Economie Politique. Commerciale et industrielle.
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MODES
MARIAGES--PROMENADES--THÉÂTRES.
Il parait quelques rayon de soleil, et l'on ne sait avec quelle toilette nouvelle y répondre: le soir il y a représentation au théâtre, et les toilettes n'ont plus de fraîcheur. Et cependant, reprenant la plume, j'ai dû mettre en tête de cette revue du monde ce mot ambitieux et obligatoire: Modes!
Nous allons jeter un coup d'oeil sur les réunions plus ou moins importantes, sérieuses ou futiles.
En tête des solennités graves sont les mariages. Quelques-uns, célébrés tout à fait en silence, ne nous permettent pas l'indiscrétion; mais ceux qui s'entourent d'une pompe fastueuse appartiennent à nos recherches.
Un des jours de la semaine dernière, une file de voitures entourait, dès onze heures du matin, l'église Saint-Sulpice: des femmes simplement parées en descendaient et prenaient place au maître-autel, devant lequel attendaient les chaises de velours et les cierges dans les hauts flambeaux d'argent; des masses de fleurs naturelles formaient sur l'autel une pyramide mêlée de lumières: l'église était brillante et radieuse; on comprenait, dès le portique, la fête que l'on allait célébrer.
C'était une messe de mariage. Mademoiselle de J. entra, suivie de sa famille; elle traversa cette double haie d'amis et d'indifférents sans rendre un seul regard aux mille regards attirés sur elle.
Si une jeune fille a une pensée étrangère à l'événement qui l'amène en ce lieu, c'est certainement le désir d'échapper à cette foule; mais nos usages sont faits ainsi, que le moment de toute la vie où une femme voudrait concentrer le plus intimement en elle toute son âme, est celui qu'elle livre au monde, celui pour lequel il faut étudier une toilette, composer un maintien, étouffer la plus sainte des émotions, en un mot, poser en public.
Mademoiselle de J. avait une robe de velours épinglé blanc, à corsage montant, à manches longues, fermée par des boutons en diamants; un long voile d'Angleterre tombait en arrière, retenu par la couronne de fleurs d'oranger; le bouquet de mariée était en bijouterie: des perles formaient les boutons, et un feuillage en or émaillé s'étalait entre les pierreries.
Rien n'est plus convenable qu'une toilette de mariée sérieuse et modeste. Certes, ce n'est pas le moment où la jeune fille vient devant Dieu, conduite par son nouvel époux, qu'elle doit choisir pour se parer selon le monde. Le voile est un emblème éloquent de l'attitude imposée aux mariées; le voile devrait cacher le visage: il n'y a pas assez de signes extérieurs pour exprimer la réserve et la modestie dont une fiancée devrait s'entourer.
Aussi la toilette grave et enfantine tout à la fois de mademoiselle de J. fit-elle grande sensation. Les diamants sur la robe de riche étoffe, ce voile rare et magnifique, l'absence de bijoux coquets, tout était en accord.
Il est à désirer que cette mode remplace celle des robes de bal si inconvenantes pour la circonstance, et si déplacées dans une église.
Mademoiselle de J. tenait à sa main un livre couvert en ivoire, sur lequel se dessinait son chiffre, surmonté d'une couronne de comtesse.
Quelques jours avant la célébration, une grande réunion de famille avait attiré quelques étrangers à l'hôtel de J., et nous allons en dire quelques détails. Mademoiselle de J. avait parfaitement compris que si la nouvelle mariée est obligée de se soumettre à une certaine simplicité, la fiancée doit l'observer bien plus encore.
Rien n'est plus charmant que la coquetterie naïve d'une jeune fille dont on va lire le contrat de mariage. Elle doit être distinguée entre les autres jeunes filles, toutefois il ne faut pas qu'elle soit confondue avec les femmes.
Mademoiselle de J. a tout au plus dix-sept ans; à peine a-t-elle eu le temps de porter des fleurs. Jusqu'à cette soirée, qui lui donne près de 80,000 livres de rente, on aurait difficilement deviné en elle l'héritière d'une grande fortune.
Sa robe en mousseline de l'Inde, à double jupe, avait un jupon rose pour transparent; des flots de rubans rose et argent partageaient comme une Sévigné la mantille de son corsage, et les mêmes rubans accompagnaient sa coiffure.
La corbeille exposée était magnifique. Les châles de cachemire eurent à eux seuls un succès prodigieux. On fut en admiration devant un châle long, bleu, bordé de hautes palmes, complication merveilleuse de serpents et de petites figures grotesques. Les châles de cachemires sont de grande et riche élégance; le matin, à la ville, je ne sache pas quelque chose d'un meilleur goût qu'un châle long. Ceci soit dit sans attaquer nullement la faveur capricieuse du camail et de la pelisse, qui jouissent pleinement de leur royauté.
Les étoffes n'étaient qu'en petit nombre, en raison de l'époque où nous nous trouvons. Quelques taffetas rayés, quelques fantaisies, semblaient jouer à côté des pompeux velours et des velours épinglés d'une élégance si douce et si recherchée.
Parmi les bijoux, un bracelet eut une glorieuse distinction; c'est un portrait en miniature entouré de diamants et retenant cinq rangs de diamants.
Mademoiselle de J. adressa le plus charmant regard à son jeune prétendu. Ce remercîment semblait fort étranger aux diamants; car la jeune fille dit avec un ton affectueux: «Il est bien ressemblant.»
Pour les femmes qui regardaient, c'était surtout un bracelet de diamants; pour elle, c'était un portrait.
A la promenade, on va montrer sa voiture: aussi les personnes qui n'ont pas de voitures élégantes à faire voir, ne vont-elles guère se promener. Il n'y a aucune toilette de ville qui offre un peu de nouveauté.
Au théâtre, ce sont les coiffures; on voit de charmants petits bonnets fort simples, avec la passe relevée, et des rubans ou des fleurs tombant contre l'oreille. Il y a des femmes jolies et jeunes qui bravent l'aridité de la guipure près du visage, et qui font ces petits bonnets garnis en guipure plate, avec des épingles en diamants sur les cotés.
On dit que les robes de dessous en taffetas de couleur vont être adoptées avec les robes de fantaisie, pour les toilettes de jour; c'est une des plus jolies innovations que les femmes élégantes puissent encourager. Puisque l'on est revenu à quelques-unes des toilettes de nos mères, pourquoi ne pas reprendre celles qui se distinguaient le plus de toute autre époque par une recherche coquette et gracieuse.