Notes
[1]: Saint-Graal, p. 349.
[2]: Merlin, p. 41. Les deux fils du roi Constant, Uter et Uter-Pendragon, se réfugient vers Orient, c'est-à-dire en Bretagne. Il faut que quelque lai non conservé ait parlé de leur séjour dans Bourges.
[3]: Ce donjon de Trebes ou Trèves existe encore, ou du moins la tour, construite au quinzième siècle sur les ruines du château du onzième siècle. Elle a été gravée dans l'ouvrage de M. Godart-Faultrier, t. II, p. 114. Trèves est à peu de distance de Saumur, sur la Loire, au pied de coteaux encore boisés.
[4]: Msc. 754; fo 61.
[5]: Quel est ce conte du Commun? c'est un point qu'il est malaisé de résoudre. Peut-être est-ce notre Banin qu'on retrouve sous le nom de Balaan, Balaham ou Balan, dans le texte inédit de Merlin, suivi par un traducteur anglais du quinzième siècle, sir Thomas Maleore ou Malory. Balaham y devient le Chevalier aux deux épées. Victime de la fatalité, il combat son frère, qu'il reconnaît après l'avoir frappé et en avoir reçu des blessures également mortelles.
[6]: Le romancier fait descendre la reine Hélène de Joseph d'Arimathie, qu'il confond ici avec S. Joseph, époux de la Sainte Vierge.
[7]: «Un rendu».
[8]: Dans le livre d'Artus, Pharien, sénéchal du roi de Gannes, est tué dans un dernier combat contre Claudas. (Tom. II, p. 389.)
[9]: Dans l'original, elle est presque toujours appelée la Damoiselle; mais il serait plus tard assez difficile aux lecteurs de la distinguer des pucelles et demoiselles chargées de ses nombreux messages. Il suffit d'avertir ici de cette infidélité.
[10]: «En la Grant-Bretagne», msc. 339 et 754. Mais l'ensemble des récits oblige de lire «les deux Bretagnes»; car Ban, Bohor, Lancelot, Bourges, tout cela ne peut être transporté dans la Bretagne insulaire.
[11]: Le récit qu'on va lire diffère assez de celui qu'on a lu dans le Merlin, pour démontrer que le même auteur n'a pas fait le Merlin et le Lancelot.
[12]: Dans le livre d'Artus, il remplit déjà cette charge près du roi Bohor, son premier seigneur. (Voy. t. II, p. 207 et suiv.)
[13]: La couche, dont le diminutif est coussin, répond toujours dans nos romans à ce que nous appelons divan ou canapé.
[14]: «Un boson légier que il le fit traire avant au berceau.» Bouzon est encore en Champagne, et sans doute ailleurs, le bâton posé en travers de l'échelle et formant échelon. Le berceau est, je crois, une espèce de haie dressée en demi-cercle, vers lequel on poussait le gros gibier, pour le tirer plus facilement.
[15]: Une grant herce de biches.
[16]: On voit ici que cette laisse doit être prise d'un autre texte plus ancien, qui se liait moins bien avec la suite du Lancelot. Ce Kaheus de Cahors est évidemment le même que Keu, qui dans toutes les suivantes laisses est encore en pleine charge de sénéchal, à la cour d'Artus.
[17]: Nous dirions aujourd'hui les tours. Jocosus a le même sens dans la Vita Merlini. Geoffroi de Monmouth promet d'y raconter les tours du personnage:
Fatidici rabiem, musamque jocosam
Merlini cantare paro......
[18]: On voit ici l'indice du droit reconnu de récuser ses juges, dans les anciennes cours féodales. Le pair atteint et convaincu d'avoir forfait à l'honneur pouvait être rendu incapable de juger et même de siéger.
[19]: El chief de la vallée Nocorrange, à l'entrée de la forest qui estoit appelé Briosque, de cele part de la forest où li lais (le lac) estoit.....» (msc. 339, f. 13, vo.—msc. 341, f. 25.—«Nocorringue.—Brioigne.» msc. 773, fo 29.)
[20]: La Dame du lac faisait justement le contraire de saint Louis, dans une pensée également pieuse. «Le Roi,» disent les Chroniques de Saint-Denis, «faisoit porter à ses enfans chapeaux de roses ou d'autres fleurs au vendredi, en remembrance de la sainte couronne d'épines dont Jhesu-Crist fut couronné le jour de sa sainte Passion.» (Tom. IV, p. 355 de la dernière édition.)
[21]: «Et se vous remanés après moi vivant, si attendez de moi la mort, ou âme de cors sera noient.» (Msc. 339, fo 15.)
