TABLEAU RURAL.

Au village en juillet. Un soleil accablant.
Ses lunettes au nez, le vieux charron tout blanc
Répare, près du seuil, un timon de charrue.
Le curé, tout à l'heure a traversé la rue
Nu-tête. Les trois quarts ont sonné, puis plus rien,
Sauf monsieur le marquis, un gros richard terrien,
Qui passe en berlingot et la pipe à la bouche,
Et qui, pour délivrer sa jument d'une mouche.
Lance des claquements de fouet très campagnards
Et fait fuir, effarés, coq, poules et canards.

II.

Le soir, au coin du feu, j'ai songé bien des fois
A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois:
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver!
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Vous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans les gazons d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir?