PLANCHE XVII.
(P. 19, 20, t. V de l'Edition royale.)
La ressemblance parfaite de ce buste qui porte le nom d'Épicure, avec l'Hermès du Capitole, qu'on pouvait regarder comme le seul portrait connu de ce philosophe, fait une double autorité en faveur de ces monumens, et confirme les remarques judicieuses de l'auteur du musée Capitolin. (Voyez pl. V et XI, et pag. 14, t. I.) Peu de noms sont aussi fameux dans la philosophie, et il n'est point de secte qui ait eu d'aussi nombreux partisans dans l'antiquité. L'indulgence extrême des principes de son fondateur, ou, pour mieux dire, l'abus que les disciples firent des préceptes de leur maître, flatta le goût de la volupté, entraîna plus d'esprits que la sagesse qui les modérait, et appela l'animadversion des hommes sévères sur les Epicuriens. Subjugué par une indolence naturelle qui, peut-être, prenait sa source dans la faiblesse de son tempérament, Épicure se livra à une philosophie contemplative. Concevant la béatitude dans le plus parfait loisir, qui consiste à n'incommoder ni soi-même, ni les autres, il crut indigne de la majesté divine, de se mêler des affaires du monde; il abandonna tout au hasard. Les atômes formèrent l'univers par des combinaisons fortuites; les lois du mouvement et le poids intrinsèque de la matière qui avait tout formé, suffisaient également pour tout gouverner. Du reste, la vie et les mœurs d'Épicure et de ses partisans méritèrent des respects. Cicéron en fait lui-même un bel éloge (de Finib. II. 25.) en disant... «et de ce qu'il fut (Epicure) un excellent homme, de ce que plusieurs Épicuriens furent et sont aujourd'hui fidèles en amitié, constans dans toute la vie, graves, modérant leur conduite, non sur la volupté, mais sur le devoir; il me semble y reconnaître plus de principes d'honnêteté que de volupté. En effet, plusieurs vivent de manière, que leur vie réfute leurs discours; et comme on estime que les autres hommes parlent mieux qu'ils n'agissent, ceux-ci me semblent, au contraire, agir mieux qu'ils ne parlent». Ce célèbre philosophe naquit à Gargethe (contrée de l'Attique) l'an III de la 109e. olympiade, et mourut âgé de soixante-deux ans, la seconde année de la 127e. olympiade. Ses sectateurs célébraient sa fête au mois de janvier de chaque année, et faisaient un repas solennel, le 20 de chaque mois, en mémoire de Métrodore, ami d'Épicure, et d'Épicure lui-même, comme il l'avait prescrit par son testament.
Hauteur, 7 p.º 8 lig.