PLANCHE II.
(P. 261, t. V de l'Edition royale.)
Ce bas-relief, sur une lame d'argent, est d'un bon travail; on y voit un Satyre aux longues cornes, ceint de la nébride, faisant une offrande devant un Hermès, posé sur un autel rustique. Il est assis, attitude qui convient à une cérémonie religieuse, et joue d'une lyre à sept cordes: quoiqu'il soit rare de voir les Satyres avec la lyre, on les retrouve cependant dans plusieurs monumens, avec cet instrument qui n'est point étranger aux suivans de Bacchus. L'Hermès barbu, et ayant les cheveux roulés autour de la tête, pourrait représenter Bacchus Indien; mais l'objet du sacrifice semble désigner une divinité champêtre d'un ordre inférieur, peut-être Sylvain, souvent représenté sous la forme d'un Hermès. L'autel est ceint d'une guirlande; contre l'arbre est posé un pedum, ou plutôt le bâton de chasseur, dit lagobolos parce qu'il servait à assommer les lièvres; sur l'autel est une coupe, qu'on peut supposer pleine de lait; aux branches de l'arbre est suspendue une peau d'animal, dont les oreilles allongées semblent être celles d'un lièvre; on voit encore sur la pierre où le Satyre est assis, la peau d'un animal sauvage, tel qu'un tigre ou une panthère. Ce Satyre paraît donc offrir à la divinité un sacrifice en reconnaissance d'une heureuse chasse, et de la fécondité des troupeaux.
Il paraît probable que ces petits bas-reliefs en argent, et quelquefois en bronze, de forme ronde, ont servi de fonds à des miroirs métalliques. Le Musée Napoléon en possède un en bronze doré, trouvé dans un tombeau, avec le miroir rond métallique.
Trouvé à Portici, et gravé de la grandeur de l'original.