PLANCHE XXIX.
(XLI, t. IV de l'Edition royale.)
Cette peinture, trouvée à Portici en 1761, est une des plus belles de la collection, et se fait remarquer par l'esprit et la sagesse de la composition, par la finesse du coloris, et sur-tout par l'heureux agencement des draperies. On a cru y voir un poète dictant son poëme à la Muse même de la tragédie, l'un des trois princes de la scène tragique, Eschyle, Sophocle ou Euripide. Les portraits antiques de ces deux derniers n'offraient aucune ressemblance avec le personnage du tableau; celui d'Eschyle, qui n'est pas assez connu, n'éloignait aucune application, et l'on s'était arrêté à l'idée que ce poète, qui éleva la tragédie à un grand degré de perfection, était ici l'objet d'une allégorie ingénieuse: cependant Eschyle, suivant le costume de son pays et de son siècle, aurait dû porter la barbe; d'un autre côté, il est bien plus simple de reconnaître, dans ce tableau, un sujet tout-à-fait du même genre que les précédens. La figure assise, le sceptre d'argent à fleuron d'or dans sa main droite, l'épée revêtue du fourreau dans sa gauche, ne sera qu'un acteur remplissant le rôle d'un roi. Une femme est près de lui; un genou en terre et l'autre élevé, elle trace des caractères sur une tablette dressée devant elle; sa tunique, retenue par une ceinture, laisse à découvert son épaule et son bras; ses cheveux sont relevés avec art sur le sommet de la tête; au-dessus de la tablette est un masque tragique: cette femme appartenant à la scène, est, à ce qui paraît probable, dans l'action d'écrire le titre de la tragédie qu'on va jouer, pour l'afficher à la porte du théâtre. Derrière elle est un jeune homme prêtant attention, et qui peut désigner un acteur secondaire, ou l'un des personnages composant la tragédie.
Hauteur, 1 P. 3 p°..—Largeur, 1 P. 1 p°. 3 lig.