CHAPITRE III.
A quelques jours de là le sieur de Mons se délibéra d'aller descouvrir les costes de la baye Françoise: & pour cet effect partit du vaisseau le 16 de May [35] & passâmes par le destroit de l'isle Longue. N'ayant trouvé en la baye S. Marie aucun lieu pour nous fortiffier qu'avec beaucoup de temps, cela nous fit resoudre de voir si à l'autre il n'y en auroit point de plus propre. Mettant le cap au nordest 6 lieux, il y a une ance où les vaisseaux peuvent mouiller l'ancre à 4, 5, 6, & 7. brasses d'eau. Le fonds est Sable. Ce lieu n'est que comme une rade. Continuant au mesme vent deux lieux, nous entrasmes en l'un des beaux ports que j'eusse veu en toutes ces costes, où il 18/166pourroit deux mille vaisseaux en seureté. L'entrée est large de huict cens pas: puis on entre dedans un port qui a deux lieux de long & une lieue de large, que j'ay nommé [36] port Royal, où dessendent trois rivieres, dont il y en a une assez grande, tirant à l'est, appellée la riviere de l'Equille, qui est un petit poisson de la grandeur d'un Esplan, qui s'y pesche en quantité, comme aussi on fait du Harang, & plusieurs autres sortes de poisson qui y sont en abondance en leurs saisons. Ceste riviere a prés d'un quart de lieue de large en son entrée, où il y a une isle[37], laquelle peut contenir demye lieue de circuit, remplie de bois ainsi que tout le reste du terroir, comme pins, sapins, pruches, boulleaux, trambles, & quelques chesnes qui sont parmy les autres bois en petit nombre. Il y a deux entrées en ladite riviere l'une du costé du nort[38]: l'autre au su de l'isle [39]. Celle du nort est la meilleure, où les vaisseaux peuvent mouiller l'ancre à l'abry de l'isle à 5, 6, 7, 8 & 9 brasses d'eau; mais il faut se donner garde de quelques basses qui sont tenant à l'isle, & à la grand terre, fort dangereuses, si on n'a recogneu l'achenal.
Note 35: [(retour) ]
On devait être au mois de juin, comme le prouve du reste le nom de Saint-Jean donné à la rivière Ouigoudi. [(Voir plus loin, p. 23.)]
Note 36: [(retour) ]
«Ledit port pour sa beauté,» dit Lescarbot, «fut appelé LE PORT ROYAL, non par le choix de Champlein, comme il se vante en la relation de ses voyages, mais par le sieur de Monts, Lieutenant du Roy.» (Liv. IV, ch. III.)—N'en déplaise à Lescarbot, le témoignage de Champlain, qui était du voyage, vaut, pour le moins, autant que le sien. Il y a plus: Champlain, dans son édition de 1632, a conservé ce passage tel qu'il était, malgré la remarque de Lescarbot. Du reste, notre auteur ne manque jamais de rendre justice aux autres en pareille matière: c'est ainsi, par exemple, qu'il fait remarquer à plusieurs reprises que la baie Française a reçu son nom de M. de Monts. (Voir ci-dessus, pp. [12] et [16.])
Note 37: [(retour) ]
Dans la carte de Lescarbot, cette île porte le nom de Biencourville. Elle a été appelée plus tard l'île aux Chèvres.
Note 38: [(retour) ]
La Bonne-Passe.
Note 39: [(retour) ]
La Passe-aux-Fous.
Les chifres montrent les brasses d'eau.
A Le lieu de l'habitation.
B Jardin du sieur de Champlain.
C Allée au travers les bois que fit faire le sieur de Poitrincourt.
D Isle à l'entrée de la riviere de l'Equille (1).
E Entrée du port Royal.
F Basses qui assechent de basse mer.
G Riviere sainct Antoine (2).
H Lieu du labourage où on seme le blé.
I Moulin que fit faire le sieur de Poitrincourt.
L Prairies qui sont innondées des eaux aux grandes marées.
M Riviere de l'Equille.
N La coste de la mer du port Royal.
O Costes de montaignes.
P Isle proche de la riviere sainct Antoine.
Q (3) Ruisseau de la Roche (4).
R Autre Ruisseau.
S Riviere du moulin.
T Petit lac.
V Le lieu où les sauvages peschent le harang en la saison.
X Ruisseau de la truitiere.
Y Allée que fit faire le sieur de Champlain.
(l) Dans la carte de Lescarbot, cette île porte le nom de Biencourville.—(2) Lescarbot l'appelle rivière Hébert.—(3) q, dans la carte.—(4) Ou rivière de l'Orignac, d'après la carte de Lescarbot.
