INDIENS.
Si l'on met les Chinois au premier rang d'ancienneté, il est difficile de ne pas convenir que les Indiens, placés entre la Chine et l'Asie occidentale, qui fut le berceau du genre humain, ne soient au moins aussi anciens que les Chinois; mais le peu de commerce que les Européens avaient autrefois avec les Indiens, a donné occasion à une infinité de fables touchant l'origine de ce peuple. Suivant eux, Bacchus ou Liber, qu'ils assurent être né dans ce pays, a le premier triomphé des Indiens et soumis leurs royaumes. Depuis ce temps, il est sûr que les rois de Perse occupèrent quelque partie de l'Inde. Alexandre-le-Grand, après avoir vaincu Darius, y porta ses armes, et y vainquit en bataille Porus, roi des Indiens. Depuis Alexandre, ces peuples n'ont point été inquiétés par les étrangers, jusqu'à ce que les Portugais, conduits par Vasco de Gama, s'y établirent sur la fin du quinzième siècle. Depuis, les Hollandais y ont beaucoup affaibli les Portugais. Une partie de l'Inde est administrée par le Grand Mogol, roi mahométan.
Voyez [Mogols].
On remarque chez les Indiens ou Brachmanes deux espèces d'opinions religieuses: la première est celle des philosophes, et la seconde celle du peuple. Par une suite de cette croyance que Dieu est l'âme du monde, le vulgaire révère tous les grands objets naturels, comme contenant une portion de la divinité. Cette vénération a donné naissance aux intelligences subalternes; mais les prêtres et les philosophes s'accordent à nier l'existence de ces divinités inférieures.
Dieu est adoré chez ces peuples sous la figure de Brama, personnage allégorique qui signifie la sagesse divine, et qu'on croit être le même qu'Abraham.
Ils racontent que le Dieu suprême a créé trois dieux inférieurs, Brama, Vishnou et Routren; que Brama s'est incarné pour être le rédempteur des hommes; que Vishnou a paru dans le monde sous neuf formes différentes, et y doit paraître encore sous une nouvelle.
Les Indiens se divisent en six sectes. Ils ont tous un si grand respect pour les vaches, qu'ils se croient bienheureux pourvu qu'ils en aient une queue à la main quand ils meurent.
SYRIENS.
C'est vers l'an 2000 de la création que les Syriens fondèrent la ville de Damas, première époque de leur histoire. Ils étaient alors gouvernés par de petits rois qui nous sont inconnus.
Vers l'an 2930, David, roi d'Israël, soumet les petits rois qui se partageaient le gouvernement de la Syrie.
- 2980. Reson, roi de toute la Syrie.
- 3000. Tabrimen.
- 3032. Benbadad I.
- 3305. Benbadad II.
- 3131. Alazacl.
- 8153. Benbadad III (tributaire des Israélites).
- 3200. Rezin.
- 3245. Syrie conquise et jointe à l'Assyrie.
- 3453. L'Assyrie et la Syrie réunies à la Perse.
- 3651. La Perse et les états qui en dépendent soumis aux Grecs.
- 3683. Fondation du nouveau royaume de Syrie, au
- partage de la succession d'Alexandre-le-Grand.
- —— Seleucus I, Nicanor.
- 3703. Antiochus I, Soter.
- 3722. Antiochus II, le Dieu.
- 3728. Les Parthes se séparant de la Syrie.
- 3738. Seleucus II, Callinicus.
- 3758. Seleucus III, Ceraunus.
- 3761. Antiochus III, le Grand.
- 3797. Seleucus IV, Philopator.
- 3808. Antiochus IV, Epiphane.
- 3820. Antiochus V, Eupator.
- 3822. Démétrius I, Soter.
- 3835. Alexandre Bala.
- 3845. Antiochus VI, Energetes.
- 3858. Antiochus VII, Epiphanes.
- 3871. Antiochus IX, Cysicus.
- 3888. Seleucus V.
- 3890. Antiochus X, XI.
- 3897. Antiochus XII.
- 3901. Tigranes.
- 3918. Syrie soumise aux Romains.
Après
J.-C.
- 395. Partage de l'empire romain; la Syrie
- est omprise dans l'empire d'Orient.
- 660. La Syrie soumise aux Arabes
- mahométans. Elle est encore aujourd'hui sous la
- domination des Turcs ottomans.
Pour le culte des anciens Syriens, voyez [Phéniciens], ci-après.
PHÉNICIENS et TYRIENS,
OU CHANANÉENS.
Les Phéniciens, descendus de Chanaan, fils de Cham, ont pour premier monument de leur histoire, la ville de Sidon, qu'ils fondèrent vers l'an 2200 de la création.
Vers l'an 2460, Agénor règne en Phénicie.
Vers l'an 2500, Cadmus part de Phénicie et va fonder Thèbes en Béotie.
L'an 2732, fondation de la ville de Tyr.
- 2877. Hiram I.
- 2898. Abibal.
- 2936. Hiram II, ami de David et de Salomon.
- 2970. Baléazar.
- 2990. Abdastarte.
- 3010. Astarte.
- 3022. Aserimus.
- 3031. Phelès.
- 3044. Ithobal I.
- 3050. Badezor.
- 3072. Mettimus.
- 3090. Pygmalion.
- 3106. Didon, fuyant la tyrannie de Pygmalion, son
- —— (Plusieurs rois inconnus.)
- 3260. Eluléus.
- 3350. Ithobal II.
- —— On compte huit rois depuis Ithobal II, jusqu'à Hiram III.
- 3393. Conquête de Sidon par Nabuchodonosor-le-Grand, roi
- d'Assyrie.
- 3406. Destruction de Tyr par Nabuchodonosor;
- soumission complète des Phéniciens, qui ne
- reparaissent plus dans l'histoire.
CULTE DES PHÉNICIENS,
SYRIENS, ARABES ET AUTRES PEUPLES VOISINS.
Le culte des idoles est très-ancien dans ces contrées, qui ont été habitées par les premiers hommes. On ne connaît point d'idoles plus anciennes que les Téraphim de Laban, qui habitait la Mésopotamie. Tharé, père d'Abraham, était idolâtre. Ce culte s'était aussi introduit dans la famille de Jacob, qui détruisit toutes les idoles. Les Moabites adoraient Chamos et Béelzébuth. Les Philistins et les Phéniciens avaient un dieu nommé Dagon, qui tomba devant l'arche sainte apportée dans son temple. La déesse syrienne, dont le culte fut très-répandu, est la même que Dercéto, Atergatis, Vénus ou la déesse Astrate des Phéniciens, appelée dans l'Écriture Astoreth, et dont Salomon adopta le culte. La déesse syrienne était mère de Sémiramis. Les Chaldéens et les Juifs adoraient encore Malachlébus, idole de la lune. Les Arabes sacrifiaient à Alilat, à Urotalt, à la lune et aux démons; ils adoraient la tour Acara, bâtie par leur patriarche Ismaël, fils d'Abraham, de même qu'une grosse pierre carrée qui passait pour être l'image de Vénus.