PLANCHE X.

(P. 7, t. V de l'Edition royale.)

L'expression riante et animée de cette figure, et ses attributs, appartiennent clairement à Bacchus; ses cheveux touffus sont tressés avec des branches de lierre garnies de corymbes, et un large diadême dont les bandes retombant par devant, semblent en faire partie; le bras resserré dans l'une de ces bandes, peut être l'emblême de l'enchaînement des forces par l'ivresse. Mais ce que cette figure a plus de remarquable, ce sont les aîles qu'on lui voit très-rarement. «Les Amycléens, dit Pausanias (III, 19) adoraient spécialement Bacchus, auquel ils donnaient, autant qu'il me semble, le surnom de Psylas; les Doriens appellent les aîles de ce nom Psylas, le vin soulève les hommes et rend l'esprit léger, comme les aîles portent les oiseaux». Ce passage qu'on a cité en faveur de ce bronze, donne plutôt l'explication du sens moral que peuvent offrir à l'esprit les aîles ajoutées à Bacchus, comme symboles, qu'il ne prouve que le Dieu ait été adoré sous la forme aîlée; nous remarquerons seulement que ces figures aîlées doivent, en général, être plutôt considérées comme les génies des Dieux, que comme les divinités mêmes. Parmi les génies de Bacchus, l'ancienne Mythologie a fait une mention distinguée d'Acratus: son nom signifie Merum, ou le vin sans mélange d'eau; c'est le génie de l'ivresse.

Hauteur, 10 p°.