AU ROY.
IRE,
Vostre Majesté peut avoir assez de cognoissance des descouvertures, faites pour son service de la nouvelle France (dicte Canada) par les escripts que certains Capitaines & Pilotes en ont fait, des voyages & descouvertures, qui y ont esté faites, depuis quatre vingts ans, mais ils n'ont rien rendu de si recommandable en vostre Royaume, ny si profitable pour le service de vostre Majesté & de ses subjects; comme peuvent estre les cartes des costes, havres, rivieres, & de la situation des lieux lesquelles seront representées par ce petit traicté, que je prens la hardiesse d'adresser à vostre Majesté, intitulé Journalier des voyages & descouvertures que j'ay faites avec le sieur de Mons, vostre Lieutenant, en la nouvelle France: & me voyant poussé d'une juste recognoissance de l'honneur que j'ay reçeu depuis dix ans, des commandements, tant de vostre Majesté, Sire, que du feu Roy, Henry le Grand, d'heureuse mémoire, qui me commanda de faire les recherches & descouvertures les plus exactes qu'il me seroit possible: Ce que j'ay fait avec les augmentations, representées par les cartes, contenues en ce petit livre, auquel il se trouvera uneiv/136 remarque particulière des perils, qu'on pourrait encourir s'ils n'estoyent evitez: ce que les subjects de vostre Majesté, qu'il luy plaira employer cy aprés, pour la conservation desdictes descouvertures pourront eviter selon la cognoissance que leur en donneront les cartes contenues en ce traicté, qui servira d'exemplaire en vostre Royaume, pour servir à vostre Majesté, à l'augmentation de sa gloire, au bien de ses subjects, & à l'honneur du service tres-humble que doit à l'heureux accroissement de vos jours.
SIRE.
Vostre tres-humble, tres-obeissant
& tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
A LA ROYNE REGENTE
MERE DU ROY.
ADAME,
Entre tous les arts les plus utiles & excellens, celuy de naviguer m'a tousjours semblé tenir le premier lieu: Car d'autant plus qu'il est hazardeux & accompagné de mille périls & naufrages, d'autant plus aussi est-il estimé & relevé par dessus tous, n'estant aucunement convenable à ceux qui manquent de courage & asseurance. Par cet art nous avons la cognoissance de diverses terres, régions, & Royaumes. Par iceluy nous attirons & apportons en nos terres toutes sortes de richesses, par iceluy l'idolâtrie du Paganisme est renversé, & le Christianisme annoncé par tous les endroits de la terre. C'est cet art qui m'a dés mon bas aage attiré à l'aimer, & qui m'a provoqué à m'exposer presque toute ma vie aux ondes impetueuses de l'Océan, & qui m'a fait naviger & costoyer une partie des terres de l'Amérique & principalement de la Nouvelle France, où j'ay tousjours en desir d'y faire fleurir le Lys avec l'unique Religion Catholique, Apostolique & Romaine. Ce que je croy à present faire avec l'aide de Dieu, estant assisté de la faveur de vostre Majesté, laquelle je supplie tres-humblement de continuer à nous maintenir, afin que tout reussisse à l'honneurvi/138 de Dieu, au bien de la France & splendeur de vostre Regne, pour la grandeur & prosperité duquel, je prierai Dieu, de vous assister tousjours de mille benedictions & demeureray.
MADAME,
Vostre tres-humble, tres-obeissant
& tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
AUX FRANÇOIS, SUR LES
voyages du sieur de Champlain.
STANCES.
La France estant un jour à bon droit irritée
De voir des estrangers l'audace tant vantée,
Voulans comme ranger la mer à leur merci,
Et rendre injustement Neptune tributaire
Estant commun à tous; ardente de cholere
Appella ses enfans, & les tançoit ainsi.
2
Enfans, mon cher soucy, le doux soin de mon ame,
Quoy? l'honneur qui espoint d'une si douce flamme,
Ne touche point vos coeurs? Si l'honneur de mon nom
Rend le vostre pareil d'éternelle memoire,
Si le bruit de mon los redonde à vostre gloire,
Chers enfans, pouvés vous trahir vostre renom?
