CHAPITRE XI.
LA RUE DE RIVOLI, LE LOUVRE, LES TUILERIES, LA PLACE DE LA CONCORDE ET LES CHAMPS-ÉLYSÉES.
§ Ier.
La rue de Rivoli.
La rue de Rivoli forme aujourd'hui la plus belle et la plus longue rue de Paris, et par l'avenue des Champs-Élysées, d'une part, par la rue et le faubourg Saint-Antoine d'autre part, elle unit la barrière de l'Étoile à la barrière du Trône, distantes de près de 8 kilom. Elle date de deux époques. La première partie, de la place de la Concorde à la rue de l'Échelle, a été décrétée en 1802 et commencée en 1811. Elle a été ouverte sur l'emplacement des anciennes écuries du roi, de la cour du Manège, d'une partie des couvents des Feuillants, des Capucins et de l'Assomption. Elle borde magnifiquement le jardin des Tuileries. On y remarque le ministère des finances, vaste bâtiment compris entre quatre rues et dont la construction a coûté plus de 10 millions. La deuxième partie, de la rue de l'Échelle à la place Birague, date de 1851, et a été achevée en moins de cinq ans; elle a absorbé ou détruit les rues Saint-Nicaise, de Chartres, Saint-Thomas-du-Louvre, Froidmanteau, Pierre Lescot, etc., dont nous avons parlé dans la rue Saint-Honoré. Après avoir bordé le Louvre, elle coupe successivement les rues de l'Arbre-Sec, du Roule, Saint-Denis, le boulevard de Sébastopol, la rue Saint-Martin; elle longe la place de l'Hôtel-de-Ville et va se confondre, vers la place Birague, avec la rue Saint-Antoine. De la place de la Concorde à la place du Louvre elle est composée de maisons uniformes, d'une architecture simple et peu gracieuse, avec galeries et portiques. Les monuments qu'elle borde à partir de la place Birague, sont la caserne Napoléon, l'Hôtel-de-Ville et la tour Saint-Jacques-la-Boucherie, monuments dont nous avons déjà parlé, puis le Louvre et les Tuileries.