PLANCHE XVIII.
(VI, t. IV de l'Edition royale.)
Cette peinture, trouvée dans les fouilles de Portici, se fait admirer par l'esprit de la composition et l'agrément de l'exécution; elle représente l'aventure d'Hylas. Le favori d'Hercule s'en vint puiser de l'eau à la source du fleuve Ascagne en Mysie; les Nymphes de la fontaine, éprises de la beauté du jeune garçon, le saisirent et l'enlevèrent. Théocrite a conservé les noms de ces Nymphes téméraires (Id. XIII, v. 45): Eunica, Malis et Nycheia, dont le regard brille comme le printemps. Hercule, désolé, courut tout le bois en criant Hylas! mais en vain; Hylas ne reparut point: de-là le proverbe grec, crier Hylas. Hercule, occupé à chercher son favori, fut laissé par les Argonautes qu'il accompagnait dans leur expédition. Depuis les habitans firent tous les ans un sacrifice à la fontaine; le prêtre criait trois fois Hylas, et l'écho lui répondait. La Nymphe accroupie, qui saisit le jeune homme par les cheveux, est d'un dessin élégant et gracieux; ses compagnes semblent, en la regardant, prendre ses avis pour ne point laisser échapper le beau garçon, qui étend en vain les bras comme pour se sauver la nage. Le fond du tableau est occupé par une épaisse forêt; l'altération qu'il a subie empêche de reconnaître une figure éloignée de la scène, et qu' sa forte proportion on peut imaginer être le héros Cius, qui seul entendit les cris d'Hylas, qui apporta la nouvelle de sa perte à Hercule, et qui, abandonné comme lui par les Argonautes, devint le fondateur de la ville de Cios en Mysie.
Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, 2 P. 11 p°. 3 lig.