PLANCHE II.

(P. 3, 4, t. VI de l'Édition royale.)

Les lampes représentées dans cette planche sont de terre cuite. Pour ne point nous répéter à chaque explication, nous prévenons nos lecteurs que nous ne ferons à l'avenir mention de la matière que lorsqu'elle changera de nature.

FIG. I et II. La même lampe, plus remarquable par sa forme que par ses ornemens, est représentée de face et de profil.

FIG. III. Deux Victoires aîlées soutiennent un bouclier entouré d'une couronne de chêne; on lit au milieu: OB CIVIS (cives) SERVATOS. Au-dessous est un autel orné de festons et d'une tête de bœuf, emblême des grands sacrifices. Aux côtés de l'autel s'élèvent les deux lauriers qui décoraient l'entrée de la maison d'Auguste sur le mont Palatin. Les écrivains du beau siècle de Rome font souvent mention de ces deux lauriers. D'après les observations de MM. Visconti et Marini sur cet emblême (Museo Pio-Clem., tome IV, pl. dernière), on peut croire que cette lampe a servi pour les fêtes des Lares Viales, les Dieux des quartiers de Rome, Dieux dont les fêtes se célébraient toujours avec celle du Génie d'Auguste. L'orthographe du mot civis par I répond à ce même âge: et la couronne civique est fréquente avec la même inscription ob civis servatos, sur les revers des médailles de ce prince, qui était flatté de cette devise.

FIG. IV. Lampes à deux mèches. Sur le manche sont deux poulets, dont l'un est à demi-effacé. Leur action, qui est de becqueter à terre, semble les désigner pour les poulets sacrés dont les Romains tiraient des augures. Le médaillon représente une Diane assise, tenant une branche à la main et ayant devant elle une biche qui la regarde.

FIG. V. Lampe à une seule mèche; Hercule avec un autel. L'objet qui est posé sur cet autel a été expliqué par M. Visconti. C'est la grande coupe d'Hercule (scyphus Herculaneus) que ce héros avait reçue en présent du Soleil, et qui, selon la fable, avait, en certaine occasion, servi de bateau au fils d'Alcmène.