PLANCHE XXII.

(XXVIII, t. IV de l'Edition royale.)

Dans le volume précédent, nous avons eu occasion de parler de l'infortune d'Ariadne; cette peinture semble nous offrir son apothéose: «Montons ensemble au-ciel, dit Bacchus; tu partages ma couche, partage aussi mes titres; ne sois plus Ariadne; sois Libera». (OVID. Fast. III, 510.) C'est, en effet, sous ce nom qu'Ariadne était adorée chez les Romains; elle porte ici sur ses cheveux blonds une coiffe ou mitra relevée sur le devant en forme de diadême, qui se retrouve dans les médailles de Libera; parée de pendans en forme de poire, de bracelets et d'une chaîne d'or, une main unie à celle de Bacchus, un bras levé au-dessus de sa tête, elle soutient entre ses doigts la draperie dont les plis, vivement agités par l'air, forment une ceinture et un voile qui couvre la partie inférieure de son corps, ne laissant à découvert que ses pieds dont le cothurne ou la chaussure est blanche. Cette figure est d'une légèreté charmante et semble monter comme une vapeur. Celle de Bacchus paraît moins heureuse; les cheveux déliés et couronnés de lierre, il porte le thyrse sur l'épaule; une peau passe en écharpe sur sa poitrine; sa draperie ondoyante est d'une couleur changeante, entre le vert et le jaune; ses traits et ses regards expriment le contentement; ceux d'Ariadne, la crainte et l'émotion.

Cette peinture intéressante fut trouvée dans les fouilles de Gragnano, en 1761.