PLANCHE XXVIII.
(P. 54, 55, t. VI de l'Édition royale.)
La première de ces figures tenant un rhyton et une patère, ayant une couronne et l'habit succinct, est un dieu Lare; l'autre, plus richement vêtue, la tête ceinte d'une bandelette dont les bouts retombent sur les épaules, paraît être un Camille ou ministre des sacrifices. Les images des dieux Lares n'étaient pas seulement placées dans les carrefours, dans les vestibules et les pièces intérieures des maisons, elles servaient encore à décorer les buffets et les tables mêmes; quand elles ont cette destination, on ne les voit guère sans quelqu'attribut de Bacchus; et le plus commun, le plus caractéristique est précisément le rhyton, ce vase primitif. L'usage suivi dans les festins servirait encore appuyer cette opinion, si elle n'avait pour elle l'autorité de plusieurs monumens connus. «Après le premier service, on enlevait les tables, on jetait au feu tous les restes; un enfant appelait les Dieux propices; on apportait de nouvelles tables couvertes de fruits et de vases de vin; on posait les dieux Lares sur la table; quelquefois on les promenait dans la salle en les donnant à baiser aux convives; ensuite on portait les saluts au bon Génie ou Bacchus, aux autres Dieux, et aux hommes qu'on voulait honorer» (Serv. in Æn. liv. 730.—Petron. cap. 60). Le respect qu'on portait à ces Dieux familiers, témoins de toutes les actions privées et secrètes, était peut-être le sentiment religieux le plus profond. On peut en voir une preuve dans le soin que fait prendre Virgile au vieux Anchise, de sauver ses dieux Lares de sa ville embrâsée, comme son plus cher trésor.
FIG. I.—Hauteur, 5 pouces 6 lignes.
FIG. II.—Hauteur, 5 pouces 10 lignes.