PLANCHE XXIII.
(P. 44, t. VI de l'Edition royale.)
Cette figure curieuse servait à la décoration d'une fontaine, découverte dans les fouilles de Portici au mois de décembre 1754; elle tenait le milieu parmi dix autres plus petites, toutes servant au dégorgement des eaux. Le vieux Faune ou Silène, comme on voudra l'appeler, couronné de lierre, la barbe divisée en longues moustaches, est à cheval, d'un air très-sérieux, sur une outre qu'il tient par les oreilles, et dont la large bouche donnait passage à l'eau. Il se tient en bon écuyer, le corps droit et les jambes pendantes, approchant du ventre de sa monture, ses talons armés d'une chaussure grossière. Ces figures bachiques étaient souvent employées à répandre les eaux des fontaines. Le caprice de l'artiste en variait à son gré les intentions. Si l'on voulait supposer ici quelque intention allégorique, on pourrait rappeler le proverbe grec: «Le vin est un bon cheval pour qui a du chemin à faire»; mais il faudrait penser aussi que le bon Silène croit tenir entre les jambes une outre plus généreuse, et qui épanche autre chose que le trésor des nymphes.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.