PLANCHE XXXI.

(P. 60, t. VI de l'Édition royale.)

Cette petite statue déjà précieuse par le travail, le deviendrait encore davantage, si, parmi les héros auxquels conviennent ses attributs, on pouvait déterminer celui qu'elle représente. Le pied posé sur une pierre, le genou plié, le coude appuyé sur le genou, la tête levée et le regard fixe, son attitude, expriment le repos et l'attention. Cette attitude de choix se trouve répétée dans quelques monumens antiques. Rien dans les formes n'appartient au beau idéal; c'est l'expression naïve de la nature. Le diadême, les cornes de taureau qui paraissent sur sa tête, la chlamide héroïque, semblent être une espèce d'apothéose en faveur du personnage. Nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que les cornes de taureau étaient l'emblème de la force et de la puissance; nous les avons vu faire partie d'une armure dans un trophée. Démétrius Poliocerte est représenté dans quelques médailles avec des cornes de taureau, soit par allusion à son habileté, comme inventeur de machines guerrières, soit par imitation des attributs de Bacchus, dont il affectait de suivre les traces. On voit aussi dans les médailles, Alexandre avec des cornes de bélier, en mémoire de Jupiter Ammon, dont il voulait passer pour fils, on voit Lysimaque et Magas paraître dans leurs images avec le même signe. Dans un oracle antique rapporté par Pausanias (X, 15), Attale, roi de Pergame, vainqueur des Gaulois, est nommé fils du taureau. Séleucus Nicator (ou vainqueur) fondateur du royaume et de la race des Séleucides, s'était rendu célèbre par un acte de vigueur et de force digne des temps héroïques; seul il avait pris et rapporté à l'autel un taureau sauvage qui s'était échappé d'un sacrifice offert par Alexandre. Les Athéniens lui érigèrent, en mémoire de cette prouesse, une statue de bronze avec des cornes de taureau (Lib. in Antioch. p. 351. Paus. I, 16.); et c'est ainsi que le représentent ses médailles. On penche à voir ce prince dans notre bronze, et l'on rapporte son attitude au moment où il prend les augures sur le mont Casius pour la fondation de Séleucie, ou sur le mont Sylphius pour la fondation d'Antioche. La trop grande jeunesse du héros représenté dans ce bronze, est la circonstance seule, mais bien remarquable, qui paraît s'opposer à cette dernière explication.

Hauteur, 1 pied.