PLANCHE XIV.

(P. 29, t. VI de l'Édition royale.)

Les connaisseurs ont regardé cette statue comme l'ouvrage en bronze le plus précieux et le plus parfait qui reste de l'antiquité, digne en quelque sorte d'entrer en comparaison avec les chefs-d'œuvre de la sculpture en marbre. Pline, parmi les nombreuses statues en bronze les plus estimées de son temps, cite les Mercures de Polyclète, de Naucydès, de Cephissodore et de Pisicrate; c'est une chose vraîment remarquable que, de tant de fameuses statues de bronze de Polyclète, de Silanion, de Pythagoras, de Lysippe et d'autres excellens statuaires, aucune ne soit parvenue jusqu'à nous. On doit, sans-doute, en attribuer la cause aux incendies, aux saccages dont les cités, et Rome particulièrement, furent si fréquemment la proie, et sur-tout à l'avidité des barbares qui ne voyaient que du métal dans les œuvres du génie; le marbre, inutile pour eux, fut plus respecté, et des merveilles de l'art qui ont survécu à tant de nations, font encore aujourd'hui la gloire de celles qui les possèdent. Ce Mercure, ainsi que d'autres monumens plus fragiles, que nous avons déjà exposés, n'a dû sa conservation qu'à l'engloutissement d'une cité toute entière, qui, après plusieurs siècles, rend toutes ses richesses à la terre d'où elle avait été effacée. Oh! combien il est consolant pour le génie qui tend à l'immortalité de voir par quels miracles dans tout l'univers la gloire des arts échappe encore au temps destructeur!

Trouvé à Portici, le 3 août 1758.

Hauteur, 4 Pieds.