PLANCHE IX.
(XXXIX, t. III de l'Edition royale.)
Une Victoire aîlée érige un trophée en présence d'un héros. Ce trophée rappelle ceux qu'on érigeait, dans les temps les plus reculés, avec les dépouilles des vaincus. Long-temps un respect religieux pour le malheur, défendit d'élever un monument plus durable. (Diod. XIII, 24). Les Thébains furent accusés devant la redoutable assemblée des Amphictyons, pour avoir consacré, par un trophée en bronze, leur victoire sur les Lacédémoniens. (Cicero, de Inv. II, 23). Domitius Ænobarbus et Fabius Maximus qui, les premiers, élevèrent Rome des tours pour y suspendre les dépouilles des ennemis vaincus, n'obtinrent point les éloges de leurs concitoyens (Florus III, 2). Cependant l'orgueil prévalut sur l'humanité; ces trophées en marbre représentant les anciens trophées tels que ceux dits de Marius au Capitole, ces arcs de triomphe, ces colonnes rostrales qui décoraient le forum, sont encore de nos jours les fastes de la puissance romaine. Ici la Victoire a dans sa main un marteau pour attacher les armes au tronc, comme on la voit sur les médailles d'Agathocles. Le simulacre du trophée est composé d'une armure complète. On y remarque le casque armé de deux cornes avec les deux parties qui couvraient les joues (bucculæ) et la mentonnière; les bras avec les deux mains ont été pris pour des brassards et des gantelets; mais il est évident, par leur dimension plus petite, que ce ne sont que des bras sculptés en bois, et attachés au tronc du trophée pour y passer des armes et la cuirasse, proprement dite thorax, garnie de la saie. La multiplicité des boucliers et des autres armes annonce une victoire signalée. Les cornes, qui font partie des casques, sont, dans les médailles, l'emblême de la force et de la valeur: ici on peut les considérer comme la représentation fidelle d'une armure usitée chez plusieurs nations; on les rencontre également dans les monumens étrusques. L'un des casques est surmonté d'un panache élevé (cristæ). Le héros est couronné de feuillages; il porte l'égide et la cuirasse, proprement dite lorica, avec la saie, la chlamyde, le baudrier (parazonium) et les brodequins de peau avec des mascarons. Il tient d'une main une longue lance et attache un étendard au trophée. Cette peinture fut trouvée dans les fouilles de Civita.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 5 p°..—Largeur, 1 P. 5 p°.