PLANCHE II.

(P. 4, 5, t. VI de l'Edition royale.)

FIG. I. On retrouve encore dans ce bronze le style étrusque. Cette dénomination de style étrusque ou toscan, peut, comme nous l'avons observé ailleurs, se rapporter au style grec antérieur Phidias. Les Etrusques n'ont fait que copier ce style primitif; de là on a donné à ce style le nom de tuscanicus. A remarquer seulement la couronne surmontée de petites pommes, et la corne d'abondance, on serait porté à reconnaître ici une figure de Pomone; mais la réunion de tous les attributs paraît peu lui convenir. Ce n'est pas non plus une Junon; les rapports qu'on a essayé de trouver entre cette Déesse et la figure, ne sont pas exacts. Une Déesse avec la corne d'abondance et avec la patère, est constamment désignée sur les médailles par le nom de Concordia, en grec Homonoia. La patère signifie les libations et les rites sacrés qui avaient lieu dans les alliances; la corne d'abondance signifie les biens qui sont l'effet de la concorde et de la paix. Les globules de la couronne paraissent représenter des gemmes; l'un des bracelets en est orné, l'autre est un ophis; les pendans d'oreilles sont d'une forme particulière. L'habillement se termine vers le cou par une espèce de collet, ornement qui en paraît détaché. Tous ces détails ramènent encore l'idée des richesses produites par la concorde.

FIG. II. Pallas tenant une patère, et dans l'attitude de s'appuyer sur une lance qui manque. Ce bronze, d'un excellent travail, reçoit encore un nouveau prix de l'argent, habilement employé former les écailles de l'égide, les ornemens du cimier, les boutons de l'habit, l'anneau, les yeux, et les ongles des pieds et des mains. Les draperies, dont les plis sont de la plus grande élégance, se rapportent à la description que Pausanias fait de la statue de Pallas à Athènes. Cette Déesse prenait le nom de Pallas de ce qu'elle était sortie toute armée du cerveau de Jupiter: sous le nom de Minerve, c'était la fille de la Mémoire, l'intelligence suprême ou la sagesse, cette force secrète avec laquelle la nature agit d'elle-même et produit tout, suivant l'explication d'Athénagore (in Apolog. p. 209); c'est ce que signifiait cette inscription posée dans le temple de Saïs en Égypte, où elle était adorée: «Je suis tout ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, et nul mortel n'a encore soulevé mon voile». (PLUT, De Is. et Os.).

FIG. I.—Hauteur, 9 p°.

FIG. II.—Hauteur, 7 p°. 6 lig.