[22]: Le bon manuscrit 339 présente ici une longue lacune que je remplis à l'aide des nos 754 et 1430, qui n'offrent pas un moins bon texte.
[23]: Les chevaux de chasse étaient dressés d'une façon particulière; de là le nom de chacéors qui les distinguait.
[24]: Voy. S. Graal, t. I, p. 339.
[25]: Flodece, msc. 341, fo 36.
[26]: Sagremor, dans le livre du Roi Artus, avait déjà voulu être adoubé de ses propres armes. (T. II, p. 204.)
[27]: La robe de chevalier différait de celle des écuyers, et le candidat à la chevalerie devait s'en couvrir avant de recevoir ses armes. Il faut voir dans Garin le Loherain la mauvaise humeur du bon vilain Rigaud, quand Begon l'avertit de prendre la robe fourrée de vair et de gris.
«Or vous allés baigner un seul petit,
Et vous arés et le vair et le gris.
—A la maleure, Rigaus li respondi,
Por vostre vair qu'avés et vostre gris!
Or me convient baignier et resfreschir?
Ne sui chéus en gué ne en larris...»
Mantel ot riche et pelisson hermin,
Qui li traïne demi pié acompli.
Rigaus le voit, pas ne li abeli.
Devant lui garde, un damoisel choisi
Qui coutel porte por chevaliers servir:
Il li demande, li vallés li tendi
Et il en coupe un grant pié et demi.
«Por coi le fais, biaus fis? li peres dit,
A novel home est-il coustume ensi,
Que li traïne et le vair et le gris.»
Et dist Rigaus: «Folle costume a ci!»
(Garin, t. II, p, 180.)
On voit par le Lancelot, c'est-à-dire dès le douzième siècle, que la cérémonie de l'adoubement était simplifiée; on ne se baignait plus, et les robes étaient probablement moins traînantes.
[28]: Et non l'accolée comme on a dit plus tard par une sorte de confusion. Colée semble venir de colaphus, tape sur le cou.
[29]: «Un perron lés une moult bele fontaine». Le perron doit toujours s'entendre d'un pilier ou fût de colonne. Ainsi le perron à l'enclume d'où Artus avait détaché l'épée. Je crois que M. Viollet-le-Duc, dans son excellent Dictionnaire de l'architecture française, a confondu le sens de perron avec celui de degré. Tous les exemples qu'il cite du perron doivent s'entendre de pilier ou colonne, et non pas d'escalier. De là le sens inexact qu'il a donné à un passage de Joinville.
[30]: Saint-Graal, t. I, p. 188.
[31]: Cette aventure du Gué de la reine est racontée dans la partie inédite du livre d'Artus. (Manuscrit de la Bibliothèque nationale, no 337, p. 180.)
[32]: Vous avez un trop bon sauf-conduit, dirait-on aujourd'hui.
[33]: Le bon msc. 773 termine le récit de cette aventure par les mots: «Et ci faillent les Enfances de Lancelot.»
[34]: Belic ne se trouve que dans les romans de la Table ronde. Cotgrave et le Dictionnaire de Trévoux l'interprètent rouge, mais nous verrons souvent ici des bandes de belic blanches ou d'azur. Ce mot répond au latin obliquus, et distingue les bandes transversales des horizontales, plus tard nommées fasces.
[35]: Lancelot préfère la poterne aux grandes portes, sans doute afin de ne pas être aperçu de ceux qui, dans le château, attendaient de lui leur délivrance. La fausse poterne, dans les châteaux fortifiés, était une porte secrète connue seulement du châtelain.
[36]: Le msc. 754, que nous avions suivi pour remplir la première partie de la lacune du bon manuscr. 339, s'arrête ici; nous prenons, à son défaut, le no 341, fo 45, et le no 773, fo 62.
[37]: Lancelot, lié par les derniers conseils de la Dame du lac, devait cacher son nom aussi longtemps qu'il le pourrait (voy. p. [125]). Voilà pourquoi il a évité de paraître désarmé devant la reine, et pourquoi il change d'armes si souvent.
[38]: Ici, les derniers compilateurs ayant trouvé dans certaines rédactions le nom du roi d'Outre les marches de Galore, et dans les autres celui de Galehaut, le prince des Îles étranges, ont, pour cela, deux fois mentionné trois assemblées successives; les premières avec ce roi de Galore, les secondes avec Galehaut. Je n'ai pas cru devoir m'égarer avec eux dans cette voie confuse.
