PLANCHE XXVI.
(XXXIV, t. IV de l'Edition royale.)
Cette peinture, trouvée avec la précédente dans les fouilles de Portici, représente, comme elle, une scène comique. Le personnage debout, appuyé sur son bâton, porte le masque peu gracieux, décrit par Pollux sous le nom de Sphenopogon; chauve, le sourcil élevé et la barbe en touffe pointue, il est vêtu de blanc, costume affecté aux vieillards de la comédie, suivant un usage très-antique: la manche, qui paraît appartenir à l'habit de dessous, est jaune; cette même teinte se remarque sur les jambes, mais on peut croire que c'est l'effet de l'altération de la couleur. On ne sait pas que les anciens aient connu l'usage d'une chaussure étroite, telle que sont nos bas; on sait seulement que les gens infirmes et délicats y suppléaient par des bandes spirales dont on ne voit ici aucune trace. On voit d'ailleurs que le vieillard a les pieds nus, renfermés dans des sandales. Des autres personnages, tous deux assis, l'un joue des deux flûtes; couronné de feuillage, il porte le riche habit qui paraît commun aux Tibicines et aux Citharèdes; la tunique de dessous est jaune, à en juger par les manches; le manteau ou la palla est rouge; on y remarque une longue pièce rapportée, couleur de pourpre et brochée d'or; cette pièce est ce que les anciens appelaient clavus et patagium, ornement le plus recherché des tuniques, et en usage dans les habits de théâtre. L'autre personnage, dont le masque très-chargé exprime le rire, vêtu de blanc comme l'histrion du tableau précédent, paraît chanter avec l'accompagnement; la couronne qu'il porte favorise encore cette conjecture. On distingue mal l'objet qui est à ses pieds. L'intention générale du tableau peut se rapporter à l'intermède dans lequel le joueur de flûte venait amuser les spectateurs pour remplir le vide de la scène; d'autres ont cru y voir le retour imprévu du maître qui surprend ses serviteurs à se divertir: mais le riche habit du joueur de flûte paraît s'opposer à cette explication.
La frise contient quatre masques; les deux premiers sont tragiques; le troisième est comique, et le quatrième, bien qu'il exprime les pleurs, nous paraît appartenir au même genre.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 1 P. 3 p°. 4 lig.