Nous fusmes quelques 14 ou 15 lieux où la mer monte, & ne va pas beaucoup plus avant dedans les terres pour porter basteaux: En ce lieu elle contient 60 pas de large, & environ brasse & demye d'eau. Le terroir de ceste riviere est remply de force chesnes, fresnes & autres bois. De l'entrée de la riviere jusques au lieu où nous fusmes y a nombre de preries, mais elles sont innondées aux grandes marées, y ayant quantité de petits ruisseaux qui traversent d'une part & d'autre, par où des chalouppes & batteaux peuvent aller de pleine mer. Ce lieu estoit le plus propre & plaisant pour habiter que nous eussions veu. Dedans le port y a une autre isle[40], distante de la première prés de deux lieues, où il y a une autre petite riviere [41] qui va assez avant dans les terres, que nous avons nommée la riviere sainct Antoine. Son entrée est distante du fonds de la baye saincte Marie de quelque quatre lieux, par le travers des bois. Pour ce qui est de l'autre riviere ce n'est qu'un ruisseau remply de rochers, où on ne peut monter en aucune façon que ce soit pour le peu d'eau: & a esté nommée, le ruisseau de la roche. Ce lieu est par la hauteur de 43 degrez de latitude [42] & 17 degrez 8 minuttes de declinaison de la guide-ayment.
Note 40: [(retour) ]
Ile d'Hébert. Le sieur Bellin l'appelle île d'Imbert, et les Anglais en ont fait Bear Island.
Note 41: [(retour) ]
Cette rivière, appelée ici Saint-Antoine, a pris le nom d'Hébert dès le temps même de l'auteur, comme l'attestent les cartes de Lescarbot. Mais ce dernier nom a eu le même sort que celui de l'île qui est à son embouchure, et les Anglais l'appellent aujourd'hui Bear River.
Note 42: [(retour) ]
Cette première habitation, qui était au nord du port Royal, à peu près en face du Port-Royal établi plus tard par M. d'Aulnay de Charnisé, était à 44° et trois quarts de latitude. Comme on le voit, c'est ce dernier Port-Royal qui a pris le nom d'Annapolis, et non pas le premier.
Après avoir recogneu ce port, nous en partismes pour aller plus 20/168avant dans la baye Françoise, & voir si nous ne trouverions point la mine de cuivre qui avoit esté descouverte l'année précédente [43]. Mettant le cap au nordest huict ou dix lieux rengeant la coste du port Royal, nous traversames une partie de la baye comme de quelque cinq ou six lieues; jusques à un lieu qu'avons nommé le cap des deux bayes [44]: & passames par une isle[45] qui en est à une lieue, laquelle contient autant de circuit, eslevée de 40 ou 45 toises de haut: toute entourée de gros rochers, hors-mis en un endroit qui est en talus, au pied duquel y a un estang d'eau sallée, qui vient par dessoubs une poincte de cailloux, ayant la forme d'un esperon. Le dessus de l'isle est plat, couvert d'arbres avec une fort belle source d'eau. En ce lieu y a une mine de cuivre. De là nous fusmes à un port [46] qui en est à une lieue & demye, où jugeâmes qu'estoit la mine de cuivre qu'un nommé Prevert de sainct Maslo avoit descouverte par le moyen des sauvages du païs. Ce port est soubs les 45 degrez deux tiers de latitude, lequel asseche de basse mer. Pour entrer dedans il faut ballizer & recognoistre une batture de Sable qui est à l'entrée, laquelle va rengeant un canal suivant l'autre costé de terre ferme: puis on entre dans une baye qui contient prés d'une lieue de long, & demye de large. En quelques endroits le fonds est vaseux & sablonneux, & les vaisseaux y peuvent eschouer.
Note 43: [(retour) ]
Voir la relation de 1603, chapitres X et XII.
Note 44: [(retour) ]
Ce cap s'appelait encore ainsi à l'époque où le sieur Denis publia sa Description des Côtes de l'Amérique, en 1672. Aujourd'hui il est connu sous le nom de cap Chignectou.
Note 45: [(retour) ]
L'île Haute.
Note 46: [(retour) ]
Ce havre, que l'auteur appelle plus loin le port aux Mines, porte aujourd'hui le nom de Havre à l'Avocat. Il est à 45° 25' de latitude.
Les chifres montrent les brasses d'eau.
A Le lieu où les vaisseaux peuvent eschouer.
B Une petite rivière.
C Une langue de terre qui est de Sable.
D Une pointe de gros cailloux qui est comme une moule.
