son petit vers le mois d’avril et qu’il n’hésite pas à entreprendre de lointains voyages, il n’est pas étonnant que, de loin en loin, on puisse observer un individu venu jusque sur les rivages de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Belgique ou de la France. Quand une espèce a coutume d’émigrer à des distances considérables, il arrive toujours qu’à certains moments un sujet s’égare et, une fois égaré, périt en route ou se laisse entraîner sur des points énormément éloignés de son habitat habituel.
A l’époque du rut, les mâles sont extrêmement batailleurs et s’attaquent, en poussant des mugissements qui s’entendent à des distances considérables.
Ordre VI.—Ongulés.
Mammifères terrestres ayant les quatre pieds ongulés, c’est-à-dire terminés par des sabots cornés. Cet ordre comprend trois sous-ordres, ou plutôt est la réunion de trois groupes que la plupart des zoologistes considèrent comme des ordres, le sous-ordre des Solipèdes (groupe des Chevaux) caractérisé par les sabots pleins, non séparés; le sous-ordre des Ruminants (groupe du Bœuf, du Cerf, etc.) et le sous-ordre des Pachydermes (groupe du Sanglier, etc.)
Au sous-ordre des Solipèdes n’appartient aucun animal sauvage de France, Suisse et Belgique; le sous-ordre des Ruminants comprend plusieurs genres et plusieurs espèces; celui des Pachydermes ne comprend que le Sanglier.
SOUS-ORDRE DES RUMINANTS
Mammifères ayant les sabots fourchus, soit deux doigts terminés par des sabots en corne qui s’appliquent sur le sol, et, par derrière le pied, deux autres petits appendices ou sabots rudimentaires en corne, qui ne portent généralement pas sur le sol.
Fig. 38.—Bois du Cerf d’Europe.
Ils n’ont en général pas de canines et, à la mâchoire supérieure, n’ont pas d’incisives; l’articulation de leurs maxillaires est disposée de telle façon que, quand ils mâchent leur nourriture, il se produit un mouvement de rotation; on dit alors qu’ils ruminent. Ils sont surtout remarquables et séparés des autres mammifères par la disposition de leur estomac, composé de quatre poches, la panse qui reçoit d’abord les aliments non triturés au moment où ils sont avalés, le bonnet qui est une manière d’appendice de la panse, le
Fig. 39.—Bois du Cerf daim.
Fig. 40.—Bois du Cerf chevreuil.
feuillet et la caillette, véritable estomac qui secrète le suc gastrique. Les substances alimentaires accumulées dans la panse remontent par pelotes dans la bouche, l’animal les mâche et, lorsqu’il les avale pour la seconde fois, elles passent dans la caillette où se fait la digestion.
Fig. 41.—Crâne du Bœuf ordinaire.
Ils ont 32 ou 34 dents. De plus, les os du métacarpe, comme ceux du métatarse, sont, chez eux, soudés pour former un tronc unique qu’on appelle «canon».
Ce sont des animaux taillés pour la course, avec le cou allongé et les membres généralement minces, bien que vigoureux. La plupart ont des cornes ou des bois, les cornes étant persistantes, c’est-à-dire ne tombant jamais et implantées dans un axe osseux; les bois étant pleins et caduques, c’est-à-dire placés au sommet d’un prolongement de l’os frontal, croissant sur une base nommée «meule» et tombant tous les ans pour ensuite repousser rapidement. Ils ne vivent que de végétaux.
Fig. 42.—Cornes de la Chèvre bouquetin.
Le sous-ordre des Ruminants comprend deux familles ayant des représentants en France, Suisse et Belgique.
Fig. 43.—Cornes du Mouflon de Corse.
La famille des Cervidés dont les mâles et très exceptionnellement les femelles ont des bois caducs, pleins, plus ou moins rameux, généralement pas de canines, et dont le crâne porte de chaque côté une fissure entre les os maxillaires, nasaux et frontaux, correspondant à l’ouverture externe placée au-dessous de l’œil et nommée «larmier».
La famille des Cavicornidés dont les représentants ont, sur un prolongement de l’os frontal, des cornes persistantes d’origine pileuse (c’est-à-dire de même origine que les poils) et pas de canines; cette famille se subdivise elle-même en quatre sous-familles:
Fig. 44.—Cornes du Chamois ordinaire.
Celle des Bovidés, comprenant nos Bœufs, qui n’a pas actuellement en France, en Suisse et en Belgique, de représentants sauvages.
Celle des Capridés, remarquable par le front relevé pouvant porter de fortes cornes curvilignes non recourbées sur elles-mêmes, une barbe plus ou moins forte au menton, deux mamelles, 32 dents, et n’ayant ni larmier, ni glandes interdigitales.
Celle des Ovidés, ayant un larmier et des glandes interdigitales, pas de barbe au menton, des formes plus arrondies, des jambes plus grêles et le chanfrein plus busqué que chez les Capridés.
