PLANCHE XIII.

(XXXIII, t. III de l'Edition royale.)

Ces Danseurs de corde faisaient partie de la décoration d'un lieu consacré à Bacchus, comme nous l'avons annoncé au n°. VI de ce volume. Le peintre, en les représentant sous la figure de Faunes, offre un emblême qui est d'accord avec l'intention de toute la décoration. Il peut faire aussi allusion l'agilité surprenante de ces baladins célèbres chez les Romains, et dont les nôtres approchent à peine. Chacun de ces Faunes porte une coiffure étrangère à son caractère particulier, et qui paraît appartenir ici au Danseur comme une sorte de défense pour la tête dans les accidens: en effet, le danger de ces exercices extravagans ne fut que trop prouvé par de funestes expériences. L'Empereur Marc-Aurèle ordonna même, pour les prévenir, qu'on fît tendre des matelas sous les cordes, et dans la suite on imagina, avec plus de prévoyance encore, d'y substituer des filets; c'est une précaution que l'humanité a négligée parmi nous, et que la disposition de nos théâtres permettrait d'employer sans nuire à l'illusion qui excite si vivement notre curiosité pour les dangers dont nous sommes exempts. Ces Danseurs sont remarquables par l'énergie du dessin et par la vivacité, l'adresse ou la force de leur action.

Le cadre de chaque figure a environ 7 p°. 6 lig. de haut, sur 6 p°. 6 lig. de larg.