PLANCHE XXX.
(P. 49, 50, t. V de l'Edition royale.)
Sans recourir à des conjectures recherchées, on pourrait reconnaître dans ce bronze une tête de Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de la tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux du Mercure précédemment dénommé l'Antin, favoriseraient cette explication. On a vu dans la sévérité de cette figure, une expression mélancolique qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri d'Auguste, son fils adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune à laquelle il était destiné, moissonné dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple romain: «Marcellus adolescent, dit Sénèque, d'un esprit vif, d'un génie puissant, d'une frugalité et d'une retenue bien admirables dans son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, éloigné des voluptés, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait imposé, et pour parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste eut voulu fonder sur lui (Sen. ad Marc. 2). Il tomba, et sa vingtième année s'arrêta devant lui (Prop. III, E. XII, 35). Jeune homme distingué par sa beauté et ses armes brillantes; mais le front peu joyeux et le visage abattu (Virg. Æn. VI, 863)». Si rien ici ne répugne à ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant avec notre bronze un grand degré de ressemblance, ont mérité la même application (Fabri, n°. 87.—Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.—Mus. Cap. t. II, tav. IV, etc.); nous devons dire aussi qu'aucune autorité suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons cette opinion que parce que la mémoire se repose agréablement sur un prince regretté de son siècle, et dont la conservation eut peut-être sauvé le peuple romain de l'oppression et de l'avilissement où il tomba sous ses maîtres après Auguste.
Hauteur, 1 pied 7 p°.