Celle des Antilopidés, mélange de formes un peu différentes se rapprochant tantôt des Bovidés, tantôt des Capridés et des Cervidés et qui, n’ayant pas de caractères très tranchés, comprend tous les genres qui ne peuvent rentrer dans les autres sous-familles.
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FAMILLE DES CERVIDÉS
Genre Cerf.—Cervus Linné.
Museau allongé, oreilles grandes, yeux grands, cou très long, corps vigoureux, queue très courte, membres assez longs et assez minces. Sous les yeux, un larmier grand chez le Cerf, plus petit chez le Daim, très petit chez le Chevreuil. 34 dents.
Fig. 45.—Carte de l’habitat du Cerf d’Europe (partie ombrée).
1º Cerf d’Europe. Cervus elaphus Linné.
2º Cerf daim. Cervus dama Linné.
3º Cerf chevreuil. Cervus capreolus Linné.
(Voir les planches [42]-[43] et [44].)
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FAMILLE DES CAVICORNIDÉS
SOUS-FAMILLE DES ANTILOPIDÉS
Genre Chamois.—Capella Keys. et Blasius.
Dans les deux sexes, des cornes voisines à la base, situées au-dessus des yeux, verticales à l’axe du crâne, presque droites, peu divergentes en haut et recourbées à leur extrémité avec la pointe dirigée en bas. Pas de larmier, mais des ouvertures glandulaires derrière les cornes. Membres et pieds forts et épais. Queue courte. Quatre mamelles, 32 dents.
Chamois ordinaire. Capella rupicapra Linné.
(Voir la plance [45].)
SOUS-FAMILLE DES CAPRIDÉS
Genre Chèvre.—Capra Linné.
Cornes longues, arquées en arrière, curvilignes, noueuses, comprimées. Nez plus ou moins droit. Pas de larmier ni de glandes interdigitales. Lèvre supérieure presque entièrement velue. Queue courte.
Chèvre bouquetin. Capra ibex Linné.
(Voir la plance [46].)
SOUS-FAMILLE DES OVIDÉS
Genre Mouflon.—Musimon Gervais.
Cornes grosses à la base, assez longues, curvilignes, un peu recourbées en arrière, déjetées au dehors et obliquement récurrentes. Nez plus ou moins busqué. Des larmiers et des glandes interdigitales. Lèvre supérieure nue. Queue courte.
Pas de barbe au menton.
Mouflon de Corse. Musimon musmon Bonaparte.
(Voir la plance [47].)
SOUS-ORDRE DES PACHYDERMES
Genre Sanglier.—Sus Linné.
Tête très grosse à museau allongé terminé par un boutoir; yeux petits, oreilles assez grandes. Des incisives en haut et en bas et des canines qui, chez le mâle, se développent en sortant de la bouche, formant de puissantes défenses assez droites, mais se recourbant en arrière chez les vieux. Corps épais, queue mince et petite. Membres à quatre doigts, ceux de devant en sabots portant sur le sol, ceux de derrière plus petits ne faisant que toucher la terre.
Sanglier commun. Sus scrofa Linné.
(Voir la plance [48].)
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ANIMAUX DOMESTIQUES
Après avoir énuméré les Mammifères sauvages qui habitent la Belgique, la Suisse et la France, il y a lieu d’indiquer les animaux que l’homme a domestiqués et que nous avons journellement sous les yeux: le Porc, qui n’a été autre chose, à l’origine, que le Sanglier commun apprivoisé, plus ou moins mélangé avec d’autres espèces de Sangliers exotiques; le Mouton, tellement façonné et modifié par l’homme qu’il sera peut-être, à tout jamais, impossible d’affirmer quels ont été exactement ses ancêtres; la Chèvre qui compte, parmi les Capridés sauvages, beaucoup d’espèces se rapprochant d’elle; le Bœuf, qui descend certainement de trois ou quatre espèces qui ont habité l’Europe et la France dans les temps primitifs; le Cheval, originaire de l’Europe et de l’Asie, et l’Ane, qui provient certainement d’une ou deux espèces africaines; le Chien, dont les formes actuelles sont si variées qu’elles doivent leur origine à nombre d’espèces actuelles et probablement à quelques espèces éteintes, ou plus exactement représentées par des descendants absolument différents de ce qu’étaient les ancêtres des temps primitifs; enfin le Chat, dont il est possible d’établir à peu près la descendance.
Nous dirons un mot du Cobaye ou Cochon d’Inde, dont l’origine exotique est connue, et nous avons déjà parlé du Furet, qui n’est autre chose que notre Putois un peu modifié par la domesticité. Il semble inutile de mentionner le Lapin, dont les races multiples actuellement existantes sont dues à l’homme, provenant toutes, incontestablement, du Lapin sauvage domestiqué et le représentant sous des formes légèrement modifiées.
SOUS-ORDRE DES PACHYDERMES
Genre Sanglier.—Sus Linné.
Porc domestique. Sus domesticus Brisson.
Le Porc, qui a pour souche originelle le Sanglier, est un des animaux qui montrent le mieux ce que peuvent la sélection, le changement de vie et les soins raisonnés de l’homme. De nombreuses races ont été créées qui ont produit un animal notablement différent du Sanglier.
Le Sanglier habite l’Europe, l’Afrique du Nord, l’Inde, mais il diffère un peu dans ces pays, si bien qu’on a voulu en faire plusieurs espèces. Chacune a dû être apprivoisée et donner naissance à une forme asservie. Mais il est une autre espèce depuis très longtemps domestiquée en Chine et en Indo-Chine et très perfectionnée par les Chinois, le «Sus indica», inconnue à l’état sauvage, mais qui pourrait bien provenir du «Sus vittatus» de Java.
Cette dernière forme et la descendance du Sanglier commun ont mêlé leur sang chez presque toutes nos races actuelles. Toutes les races sont, au reste, fécondes entre elles et avec notre Sanglier.
Le Porc est tellement utile qu’il a toujours été soigné et autant que possible amélioré. De là, l’origine de ces bêtes dans lesquelles tout sert à la consommation.
SOUS-ORDRE DES RUMINANTS
Genre Mouton.—Ovis Linné.
Mouton domestique. Ovis aries Linné.
Le Mouton est le type de l’animal tellement modifié par la domestication qu’il est impossible de dire de quelles formes sauvages il pourrait provenir. Les uns pensent que, au moins les petites races à queue courte et à cornes en forme de croissant descendent du Mouflon de Corse, d’autres affirment que les Moutons primitifs proviennent de plusieurs espèces éteintes. Ce qui est certain, c’est que les soins de l’homme et les croisements l’ont extraordinairement modifié, à ce point qu’il lui serait impossible de reprendre la vie sauvage, comme les Chèvres, les Porcs et les animaux domestiqués échappés au joug de l’homme, ont pu le faire à l’occasion. Il périrait de suite infailliblement s’il était abandonné à lui-même.
Le Mouton est, au surplus, très variable. Ses cornes peuvent être très diverses, manquant souvent chez la femelle, arrivant chez le mâle d’une race du Chili à quatre, et même, dit-on, à huit; les mamelles, normalement au nombre de deux, peuvent être de quatre; la durée de la gestation varie de 144 à 150 jours; la différence de fécondité est considérable suivant les races; la queue est très courte ou énorme; le chanfrein droit ou très busqué. Dans la même race, on constate même que, sous l’influence du climat et par suite du changement de nourriture, la grosseur de la queue et la toison se modifient très rapidement.
Pour en donner une idée, il suffit de rapporter l’origine de la race de Mauchamps: dans une ferme, une brebis mérinos donne naissance à un agneau qui devient remarquable par une laine particulièrement douce et des cornes tout à fait lisses, corrélation naturelle, puisque poils et cornes sont des formations de même nature, et par un facies spécial. Cet agneau imprima fortement ses caractères chez ses descendants et devint la souche d’une race nouvelle. Or, si on ne savait pas l’origine de cette race, on la supposerait certainement née d’une forme primitive inconnue.
Les races de Moutons sont nombreuses, les unes françaises, anglaises, espagnoles, d’autres africaines, toutes fécondes entre elles.
Le Mouton est essentiellement utile à l’homme qui emploie sa viande, sa peau, ses boyaux, son suif, son lait. Il n’est pas jusqu’à l’agneau mort-né, naissant ou récemment né qui ne donne une fourrure recherchée sous le nom d’astrakan.
Genre Chèvre.—Capra Linné.
Il y a actuellement dans le monde beaucoup de races de Chèvres, fertiles entre elles, et parfois différant beaucoup par la longueur proportionnelle des intestins, par la forme des mamelles, par l’odeur émise par le mâle, par la présence ou l’absence de cornes chez la femelle, par les oreilles et cent autres caractères. La Chèvre est domestiquée depuis un temps immémorial, car, à l’époque de la pierre, elle vivait déjà près de l’homme.
Elle descendrait de plusieurs espèces sauvages, notamment de Capra œgagrus du Caucase, de Capra Falconieri de l’Inde. Il y a eu probablement aussi des croisements avec Capra ibex des Alpes et des Pyrénées.
La Chèvre est élevée surtout en vue de son lait avec lequel on fait d’excellents fromages, soit avec son lait seul, comme en Berri, en Poitou et ailleurs, soit en le mélangeant avec celui de la Vache, comme au Mont-d’Or, soit en le mêlant au lait de Brebis, comme à Roquefort, soit en le mélangeant à la fois avec les laits de Vache et de Brebis. Son cuir est excellent pour la chaussure, la reliure, les gants. Sa chair, surtout celle du Chevreau, est passable.
Les départements les plus riches en Chèvres sont la Corse (environ 135.000), l’Ardèche (100.000), la Drôme, l’Isère, les Deux-Sèvres et l’Indre. Les plus pauvres sont Lot-et-Garonne, l’Aude, l’Orne, le Finistère (environ 1.500). La Suisse compte une nombreuse population de Chèvres. L’Algérie en possède plus que la France.
Genre Bœuf.—Bos taurus Linné.
Le Bœuf est domestiqué depuis l’époque la plus reculée, aussi bien la forme exotique à bosse «Bos indicus», asservie 2.100 ans avant notre ère, ainsi qu’en témoignent les monuments égyptiens, que la forme sans bosse, aussi bien que les formes très différentes de l’Orient, le Yak et d’autres.
On s’accorde assez généralement pour admettre que le bétail européen provient de trois espèces éteintes, l’Aurochs, «Bos primigenius», déjà domestiqué à l’époque néolithique, d’une espèce plus petite «Bos longifrons», et d’une troisième «Bos frontosus».
Comme le Bœuf est sujet à varier et que la sélection lui a été appliquée depuis de longs siècles, que les croisements ont été essayés à l’infini, il n’est pas étonnant qu’il existe aujourd’hui des races très diverses par la taille, la coloration, les proportions, les cornes, toutes fertiles entre elles, puisque même les «Bos taurus» et «Bos indicus» reproduisent parfaitement ensemble.
Même la durée de la gestation varie beaucoup, puisqu’on a constaté entre certaines races la différence énorme de quatre-vingts jours.
En France, presque chaque province nourrit une race de Bœufs, parmi lesquelles on peut citer les races limousine à robe blonde, charolaise, vendéenne, nivernaise, de Salers, normande, comtoise, angoumoise, la race noire de Camargue, la petite race pie de Bretagne, etc. La Belgique, la Suisse, la Hollande, l’Angleterre, possèdent des variétés magnifiques. En Pologne vit une race qui tient encore beaucoup de l’Aurochs et même du Bison.
On prétend que tout animal domestique redevenu sauvage reprend la coloration de ses ancêtres, mais, pour le Bœuf, on constate que là où il a repris la vie libre, la couleur est très variable. Ainsi, les races libres des Pampas et du Texas, provenant d’une souche espagnole, ainsi que celles d’Afrique, ont pris une coloration d’un brun foncé; d’autres, dans les îles du Pacifique et dans les îles Falkland, tirant leur origine du Bœuf de la Plata, sont blancs avec les oreilles noires.
SOUS-ORDRE DES SOLIPÈDES
Genre Cheval.—Equus Linné.
Cheval domestique. Equus caballus Linné.
A l’époque préhistorique, le Cheval vivait en France et en Belgique à l’état sauvage, l’homme le considérait comme un gibier et se nourrissait de sa chair. Plus tard, il fut domestiqué par nos ancêtres, non seulement en France, mais dans toute l’Europe et en Asie.
Il semble probable qu’à cette époque il y avait plusieurs espèces de chevaux, qui toutes cessèrent peu à peu d’exister à l’état libre, et asservies par l’homme donnèrent naissance aux ancêtres de nos races actuelles, mais avec des modifications résultant de croisements multipliés. Dans la suite, les peuples de l’Europe orientale et de l’Asie qui firent des invasions dans l’Europe centrale et occidentale amenèrent avec eux les chevaux de leurs pays, et de nouveaux croisements eurent lieu.
D’autre part, les hommes ont employé leurs chevaux à divers usages et ont à peu près créé des animaux aussi lourds et forts que possible pour traîner des chariots, ou vites et légers pour servir de montures; ils ont, au moyen de la sélection, façonné les bêtes dont ils avaient besoin, choisissant les reproducteurs, variant la nourriture, habituant à tels ou tels travaux leurs animaux, les transportant sous des climats différents. C’est ainsi qu’au moyen âge les chevaliers ont pu se servir du destrier, c’est-à-dire le cheval capable de supporter le poids énorme d’un chevalier bardé de fer. C’est ainsi qu’à notre époque, nous voyons autour de nous les lourds et puissants percherons ou boulonnais, les carrossiers élégants, le cheval de chasse, le cheval de course.
La température elle-même et les latitudes variées ont aidé à modifier les races; dans les pays secs, même très froids, le cheval a prospéré; dans les contrées humides il a dégénéré, et on sait que, dans certaines îles et dans les montagnes, il est devenu plus petit et a changé ses formes.
Il existe aujourd’hui beaucoup de variétés ou races nettement établies, différant entre elles par la taille, les proportions du corps, la tête, la forme des oreilles et de la crinière, du garrot et de la croupe. D’une part, on se demande quels changements on pourra désirer dans l’avenir, si on fera des chevaux plus petits que tels ou tels poneys ou plus grands que nos puissants boulonnais, si on pourra augmenter la vitesse du cheval de course qui semble avoir atteint son maximum; d’autre part, si les croisements de plus en plus multipliés au profit d’une race préférée ne feront pas disparaître d’autres races plus négligées, si par exemple le mélange de sang anglais toujours répété n’amènera pas la disparition d’anciennes formes, comme la limousine et autres.
