PLANCHE IX.

(P. 15, 16, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I. Lampe à une seule mèche. Du milieu s'élève une anse avec un œil pour servir à la suspendre.

FIG. II. Lampe, à douze mèches, semblable celle de la planche précédente.

FIG. II. Celle-ci est remarquable par sa triple forme dont chacune a son récipient, sa bouche et son orifice, sans communication. La lampe du milieu figure une conque; les deux lampes latérales sont en forme de colombes ou d'oies; ce qui pourrait annoncer que cette espèce de candélabre servait aux veillées de Vénus ou de Priape. La séparation des récipients indiquerait qu'on allumait une mèche à mesure qu'une autre s'éteignait. On retrouve les traces de cet usage dans une jolie épigramme de l'Anthologie (VII, ép. 16) «Cléophantide tarde encore, et déjà, s'affaiblissant peu à peu, va s'éteindre la troisième lumière: ah! pourquoi avec la lumière ne s'éteint point le feu qui me consume! combien de fois, combien ne m'a-t-elle pas juré par Vénus, qu'elle viendrait sur la brune! Mais la parjure se rit et des hommes et des Dieux».

FIG. V et VI. Cette lampe produisant neuf lumières, est garnie de trois anses servant à la suspendre. Les masques qui en font l'ornement, indiquent qu'elle était destinée à un théâtre ou à une salle de festin. Martial désigne l'emploi de ces lampes dans les festins, sous la dénomination de Polymixi, à plusieurs lumignons. Si les lampes de métal étaient plus en usage dans les maisons aisées que celles de terre, ces dernières cependant n'étaient point dédaignées, et la délicatesse qui se fait remarquer dans l'exécution de la nôtre, prouve qu'on y mettait quelque prix.