[39]: L'usage en revint au treizième siècle; mais on voit qu'il était interrompu au douzième, époque de la composition du Lancelot. Pour cette assemblée de Galore, voyez plus haut, page [185], note.
[40]: Plein poing de chandelles. Expression qui revient souvent.
[41]: Deux chevaliers de cuivre tresjeté. Ce dernier mot paraît avoir précisément le sens d'émaillé. Cet émail donnait au cuivre une belle couleur d'or et d'outremer.
[42]: Ici finit la lacune du bon masc., 337, fo 16.
[43]: «La porte coléice.» Comme celle dont il est parlé dans le Roman de la Rose:
Si a bones portes coulans,
Pour faire ceux dehors dolans;
Et pour eux prendre et retenir
S'il osoient avant venir.
On peut voir une belle gravure de la porte coléice ou coulante de Villeneuve-sur-Yonne, qui existe encore, dans le Dictionn. d'architecture de M. Viollet-Le-Duc, t. VII, p. 336.
[44]: Nous avons déjà averti nos lecteurs, p. 185, que nous laisserions de côté les trois assemblées ou rencontres qui, dans le roman, nous paraissaient faire double emploi avec celles où Galehaut sera le tenant contre le roi Artus. Des incidents d'un seul récit primitif les rédacteurs de l'ensemble avaient formé sans nécessité deux récits distincts. C'est dans ces premières assemblées que Lancelot avait porté l'écu d'argent à la bande noire qui le fait ici reconnaître.
[45]: La guimpe ou guimple était, comme on doit le savoir, une sorte de voile épais passé sur le cou, tombant sur la poitrine quand on le baissait, couvrant le nez et même les yeux quand on le tenait levé. Il ne faut pas l'oublier, ni prendre le change quand on voit les dames lever ou baisser leur guimpe.
[46]: On disait: maison fort. De là le nom propre si commun de la Maisonfort.
[47]: Il n'est pas aisé de bien se rendre compte de la description de cette geôle, qui varie dans les différentes leçons et même dans la même leçon, à quelques alinéas de distance; voici la plus intelligible: «La geole estoit au chief de la salle; si estoit lée par desoz, et par dessus greille. Si avoit deux toises en tout sens, et haut jusqu'à la couverture de la salle; à chascune quarréure de la salle avoit deux fenestres d'ivoire (s. d. de voirre) si clers, que cil qui estoit dedens povoit veoir tout ce qui entour estoit en la salle.»
[48]: Les mss. 341, fo 60, et 773, fo 82, vo, disent: «La demoiselle des marches de Sezile.» Le no 339, fo 19, porte seulement «la demoiselle.»
[49]: Cette expression qui revient encore ici semble indiquer un faisceau de petits cierges qu'on tenait à la main.
[50]: «Cotes à armes et couvertures noires.» Fo 24. La couverture était le surcot de soie ou de laine qu'on jetait sur le haubert ou la cotte d'armes.
[51]: Gauvain étant le héros sans pair des Bretons, notre auteur croit devoir justifier ainsi la supériorité qu'il donnera au jeune Lancelot sur le vieux Gauvain.
[52]: Il y a dans le Paradis de Dante, chant XVI, une allusion ingénieuse à cette toux de la dame de Malehaut; c'est quand le poëte, oubliant un instant la contemplation céleste pour s'arrêter aux souvenirs de la terre, est averti de sa distraction par Béatrice:
Onde Beatrice, ch'era un poco sovra,
Ridendo parve quella che tossio
Al primo fallo scritto di Ginevra.
[53]: «Et que par vous seront amendé le mefait et le trespas del convenant.» Var. «des convenances.» Ce passage laisse quelque doute; on serait tenté de l'entendre: «et que sur vous retombe le bon marché que nous ferons des convenances.» Mais une telle interprétation serait de notre temps plutôt que du douzième siècle. L'ancien traducteur italien l'a entendu comme moi: «che per voi sieno emendate tutte le cose mal fatte.» C'est-à-dire: «et que vous soyez juge de la façon dont ce commun engagement sera tenu.»
[54]: Au moyen âge, les droits de l'hérédité n'étaient guère foulés aux pieds que dans certains cas exceptionnels dont l'Église était juge. Voilà pourquoi on voit Galehaut réserver le Sorelois à l'héritière du prince sur lequel il l'avait conquis. Les Grandes Chroniques de France nous apprennent que la raison qui avait porté Philippe-Auguste à épouser la fille du comte de Hainaut, fut qu'elle descendait en ligne féminine de Charles, duc de Lorraine, frère du dernier roi Carlovingien. (Chroniques de S.-Denis, éd. Techener, t. IV, p. 215.)
[55]: Var. Arcise.—Aise.—Surpe.
[56]: La coudée répondait à peu près à notre demi-mètre.
[57]: Environ trente-deux ans et six mois. Cette évaluation m'est fournie par les mss. 751 et 1430.
[58]: Malgré l'étendue qu'on lui suppose, le Sorelois doit être la langue de terre située dans le Chestershire, à l'extrémité nord du pays de Galles, entre le Lancashire et Flint. Au-dessus de Chester, deux petites rivières séparent presque entièrement cette langue du continent breton.
[59]: Cet épisode du ressentiment de Gauvain contre le roi semble être une sorte de contrefaçon de la querelle racontée dans les rédactions inédites du livre d'Artus, à l'occasion du sobriquet de Mort à jeun, donné à Sagremor par Keu. On trouvera dans l'Appendice une notice de ces rédactions que les premiers assembleurs des livres de la Table ronde ont laissées de côté.
[60]: On ne retrouve pas cette action de Merlin dans le livre de ses faits et gestes.
[61]: La guiche était ce que nous appelons aujourd'hui assez improprement baudrier: ce dernier mot est dérivé de baudré qui répondait à ceinture; baudrier serait donc proprement le ceinturon.
[62]: «Par mon chief vous n'irés pas, mès je irai; car vous savez bien que li derroi de la maison le roi Artus sont mien, et por ce ai-je nom Desréé.» (Msc. 1430, fo 75, vo.) C'était un surnom que Sagremor avait mérité, parce que, dans les grandes assemblées ou dans les tournois, il sortait le premier des rangs, et ne réglait jamais ses mouvements sur ceux des autres. Le sens de desréé est justifié par un passage de la partie inédite du livre d'Artus: «Lors commence à approcher li conroi li uns à l'autre. Et Sagremor desrenge tout premiers à l'Amirant Monys, un Saisne orgueilleux. Et quant si compaignon le voient aler, si dient: C'est Sagremor li desréés, bien est drois qu'il ait la première jouste.» (Msc. 337, fo 144, vo.)—Le nom, voit-on dans le même livre d'Artus, lui avait été donné au retour de la dernière bataille livrée aux Saisnes. Après s'être trop avancé dans les rangs ennemis il avait été abattu et eût été retenu prisonnier, si Gauvain n'était venu le délivrer. La vieille reine de Vendebiere avait alors dit: «Il ne pourra longuement vivre; jamais chevalier n'a mieux mérité le nom de desréé.» Depuis ce temps on ne l'avait plus appelé autrement, et il ne le trouvait pas mauvais.
[63]: Un bleteron, mss. 776, fo 116; et 1430, fo 76.
[64]: Traces marquées par les fers de chevaux. Le mot est à regretter; Rabelais l'a souvent employé.
[65]: Dans la partie inédite du livre d'Artus, cette demoiselle qu'on peigne est parente de Giromelan, et se tient dans une tour où la foule assiége messire Gauvain et la demoiselle à la Harpe. On l'y voit railler également messire Gauvain, mais pour avoir tenu dans ses bras, une nuit entière, la belle Hélais, sans lui rien faire.
[66]: Cela était raconté un peu différemment dans l'Artus inédit. Hélie, le mari de la dame de Roestoc, mortellement frappé dans une bataille contre les Saisnes, est ramené dans son château; avant d'expirer, il recommande à sa belle, sage et jeune femme, une nièce qui avait, dans la personne du nain Monabonagrin, un second oncle.
[67]: Nous dirions aujourd'hui: «Bonne chance!»
[68]: Ce joli mot, dérivé de dru, ami, répond à gage de fidèle affection ou d'amour; le mot actuel joyau, n'en serait pas l'équivalent.
[69]: «À membres d'or.»
[70]: Nous disons aujourd'hui, sans doute pour abréger: «Je vous donne le bonjour!»
[71]: Apparemment une sorte de toile cirée.
[72]: On voit pour la seconde fois que les dames n'assistaient pas encore aux combats judiciaires, sur les échafauds dressés devant les combattants.
[73]: Le feutre était une forte pièce de cuir fixé au côté gauche, où venait poser l'extrémité du bois de lance.
[74]: Il faut distinguer l'enarme ou les enarmes de la guiche. L'enarme était la bande de cuir ou le rouleau de bois cloué au revers de l'écu, pour permettre d'y passer le bras. Il semble avoir la même origine que les arms (bras) des Anglais.
[75]: On sait que, par pont, il faut toujours entendre le pommeau de l'épée.
[76]: Les salles même les plus somptueuses n'étaient pas ordinairement pavées, encore moins parquetées. On couvrait la terre de fleurs et d'herbes odoriférantes, de là le mot joncher, couvrir de joncs.
[77]: Les épées, de choix portaient alors des lettres tracées près de la poignée et rappelant soit le nom de l'ouvrier, soit la bonté de la lame. De là l'expression si fréquente dans les anciens romans et chansons de geste: épée lettrée.
[78]: Variante, Landebelle. (Msc. 751, fo 112.)
[79]: L'histoire de la rencontre d'Agravain avec les deux dames dont il avait blessé les amis, est plus longuement racontée dans la partie inédite de l'Artus, msc. 337, fo 255.—Voyez dans le livre d'Artus (Rom. de la Table ronde, t. II, p. 283) la conversation des quatre fils de Loth, et l'allusion faite à l'aventure qu'on vient de lire.
[80]: La plupart des manuscrits donnent ici Quimper-corentin, au lieu de Caradigan; c'est une erreur. De même, dans la partie inédite du livre d'Artus, au lieu de faire résider la belle Lyanor à Quimper, elle est dame de Caradigan ou Cardigan, en Galles. Il faut assurément préférer Caradigan. Cette étrange confusion dans le nom des résidences d'Artus semble tenir à ce que les plus anciens récits se rapportaient à la France bretonnante. Les assembleurs, en transportant la scène en Angleterre, auront oublié d'opérer, pour un certain nombre d'aventures, le même déplacement ou, si l'on peut parler ainsi, le même déménagement.
[81]: On voit que le rédacteur du Lancelot connaissait mal le livre d'Artus, où Sagremor, neveu de l'empereur de Constantinople est admis, le jour même qu'il est présenté au roi, parmi les chevaliers de sa maison. (Voy. t. II. p. 204.) Ajoutons que dans une première rédaction du roman d'Artus, fournie par le manuscrit Bachelin, fo 96, Sagremor est fils de Nabor le desréé, père nourricier de Mordret.
[82]: Il se peut que la brisure, dans le blason, ait tiré sa raison d'être de ce passage du Lancelot. Elle devait indiquer la distinction des branches puînées, et disparaissait quand le droit ouvert de succession donnait à celui qui l'avait prise la primogéniture. C'est ainsi que la branche de Bourbon-Orléans porte encore la brisure du lambel.
[83]: Ces rêveries sont fréquentes chez Lancelot, chez Hector et même chez Gauvain. Elles sont le type de celles de Guilan le pensif dans l'Orlando furioso.
[84]: Apparemment parce que leurs devoirs à son égard ne leur auraient pas permis de la contraindre, et parce qu'ils avaient un intérêt réel à ce que leur suzerain fût homme à bien défendre sa terre et ses vassaux.
[85]: Proie, dans le véritable sens qu'il avait encore, répond à prœdium, le bétail.
[86]: Nouvelle preuve de l'ignorance où était le romancier de la topographie de la Grande-Bretagne. Windsor au nord du pays de Galles, au milieu d'une grande forêt!
[87]: Var. Belinan.—Benian.—Halinan.
[88]: L'imprimé qui fait ici rappeler l'aventure de la Fontaine du Pin, avait passé le récit de cette aventure; si bien qu'on ne peut savoir, avec lui, pourquoi Hector rougit de modestie.
[89]: Var. «bretesche.» La barbacane, dit fort bien M. Viollet-le-Duc, était un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage ou une porte, et qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir à couvert et, de là, faire des sorties ou protéger une retraite.» (Dict. de l'architecture franc.) L'excellent dessin qu'on trouve t. II, p. 113, s'applique parfaitement à la barbacane du château de l'Étroite marche.
[90]: Les chevaliers en quête ne devaient jamais reposer deux jours de suite dans la même maison. (Voy. t. II. Artus, p. 267.)
[91]: Cet épisode prouve une fois de plus que le Lancelot est composé de laisses (ou plutôt de lais) recueillies de diverses parts, sans lien des unes avec les autres. On a vu Hector follement amoureux de la nièce du nain Groadain; une fois en quête de Gauvain, il n'est plus question de cette nièce, et il se laisse enchaîner sans trop de résistance en d'autres amours.
[92]: Le mot soupe répond exactement à tranche de pain trempé.
Note au lecteur de ce fichier numérique:
Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée. Les corrections de la page 383 ont été incorporées dans ce fichier.