3
Je voy de l'estranger l'insolente arrogance,
Entreprenant par trop, prendre la jouissance
De ce grand Océan, qui languit aprés vous,
Et pourquoy le desir d'une belle entreprise
Vos coeurs comme autresfois n'espoinçonne & n'attise?
Tousjours un brave coeur de l'honneur est jaloux.
4
Apprenés qu'on a veu les Françoises armées
De leur nombre couvrir les pleines Idumées,
L'Afrique quelquefois a veu vos devanciers,
L'Europe en a tremblé, & la fertile Asie
En a esté souvent d'effroy toute saisie,
Ces peuples sont tesmoins de leurs actes guerriers.
5
Ainsi moy vostre mere en armes si féconde
J'ay fait trembler soubs moy les trois parts de ce monde.
La quarte seulement mes armes n'a gousté.
C'est ce monde nouveau dont l'Espagne rostie.
Jalouse de mon los, seule se glorifie,
Mon nom plus que le sien y doit estre planté.
6
Peut estre direz vous que mon ventre vous donne
Ce que pour estre bien, Nature vous ordonne,
Que vous avez le Ciel clément & gracieux,
Que de chercher ailleurs se rendre à la fortune,
Et plus se confier à une traistre Neptune,
Ce seroit s'hazarder sans espoir d'avoir mieux.
7
Si les autres avoyent leurs terres cultivées,
De fleuves & ruisseaux plaisamment abbreuvées
Et que l'air y fut doux: sans doute ils n'auroyent pas
Dans ce pays lointain porté leur renommée
Que foible on la verroit dans leurs murs enfermée
Mais pour vaincre la faim, on ne craint le trespas.
8
Il est vray chers enfans, mais ne faites vous compte
De l'honneur, qui le temps & sa force surmonte?
Qui seul peut faire vivre en immortalité?
Ha! je sçay que luy seul vous plaist pour recompense,
Allés donc courageux, ne souffrez, ceste offense,
De souffrir tels affrons, ce ferait lascheté.
9
Je n'en sentirois pas la passion si forte,
Si nature n'ouvroit à ce dessein la porte,
Car puis qu'elle a voulu me bagner les costés
De deux si larges mers: c'est pour vous faire entendre
Que guerriers il vous faut mes limites estendre
Et rendre des deux parts les peuples surmontés.
10
C'est trop, c'est trop long temps se priver de l'usage,
D'un bien que par le Ciel vous eustes en partage,
Allés donc courageux, faites bruire mon los,
Que mes armes par vous en ce lieu soyent portées
Rendés par la vertu les peines surmontées
L'honneur est tant plus grand que moindre est le repos.
11
Ainsi parla la France: & les uns approuverent
Son discours, par les cris qu'au Ciel ils eslevèrent,
D'autres faisoient semblant de louer son dessein,
Mais nul ne s'efforçait de la rendre contente,
Quand Champlain luy donna le fruit de son attente.
Un coeur fort généreux ne peut rien faire en vain.
12
Ce dessein qui portait tant de peines diverses,
De dangers, de travaux, d'espines de traversés,
Luy servit pour monstrer qu'une entière vertu
Peut rompre tous efforts par sa perseverance
Emporter, vaincre tout: un coeur plein de vaillance
Se monstre tant plus grande plus il est combattu.
13
François, chers compagnons, qu'un beau desir de gloire
Espoinçonnant vos coeurs, rende vostre mémoire
Illustrée à jamais; venez braves guerriers,
Non non ce ne sont point des esperances vaines.
Champlain a surmonté les dangers & les peines:
Venés pour recueillir mille & mille lauriers.
14
HENRY mon grand Henry à qui la destinée
Impiteuse a trop tost la carrière bornée,
Si le Ciel t'eust laissé plus long temps icy bas,
Tu nous eusses assemblé la France avec la Chine:
Tu ne méritais moins que la ronde machine,
Et l'eussions veu courber sous l'effort de ton bras.
