PLANCHE V.

(P. 9, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I. Dans cette lampe, un homme couché par terre saisit un taureau fougueux par les cornes: un cheval lancé au galop, la bride flottante sur le cou, est de l'autre côté. Ce groupe représente très-vraisemblablement la chasse du taureau, qui avait lieu dans les jeux du cirque. César, étant dictateur, donna le premier aux Romains le spectacle de cette chasse, inventée par les Thessaliens. Un cavalier poursuivait le taureau flanc à flanc, et lorsque l'animal était fatigué, il lui sautait sur le dos et le renversait à terre par les cornes. (Plin. VIII, 45.—Suet. Claud. 21.) Une ancienne épigramme peint vivement cette course, et représente le Thessalien jetant un nœud dans les cornes du taureau, qu'il fait plier et qu'il renverse en un clin-d'œil. (Reiske. Anth. 728.) Ici le cavalier étendu par terre, profite habilement de sa situation pour entraîner l'animal; l'ordonnance du groupe donne à penser que cet homme s'est élancé de son cheval sur le taureau, qu'il a glissé par le mouvement rapide de la course, et qu'il saisit la victoire avec présence d'esprit: il serait encore possible que cette situation fût un tour d'adresse. Ces sortes de jeux, qui se sont conservés dans nos provinces méridionales, et sur-tout en Espagne, se font pied comme à cheval, et donnent encore de nos jours l'occasion d'admirer ce que peut l'adresse contre la force.

FIG. II. Cette autre lampe représente un quadrige en pleine course; suivant un exemple fréquent, les accessoires sont négligés et le char est représenté par une roue seulement. Le conducteur est vêtu d'une ample tunique resserrée par des bandes servant de ceinture; d'une main il agite son fouet, et de l'autre tient les rênes qui sont liées autour de son corps: cet usage avait pour but de s'assurer des chevaux, et de les gouverner avec plus de force; il mettait cependant très-souvent le conducteur en grand péril: c'est ainsi que Sophocle a peint Oreste; qu'Euripide, Ovide et Sénèque ont peint Hippolyte entraîné dans ces nœuds dangereux; c'est encore ce que notre divin Racine, qui avait une connaissance profonde de l'antiquité, a exprimé dans ce vers bien connu:

Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.