Le Cheval sauvage n’existe plus, à proprement parler, que dans les steppes de l’Asie centrale, car en Amérique et ailleurs, les chevaux libres ne sont que chevaux échappés de la main de l’homme et ayant repris la vie sauvage depuis une époque relativement récente.
Ane domestique. Equus asinus Linné.
L’Ane est originaire d’Afrique et descend, selon toute probabilité, de l’Asinus tœniopus de l’Afrique orientale. De temps immémorial, il a existé en Égypte, en Abyssinie, en Arabie et en Syrie, et, de ce pays, il a été introduit en Europe.
Si l’Ane a moins varié que le Cheval, bien qu’il y ait aujourd’hui d’assez nombreuses races caractérisées, cela tient à ce qu’on n’a guère cherché à l’améliorer, car c’est un animal destiné au service du pauvre.
Il diffère notablement du Cheval par plusieurs caractères très importants et on sait combien sa voix ressemble peu à celle du Cheval. Ils s’accouplent pourtant facilement l’un à l’autre. Le produit de l’étalon et de l’ânesse, le bardeau, est une bête intermédiaire, qui ressemble à certaines races de chevaux abâtardies, assez rare du reste, et dont on se sert peu. De l’accouplement de l’Ane de grande taille avec la jument naît le Mulet, animal qui joint à l’élégance du Cheval une certaine ressemblance avec l’Ane et qu’on emploie avec grand avantage en certaines contrées.
Le Bardeau et le Mulet sont presque toujours incapables de se reproduire, et on cite comme un cas absolument remarquable le fait qu’une Mule a pu exceptionnellement être fécondée.
En France, l’Ane sert surtout aux pauvres gens; dans les campagnes, chaque paysan possède un ou plusieurs ânes. En Poitou, en particulier, on s’occupe spécialement de l’Ane et on a obtenu des animaux de forte taille qui servent d’étalons pour produire des mulets dont on fait un grand commerce.
Ordre des Carnivores.
Chien domestique. Canis familiaris Linné.
L’homme a apprivoisé, dès la plus haute antiquité, plusieurs espèces de Canidés; il a élevé les animaux qui pouvaient lui être utiles et les a croisés et mélangés entre eux avec des espèces encore sauvages, si bien qu’il a obtenu des chiens qui, avec les siècles, se sont modifiés et différenciés de plus en plus.
Déjà, à une époque extrêmement reculée, il existait des races tout à fait tranchées, puisque les monuments égyptiens, assyriens et autres, nous montrent la figure de bêtes voisines du lévrier, du dogue, d’un chien courant et d’un basset.
Tout fait supposer que les premiers chiens domestiques sont provenus, en Europe, du Loup et du Chacal, croisés peut-être avec une ou deux races éteintes; en Égypte, d’une espèce qui pourrait être le «Canis lupaster»; en Afrique, le «Canis simensis»; dans l’Inde, le «Canis pallipes»; en Amérique, de plusieurs espèces; et les croisements de tous ces chiens domestiqués, avec de temps en temps la survenance de formes bizarres ou particulières qu’on a propagées, ont produit nos races, aujourd’hui si dissemblables. Le changement de climats a aidé aussi à créer des variétés, et on peut citer, par exemple, le Chien de Terre-Neuve européen, qui ne ressemble plus guère maintenant au Chien habitant Terre-Neuve.
D’après leurs formes, on peut classer les chiens par groupes: par exemple celui des dogues, si fortement caractérisé, représenté par des animaux de toutes tailles, celui des terriers, celui des lévriers, des Danois, des chiens de berger, celui des chiens de chasse. En réalité, il existe des centaines de races si bien tranchées que si on les trouvait à l’état sauvage, on en ferait avec raison des espèces et même des genres très bien caractérisés.
Chat domestique. Felis domestica Brisson.
Le Chat est répandu partout. Ses variétés diffèrent par la taille, la coloration et les proportions du corps. A l’origine, plusieurs espèces ont dû être apprivoisées par l’homme, qui s’emparait des jeunes et les élevait dans ses habitations, puis, des croisements se sont faits entre les divers types, le plus souvent en dehors de sa volonté, car les chats sont tellement vagabonds qu’il a été impossible de leur appliquer une sélection plus ou moins raisonnée, comme on a fait pour les autres animaux.
On a trouvé en Égypte des momies de chats appartenant à trois espèces, dont deux y vivent encore à l’état sauvage et à l’état domestique, «les Felis caligata, bubastes et chaus». Une race espagnole semble descendre du «Felis maniculata», le Chat angora, d’Asie, provient très probablement des «Felis manul et maniculata», et il est à croire qu’en Europe, le «Felis catus», notre Chat sauvage, a été élevé et a donné naissance à une race semi-domestique.
Ces races, emmenées par les émigrants d’un pays dans un autre, se sont accouplées à l’infini, et le résultat a été la création de nos chats domestiques, d’autant mieux que tous ces chats actuels se croisent très facilement entre eux et avec les espèces libres, par exemple en Algérie avec le «Felis lybica», dans l’Afrique méridionale avec le «Felis caffra», dans l’Inde et en Amérique avec plusieurs espèces, et les métis sont toujours féconds.
Le Chat s’est habitué à demeurer avec l’homme, et en beaucoup de maisons la Chatte ne quitte jamais l’habitation de son maître. On a même vu des chats transportés à de grandes distances retrouver leur direction et regagner leur ancien domicile. Mais souvent aussi le Chat, surtout le mâle, s’éloigne de la maison, soit pour rechercher les femelles, soit pour chasser dans les champs et les bois. Dans nos campagnes, où parfois il est mal nourri, il quitte définitivement l’habitation et il reprend la vie libre, demeurant dans les bois à la manière du Chat sauvage. Là, ils s’accouplent avec le «Felis catus» et on trouve de ces métis, toujours reconnaissables à leur facies et à leur queue. Autrefois, quand le «Felis catus» était commun, les descendants de ces métis retournaient rapidement au type sauvage. Aujourd’hui, ces chats errants ne peuvent faire souche, parce qu’ils périssent toujours, pris dans les pièges ou tués par les chasseurs.
Ordre des Rongeurs.
Genre Cobaye.—Cavia.
Cobaye Cochon d’Inde. Cavia aperea Gmelin.
Le Cochon d’Inde est le représentant domestique du «Cavia aperea», un Rongeur du Brésil, amené en Europe peu de temps après la découverte de l’Amérique. Depuis son acclimatation chez nous, il a notablement varié et est aujourd’hui assez différent du type sauvage. Il n’existe, au surplus, en Europe, aucun représentant de sa famille.
Chacun connaît ce petit animal, généralement de couleur blanche, plus ou moins taché de noir, de gris, de fauve ou de jaune, très doux, très prolifique, qu’on nourrit de pain, de grains, d’herbes et de fruits.
Il fait souvent entendre un petit grognement, ce qui lui a fait donner dès le XVIe ou XVIIe siècle, alors que l’Amérique portait ordinairement le nom d’Indes occidentales, son nom de Cochon d’Inde.
Les Cobayes sauvages vivent dans les forêts de l’Amérique méridionale.
On le mange, bien que sa chair soit médiocre, mais c’est plutôt une bête d’agrément qu’un animal utile, quoiqu’il soit devenu précieux pour les expériences de laboratoire.
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TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS FRANÇAIS ET LATINS DES ESPÈCES FIGURÉES
Les noms latins sont imprimés en italique, ceux des familles en égyptienne. Les chiffres renvoient aux pages.
[A], [B], [C], [D], [E], [F], [G], [H], [I], [L], [M], [N], [O], [P], [Q], [R], [S], [T], [U], [V].
Agricola [109]
Animaux domestiques [135]
Ane domestique [136], [143]
Antilopidés [45], [132], [134]
Aranivore [98]
Arctomys marmotta [12], [106]
Arvicola agrestis [22], [111]
— amphibius [21], [111]
— arvalis [22], [111]
— bicolor [110]
— Gerbei [23]
— glareolus [109]
— Lebruni [110]
— leucurus [110]
— Nageri [110]
— nivalis [110]
— rubidus [109]
— rufescens [109]
— rutilus [109]
— subterraneus [23], [112]
Asinus tœniopus [143]
Aurochs [140]
Barbastelle commune [67]
Bardeau [144]
Belette [52]
— commune [19], [31], [119]
— hermine [32], [119]
— putois [33], [113], [120]
— vison [35], [120]
Biche [42]
Bièvre d’Europe [10]
Blaireau [52], [55]
— commun [37], [114], [120]
Bœuf [136], [140]
Bos frontosus [140]
— indicus [140], [141]
— longifrons [140]
— primigenius [140]
— taurus [140], [141]
Bouquetin [46], [51]
Bovidés [132]
Brocards [44]
Campagnol [52], [54]
— agreste [22], [111]
— des champs [22], [111]
— des neiges [109], [110]
— des Pyrénées [23]
— destructeur [21]
— incertain [23]
— rat-d’eau [21], [111], [104]
