PLANCHE XVIII.

(P. 30, 31, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme ou d'une jeune femme, ayant derrière elle un croissant dont les pointes s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première, on voit de plus un aigle posant sur un globe, et levant la tête vers les cieux. L'oiseau de Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui exprime une apothéose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient de la piété et de la vénération de leurs proches. Les médailles représentent les âmes déifiées dans la Lune, parce qu'une opinion religieuse admettait que cet astre devenait leur séjour (Buonarotti Med. p. 44 à 46). Dans les médailles des deux Faustines, on voit la Lune au-dessous de la figure avec la légende SIDERIBVS RECEPTA, reçue parmi les astres. Ici la situation de la figure entre la Lune et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'âme s'élève jusque dans l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes sépulcrales.

FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident, consacre cette lampe à Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.

FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin. Cette lampe pourrait être regardée comme un monument votif, consacré en reconnaissance d'un heureux voyage.

FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la tête chargée d'ornemens peu distincts, peut représenter quelque divinité marine. Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous ne sommes point éloignés d'y reconnaître l'image de Scylla.

FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblême relatif à Apollon.

FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de lanterne qui devait se compléter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe et le plan; le cylindre qui part du fond était destiné recevoir le lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fumée; l'huile s'introduisait par l'un des côtés, et se répandait par un trou dans le récipient principal.