#XIV#

#CONCLUSION#

Pas de paix boiteuse et essoufflée. (M. POINCARÉ.)

Je ne suis qu'un simple citoyen français, mais ce titre me donne le droit de dire ce que j'estime utile et nécessaire au bien de mon pays, et c'est pourquoi je me suis permis de dédier ces pages aux négociateurs de la paix future. Je les adjure de se pénétrer de notre droit historique et de notre intérêt national en ce qui concerne la rive gauche du Rhin et de ne pas hésiter à réclamer notre dû.

Ils devront accomplir une œuvre colossale, grandiose d'où dépendront pour des siècles la splendeur et la sécurité de la France; ils auront à reconstruire une Europe nouvelle sur les bases de l'ordre et de la justice. Le sort de l'Alsace-Lorraine est la première question qui se présentera à eux. Ils la trancheront évidemment dans le sens indiqué par les déclarations de MM. Poincaré et Viviani, en réunissant de nouveau ces petites Frances à la grande France. Mais la question des autres provinces rhénanes vient immédiatement après, et une solution semblable s'impose à la conscience de nos diplomates.

Certains hommes politiques chercheront à les influencer dans un sens contraire, en leur criant: «Pas de conquêtes! pas d'annexions!» Qu'ils restent sourds à ces suggestions antipatriotiques! Nous ne leur demandons pas de nous attribuer les terres d'autrui, mais de reprendre les nôtres, de refaire, suivant l'expression de Vauban, «notre pré carré», comme il l'était au temps de Clovis, de la Révolution et du premier Empire.

J'adjure les hommes politiques et les publicistes socialistes qui repoussent toute annexion de considérer qu'ils vont contre le programme traditionnel de la Révolution et de la Démocratie depuis plus de cent ans. Qu'ils relisent les discours prononcés à la Convention; ils verront que l'idée fixe des plus célèbres révolutionnaires fut de réunir toute la rive gauche du Rhin à la France; ils prétendaient que ce n'était pas là une annexion ou une conquête proprement dite, mais une restitution ou une reprise de notre bien. Ainsi pensaient Danton, Carnot, Sieyès, Cambacérès, Dubois-Crancé, Merlin de Douai, Grégoire[1].

Telle a été aussi l'opinion de Victor Hugo, des historiens de l'école libérale ou révolutionnaire, comme Thiers, Henri Martin, Louis Blanc, Edgar Quinet, et de la plupart des publicistes et des hommes politiques du XIXe siècle, Armand Carrel, Armand Marrast, Barbès, Blanqui, Émile de Girardin. Les mânes des grands ancêtres frémiraient d'indignation contre les épigones qui renieraient leur programme.

Si les Allemands étaient vainqueurs, ils n'hésiteraient pas à s'annexer une partie de notre pays sur lequel ils n'ont aucun droit historique. Leurs écrivains militaires les plus célèbres, le général von Klausewitz, le général Bronsart de Schellendorf, le général Bernhardi nous ont dit clairement que l'Allemagne entendait nous prendre à la prochaine guerre le nord de la France, de la Somme à la Loire, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et la Franche-Comté. Le comte Bernstorff, ambassadeur allemand aux États-Unis, déclarait que son pays nous enlèverait tous les territoires situés au nord et à l'est d'une ligne tirée de Saint-Valery à Lyon, soit un bon tiers de la France, y compris Paris.

Nous ne devons donc pas hésiter à reprendre à ces insatiables bandits le sol qu'ils nous ont enlevé, et qui est nécessaire à notre défense nationale. Ce serait une folie, un crime, de ne pas assurer à la France les garanties nécessaires à la défense de son droit et de son territoire. Pas de paix boiteuse et essoufflée! comme le disait M. Poincaré! Pas de modestie insensée qui nous remettrait bientôt sur les bras une guerre plus terrible que celle-ci, et nous ferait maudire et mépriser de la postérité!

Une occasion va se présenter à nous, unique dans l'histoire, d'accomplir un acte dont le retentissement sera immortel. Nous souffrons de l'abominable traité de Francfort qui nous arracha l'Alsace et la Lorraine; nous souffrons des traités de 1815 qui nous enlevèrent les provinces rhénanes inférieures; nous souffrons même, après plus de mille ans, du traité de Verdun qui démembra pour la première fois notre patrie. Que le prochain traité répare pour mille ans, si c'est possible, toutes ces erreurs et toutes ces fautes. Reprenons nos anciennes provinces, l'Alsace, la Lorraine et la France rhénane,—et que nos sentinelles montent éternellement la garde sur le Rhin!

[Note 1: Voir plus haut dans le chapitre VIII: Politique de la
Convention
.]