— roussâtre [109], [110]
— souterrain [23], [112]
— terrestre [21]
Canidés [39], [40], [41], [116]
Canis familiaris [144]
— lupaster [145]
— lupus [39], [121]
— lycaon [39]
— pallipes [145]
— simensis [145]
— vulpes [40], [121]
Capella rupicapra [45], [134]
Capra Falconieri [139]
— ibex [45], [134], [140]
— œgagrus [139]
Capridés [46], [132], [134]
Carnivores [49], [57], [112], [144]
Castor [51], [52]
Castor fiber [10], [106]
Castor ordinaire [10], [102], [106]
Castoridés [10], [103], [105]
Cavia aperea [147]
Cavicornidés [132], [134]
Cavidés [105]
Cerf [51], [52], [55]
— chevreuil [44], [130], [134]
— d’Europe [42], [128], [134]
— daim [43], [129], [134]
Cervidés [42], [43], [44], [131]
Cervus capreolus [44], [134]
— dama [43], [134]
— elaphus [42], [134]
Cétacés [49], [51], [58]
Chamois ordinaire [45], [51], [134]
Chat [136]
— angora [146]
— domestique [145]
— lynx [116], [117]
— pitois [33]
— sauvage [27], [52], [113], [116]
Chauve-souris [1], [2], [54], [55], [58]
Cheiroptères [49], [56], [58], [60]
Cheval domestique [136], [141]
Chèvre [136], [139]
— bouquetin [46], [131], [134]
Chevreuil [44], [51], [55]
Chien [136]
— domestique [144]
Cobaye Cochon d’Inde [136], [147]
Cochon d’Inde [136], [147]
Cricetus frumentarius [107]
— vulgaris [107]
Crocidura araneus [7], [97]
— etrusca [98]
Crocidura leucodon [97]
Crocidure aranivore [7], [97]
— étrusque [98]
— leucode [97], [98]
Crossope aquatique [9], [101]
Crossopus fodiens [9], [101]
Cystophora cristata [126]
Cystophore [126]
Daguet [42]
Daim [43]
Daine [43]
Desman [52], [93], [94]
— de Moscovie [6]
— des Pyrénées [6], [96]
Dix-cors [42]
Droumiant [14]
Duplicidentés [105]
Dynops Cestonii [86]
Dysopes Cestonii [86]
Ecureuil [52], [104]
— commun [11], [103], [106]
Edentés [50], [51]
Eléphant [51]
Emballonuridés [60], [61], [85], [87]
Equus asinus [143]
— caballus [141]
Erignathe [124]
Erignathus barbatus [124]
Erinacéidés [4], [94], [95]
Erinaceus europaeus [4], [95]
Etrusque [7]
Faons [42]
Félidés [27], [115]
Felis bubastes [146]
— caffra [146]
— caligata [146]
— catus [27], [116], [146]
— chaus [146]
— domestica [145]
— lybica [146]
— Lynx [116]
— maniculata [146]
— manul [146]
Ficheux [33]
Foin [29]
Fouine [29], [52]
Fouquet [11]
Foyon [5]
Furet [136]
— commun [34]
Genetta vulgaris [28], [119]
Genette vulgaire [28], [119]
Glay [14]
Goux [14]
Grisard [37]
Hamster [52]
— commun [107]
Hase [24]
Hemiotomys [109]
Hère [42]
Hérisson [52], [56], [93]
— d’Europe [4], [95]
Hypudœus [109]
Insectivores [57], [49], [93]
Isard [45]
Lapin [52], [136]
—sauvage [26]
Lémuriens [51]
Léporidés [24], [25], [26], [105], [112]
Lepus cuniculus [26], [112]
— timidus [24], [112]
— variabilis [25], [112]
Lérot [14], [52]
Lettice [32]
Leucode [7]
Leucodon micrurus [97]
Levrault [24]
Lièvre [51], [56]
— blanc [25]
— changeant [25], [112]
— commun [24], [105], [112]
— lapin [26], [112]
Liteau [39]
Loir [52]
— commun [13], [107]
— Lérot [14], [107]
— muscardin [15], [107]
Loup [51], [52], [55]
Loup commun [39], [121]
Loutre [52], [55]
— vulgaire [36], [120]
Louvard [39]
Louve [39]
Louveteau [39]
Lutra vulgaris [36], [120]
Lynx [51], [52], [116]
Madrai [29]
Marcotte [31]
Marmotte [52], [56]
— vulgaire [12], [103], [104], [106]
Marte des sapins [30], [119]
Marte fouine [29], [113], [119]
Martes abietum [30], [119]
— foina [29], [119]
Marsupiaux [50], [51]
Meles taxus [37], [120]
Microtus [109]
Microtus Selys [23]
Minck [35]
Minioptère de Schreibers [84]
Miniopterus Schreibersi [84]
Molosse [85]
— de Certoni [86]
Monotrèmes [50]
Mouflon [51]
— de Corse [47], [131], [135]
— domestique [136], [138]
Mulet [144]
Mulot [18], [19], [22], [56]
Muridés 16 à [23], [104], [107]
Mus Alexandrinus [17]
— decumanus [16], [109]
— minutus [20], [109]
— musculus [18], [109]
— rattus [17], [109]
— sylvaticus [19], [109]
Musaraigne [52], [54], [93]