E Le lieu où est la mine de cuivre qui couvre de mer deux fois le jour.
F Une isle qui est derrière le cap des mines.
G La rade où les vaisseaux posent l'ancre attendant la marée.
I Lachenal.
H L'isle haute qui est à une lieue & demye du Port aux mines.
L Le Petit Ruisseau.
M Costeau de montaignes le long de la coste du cap aux mines.
21/169La mer y pert & croist de 4 à 5 brasses. Nous y mismes pied à terre pour voir si nous verrions les mines que Preverd nous avoit dit. Et ayant faict environ un quart de lieue le long de certaines montagnes, nous ne trouvasmes aucune d'icelles, ny ne recognusmes nulle apparence de la description du port selon qu'il nous l'avoit figuré: Aussi n'y avoit il pas esté: mais bien deux ou trois des siens guidés de quelques sauvages, partie par terre & partie par de petites rivieres, qu'il attendit dans sa chalouppe en la baie sainct Laurens[47], à l'entrée d'une petite riviere: lesquels à leur retour luy apportèrent plusieurs petits morceaux de cuivre, qu'il nous monstra au retour de son voyage. Toutesfois nous trouvasmes en ce port deux mines de cuivre non en nature, mais par apparence, selon le rapport du mineur qui les jugea estre tresbonnes.
Note 47: [(retour) ]
La plupart des géographes anciens faisaient une distinction entre baie Saint-Laurent et golfe Saint-Laurent. La baie Saint-Laurent comprenait toute la partie méridionale du golfe, depuis le cap des Rosiers jusqu'au port de Canseau, avec les îles du Prince-Edouard, du Cap-Breton, de La Madeleine et autres. (Voir Denis, vol. I, chapitres VII et VIII.)
Le fonds de la baye Françoise que nous traversames entre quinze lieux dans les terres. Tout le païs que nous avons veu depuis le petit partage de l'isle Longue rangeant la coste, ne sont que rochers, où il n'y a aucun endroit où les vaisseaux se puissent mettre en seureté, sinon le port Royal. Le païs est remply de quantité de pins & boulleaux, & à mon advis n'est pas trop bon.
Le 20 de May[48] nous partismes du port aux mines pour chercher un lieu propre à faire une demeure arrestée afin de ne perdre 22/170point de temps: pour puis après y revenir veoir si nous pourrions descouvrir la mine de cuivre franc que les gens de Preverd avoient trouvée par le moyen des sauvages. Nous fismes l'ouest deux lieux jusques au cap des deux bayes: puis le nort cinq ou six lieux: & traversames l'autre baye[49], où nous jugions estre ceste mine de cuivre, dont nous avons desja parlé: d'autant qu'il y a deux rivieres: l'une venant de devers le cap Breton: & l'autre du costé de Gaspé ou de Tregatté, proche de la grande riviere de sainct Laurens. Faisant l'ouest quelques six lieues nous fusmes à une petite riviere, à l'entrée de laquelle y a un cap assez bas, qui advance à la mer: & un peu dans les terres une montaigne qui a la forme d'un chappeau de Cardinal. En ce lieu nous trouvasmes une mine de fer. Il n'y a ancrage que pour des chalouppes. A quatre lieux à l'ouest surouest y a une pointe de rocher qui avance un peu vers l'eau, où il y a de grandes marées, qui sont fort dangereuses. Proche de la pointe nous vismes une ance qui a environ demye lieue de circuit, en laquelle trouvasmes une autre mine de fer, qui est aussi tresbonne. A quatre lieux encore plus de l'advant y a une belle baye qui entre dans les terres, où au fonds y a trois isles & un rocher: dont deux sont à une lieue du cap tirant à l'ouest: & l'autre est à l'emboucheure d'une riviere des plus grandes & profondes qu'eussions encore veues, que nommasmes la riviere S. Jean: pource que ce fut ce jour là que nous y arrivasmes: & des 23/171sauvages elle est appelée Ouygoudy. Ceste riviere est dangereuse si on ne recognoist bien certaines pointes & rochers qui sont des deux costez. Elle est estroicte en son entrée, puis vient à s'eslargir: & ayant doublé une pointe elle estrecit de rechef, & fait comme un saut entre deux grands rochers, où l'eau y court d'une si grande vitesse, que y jettant du bois il enfonce en bas, & ne le voit on plus. Mais attendant le pleine mer, l'on peut passer fort aisement ce destroict: & lors elle s'eslargit comme d'une lieue par aucuns endroicts, où il y a trois isles. Nous ne la recogneusmes pas plus avant: Toutesfois Ralleau Secrétaire du sieur de Mons y fut quelque temps après trouver un sauvage appellé Secondon[50] chef de ladicte riviere, lequel nous raporta qu'elle estoit belle, grande & spacieuse: y ayant quantité de preries & beaux bois, comme chesnes, hestres, noyers & lambruches de vignes sauvages. Les habitans du pays vont par icelle riviere jusques à Tadoussac, qui est dans la grande riviere de sainct Laurens: & ne passent que peu de terre pour y parvenir. De la riviere sainct Jean jusques à Tadoussac y a 65 lieues [51]. A l'entrée d'icelle, qui est par la hauteur de 45 degrez deux tiers [52], y a une mine de fer.
Note 48: [(retour) ]
Juin.
Note 49: [(retour) ]
Beau-Bassin, aujourd'hui la baie de Chignectou ou Chiganectou. D'après Laët, elle s'est appelée aussi baie de Germes.
Note 50: [(retour) ]
Lescarbot l'appelle Chkoudun.
Note 51: [(retour) ]
Si l'auteur veut indiquer la distance qu'il peut y avoir depuis l'endroit où l'on quitte la rivière Saint-Jean, jusqu'à Tadoussac, ce chiffre est beaucoup trop fort. Si, au contraire, il parle de la distance qu'il y a de l'embouchure de cette rivière jusqu'au même lieu, le chiffre est trop faible; car, de l'embouchure de la rivière Saint-Jean à Tadoussac, il y a, en ligne droite, à peu près cent lieues.
Note 52: [(retour) ]
L'embouchure de la rivière Saint-Jean est par les 45° et un tiers.
Les chifres montrent les brasses d'eau.
A Trois isles qui sont par delà le saut.
B Montaignes qui paraissent par dessus les terres deux lieues au su de
la riviere.
C Le saut de la riviere.
D Basses quand la mer est perdue, où vaisseaux peuvent eschouer.
E Cabanne où se fortifient les sauvages.
F (1) Une pointe de cailloux, où y a une croix.
G Une isle qui est à l'entrée de la riviere.
H Petit ruisseau qui vient d'un petit estang.
I Bras de mer qui asseche de basse mer.
L Deux petits islets de rocher.
M Un petit estang.
N Deux Ruisseaux.
O Basses fort dangereuses le long de la coste qui assechent de basse mer.
P Chemin par où les sauvages portent leurs canaux quand ils veulent passer le sault.
Q Le lieu où peuvent mouiller l'ancre où la riviere a grand cours.
(1) De cette lettre le graveur a fait un P.
De la riviere sainct Jean nous fusmes à quatre isles, en l'une desquelles nous mismes pied à terre, & y trouvasmes grande 24/172quantité d'oiseaux appellez Margos, dont nous prismes force petits, qui sont aussi bons que pigeonneaux. Le sieur de Poitrincourt s'y pensa esgarer: Mais en fin il revint à nostre barque comme nous l'allions cerchant autour de isle, qui est esloignée de la terre ferme trois lieues. Plus à l'ouest y a d'autres isles: entre autres une contenant six lieues, qui s'appelle des sauvages Manthane[53], au su de laquelle il y a entre les isles plusieurs ports bons pour les vaisseaux. Des isles aux Margos nous fusmes à une riviere en la grande terre, qui s'appelle la riviere des Estechemins[54], nation de sauvages ainsi nommée en leur païs: & passames par si grande quantité d'isles, que n'en avons peu sçavoir le nombre, assez belles; contenant les unes deux lieues les autres trois, les autres plus ou moins. Toutes ces isles sont en un cu de sac [55], qui contient à mon jugement plus de quinze lieux de circuit: y ayant plusieurs endrois bons pour y mettre tel nombre de vaisseaux que l'on voudra, lesquels en leur saison sont abondans en poisson, comme mollues, saulmons, bars, harangs, flaitans, & autres poissons en grand nombre. Faisant l'ouest norouest trois lieux par les isles, nous entrasmes dans une riviere qui a presque demye lieue de large en son entrée, où ayans faict une lieue ou deux, nous y trouvasmes deux isles: l'une fort petite proche de la terre de l'ouest: & l'autre au milieu, qui peut avoir huict ou neuf cens pas de circuit, eslevée de tous costez de trois à quatre toises de rochers, 25/173fors un petit endroict d'une poincte de Sable & terre grasse, laquelle peut servir à faire briques, & autres choses necessaires. Il y a un autre lieu à couvert pour mettre des vaisseaux de quatre vingt à cent tonneaux: mais il asseche de basse mer. L'isle est remplie de sapins, boulleaux, esrables & chesnes. De soy elle est en fort bonne situation, & n'y a qu'un costé où elle baisse d'environ 40 pas, qui est aisé à fortifier, les costes de la terre ferme en estans des deux costez esloignées de quelques neuf cens à mille pas. Il y a des vaisseaux qui ne pourroyent passer sur la riviere qu'à la mercy du canon d'icelle Qui est le lieu que nous jugeâmes le meilleur: tant pour la situation, bon pays, que pour la communication que nous prétendions avec les sauvages de ces costes & du dedans des terres, estans au millieu d'eux: Lesquels avec le temps on esperoit pacifier, & amortir les guerres qu'ils ont les uns contre les autres, pour en tirer à l'advenir du service: & les réduire à la foy Chrestienne. Ce lieu est nommé par le sieur de Mons l'isle saincte Croix[56]. Passant plus outre on voit une grande baye en laquelle y a deux isles: l'une haute & l'autre platte: & trois rivieres, deux médiocres, dont l'une tire vers l'Orient & l'autre au nord: & la troisiesme grande, qui va vers l'Occident.
Note 53: [(retour) ]
Menane. L'auteur corrige la faute lui-même un peu plus loin, p. 46, de même que dans l'édition de 1632.
Note 54: [(retour) ]
La rivière Scoudic, ou de Sainte-Croix.
Note 55: [(retour) ]
La baie de Passamaquoddi.
Note 56: [(retour) ]
«Et d'autant qu'à deux lieues au dessus il y a des ruisseaux qui viennent comme en croix se décharger dans ce large bras de mer, cette ile de la retraite des François fut appellée SAINTE CROIX.» (Lescarbot, liv. IV, ch. IV.) «L'île de Sainte-Croix, ou l'île Neutre (Neutral Island), dit Williamson, est située dans la rivière (Scoudic, ou Sainte-Croix) en face de la ligne de division entre Calais et Robbinstown, où elle fait angle avec le bord de l'eau. Elle contient douze ou quinze acres, et est droit au milieu de la rivière Scoudic, quoique le passage des vaisseaux soit d'ordinaire du côté de l'est... C'est ici que De Monts, en 1604, érigea un fort, et passa l'hiver; c'est ici que les Commissaires nommés en vertu du traité de 1783, trouvèrent, en 1798, les restes d'une fortification très-ancienne, et décidèrent ensuite que cette rivière était vraiment celle de Sainte-Croix.» (History of Maine, Introduction.)
26/174C'est celle des Etechemins, dequoy nous avons parlé cy dessus. Allans dedans icelle deux lieux il y a un sault d'eau, où les sauvages portent leurs cannaux par terre quelque 500 pas, puis rentrent dedans icelle, d'où en après en traversant un peu de terre on va dans la riviere de Norembegue[57] & de sainct Jean, en ce lieu du sault que les vaisseaux ne peuvent passer à cause que ce ne sont que rochers, & qu'il n'y a que quatre à cinq pieds d'eau. En May & Juin il s'y prend si grande abondance de harangs & bars que l'on y en pourroit charger des vaisseaux. Le terroir est des plus beaux, & y a quinze ou vingt arpens de terre deffrichée, où le sieur de Mons fit semer du froment, qui y vint fort beau. Les sauvages s'y retirent quelquesfois cinq ou six sepmaines durant la pesche. Tout le reste du païs sont forests fort espoisses. Si les terres estoient deffrichées les grains y viendroient fort bien. Ce lieu est par la hauteur de 45 degrez un tiers de latitude, & 17 degrez 32 minuttes de declinaison de la guide-ayment.
Note 57: [(retour) ]
La rivière de Pénobscot.
Les chifres montrent les brasses d'eau.
A Le plan de l'habitation.
B Jardinages.
C Petit islet servant de platte forme à mettre le canon.
D Platte forme où on mettoit du canon.
E Le cimetière.
F La chappelle.
G Basses de rochers autour de l'isle saincte Croix.
H Un petit islet.
I Le lieu où le sieur de Mons avoit fait commencer un moulin à eau.
L Place où l'on faisoit le charbon.
M Jardinages à la grande terre de l'Ouest.
N Autres jardinages à la grande terre de l'Est.
O Grande montaigne fort haute dans la terre.
P Riviere des Etechemins passant au tour de l'isle saincte Croix.
Le sieur de Mons ne trouvant point de lieu plus propre pour faire une demeure arrestée que l'isle de S. Croix, la fortifie & y faict des logements. Retour des vaisseaux en France & de Ralleau Secrétaire d'iceluy sieur de Mons, pour mettre ordre à quelques affaires.