15
Et toy sacré fleuron, digne fils d'un tel Prince,
Qui luit comme un soleil aux yeux de ta Province,
Le Ciel qui te reserve à un si haut dessein,
Face un jour qu'arrivant l'effect de mon envie,
Je verse en t'y servant & le sang, & la vie,
Je ne quiers autre honneur si tel est mon destin.
16
Tes armes ô mon Roy, ô mon grand Alexandre!
Iront de tes vertus un bon odeur espandre
Au couchant & levant. Champlain tout glorieux
D'un desir si hautain ayant l'ame eschauffée
Aux fins de l'Océan plantera ton trophée,
La grandeur d'un tel Roy doit voler jusqu'aux Cieux.
L'ANGE Paris.
A MONSIEUR DE CHAMPLAIN
Sur son livre & ses cartes marines.
ODE.
Que desire tu voir encore
Curieuse témérité:
Tu cognois l'un & l'autre More,
En ton cours est-il limité?
En quelle coste reculée
N'es-tu pas sans frayeur allée?
Et ne sers tu pas de raison?
Que l'ame est un feu qui nous pousse,
Qui nous agite et se courouce
D'estre en ce corps comme en prison?
Tu ne trouves rien d'impossible,
Et mesme le chemin des Cieux
À peine reste inaccessible
A ton courage ambitieux.
Encore un fugitif Dédale,
Esbranlant son aisle inégale
Eut l'audace d'en approcher,
Et ce guerrier qui de la nue
Vid la jeune Andromede nue
Preste à mourir sur le rocher.
Que n'ay je leur aisle asseurée,
Ou celle du vent plus léger,
Ou celles des fils de Borée
Ou l'Hippogriphe de Roger.
Que ne puis-je par characteres
Parfums & magiques mysteres
Courir l'un & l'autre Element.
Et quand je voudrais l'entreprendre
Aussi-tost qu'un daimon me rendre
Au bout du monde en un moment.
Non point qu'alors je me promette
D'aller au sejour eslevé
Qu'avec une longue lunette
On a dans la lune trouvé;
Ny d'apprendre si les lumières
D'esclairer au ciel coustumieres,
Et qui sont nos biens & nos maux,
D'humides vapeurs sont nourries,
Comme icy bas dans les prairies
D'herbe on nourit les animaux.
Mais pour aller en asseurance
Visiter ces peuples tous nuds
Que la bien heureuse ignorance
En long repos a maintenus.
Telle estoit la gent fortunée
Au monde la première née,
Quand le miel en ruisseaux fondoit
Au sein de la terre fleurie
Et telle se voit l'Hetrurie
Lors que Saturne y commandoit.
Quels honneurs & quelles louanges
Champlain ne doit point esperer,
Qui de ces grands pays estranges
Nous a sçeu le plan figurer
Ayant neuf fois tenu la sonde
Et porté dans ce nouveau monde
Son courage aveugle aux dangers,
Sans craindre des vents les haleines
Ny les monstrueuses Baleines
Le butin des Basques légers.
Esprit plus grand que la fortune
Patient & laborieux.
Tousjours soit propice Neptune
A tes voyages glorieux.
Puisses tu d'aage en aage vivre,
Par l'heureux effort de ton livre:
Et que la mesme éternité
Donne tes chartes renommées
D'huile de cèdre perfumées
En garde à l'immortalité.
Motin.
SOMMAIRES DES CHAPITRES
Auquel sont descrites les descouvertures de la coste d'Acadie & de la Floride.
L'utilité du commerce a induit plusieurs Princes à recercher un chemin plus facile pour trafiquer avec les Orientaux. Plusieurs voyages qui n'ont point réussi. Resolution des François à cet effect. Entreprise du sieur de Mons. Sa commission, & revocation d'icelle. Nouvelle commission au mesme sieur de Mons. [Chap. I.]
Description de l'isle de Sable: Du Cap Breton, de la Heve: Du port au Mouton: Du port du cap Negre: Du cap & Baye de Sable: De l'isle aux Cormorans: Du cap Fourchu: De l'isle longue: De la baye saincte Marie: Du port saincte Marguerite, & de toutes les choses remarquables qui sont le long de ceste coste. [Chap. II.]