* * * * *

PARIS (VIe) Librairie de P. LETHIELLEUX, Éditeur 10, rue Cassette, 10

#ŒUVRES DE M. L'ABBÉ COUBÉ#

#GLOIRES ET BIENFAITS DE L'EUCHARISTIE#
In-8 écu 3.50

#GLOIRES ET BIENFAITS DE LA SAINTE VIERGE#
In-8 écu 3.50

#GLOIRES ET BIENFAITS DES SAINTS#
In-8 écu 3.50

#NOS ALLIÉS DU CIEL#
In-8 écu 3.00

#DISCOURS DE MARIAGE#
In-8 écu 3fr.
Ce recueil de seize discours de M. l'abbé Coubé expose la doctrine
catholique sur la nature et la dignité du sacrement de mariage, les
devoirs qu'il impose aux chrétiens, les grâces qu'il leur confère.
Il les met en garde contre les opinions courantes destructives de la
foi conjugale et les fins de cette institution divine. Inutile de
dire que prononcés dans des églises, ils peuvent être mis entre
toutes les mains. Les prêtres surtout y trouveront une aide pour les
discours analogues qu'ils auront à composer. C'est d'ailleurs à la
demande de plusieurs d'entre eux, qui en ont eu connaissance, que
ces discours, imprimés à part pour les familles intéressées, ont été
réunis en vo1ume.

Titre des discours:
La Pensée de Dieu dans le Mariage.—L'Épée, la Plume et la
Croix.—L'Amour du Devoir.—Dieu, France et Marguerite.—Le Mariage
du Marin.—Le Culte de la beauté.—Sur la mer de Tibériade.—Sois
Féal! Sursum Corda!—Le Mariage de la Sainte Vierge.—À Cana de
Galilée.—Le Mariage du jeune Tobie.—Le Mariage de Rébecca.—À Dieu
vat!—La Lutte pour la Vie.—Un coin de Ciel bleu.—La Chambre
nuptiale.

#L'AME DE JEANNE D'ARC#
In-8 écu 4fr.

#JEANNE D'ARC ET LA FRANCE#
In-8 écu 2fr.

#L'ÉPOPÉE DE JEANNE D'ARC#
EN DIX CHANTS, par l'abbé S. COUBÉ
EN DIX TABLEAUX, par le Commandant LIÉNARD
In-8 écu 2 fr.
C'est une vie de Jeanne distribuée en dix chapitres qui forment
comme les dix chants d'une épopée en prose et illustrée par dix
belles gravures en couleurs du Commandant Liénard. Ces gravures,
finement exécutées, sont de petits chefs-d'œuvre aux tonalités les
plus opposées et les plus brillantes, depuis les effets de neige de
la pleine de Vaucouleurs jusqu'aux rouges lueurs des torches
embrasant les rues d'Orléans. Le texte de M. l'abbé Coubé en offre
un commentaire tout vibrant de patriotisme.

#Alsace, Lorraine et France rhénane#
EXPOSÉ DES DROITS HISTORIQUES
DE LA FRANCE
SUR TOUTE LA RIVE GAUCHE DU RHIN
In-12 2fr.

#Les Gloires de la France
et les Crimes de l'Allemagne#
ANTAGONISME SÉCULAIRE
DE LA FRANCE ET DE L'ALLEMAGNE
In-12 3.50

#L'Ame de Jeanne d'Arc#, panégyriques et discours religieux
(6e édition) 4

#Jeanne d'Arc et la France#, conférences et discours patriotiques
(3e édition) 2

#Discours de mariage# (4e édition) 3

#Gloires et Bienfaits de l'Eucharistie# (5e édition) 3.50

#Gloires et Bienfaits de la Sainte Vierge# (4e édit.) 3.50

#Gloires et Bienfaits des Saints# (2e édition) 3.50

#Nos Alliés du Ciel# (5e édition) 3

#L'Épopée de Jeanne d'Arc#, en 10 chants, par l'abbé
S. COUBÉ, et en 10 tableaux, par le commandant LIÉNARD.
In-8 écu (10 gravures en couleur) 2

#Alsace, Lorraine et France rhénane.# Exposé des droits
historiques de la France sur toute la rive gauche du Rhin.
Préface de M. MAURICE BARRÈS. In-12 2

#Les Gloires de la France et les Crimes de l'Allemagne.#
Antagonisme séculaire de la France et de l'Allemagne.
In-12 3.50

#La Communion hebdomadaire# (12e mille. Librairie
Téqui) 1.50

#L'Idéal.# Revue mensuelle d'études religieuses apologétiques
et sociales. Directeur: M. l'abbé COUBÉ. (Bureaux, 29, rue
Chevert.)
France 4
Étranger (U. P.) 5

Paris.—DEVALOIS. 144. av. du Maine (11 dans le passage).