PLANCHE XXXVIII.
(P. 71, t. VI de l'Édition royale.)
Les Canephores dont nous avons déjà parlé dans le Ier volume de cet ouvrage, étaient, à proprement parler, de jeunes Athéniennes qui, dans les fêtes de Minerve, portaient dans des corbeilles des objets sacrés et peu connus: on a donné ensuite ce nom à celles qui, dans les fêtes de Bacchus et de Cérés, portaient aussi les cistes mystiques et les corbeilles où étaient renfermées les offrandes et les choses destinées aux sacrifices. Le développement que donnait aux grâces naturelles du corps l'attitude et le mouvement de ces femmes religieuses, choisies parmi les plus nobles et les plus belles d'une cité, offrait des modèles aux artistes qui se plaisaient à les répéter. Les objets que doivent porter ces figures manquent souvent dans les monumens, soit par les ravages du temps, soit par une négligence des artistes. Le nom de Canephores ou de Cistophores, porteuses de corbeilles ou de cistes mystiques, semble être devenu un nom de convention, leurs fonctions pouvant être de porter tout autre objet, comme un vase, une aiguière, et leur dénomination variant alors chez les anciens Grecs, suivant les attributs. Ainsi Pline a nommé la Canephore une statue de Scopas; et Cicéron décrit, sous le même nom, deux statues de bronze, ouvrage de Polyclète, volées par Verrès. Celle que nous avons sous les yeux porte les cheveux longs, arrangés avec soin, resserrés sur les épaules avec un ruban, et frisés par le bout en longs anneaux; cette particularité la distingue des ménades et des pleureuses dans les fêtes d'Adonis, qui portaient leurs cheveux longs et épars, les unes en signe de fureur, les autres en signe de deuil; son vêtement qui lui laisse les bras nus, est composé d'une tunique longue et d'un peplum.
Trouvée, ainsi que les suivantes, dans les fouilles de Portici.
Hauteur, 5 P. 8 p°.