PLANCHE LI.

(L., t. VII de l'Edition royale.)

Nous réunissons ici deux tableaux qui décoraient l'intérieur d'une même salle, dans une maison découverte à Civita, tous deux précieux par la délicatesse avec laquelle ils sont traités, et par les sujets qu'ils représentent. Dans le premier, on voit réunis les trois inventeurs de la médecine; Apollon, symbole du soleil qui vivifie la nature, et qui dissipe, par ses rayons, les vapeurs malfaisantes, se montre dans l'attitude du repos, qui lui est si souvent attribuée; il s'appuie sur une longue lyre, posée sur la cortine qui rappelle ici l'union de la médecine et de la divination, toutes deux sœurs et filles d'Apollon, suivant Hippocrate (epist. 2, ad Philopœm.) Vient ensuite le centaure Chiron, qui on attribue les premières connaissances en chirurgie et en botanique, s'appuyant sur un bâton, et tenant d'une main quelques simples. Esculape, inventeur de la médecine clinique, est assis, comme il est le plus souvent représenté; car c'est ainsi qu'on voit le médecin près du lit du malade. La barbe désigne ici l'âge de l'expérience plutôt que la vieillesse. Esculape porte le doigt sur la bouche, en signe de silence; la médecine réside dans les opérations et dans les remèdes, et non dans de vains discours; aussi Virgile l'appelle la science muette (artes mutas. Æn. XII, 395.) Près du Dieu, est une colonne sur laquelle est posé un trépied. C'est probablement l'emblême de la science des pronostics, partie si intéressante de la médecine clinique. Le fond du tableau, assez obscur, est occupé par des arbres et des rochers.

L'autre peinture, qui a souffert quelque altération, nous offre quatre femmes occupées d'une cérémonie bachique.

Chaque sujet.—Hauteur, 1 P. 4 lig.—Largeur, 1 P. 7 p°. 9 lig.