Description du port Royal & des particularitez d'iceluy. De l'isle haute. Du port aux Misnes. De la grande baye Françoise. De la riviere sainct Jean, & ce que nous avons remarqué depuis le port aux Misnes jusques à icelle. De l'isle appellée par les Sauvages Methane. De la riviere des Etechemins & de plusieurs belles isles qui y sont. De l'isle de saincte Croix, & autres choses remarquables d'icelle coste. [Chap. III.]
Le sieur de Mons ne trouvant point de lieu plus propre pour faire une demeure arrestée, que l'isle de saincte Croix, la fortifie & y fait des logemens. Retour des vaisseaux en France, & de Ralleau Secrétaire d'iceluy sieur de Mons, pour mettre ordre à quelques affaires. [Chap. IV.]
De la coste, peuples & rivieres de Norembeque, & de tout ce qui s'est passé durant les descouvertures d'icelle. [Chap. V.]
Du mal de terre, fort cruelle maladie. A quoy les hommes & femmes Sauvages passent le temps durant l'hyver: & tout ce qui se passe en l'habitation durant l'hyvernement. [Chap. VI.]
Descouvertures de la coste des Almouchiquois, jusques au 42e degré de latitude: & des particularités de ce voyage. [Chap. VII.]
Continuation des descouvertures de la coste des Almouchiquois, & de ce que nous y avons remarqué de particulier. [Chap. VIII.]
Retour des descouvertures de la coste des Almouchiquois. [Chap. IX.]
L'habitation qui estoit en l'isle de saincte Croix transportée au port Royal, & pourquoy. [Chap. X.]
Ce qui se passa depuis le partement du sieur de Mons, jusques à ce que voyant qu'on n'avoit point nouvelles de ce qu'il avoit promis, on partit du port Royal pour retourner en France. [Chap. XI.]
Partement du Port Royal, pour retourner en France. Rencontre de Ralleau au cap de Sable, qui fit rebrousser chemin. [Chap. XII.]
Le sieur de Poitrincourt part du port Royal, pour faire des descouvertures. Tout ce que l'on y vit, & ce qui y arriva jusques à Malebarre. [Chap. XIII.]
Continuation des susdites descouvertures, & ce qui y fut remarqué de singulier. [Chap. XIV.]
L'incommodité du temps, ne permettant pour lors, de faire d'avantage de descouvertures, nous fit resoudre de retourner en l'habitation: & ce qui nous arriva jusques à icelle. [Chap. XV.]
xiv/146Retour des susdites descouvertures & ce qui se passa durant l'hyvernement. [Chap. XVI.]
Habitation abandonnée. Retour en France du sieur de Poitrincourt & de tous tes gens. [Chap. XVII.]
Auquel sont descrits les voyages faits au grand fleuve sainct Laurens, far le sieur de Champlain.
Resolution du sieur de Mons, pour faire les descouvertures par dedans les terres: sa commission & enfrainte d'icelle, par des Basques, qui desarmerent le vaisseau de Pont-gravé; & l'accord qu'ils firent après entre eux. [Chap. I.]
De la riviere de Saguenay, & des Sauvages, qui nous y vindrent abborder. De l'isle d'Orléans, & de tout ce que nous y avons remarqué de singulier. [Chap. II.]
Arrivée à Québec, où nous fismes nos logemens. Sa situation. Conspiration contre le service du Roy, & ma vie, par aucuns de nos gens. La punition qui en fut faite, & tout ce qui se passa en cet affaire. [Chap. III.]
Retour du Pont-gravé en France. Description de nostre logement, & du lieu où sejourna Jaques Quartier en l'an 1535. [Chap. IV.]
Semences & vignes plantées à Québec. Commencement de l'yver & des glaces. Extresme necessité de certains sauvages. [Chap. V.]
Maladie de la terre à Québec. Le suject de l'hyvernement. Description dudit lieu. Arrivée du sieur de Marais, gendre de Pont-gravé, audit Québec [Chap. VI.]
Partement de Québec jusques à l'isle saincte Esloy, & de la rencontre que j'y fis des sauvages Algoumequins, & Ochatequins. [Chap. VII.]
Retour à Québec: & depuis continuation avec les sauvages jusques au saut de la riviere des Yroquois. [Chap. VIII.]
Partement du saut de la riviere des Yroquois. Description d'un grand lac. De la rencontre des ennemis que nous fismes audit lac, & de la façon & conduite qu'ils usent en allant attaquer les Yroquois. [Chap. IX.]
Retour de la Bataille & ce qui se passa par le chemin. [Chap. X.]
Retour en France & ce qui se passa jusques au rembarquement. [Chap. XI.]
[SECOND VOYAGE DU SIEUR de Champlain.]
Partement de France pour retourner en la nouvelle France: & ce qui se passa jusques à nostre arrivée en l'habitation. [Chap. I.]
Partement de Québec pour aller assister nos sauvages alliez à la guerre contre les Yroquois leurs ennemis & tout ce qui se passa jusques à nostre retour en l'habitation. [Chap. II.]
Retour en France. Rencontre d'une Baleine & de la façon qu'on les prent [Chap. III.]
[LE TROISIESME VOYAGE DU sieur de Champlain en l'année 1611.]
Partement de France pour retourner en la Nouvelle France. Les dangers & autres choses qui arriverent jusques en l'habitation. [Chap. I.]
Descente à Quebec pour faire raccommoder la barque. Partement dudit Quebecq pour aller au saut trouver les sauvages & recognoistre un lieu propre pour une habitation. [Chap. II.]
Deux cens sauvages rameinent le François qu'on leur avoit baillé, & remmenèrent leur sauvage qui estoit retourné de France. Plusieurs discours de part & d'autre. [Chap. III.]
Arrivée à la Rochelle. Association rompue entre le sieur de Mons & ses associés les sieurs Colier & le gendre de Rouen. Envie des François touchant les nouvelles descouvertures de la nouvelle France. [Chap. IV.]
[Intelligence des deux cartes Geografiques de la nouvelle France.]
xvi/148Plus est adjouté le voyage à la petite carte du destroit qu'ont trouvé les Anglois au dessus de Labrador depuis le 53e degré de latitude, jusques au 63e qu'ils ont descouvert en ceste presente année 1612. pour trouver un passage d'aller à la Chine par le Nort, s'il leur est possible: & ont hyverné au lieu où est ceste marque, Q. Ce ne fut pas sans avoir beaucoup enduré de froidures, & furent contraincts de retourner en Angleterre: ayans laissé leur chef dans les terres du Nort, & depuis six mois, trois autres vaisseaux sont partis pour pénétrer plus avant, s'ils peuvent, & par mesmes moyens voir s'ils trouveront les hommes qui ont esté delaissez audict pays.
EXTRAIT DU PRIVILEGE.
ar lettres patentes du Roy données à Paris, le 9 de janvier, 1613. & de nostre règne le 3, par le Roy en son conseil PERREAU: & scellées en cire jaune sur simple queue, il est permis à JEAN BERJON, Imprimeur & Libraire en ceste ville de Paris, imprimer ou faire imprimer par qui bon luy semblera un livre intitulé. Les Voyages de Samuel de Champlain Xainctongeois, Capitaine ordinaire pour le Roy en la Marine, etc. pour le temps & terme de six ans entiers & consecutifs à commencer du jour que ledit livre aura esté achevé d'imprimer, jusques audit temps de six ans. Estant semblablement fait deffenses par les mesmes lettres, à tous Imprimeurs, marchans Libraires, & autres quelconques, d'imprimer, ou faire imprimer, vendre ou distribuer ledit livre durant ledit temps, sans l'exprès contentement dudit BERJON, ou de celuy à qui il en aura donné permission, sur peine de confiscation desdicts livres la part qu'ils seront trouvez, & d'amende arbitraire, comme plus à plein est déclaré esdictes lettres.