— Carrelet [8], [99]
— d’eau [9]
— de terre [7]
— des Alpes [8], [100]
Musaraigne pygmée [8], [99]
Muscardin [15], [52]
Musette [7], [98]
Musignani [21]
Musimon Musmon [47], [135]
Mussoèle [31]
Mustela furo [34]
— herminea [32], [119]
— lutreola [35], [120]
— putorius [33], [120]
— vulgaris [31], [119]
Mustélidés [29], [30], [31], [32], [33], [34], [35], [36], [37], [52], [115], [119]
Myodes [109]
Myogalea pyrenaica [6], [96]
Myoxidés [13], [14], [15], [104], [106]
Myoxus Avellanarius [15], [107]
— glis [13]
— nitela [14], [107]
Noctule [69], [70]
Norek [35]
Nyctinomus Cestonii [86]
Ongulés [49], [127]
Oreillard [66]
— commun [2]
Ours [51], [52]
— brun [38], [114], [121]
Ovidés [47], [132], [135]
Ovis aries [138]
Pachydermes [49], [57], [127], [135], [137]
Pachyura Selys [98]
Paludicola [109]
Pelage [125]
Pelagius monachus [125]
Phoca albiventer [125]
— barbata [124]
— bicolor [125]
— foetida [41], [123]
— Lepechini [124]
— leporina [124]
— mitrata [126]
— vitulina [41], [123]
Phoque [51], [52], [56]
— à capuchon [126]
— barbu [124]
— marbré [41], [123]
— moine [125]
— veau-marin, [41], [123]
Phyllorhinidés [60]
Pinnipèdes [49], [57], [121]
Pipistrelle [3], [72]
Plaron [8]
Platypsillus Castoris [10]
Plecotus auritus [2], [66]
Porc domestique [136], [137]
Putias [33]
Putois [33], [52]
Quadrumanes [49]
Rat [52], [53], [54]
— d’eau [21]
— d’égout [16]
— des moissons [20], [53], [109]
— houdot [14]
— liron [14]
— mulot [19], [109]
— nain [20]
— noir [17], [51], [56], [109]
— souris [18], [109]
— surmulot [16], [104], [109]
Renard [52], [55]
— charbonnier [40]
— commun [40], [121]
Renardeaux [40]
Rhinolophe de Blasius [1], [64]
— euryale [1], [63]
— grand fer-à-cheval [1], [63]
— petit fer-à-cheval [1], [65]
Rhinolophidés [1], [60], [61], [87]
Rhinolophus Blasii [64]
— bihastatus [65]
— clivosus [64]
— euryale [63]
— ferrum-equinum [1], [63]
Rhinolophus hipposideros [64], [65]
— unihastatus [63]
Rongeurs [49], [56], [101], [147]
Ruminants [49], [57], [127]
Sanglier commun [48], [52], [55], [135]
Savii Selys [23]
Sciuridés [11], [12], [103], [106]
Sciurus vulgaris [11], [106]
Schizocarpus Mingaudi [10]
Selysii Gerbe [23]
Singes [51]
Siréniens [49], [51]
Solipèdes [49], [57], [127]
Sorex alpinus [100]
— coronatus [99]
— pygmæus [99]
— tetragonurus [99]
— vulgaris [8], [99]
Soricidés [7], [8], [9], [97]
Souris [18], [52], [56]
Spirou [11]
Stemmatopus cristatus [126]
Surmulot [16], [51], [56]
Sus domesticus [137]
— indica [137]
— scrofa [48], [135]
— vittatus [137]
Synotus Barbastellus [67]
Taisson [37]
Talpa cæca [5], [96]
— europaea [5], [96]
Talpidés [5], [6], [94], [95]
Taupe aveugle [5], [96]
— commune [5], [52], [93], [94], [95], [96]
Terricola [109]
Ursidés [38], [115], [121]
Ursus arctos [38], [121]
Vespérien abrame [72]
— alpestre [70]
— boréal [75]
— de Kuhl [71]
— de Leisler [69]
— de Savi [70]
— discolore [74]
— noctule [68]
— pipistrelle [3], [71]
— sérotine [73]
Vespertilio Bechsteini [80]
— Bonapartii [70]
— brachyotus [71]
— Capaccinii [77]
— ciliatus [79]
— dasycnemus [76]
— Daubentonii [78]
— emarginatus [79]
— lanatus [78]
— limnophilus [76]
— Maurus [70]
— Megapodius [77]
— murinus [81]
— myotis [81]
— mystacinus [83]
— Nattereri [79]
— pellucens [77]
— rufescens [79]
Vespertilionidés [2], [3], [60], [61], [66]
Vespertilion à grands pieds [77]
— à moustaches [83]
— de Bechstein [80]
— de Daubenton [78]
— de Natterer [79]
— des marais [76]
— échancré [79]
— murin [81]
Vesperugo abramus [72]
— borealis [75]
— discolor [74], [75]
— Kuhlii [71]
— Leisleri [69]
— leucippe [76]
— Nathusii [72]
— Nilssonii [75]
Vesperugo noctula [68]
— pipistrellus [3], [71]
— Savii [70]
Vesperugo serotinus [73]
Viverridés [28], [115], [119]
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TABLE GÉNÉRALE
Paris.—Imp. J. Mersch, 4 bis, avenue de Châtillon.
Paris.—Chromotypographie Draeger.