PLANCHE LIII.
(LII, t. VII de l'Edition royale.)
Cette peinture représente deux femmes dans l'intérieur d'un appartement. Elles sont toutes les deux entièrement vêtues de blanc; celle qui est debout contre un appui où sont posées quelques bandelettes, et qui porte une coiffe sur la tête, paraît être une esclave qui parle à sa maîtresse. Celle-ci, assise sur un lit couvert d'une draperie verte, tenant d'une main un petit vase de métal, s'appuie de l'autre sur le lit; c'est une femme à son lever, se disposant à sa toilette; la tête détournée, elle semble exprimer le mécontentement. Il serait difficile de préciser cette scène; peut-être pourrait-on y reconnaître la Phèdre de Sénèque. La nourrice de la princesse l'annonce au chœur: «Inquiète, agitée, le sommeil a fui de ses yeux; la nuit a été troublée de ses gémissemens; se levant, retombant sur sa couche, faisant dénouer ses cheveux et les faisant rattacher, et toujours impatiente d'elle-même, Phèdre paraît sur son lit, rejetant avec dédain sa parure». C'est la scène qui se rapporterait à notre tableau. «Ecartez la pourpre et les habits tissus d'or; loin de moi l'éclat de la teinture de Tyr! que mon cou demeure privé de son collier, et mes oreilles des trésors de la mer Indienne, et que mes cheveux ne reçoivent point les parfums de l'Assyrie». Le poète romain a mis ce tableau sous les yeux; notre Racine le présente à l'esprit dans ces beaux vers:
PHÈDRE.
Que ces vains ornemens, que ces voiles me pèsent!
Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,
A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux?
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.
ŒNONE.
Vous-même, condamnant vos injustes desseins,
Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains.
Hauteur, 1 P. 9 lig.—Larg. 1 P. 1 p°. 6 lig.