PLANCHE XXXVI.
(P. 61, 62, t. V de l'Edition royale.)
Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle tête et celle de Ptolomée Philadelphe, se trouve dénué de fondement. Les médailles de ce prince offrent un portrait tout différent: on se rangera donc avec plus de raison, du sentiment de ceux des académiciens d'Herculanum qui ont cru cette figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion de M. Visconti, qui a démontré le rapport évident qu'elle offre avec les têtes d'Hercule jeune, et particulièrement avec un herméracle à deux faces, du musée Pio-Clémentin (tome 6, p. 22). Cette double tête est ceinte d'une couronne tortillée, d'où sortent, de distance en distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question devient encore pour nous d'une grande autorité, en ce qu'il était placé dans un lieu où la jeunesse grecque, après les exercices de la palestre, se ceignait la tête de cette espèce de couronne qu'on doit reconnaître pour un ornement athlétique. Si quelque chose rend ici son espèce moins douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît être celui que Pline nomme laurier Delphique: «Plus vert, à grosses baies rouges, dont on couronnait à Delphes les vainqueurs, et à Rome les triomphateurs (XV, 30)». Ceci pourrait encore servir à confirmer la remarque que nous avons faite au sujet des pommes (mela) dont parle l'épigramme de l'Anthologie, rapportée dans cet ouvrage (tome III, 56). Ces pommes, ainsi dites par une dénomination générale, ne sont autre chose que les baies du laurier Delphique. Les couronnes athlétiques, différentes des couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans pendants (lemniscatœ), sont quelquefois dites roulées; alors on peut les regarder comme plus semblables à celle d'une autre tête d'Hercule (mus. Pio-Clem. à l'endroit cité) où l'on remarque, de distance en distance, des nœuds en forme de fleurs, tirés des bandelettes qui composent la couronne. Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication qu'en donne Pascalio (de Coronis, l. III, c. 12) paraissent désignés par l'expression de tori, dont s'est servi Ciceron (Orat. §. 6.)
Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes.