¶ De diaerese.
¶ Nous avons une aultre figure opposite par laquelle la dipthongue est desnoee & partie en deux syllabes George chastellain aux epytaphes D'hector
Las est cheute en terre & pourriture.
¶ Item le maire en ung traicté de cupido et atropos.
Print sa niepce en ses bras desja froide
& en plusieurs aultres lieux : Car cheute sont en ce trisyllabe aultrement la mesure ne seroit point observee. Diaerese est division d'une syllabe en deux assez usitee tant au françoys que au latin Ovyde.
Nunc quoque te salvo persoluenda michi.
¶ Item
debuerant fusos evoluisse dies.
¶ Item en l'hystoire de sainct vulfran.
Prudenter moderans fortis iustus erat.
En quoy iustus est trisyllabe comme persoluenda & evoluisse de cinq. J'ay icy parlé desdictes figures affin que les ignorans se doybvent garder de condempner ce qu'il n'entendent pas & d'icelles on doibt user sobrement : car elles furent pour necessité de mesure inventees. Pour consuyvir nostre propos encommencé en nostre langue vulgaire les voielles s'entreayment tellement que trois nerfvees naturellement ensemble font seullement une syllabe laquelle chose ne se faict point au latin comme.
| Aou | Aoust saouller |
| Eay vel eai | Changeay jugeai |
| Eau | Beau nouveau |
| Eoi | Bourgeois liegeois |
| Iei | Vieillard |
| Ieu vel yeu | Dieu lieu lieu |
| Oei | Voeil oeil |
| Oeu | Coeur soeur oeuvre |
| Oue | Coueffe/ mirouers comme escripvent aulcuns. |
| ouy vel oui | Ouy de ita/ souillon Brouillon. |
¶ Je dis devant naturellement nerfvees a cause que par sinaerese trois voielles se serrent en une syllabe qui de leur nature font deux syllabes Jean le maire.
Elle va veoir la noble germanie.
¶ Item en l'epitaphe de bissipat.
Par foys sus luy puis l'eslevoient aux cieulx
soient preservez ja pieça ne leut on.
Et m'est advis selon que estoient descriptz en quoy trois voielles font (non point naturellement) mais par figure troys syllabes. On use semblablement icy de diaerese en decoppant lesdictes trois voielles en deux si esse qu'il en fault user sobrement.
¶ Des lettres en particulier et premierement de c/ k/ &/ qu.
¶ Pour descendre aux lettres particulierement nous debvons entendre que les grecz ont une lettre dicte cappa pour laquelle nous avons c/ k/ &/ qu/ lesquelles trois devant a/ o/ et u/ tant au latin comme en nostre vernacule ont semblable sonorité car catherine/ comment/ curieux/ se proferent et resonnent comme sy on escripvoit katharine/ komment/ kurieux/ ou quatharine/ quomment quurieux neantmoins il se fault donner de garde/ d'escripre une lettre pour l'autre k et qu. sus e/ et y ont semblable prolation et resonance car question resonne comme sy on escripvoit kestion kyrie comme sy on escrivoit quyrié. Mais c devant lesdictes deux voielles change de sonorité aultrement vous ne trouveriez point de discorde entre citer. & quiter. entre querimonie et cerimonie. k/ ne se ose trouver aux françoys sinon en noms forains et barbares.