LES COLOMBES

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,

Un beau palmier, comme un panache vert

Dresse sa tête, où le soir les colombes

Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches:

Comme un collier qui s'égrène, on les voit

S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches,

Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l'arbre où tous les soirs, comme elles,

De blancs essaims de folles visions

Tombent des cieux, en palpitant des ailes,

LES PAPILLONS
PANTOUM

Les papillons couleur de neige

Volent par essaims sur la mer;

Beaux papillons blancs, quand pourrai-je

Prendre le bleu chemin de l'air?

Savez-vous, ô belle des belles,

Ma bayadère aux yeux de jais,

S'ils me pouvaient prêter leurs ailes,

Dites, savez-vous où j'irais?

Sans prendre un seul baiser aux roses

A travers vallons et forêts,

J'irais à vos lèvres mi-closes,

Fleur de mon âme, et j'y mourrais.